LAS
More
longtemps [injection massive de sérum artificiel
(1 à 2 litres)] n’a pas donné de résultats bien encourageants.
30 SÉRUM ANTIPHALLINIQUE. — La sérothérapie est de date relativement récente puisque ce n’est qu’en 1923 que Du arrie de la Rivière, après de nombreux travaux, put mettre au point un sérum vraiment efficace.
I ne put obtenir l’immunisation du cheval par l'injection de doses progressives d'extraits de champignons qu’au moment où 1l put avoir un produit stérile et de toxicité fixe.
Les premiers essais cliniques de ce sérum furent faits par les DIS Rayet et Lelong chez des malades intoxiqués par des amanites et furent tout à fait probants. |
Il faut injecter au moins 20 cm°desérum en piqûres intramusculaires la première fois et renouveler la dose à plusieurs reprises les jours suivants jusqu’à amélioration de l’état du malade.
Et ce n’était jusqu’à ces derniers temps que le seul traitement des intoxications par la phaline, mais depuis quelques mois les Docteurs Limousin et Germain Petit viennent de faire conneître une nouvelle thérapeutique commode et d’eflicacité certaine.
Traitement du D' Limousin. — Le docteur Limousin, ayant constaté que certaines espèces animales comme le lapin possédaient une immunité naturelle vis-
Lee te |
à-vis des champignons à Phalline, rechercha les
causes de cette immunité qu’il essaya de conférer
à des animaux qui, tels le chat, sont très sensibes aux amanites.
Cet auteur remarqua en outre que les lapins et autres animaux, insensibles à la phalline par voie digestive, ne l’étaient plus si l’on modifiait la voie d'introduction des produits toxiques ; il constata
aussi que certaines espèces comestibles étaient toxiques si leur suc était introduit dans do
par la voie intramusculaire.
D'où l’idée que l’immunité du lapin est d’origine digestive et qu’elle pourrait être conférée à un autre animal en lui faisant ingérer du tube digestif frais de lapin.
Les expériences portèrent sur le chat qui est friand de champignons cuits.
L’ingestion par cet animal de champignons cuits toxiques amène rapidement la mert ; les lésions histologiques du foie et du rein sont les mêmes que l'on retrouve chéz l’homme.
Dans une seconde série d'expériences, on fitingérer, en plus des champignons cuits, le tube digestif d’un lapin fraîchement tué. La mort de l’animal ne sur-
vint qu’au bout de six jours et le tableau clinique
était tout à fait différent de celui qu’avaient présenté les chats morts après avoir seulement absorbé des champignons toxiques.
Les troubles digestifs étaient très réduits : vers le 58 ou 6€ jour suivant les cas, état de raideur avec
ee fe RE
spasmes musculaires, cri spécial, rauque, sorte de croassement, impossibilité d” avaler même les liquides (Limousin).
En présence de ce tableau clinique particulier et des lésions hépatiques et rénales trop discrètes pour expliquer la mort, le D' Limousin pensa que le lapin était encore immunisé contre une autre toxine que le tube digestif ne pouvait arrêter.
Dans une nouvelle série d'expériences, on fit alors ingérer aux chats : :
Des champignons toxiques cuits, broyés avec deux estomacs et sept cervelles de lapin.
Les animaux ne présentèrent aucun trouble.
Renversant alors toutes les théories admises jus- 4 qu'ici, le docteur Limousin émit l'hypothèse que la Phalline renfermerait au moins deux toxines :
2 L'une, l’hépa'o-toxine, agissant ra; idement sur le : foie, et neutralisée par le tube digestif du lapin et principalement par l’estomac ;
L'autre, la neuro-toxine, d’origine organique, sécrétée par le système nerveux du lapin et d’action : D plus lente.
La première observation de l’application à l’homme de cette méthode concerne une famille de quatre personnes intoxiquées par des amanites Phalloidiennes, |
L'une d’entre elles mourut dal le sérum anti- . phallinique avant d’avoir pu être traitée Par. le mélange Estomac-cervelle. …
Se Les autres, bien que tardivement soignées (plus de deux jours après l’ingestion) par le mélange
suivant : |
3 estomacs frais de lapin broyés 7 cervelles fra'ches de lapin broyées
guérissent en une huitaine de jours.
Une heure après l’ingestion de ce mélance, on consao
tatait la sédation des coliques et une régression des signes gastro-intestinaux.
Devant l’amélioration constatée, le lendemain, le Dr Limousin, pensant qu'il pouvait y avoir des lésions hépatiques, donna du foie cru (150 gr.) à ces malades afin de suppléer à l’insuflisance Lépatique.
Le résultat fut contraire de ce que l’on pouvait attendre. Les phénomènes toxiques reprirent, que l’on combattit à nouveau par le mélange cervelleeslomac.
Cette action nocive du foie que l’on ne s’explique pas encore fut confirmée expérimentalement sur le chat. |
Trois autres malades intoxiqués par des champignons de nature indéterminée et traités par la même méthode guérirent également rapidement. :
En résumé donc, à l’heure actuelle, le seul traitement capable de lutter contre l’intoxication phallinique est celui du D' Limousin, tout en évitant de donner du foie au malade. D’autres substances pouvant également posséder une action néfaste,