LES RECLUSES AUX NOUV. CATHOLIQUES
Mlle BIGOT,
entrée aux Nouvelles Catholiques, le 11 janvier 1686, transférée, le 14 mars, dans un autre couvent.
Mlle DE BOISRAGOND,
mise d'abord à la citadelle de l'île de Ré, avec Mlle de Saint -Laurent, et entrée chez les Nouvelles Catholiques, le 12 août 1686, y était encore en décembre. «On « en espère, dit une note remise à la Reynie, elle est « docile. Elle a été extrêmement maltraitée en province, « c'est un esprit effarouché qui a besoin d'être adouci. » Elle figure encore comme protestante sur la liste du 1 er février 1687. C'est à son sujet et à celui d'une de ses compagnes de captivité, que Madame de Main tenon écrivit au marquis de Villette, son cousin, la lettre suivante, le 4 septembre 1687 :
« Prenez garde à toutes les affaires dont vous vous chargez; car il serait très-désagréable qu'elles ne se trouvassent pas comme vous les avez proposées. M. de Seignelay a persuadé au roy que Mlle de Saint-Laurent était sur le point de faire sa réunion, et si elle part sans que cela soit fait, on en sera assurément mécontent. Ne vaudrait-il pas mieux la remettre aux Nouvelles Catholiques, et qu'elle s'en démeslàt comme il luy plairait? Je vous advoue que je n'aime point à me charger envers Dieu, ny devant le roy, de tous ces retardements de conversion, et que j'aurais aussi un chagrin de vous voir desplaire quand vos intentions sont bonnes. On prétend aussi que cette demoiselle de Boisragond n'escoute point, et qu'elle ne sera de longtemps con-
vertie ; cela sera eucore sur votre compte.» {Bullet. de iHist. du Prot. /r., II, 200.)
Mme de BOISROGER,
transférée des Nouvelles Catholiques dans un autre couvent, le 24 janvier 1687.
Mme BRUN1ER,
échappée de la maison des Nouvelles Catholiques avec l'aide d'une femme Melon, prisonnière et servante dans le couvent, figure sur une liste des prisonniers de la Bastille du 17 septembre 1G86; elle fut transférée à la citadelle d'Amiens et à celle de Montreuil en 1687, puis expulsée du royaume l'année suivante.
Marie et Elisabeth CLAYE,
âgées de sept et six ans, sont encore aux Nouvelles Catholiques le 1 er février 1687 et « ne peuvent sans danger estre remises à leurs parents. »
Mile DE COURCERAC,
enfermée aux Nouvelles Catholiques, le 22 juirt 1686, y était encore le i er février suivant. Le roi avait promis 200 livres pour sa pension.
Madelaine DE DOMPIERRE,
fille du sieur de Jonquières, mise chez les Ursullnes de Clermont en 1686, transférée aux Nouvelles Catholiques par ordre du 4 janvier 1689, parce qu'elle ne faisait aucun progrès à Clermont et qu'il était dangereux pour les religieuses qu'elle y demeurât plus longtemps
(Lettre de Seignelay à l'intendant de Ménars). Elle ne se montra pas plus disposée à renier sa foi entre les mains de Féneîon ; il fallut l'expulser du royaume.
Marie et Jïtdith DURY,
arrêtées le 24 mars 1686 et mises aux Nouvelles Catholiques, ne montrent « aucune apparence de changement, » dit la liste de décembre 1686, et figurent encore comme protestantes sur celle du l ep février 1687. Elles furent transférées à la citadelle de Mon treuil, par ordre du 4 août suivant. 'L'aînée y abjura en 1687; la cadette fut envoyée au château de Nantes (1687) et plongée dans un cachot ddiit l'humidité la rendit sourde. — Finalement elles sortirent toutes deux du royaume. — Elles avaient deux autres sœurs, qui furent aussi enfermées dans des couvents ; mais une seulement alla aux Nouvelles Catholiques, le 2 février 1686;. le 11 avril elle fut transférée de la Visitation de Saint-Denis dans un autre couvent ; le 29 elle sortit des Feuillantines, et le 24 août des Ursulines de la rue Sainte- A voye.
Mme FABRICE,
transférée, le 27 janvier 1686 , des Nouvelles Catholiques au Couvent du Cherche- Midi, le roy ne voulant pas qu'elle fût dans la même maison que Mme le Coq ; elle retourna aux Nouvelles Catholiques le 3 février.
Judith HACALAM (BALAUAN?),
transférée des Nouvelles Catholiques au couvent de rAnnonciade de Saint-Denis, le 31 janvier 1687.
Mme HAMMONNET,
femme d'un ancien de Charenton (église de Paris), arrêtée à Valenciennes, fuyant avec deux jie ses filles, Rachel et Marthe , fut mise à la Bastille lors de la Révocation, puis aux Nouvelles Catholiques où elle se trouvait le 1 er février 1687 ; par ordre du 4 août suivant, elle fut envoyée à la citadelle d'Amiens, puis expulsée de France, en 1688, avec son mari.
Marguerite HAMMONNET,
fille de la précédente, mise aux Nouvelles Catholiques au moment de la Révocation, figure encore sur la liste des recluses de décembre 1686, avec la mention suivante : « L'aînée des Hammonnet très-déraisonnable, elle n'a que quatre ans et il est cependant très-dangereux de lui laisser la liberté de voir ceux qui ne sont pas encore convertis, ou qui sont mauvais catholiques. » — Elle finit par passer à l'étranger.
Françoise JACQUINOT,
fille du premier valet de chambre du roi, arrêtée le 21 janvier 1686, fut transférée, le 31 janvier 1687, du fort FEvêque aux Nouvelles Catholiques, puis, le 4 août suivant, à la citadelle d'Amiens, puis au château de Nantes, et expulsée du royaume en 1688.
Mile DE LA FERR1ÈRE,
mise aux Nouvelles Catholiques, le 7 août 1685. Pellisson payait pour elle une pension de cent cinquante
livres, par ordre du roi. Elle figure sur la liste du 1 er février 1687, avec cette mention : « Agée de onze ans, pas encore -communié, ne peut estre sans danger remise à ses parents. »
Mlle DE LA FERTÉ-C1VILE,
entrée aux Nouvelles Catholiques le 20 novembre 1685, y était encore le 17 octobre 1686.
Mme DE LA FERTÉ-C1VILE,
mise aux Nouvelles Catholiques le 29 septembre 1686, avec ordre de lui faire son procès et d'enfermer ses garçons dans un collège. Le 28 janvier 1687, on demandait où. elle pouvait être conduite.
Mme DE LA FRESNAYE DE MONTFORT- L'AMAURY,
enfermée aux Nouvelles Catholiques par ordre du 30 janvier 1686. Elle y devint folle (voir plus haut p. 74); et fut transférée la même année au château du Pont-del' Arche ; bien que l'ordre eût été donné, le 21 novembre 1689, de la faire sortir du royaume « à moins qu'elle ne veuille faire sa conversion, » elle ne fut expulsée du royaume qu'en 1697.
Deux femmes de la duchesse DE LA FORCE,
mises aux Nouvelles Catholiques ; ordre du 18 janvier 1691 pour les faire sortir du royaume, ainsi que celle qui était chez l'exempt Desgrez.
Mlle DE LA MASSAIS,
transférée des tilles du Précieux sang de Vaugirard
aux Nouvelles Catholiques avant la Révocation (ou peutêtre le 15 juin 1686), ne, donne encore « aucune espérance de changement» en décembre, 1686, et .figure comme protestante sur la liste du 1 er février 1687. Seignelay écrivait, le 16 juin suivant, à Foucault, intendant du Poitou, la lettre que voici :
« Mlle de la Massais, qui est dans la maison des Nouvelles Catholiques de Paris , témoigne beaucoup d'envie d'estre près de M. de la Massais, son frère, qui est en Poitou, et on croit que ce gentilhoiume, qu'an dit estre bon catholique, pourrait mieux que personne contribuer à sa réunion. Je vous prie de me mander s'il fait son devoir de catholique,; et si vous croyez qu'il n'y ait point d'inconvénient à lui envoyer sa sœur, auquel cas il serait nécessaire que vous prissiez la peine de lui dire que s'il veut répondre d'elle et prendre des mesures pour la faire prendre chez lui, 3a Majesté lui en fera donner la liberté. Il pourra concerter sur cela avec M. dès Saint-Martin, conseiller au parlement, qui a fait cette proposition. » (Depping, Correspond. aâmirmtr.> IV, 407.)
Mme ou Mlle DE LA RIVIÈRE,
aux Nouvelles Catholiques (sans date), nous la retrouvons chez les Nouvelles Catholiques de Caen en 1688;
Jeanne LA TOUR,
non payante, aux Nouvelles Catholiques, n'a pas encore communié en 1686.
AUX NOtTVÈLLES CATHOLIQUES. 2të
Mue de LAURE (DE I/ORT?),
entrée dans la maison des Nouvelles Catholiques à une date qui nous est inconnue, s'y trouvait encore le 17 octobre 1686; elle est mentionnée sur la liste du I e * février 1687, de la manière suivante : « Agée de onze ans, pas encore communié, ne peut estre sans danger remise à ses parents. »
Mme LE COQ ,
femme de Théodore le Coq , conseiller au parlement et ancien de Charenton (Paris), mise aux Nouvelles Catholiques sar*$ doute ^ la Révocation, s'y utoptra assez sajptf emçnt opiniâtre pour que le roi défendit à la* supérieure de la laisser voir à personne (27 janvier 1686); elle fut transférée, le 13 avril, au couvent des filles de U Yisitation à Saint-Denis, puis» l'année suivante, à la citadelle d'Amiens paj ordre du 4 août.
Mlle LE COQ DES FORGES,
transférée, le 26 juin 1686, de la maison des filles de la Madelaine du Tresnel dans celle, des Nouvelles Catholiques, qui lui firent perdre la raison. (Voir plus haut* p. 730
Msme *t Mvrguerite-Héhèm LE MQNY^B,
sœurs, arrêtées le 2\ septembre 1686 et mises aux Nouvelles Catholiques, donnaient quelque espérance en décembre ; elles étaient endore protestantes au mots de février suivant, si bien qu'elles furent envoyées à la citadelle de Montreuil par ordre du 4 août de la même année.
Mme DE LIEMBRUNE DE LA VESPIÈRE,
mise aux Nouvelles Catholiques le 28 janvier 1686, transférée chez les Miramiones le lendemain, puis au couveni de Saint-Nicolas à Compiègné, ensuite à l'abbaye de Variville, et enfin au château de Pont-del' Arche, où elle était encore en 1690, et où on lui enleva sa domestique, bien que celle-ci fût catholique.
', Catherine LUCAS,
figure comme non payante depuis le 19 janvier 1683, sur une liste qui doit être de 1686.
Les trois filles de Jean. MALLET,
sieur du Rozin, avocat au parlement de Paris, dont l'ainée n'avait pas douze ans, mises aux Nouvelles Catholiques avant la Révocation, y demeurèrent au moins jusqu'au 1 er février 1687; elles figurent sur la liste de cette date avec cette mention : « Ne peuvent estre sans danger remises à leurs parents. » Elles résistèrent pendant neuf ans, dit la France protestante, aux efforts des convertisseurs, tandis que leur père jeté en prison et leur mère à la Bastille, avaient abjuré. La mère secoua bientôt le joug de l'hypocrisie, car nous la retrouvons en 1701 prisonnière au château de Pont-del' Arche, d'où elle fut transférée à l'Union chrétienne
de Paris.
Mlle MATERON,
n'avait encore ni confessé ni communié en 1686.
Marie et Ursule MAY, Turquesses, sœurs, âgées de six et sept ans, mises aux
Nouvelles Catholiques le 13 mai 1685, y étaient encore le 1 er février 1687, mais dans la maison de Gharenton, sous la conduite des sieurs de Groy et Chevalier. Elles donnaient un «fâcheux et mauvais exemple» et ne payaient pas. « Les mettre à l'Hôpital général, » dit la liste du 1 er février, avec les femmes perdues, dans le repaire de tous les vices et de toutes les pourritures. Fénelon ! parce qu'elles ne payaient pas!
Mlle MOR1SSET,
entrée aux Nouvelles Catholiques le 30 août 1686, ne donne aucun espoir; la liste du 17 octobre porte qu'il faut « s'en défaire ; » celle de décembre : « Aucune apparence de changement; » celle du 1 er février 1687: « Prostestante. » Par ordre du 4 août, elle fut transférée au château de Montreuil, puis expulsée du royaume en 1688.
Suzanne MUTEL,
fille du pasteur de Coucy-la-Ville, arrêtée à Bondy au
moment où elle s'enfuyait, était déjà aux Nouvelles
Catholiques le 23 juillet 1685, le 16 mai suivant on la
tira du Ghâlelet pour la rendre à.la mère Garnier et à
Fénelon.
Mlle D'ORIGNAC,
mise au couvent de Y Annonciade à Saint-Denis, transférée peu après aux Nouvelles Catholiques, elle figure sur la liste du 23 juillet 1685. Elle retourna ensuite à l'Annonciade et revint aux Nouvelles Catholiques le 24 juin suivant. La liste du 17 octobre 1686 la mentionne en ces termes : «N'a pas de quoi payer, s'en défaire aux N. C. et mettre en quelque autre » couvent;
tt* L£8 RBCLUSfS
k liste du mois de décembre suivant perte : « Peu d'espémnee; » sur eeile du 1 er février 1687 elle figure eontine toujours « protestante. », Enfin elle fut transférée à la citadelle d'Amiens par ordre du 7 août suivant, puis à celle de Montreuil.
Mlle POIGNANT,
non payante, de fiaintbnge, était éhcoi"e aux Nouvelles Catholiques.en 1686; «n'a ici aucune retraite, » dit une note qui la concerne. On cherchait donc à s'en défaire, d'autant plus que personne ne payait sa pension.
Ataâelaine hlSOUL,
née à Gharenton^ âgée de treize ans, de père et mère inconnus* amenée aux Nouvelles Catholiques le 22 octobre .1685, par le commissaire Delamarre> notée «pour apprendre un métier» Burla liste du 30 juin 1686,
Mme DE SAINT-HILAIRE,
veuve d'un lieutenant d'artillerie* arrêtée le là mars 1686 et menée aux Nouvelles Catholiques; fest notée comme « assez bien disposée présentement » sur la liste du mois de décembre, et comme encore « protes* tante >» sûr cfelledu I e * février 1687.
Mlle DU SAINT-LAURENT»
entrée aux Nouvelles Catholiques le 12 août 1686, se conduisit absolument comme son amie, Mlle de Bûisra.gond. (Voir plus haut, p. 213.)
Mme DE SAINTE-HERMINE, mise au couvent des Miramiones en 1686, était aux Nouvelles Catholiques au mois de décembre, et figure comme encore protestante sur la liste du 1 er février 1 687.
Mlle SOUILLAT, n'avait encore ni confessé ni communié en 1686 ; elle n'avait pas encora communié le 1 er février 1687.
Mlle VIDAL,
sort des Nouvelles Catholiques, le 6 avril 1686, parce qu'elle donne un « mauvais exemple, » elle est transférée dans un autre couvent. Ce n'est évidemment pas la même que celle qui abjura le 11 avril.
Deux demoiselles DE VILLARNOUL, transférées de la Bastille aux Nouvelles Catholiques avant la Révocation, furent expulsées de France en 1687, avec leur mère, qui était restée dix-huit mois à la Bastille.