‹ L'Interprète, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 17 sur 22 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

Les Mêmes, GEORGE, amené par quelques soldats *.

le capitaine. Mcs-ueurs, nous n'avons que peu de temps pour expédier celle affaire. Lieutenant, faites voire rapport.

Laroche, st levant. Voici les faits : Cet homme qui porte le costume d’un paysan bavarois, cl qui e;i uûcclc les manières, ffe st autre que le nommé Ci orge Léonard, émigré... Je demande qu’il >oil condamné suivant loute la rigueur des lois.

J’at fini.

I! se rassied.

le capitaine. Persistc-t-il à ne pas répondre?

* Gcocge , Louise , M«* Duraud.

mad. durand, d part. Qu’e*L-cc qu'il va dire ?

George regarde tout le inonde avec tranquille, et chante une tyrolienne.

Tra, la, la, la, la, etc.

FnÉDÉnir. Une tyrolienne?

Laroche. Il feint de ne pas comprendre.

Frédéric. Ou bien, il ne comprend pas.

larocue. Pas d’observations , sergent...

la discipline vous les interdit.

LE CAPITAINE. OÙ SOflt )e$ témoiOS?

laroche. Louise Durand.

louise, s'avançant. Me voici.

larocre. Celle jeune fille a reconnu l’accusé.

Louise. Non, monsieur.

larocue. Comment, iout-à-Pheure, devant moi...

louise. Oui. d’abord, au premier coupd’œil... et ce n’est pas étonnant, à cause de la ressemblance, comine je vous l’ai dit; et puis voyez-vous, messieurs, j’aimais George, je l’aime encore, et je pense toujours à lui... Je devais l’épouser, messieurs; aussi ça m’est arrivé vingt fois, de dire dans le premier moment ; « Ah ! voilà George !» Kh bien non, ce n'était pas lui, seulement quelqu’un qui lui ressemblait un peu, comme cet homme.

frédéric, à part. A merveille.

mad. durand, d part. Comme ça parle.

(Haut ) Bien, ma fille.

LARocnE. Qui est-ce qui se permet des réflexions? ( A madame Durand. ) Approchez, bonne femme.

MAD. DURAND, llein ?

Laroche. Approchez.

george , d part. Oh ! ma nourrice ! gare la langue.

Madame Durand * 'approche et fait la révérçnce.

le capitaine. C’est bien... c’est bien.. .

vous connaissez George ?

mad. durand. Moi ! c’tc bêtise! j’ lai vu pas plus haut que ça , et même que mon mari lui donnait des leçons, dont P petit faisait des progrès dans les belles lettres de l’écriture.

Elle fait la révérence.

le capitaine. Combien y a-t il de temps que vous uc l’avez vu?

mad. durand. D’puis la Saint-Michel, qu'est ma fête, à cause que j' m'appelle M ichcline.

le capitaine. Le reconnaissez-vous?

mad. durand. C’te bêtise! pardine ! si je le reconnaissais, est-ce que je I’ dirais? larocue. Greffier, écrivez.

george , t'avançant vers ta mère Durand , mad. durand. Eh bien , quoi ? qu’csl-ce qu’il écrira v«*lic gri ffon lieu r? que j’ navais pas mis mes lunettes, et qu’à piésent que j' les ai sur h* nez...

et baragouinant. Turte/fe, min rachitefeld ,

1 1er main.

mad. durand. C est juste, mon garçon, lie le lâche pas... j’ le reconnais pas. . t es l’un gros allemand, v’1.1 tout.

LE CAPITAINE. VOUS liiez ûtlSSÎ qUC TC SOÎI

George?

mad. durand. Non. . . que j* le nie.

i.p. capitaine. Retirez-vous.

mad. durand, d part. J'ai éhu autant d’esprit que ma fille.

Elle fait la révérence.

le capitaine. Pas d’autres témoins?

LAROCHE. Impossible de retrouver l’allemand dont on m’a parlé.

Frédéric, à part. Il c?*! sauvé!

george, à part. Ça va bien.

i,oli>e, a part. Quel bonheur!

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