‹ L'Internationale: son origine, son but:Chapitre 11 sur 59 · DÉCLARATION · texte numérisé non relu

DÉCLARATION

« Moi, soussigné, ayant pris connaissance des programme « et règlement de la section ...., je déclare adhérer de « plein cœur à tous les principes aussi bien qu'à tous les

« devoirs qui s'y trouvent exposés, et je prends sur mou « honneur rengagement solennel de m'y conformer dans a toutes les circonstances de ma vie, et de les progager en 0. tous lieux et toujours avec toute l'énergie et la persévécc rance dont je suis capable.

« Genève, le .... .

« Le président,

(Signature du nouveau membre.) , « BAK0UINI^■E.

« Le secrétaire,

(Signature de deux garants.) « Fritz Hexg. »

(Sceau de la section.)

De même, aux termes de l'article 3 des statuts du Cercle d'études économiques de Rouen, chaque sociétaire reçoit un bulletin d'adhésion revelu de la signature des membres du conàté, et portant le cachet de ce Comité.

De son côté, le Conseil général adresse des manifestes aux sections, les invite à redoubler de zèle et d'activité, 'les félicite des résultats obtenus ; ailleurs, on distribue des appels aux ouvriers pour les engager à se tenir prêts, à s'unir entre eux et à combiner leurs efforts en vue de leur prochain affranchissement. C'est ainsi qu'au mois de janvier dernier, une main inconnue placardait con-tre les nmrs de la ville de Neuchâtel cet appel qui mettait en émoi la population :

« Travailleurs!

K Par l'exemple du présent et du passé, comprendrez- « vous que patrons, économistes, bourgeois, gouvernants, vj sont incapables d'organiser rationnellement votre tra- « vail ? Parfois on vous excède d'heures supplémentaires, a mais plus souvent encore on vous rogne volj-e journée, « et, par suite, votre salaire. On vous déclare, il est vrai, « que vous êtes hbres de partir.... libres de mourir tout à

tt fait (le faim au lieu d'être simplement privés d'une par- « tie de votre nécessaire !

« Ouvriers de l'univers, si vous voulez cesser de souffrir « de l'excès de fatigue ou des privations de toute sorte, « ORGANISEZ-VOUS !

« Par L'ASSOCIATION INTERNATIONALE DES TRA- <t VAILLELIRS , l'ordre, la science, la justice remplaceront « le désordre, Kimprévoyance et l'arbitraire (1). »

A la même époque, on répandait à profusion, au sein des classes ouvi-ières, des milliers d'exemplaires de cet autre appel encore plus significatif :

« Ouvriers de toute pK)fessionl

« Une FORCE immense a été créée pour vous par l'é- « nergie de quelques-uns de vos frères.

« Par elle, le Travailleur peut apprécier ses droits sans « injustes préventions, et les soutenir sans défaillance.

« L'ASSOCIATION INTERNATIONALE DES TRÂ- « VAILLEURS se développe avec activité dans les deux « mondes. Il dépend de vous que sa puissance soit bientôt « irrésistible.

« Que tous étudient en détail son but et ses moyens « d'action ; que ceux qui les connaissent les enseignent à « ceux qui les ignorent.

« Quand tous les travailleurs seront UNIS, il n'y aura « plus pour eux ni humiliations ni misères! »

L'Association internationale possède un grand nombre de journaux rendant régulièrement compte du mouvement ouvrier, et recevant des coiTe«ipondances de toutes les sections de l'Internationale. Ils en propagent les principes, en exposent les théories, signalent les abus des patrons, enregistrent les plaintes et les griefs des travailleurs, font connaître les grèves qui se produisent, les préienlions des

(1) Cet appel a été reproduit dans le rroiiri-s liu Lmh du 2!) jan- Tier 1870. '■ ^ -^

ouvriers, l'exploitation dont ils sont l'objet, etc., etc. Voici la nomenclature des organes de rinternationale.

1" La Réforme sociale, organe de l'affranchissement du prolétariat, paraissant le dimanche à Rouen, depuis le mois de janvier 1870. Secrétaire de la rédaction, Emile Aubry, lithographe, rue de l'Amitié, 12. Ce journal s'imprime à Bruxelles, chez Brisméc, rue des Alexiens, 13 (1).

2" L'Internationale, organe des sections belges, paraissant le samedi à Bruxelles, depuis le 16 janvier 1869. Secrétaire de la rédaction, Eugène Hins.

3° Le Mirabeau, organe des sections de la vallée de la Vesdre, paraissant tous les dimanches àVerviers. Seci'étaire de la rédaction, .1. Jamar, rue des Souris, 5.

4" Le Progrès du Locle, organe socialiste paraissant au Locle (devise. Tout pour le j^euple et par le peuple!) : ce jour;ial a cessé de paraître au mois d'avril 1870 pour faire cause commune avec la Solidarité.

5" L'É(jalité (2), journal de l'Association internationale des travailleurs de la Suisse roman:Ie, paraissant à Genève, le samedi, depuis le 23 janvier 1869, a succédé à la Voix dt l'Avenir. Le règlement concernant l'admiDistratio» de ce journal a été adopté par le Congrès des sections rouiandes de la Suisse, le 3 janvier 1869. Ce journal, dont les bureaux étaient à Genève, rue du Commerce, lO, et actuellement rue de Carouge, 6, a cessé d'être l'organe officiel des seclioiis de la Suisse romande depuis la scission qui s'est produite, le 4 avril 1870, au Congrès de la Chaux-de-

(1) On peul encore citer en France le Travail, organe des sociétés ouvrièies de Pari-, journal hebdomadaire, rue Montmartre, 138. La Marseillaise, dont le Pruijrès du Locle (numéro du l«r janvier 1870"> annonçait en ces ternies Tappariiion :

« La MarseiUaise détVnl les principes de l'InternatioDale. Son « format, égal à celui des plus grands journaux , et l'étendue de sa « publicité en font, pour l'Internationale, un organe actif et préce cieux. »

• L- Travail a cessé sa publication, ainsi que la iVarseiUaise.

[-1] L'Egalité et la Solidarité, qui aspirent tous les deux au titre d'organe ofliciel, se font la guerre et ont engagé une vive polémique.

Fonds entre la grande masse des sections de Genève, la section du Locle et celle de la Chaux -de-Fonds (1).

6° La Solidarité, organe des sections de la Fédération romande de l'Association internationale, paraissant à Neuchâtel depuis le 11 avril 1870. Rédacteur en chef, James Guillaume, rue du Seyon, 14, à Neufchâtel (continuation du Progrès).

1° Der \orhote, organe central du groupe des sections allemandes à Genève.

8" De Werker {\q Travailleur) journal socialiste, rédigé en flamand, organe de la section anversoise.

9" Peper en Zout {Poivre et sel) , organe de la section de Bruges.

10° Le Devoir, organe de la section liégeoise, paraissant tous les dimanches. .

11° Demokratisches Wocheîiblatt, von Leipzich, organ der Deutchen Volkspartei und der Verbonds deutcher Arbeitervereine.

12° La Fratellanza, organe de la section de Naples, paraissant depuis le mois de juin 1869.

13° La Federacion, organe du centre fédéral des sections ouvrières de la Catalogne, paraissant à Barcelone depuis le l*'' août 1869, rue deo Mercaders, 42.

14° La Solidaridad, organe officiel de l'Association internationale des travailleurs de la section de Madrid, parais-

(1) Collaborateurs de rEjralité (rEgaliié cH la continuation de la Voix de l'Avenir.)

Pour la France. — Albert Richard, de Lyon, Elysée Reclus, Malon, Bourdon, Combault et Varlin.

Angleterre. — Eccarius et Yung.

Pologne. — Mroscz Korvsky.

Belgi([ue. — De Paepe.

Allemagne. — Decker.

Italie. — Carlo Gambuzzi et Albert Tucci. Suisse. — James Guillaume, Dakounine, J. Gay, Scliiwzguébel .

(Exiruit du journal VÊgalilé, numéro du -23 janvier 1869.)

sant tous les samedis, avec cette devise : Pa.s de devoirs sans droits, pas de droits sans devoirs.

lo° El Obrero, organe du centre fédéral des sociétés ouvrières des îles Baléares, paraissant à Palma (île Afajorque). La pro[iriéié de ce journal appartenait d'abord au président de la section des maçons de Mallorca, qui l'a cédée au Centre fédéral.

16" Justicia social, revue socialiste, paraissant à Madrid.

17° El Proletariaro , idem.

18" Le Volhsstimme (Voix du peuplé), organe de la section de \'ienne (Autriche).

19" La Legalidad, paraissant à Gracia, en Catalogne.

20° VArbeiter Union de New-York.

21° Der Democratt, organe de l'Association internationale, à Bâle-Campagne.

â'â" La Cause du peuple, organe de la section russe de l'Association internationale des travailleurs, à Genève (article 20 de ses statuts).

23" VArbeiter, organe de la section bâioise (Bâle-Ville).

24° Lé Volksstaat, de Leipzig.

2o° Voonaï / (En avant.'}, organe flamand, orgaan der vlaamsche afdeelingen (seciion de Bruges), der Internationase werkersvereeniging, vcrschynt iederen zomlag, te Brugge. Abonne meulsprij s : een jaar, 3 fr. oO ; een kwaartaal, 1 fr.

26° Social-Demokrat et le Beobachter, de Berlin.

27° Die Tagwacht (la Diana), paraissant à Zurich.

28" GleicJiheit (la Igualdad), paraissant à Villeneuve-de- Vienne (Federacïon), — numéro du 13 février 1870).

29° Le Verhnann {yOuvrier), oi-gane des travailleurs l'Amsterdam.

30° De Standaart de$ YoRs [Étendard du Peuple), organe de la section d'Amsterdam.

31° Le Volksblad, journal socialiste néerlandais, organe des travailleurs de Rotterdam.

Les sections sont abonnées à l'un de ces journaux, quelquefois à plusieurs. Les articles importants sont lus en séance publique aux réunions.

Chaque section possède une caisse qui sert de garantie pour les emprunts à contracter ou pour les prêts à faire. Dans ce but, chaque membre est tenu de verser une cotisation annuelle ou mensuelle dite fédérale, dont le taux est déterminé .par les statuts particuliers. A Lyon, cette ce-, tisation mensuelle est de 10 centimes (article 5 des statuts). A Paris, elle est également de 10 centimes (article 8) ; elle est payable à la première réimion du mois ; après un mois de retard, la suspension de la section est prononcée; ses délégués n'ont plus voix au Conseil; après trois mois, la radiation est prononcée. A Genève (section centrale), la cotisation est de 60 centimes par mois (article 7 des statuts).

Les membres de la section de l'Alliance de la Démocratie socialiste versent une cotisation mensuelle de vingt centimes, payables à la fin de chaque mois, avec facilité de se libérer partiellement dans le courant du mois (article 10 des statuts).

Aux termes de l'article 7 des statuts de la Fédération romande, la cotisation annuelle fédérale est de 10 centimes par membre.

A Rouen, la cotisation est de oO centimes par mois par adhérent isolé, et de 2j centimes si les adhérents appartiennent à une société quelconque (article 6 des statuts).

Les cartes sont vendues 50 centimes ; il est prélevé sur cette somme 10 centimes pour être adressés au Conseil général qui les a fournies ; le surplus appartient à la section. Enfin, pour faciliter au Conseil général l'exécution des devoirs qui lui sont imposés, tout membre de l'Internationale et des sociétés adhérentes doit payer, par an, une cotisation fixe de 10 centimes, dite cotisation centrale anmiellé (article 4 du règlement) ; elle avait été d'abord fixée à 30 centimes, par exception et pour l'année 1867 seulement ( article 4 du règlement primitif; ce réglementa été modifié par le Congrès de Lausanne).

Cette cotisation doit être payée par trimestre. Les délégués des branches et des sections qui n'ont pas payé leur cotisation ne peuvent pas prendre part au Congrès.

Cette cotisation est destinée à couvrir les différentes dépenses du Conseil générai: comaie la pension du secrétairi- général, les frais de la corre-ipondance, de différentes publications, etc. ; elle lui permet, eu cas de grève, de fournir des secours aux grévistes.

Ajoutons, à ces sources de revenus, les sommes d'argent que les besoins de la politique lui procurent, et l'on comprendra sans peine la puissance de cette association dont l'action s'étend sur toute l'Europe et même en Amérique.

Il nous reste maintenant à examiner deux autres moyens d'action de l'Internationale : la .^rève et les Congrès.

Des grèves. — Rôle de l'Internationale.

Depuis quelques années, les grèves se sont multipliées dans des proportions effrayantes : nous citerons, en 1869, la grève des typographes belges, la grève des filcurs à Gand, des voiliers à Anvers, celle des tapissiers à Bruges, celle des tisserands à Ensival et à Verviers ; en Prusse, la grève des mineurs en zinc, d3s menuisiers, de.s charpentiers ; en Suisse, les grèves de Bàle (rubaniers) et de Genève (maçons et tailleurs de pierres), du Locle (guillocheurs), de la Chaux-de-Fonds (faiseurs de secrets) ; à New-York, celle des fabricants et fabricantes de chapeaux de paille ; en Hollande, celle des typographes; à Cassel et à Wiesbaden (Nassau), celle des tailleurs d'habits et menuis-ers ; à Augsbourg (Bavière), celle des typographes et des fondeurs ; à Berlin, celle des chai-pcntiers ; à Glascow (An^îleterre), celle des peintres ; les grèves de Si-raing et du Borinage (Belgique) ; à Hérissau, canton d'Appenzel, celle des apprêtenrs; à Lausanne, celle des tailleurs de pierres, bardeurs, maçons et manœuvres ; à Am-terdam, celle des charpentiers de naviies; à Paris, celles des mégissiers, des marbriers, des doreurs ; à Neuville-.->ur-Saône (Rhône), celle des imprimeurs sur étoffes ; à Saint-Ëiienne,

— excelle des mineurs ; à Lyon, celles des appreteurs, des menuisiers, des bronziers, des ovalistes, des fondeurs, des carrossiers, des boulangers, des marbriers, etc.; à Elbeuf, celle des fileurs de laine ; à Marseille, celles des menuisiers, des fondeurs ; à Boston et à Worcbester (Massachusetts), celle des tailleurs, etc., etc., etc. L'Internationale a joué un rôle important dans toutes ces grèves ; elle en a suscité quelques-unes, lorsqu'il lui a paru opportun de les provoquer ; là plupart ont été subventionnées par elle. Par son influence colossale et les capitaux dont elle dispose, elle procure aux grévistes des secours, des moyens de lutter avec avantage contre les patrons et les capitalistes ; par ses ramifications dans toutes les contrées, elle empêcbe les ouvriers d'un pays de venir faire la concurrence aux coalisés d'un autre, ou même fournit à ces derniers les renseignements et le crédit nécessaires pour se déplacer et aller dans une autre localité où elle leur assure du travail ; tantôt elle délègue aux grévistes des chefs de l'Internationale pour les encourager et les soutenir dans leur lutte ; met tout en œuvre pour prolonger et étendre la cessation du travail daiis le but d'amener les patrons à composition. Tantôt des comités occultes sont organisés : les métiers, les usines, les ateliers sont mis en interdit; des amendes sont décrétées contre les patrons qui refusent d'adhérer au tarif proposé ou à l'augmentation demandée ; à la fin de la grève, les patrons sont obligés de s'acquitter du montant des condanîiiations prononcées contre eux. Ces sonmies sont destinées à opérer le remboursement des prêts qui ont été faits aux grévistes, soit par le Conseil général lui-mêîne, soit par les Chambres ou Comités fédéraux, soit môme par des corporations affiliées à l'Internationale.

Voici comment s'exprime l'Internationale au sujet do^ grèves (1) (numéro du 27 mars 1(S69) :

« Que prouve la multiplicité des grèves ? que la lutte en- « tre le travail et le capital s'accentue de plus en plus, que

(1) Cet article a été reproduit dans Vlinalitc (numéro du 3 a\ril 1869.)

« l'anarchie économique devient chaque jour plus prête l'onde et que nous marchons à grands pas vers le terme « fatal qui est au bout de celte anarchie, la Révolution so- « ciale... Lorsque les grèves s'étendent, se communiquent « de proche en proche, c'est qu'elles sont bien près de de- « venir une grève générale; et une grève générale avec les a idées d'atïranchissement qui régnent aujourd'hui ne «t peut qu'aboutir à un grand cataclysme qui ferait faire « peau neuve à la société. Il faut que le peuple soit prêt, « qu'il ne se laisse plus escamoter par les parleurs et les « rêveurs comme en 1848, et pour cela il faut qu'il soit or- « ganisé fortement et sérieusement .

a Les grèves indiquent une certaine force collective, une «t certaine entente chez les ouvriers : .ensuite chaque grève « devierit le point de départ de nouveaux groupements. « Plus la lutte devient active, plus la fédération des prolé- « taires doit s'étendre et se renforcer. Et alors des écono- « niistes à vue étroite viennent accuser cette fédération des « Travailleurs, représentée par rinternationale, de pousser « à la grève et de créer l'anarchie ! c'est tout simplement « prendre l'effet pour la cause : ce n'est pas l'Internationale « qui crée la guerre entre l'exploiteur et l'exploité, mais « ce sont les nécessités de la guerre qui ont créé l'Interna- « tionale.

Cette question des grèves a été discutée au Congrès de Bruxelles en 1868, dans la séance du 9 septembre. — Des rapports furent présentés sur cette matière par les sections genevoises, la section liégeoise et la section bruxelloise. Une discussion des plus vives s'engagea sur la nécessité et l'opportunité des grèves. Le Congrès déclara que, dans la situation actuelle de lutte entre le travail et le capital, la grève est une nécessité : qu'il y avait lieu d'instituer dans chaque fédération une caisse destinée à les soutenir, que les différentes sections devraient constituer un Conseil d'arbitrage chargé de statuer sur la légitimité et l'opportunité des grèves éventuelles (1), Déjà, iors du Congrès de

(1) Complf rendu officiel du Congrès de Bruxelles, publié par le journal le Peuple belge — p. 10 à 17.

Genève (1866), les délégués anglais, tous membres du Conseil centrai, proposaient de dresser des statistiques sur le travail, de publier des bulletins mensuels et d'établir ainsi un lien universel qui permettrait d'organiser des grèves immenses, iuvinciblc'S (compte rendu du Congrès, p. 45 >. Tolain déclarait que la section de Paris avait joué un rôle actif pendant les grèves des bronziers, des ouvriers de PiOubaiK et de Genève, et que l'Internationale avait pour mission de soutenir les grèves. Et Dupont, dans le rappori présenté au nom du Conseil général, ajoutait : « que lors a de la lutte soutenue par les- ouvriers en bâtiments de € Genève, les secours \enus de France, de Belgique, d'An- « gleterre, d'Allem.igne, par l'intermédiaire de flnterna- « tionale, avaient assuré le triomphe de la cause des ou - « vriers; que la grève était une arme terrible et constituait « le meilleur moyen d'organiser les forces de la classe ou- « vrière. »

Etudions maintenant en détail la part que l'Internatio» nale a prise dans certaines grèves. C'est aux documents émanés du Conseil général, aux récits publiés dans les journaux de cette Association que nous empruntons ces renseignements.

Nous lisons d'abord dans le rapport présenté sur les grèves, au Con;ïrès de Bruxelles, au nom de la section de celte ville, parDePaepe, que, lors de la grève des ouvriers bronziers de Paris qui « durent, en 1867, abandonner leur « travail parce que leurs patrons avaient exigé d'eux la • dissolution de leur association, leurs frères, les Anglais, a vinrent à leur secours; 20,000 francs partirent de Lan- « dres et obligèrentles patrons à baisser pavillon. (Compte « rendu, p. 14.)

Le rapporteur ajoute :

« Les ouvriers en bâtiments de Genève virent leurgrève « réussir, parce que les ouvriers de France, d'Italie, d'An- « glelerre et d'Allemagne vinrent à leurs secours. Les see- « lions de l'Internationale organisèrent une vaste souscrip-

— Go —

* lion, et le bureau île Paris à lui seul procura une somme « de 10,000 francs. » (Compte rendu, p. 14.) (1).

Au mois de mars 1869, une nouvelle grève des ouvriers en bâtiments éclatait à Genève : le Comité adressait un appel aux ouvriers de tous les pays pour Icuv annoncer la lutte qu'ils venaient de recommencer, leur recommandant de ne pas venir travailler à Genève, quelque avantageuse? que pussent être les conditions proposées. La fédération romauvle donnait son appui à cette grève et en prenait la direction générale. Elle invitait toutes les seclions à organiser proniptement des secours en faveur de leurs frères. Voici l'appel qu'elle adressait aux sections :

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