SCENE VII
FRÉDÉRIC, datant la table, GKORGE.
fl arrive en chantant, par le fond à droite.
Air : C est un fond perdu. ( Rente viagère. )
Leste et plein d’ardeur ,
En ir: voyant ce village.
J’ai hou courage ;
Au bout du voyage,
Je nVurisage Que h: bonheur !
Je ris du daoger ;
Libre de crainte et de tristesse ,
Eu rentrant, je faim Tout mon chagrin à l’étranger.
Leste et plein d’ardeur , etc,
Enfin, i’y suis ; trois lieues de pays eu une heure.. v’Ià une course!, . Ecoutez donc ces nigaude de Champenois : ■ Prends » garde. George, ne vus pas eu avant; ne • retourne pas en arrière; ne passe pus A «droite; ne prend pas ù gauche. * Je serais resté en route. . . Bah! je n’ai peur de rien, moi. . . pas accéléré, en avant, innr che; je suis connu, bon luW>n, un peu malin, surtout pour ce pays-ci; je passe mon chemin, passez le voire; je n’ai pas de papiers, est-ce tua faute? je u’en ai jamais eu, pas meme un acte du naissance.
Ah ça! voyons... v'Ià ben le village où demeure à présent Louise avec sa mère , mais la mahon. . . cherchez... je vas prendre mes informations. (Il crie. ) Eh !
tnère Durand! ohé! ma nounîce...
fbédémc. Quel tapageur ot-ce là?
GE<>acE , criant toujours. Ohé !. .
Frédéric. Dites donc, l’ami, pourriezvous crier un peu moins fart?
ceu r ce. Bon! on militaire qui su fâche.
frédéeic. regardant George. Eh! mais...
ceo rcc. Tiens, c’est Rousseau, le petit Rousseau , mon camarade.
Frédéric. George!
george. Eli! o«î v c’est moi; voilà une rencontre! Tous les bonheurs aujourd’hui!
vrai, je suis bien content de te revoir; ta figure inc rappelle notre école; avonsnous fait de bonnes parties de coups de poing? il me semble «pie j’y suis encore; mais je respecte les galons. Est-ce heureux, quand j’y pense, que je sois revenu tout ju>te pour voir passer ton régiment!
Frédéric. Oui, joliment... Qu’est-cc que tu viens faire ici?
georces. Je viens me marier; il y a trois mois que l'.iffaire est arrangée avec la inére nourrice. Depuis ce temps-là elle n’a pas eu de mes nouvelles; mais inc vMà , fidèle à mes anciennes inclination* et pour commencer. .. (// ta à la table et se vers* à boire. )* A ta santé.
Frédéric. Il faut que tu sois bien effronté, après avoir émigré.
ceorcr. Moi, émigré! est-ce que tu me prends pour un marquis? j’ai passé les avaofpastes, voilà tout.
11 huit.
Frédéric. C’est parbleu bien assez...
et à quel sujet?
george. Un sujet respectable. Connais* tu II. de Vnuxbeuil ?
Frédéric. En grand seigneur. george. Oui , un ex. . ,
9 George, Frédéric.
Frédéric. Qui a paMé la frontière.
george. Justement! N’avait-il pas laissé en arrière un brave et honnête homme d’intendant, un particulier bien innocent!
FnÉüÉRK a . Eh bicu! qu’est-ce que ça te fait?
george. C’eut que ce pauvre malheureux a été dénoncé, poursuivi! pour se sauver, il avait besoin d’un guide; alors, il s’est adressé à njoi.
Frédéric. A la place, j'aurais refusé.
george- C’est ce que j’ai fait. Alors , il m’a dit ; • Jlon ami. tu n’as pa* de fortune,
• en v'Ia une pour ton mariage, »
Frédéric. Je lur aurais répondu : « tëar-
• dez yo* bienfaits, et laissez-uiéi mon
• honneur. •
georces. C’est ce que j'ai dit. Alors, il n»’a embrassé : « Mou garçon, tu u as pas
• de naissance, je peux t’en donner une.,*
Frédéric. Comment?
ceorce. Voilà absolument comme je Rui.** resté, l’air pétrifié, la bon» lie ouverte. Comment? Pour lors, il a pleuré, que ça me faisait mal à le voir, ce pauvre vieil* lard : « Oh ! mon enfant, mon cher calant, «s’écriait-il en me serrant dans ses bras,* ne livre pas à la mort, celui qui t'a «donné la vie. •
Frédéric. Quoi!., ton père!., c’çtuit lui ?
george. Il me l'a juré... Ma foi, la tîitié, |c sentiment... je ne sais quoi iu’a sfyisi... enfin , je n’y tenais plus ; j’ai pleuré A mon tour, et je suis parti; je l’ai affublé d ufi déguisement de marchand ambulant., moi y j’ai fait le Juif tant bien que mal, et Dieu aidant, nous sommes arrivés an lieu de sOreté , s’il y a de» lois qui défendent ça, ma foi, tant pis pour les lois.
Air : A" temps heureux de la ch ce tt brie.
Ce que j’ai fait , ami , j'ai dà le Taire,
J’ai dù céder à l'amour filial ;
Cette action Tut juste et nécessaire.
FRÉDÉRIC
C’ U ‘est pas jm! nu in.