‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 64 sur 159 · PIÈCE IV · texte numérisé non relu

PIÈCE IV

LETTRE ÉCRITE AU MOIS D*OCTOBRE 1810 PAR ALBERT RICHARD AU PRÉFET DU RHÔNE POUR LUI DEMANDER l' AUTORISATION d'ORGANISER UN BATAILLON DE VORACES LYONNAIS *.

A M, ChalIemel'Lacour, commissaire extraordinaire do la République a Lyon et préfet du Rhône,

c Monsieur le préfet,

Mes amis et moi nous avons été accusés de n'avoir proposé des mesures révolutionnaires dans l'organisation de la défense nationale que dans le but de susciter des troubles.

« Laissant de côté les plaintes et les récriminations, je viens en mon nom et au nom de mes amis vous faire une dernière proposition à laquelle nous nous rattachons en désespoir de cause.

« Les Prussiens marchent sur Lyon pour y étouffer le foyer de la Révolution et pour y prendro l'argent des riches : nous demandons, nous révolutionnaires, à ce qu'on nous permette de nous orga-

* Celte lettre a été reproduite duns le CiUi-rifr de Lyon du 12 octobre 1870.

ET LE JACOBINISME. t5S

niser révolutionnairement pour marcher sans délai contre les Prussiens.

« Le gouvernement do la défense nationale vous ayant investi de pleins pouvoirs, il dépend exclusivement de vous de donner à la France cette nouvelle force dont elle a si grand besoin. Vous donneriez à une commission nommée à cet effet les autorisations nécessaires et r assurance que le gouvernement lui fournira comme au reste de Tarmée des armes et des munitions.

c Nous formerions immédiatement un ou plusieurs bataillons des voraces de Lyon ; que ce titre n*effraie personne : les voraces ne dévoreront que les Prussiens. Les voraces seraient recrutés par voie d*engagement volontaire parmi les hommes de la levée do 25 à 35 ans, parmi les francs-tireurs, dans la gbrde nationale et dans la garde nationale mobilisée.

€ Pour compléter et mettre sur le meilleur pied les nouveaux bataillons, la commission, dès qu'elle serait reconnue par vous, ferait à la bourgeoisie, au nom du saJut de la France et de l'avenir de la liberté, un dernier et solennel appel.

« Nous lui donnerions Texemple do l'union et de la confiance en mettant sous nos pieds les vieilles haines et les mauvais souvenirs, et en lui demandant de nous aider pécuniairement pour que nous puissions mettre nos poitrines a sa disposition.

« Ce n'est qu'après de mûres réflexions, que malgré nos récentes déceptions et les colères qui les ont suivies, nous avons pris la résolution de tenter un nouvel effort en donnant les premiers une preuve d'abnégation et de dévouement qui peut, si on le veut, amener de gigantesques résultats.

« Nous vous prions, monsieur le préfet, de vous mettre au-dessus de toutes les mesquines considérations qui pourraient vous empêcher de nous donner votre consentement.

f La France et la Révolution avec elle peuvent être anéanties, si nous ne sommes pas en mesure de faire aux Prussiens une guerre écHBVELÉE, UNE GUERRE A OUTRANCE, URO gucrro saus trôvo ui mcrci, dans laquelle nous pourrons tous nous engager sans arrière-pensée et sans obstacles intérieurs à redouter.

« Je vous prie instamment de me répondre le plus tôt possible et je vous salue respectueusement.

• Albert RICHARD, «Quai de Serin, 20, à Lyon. >

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