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Il l’'examine, en effet, et, le jeudi 5 novembre (s'étant convaincu qu’il avait affaire à une bonne espèce) il fait accommoder trois de ces champignons pour son déjeuner. Il les trouve excellents. Personne autre que lui n’en mange dans la maison.
Dans l'après-midi et dans la soirée, il vaque à ses occupations. Le soir, il mange comme d'habitude et se couche sans avoir ressenti rien de particulier.
Mais, à 3 heures du matin, quatorze à quinze heares après l’ingestion, il est pris de vomissements qui durent jusqu’à 6 heures.
Le médecin ordonne un lavement purgatif. Les selles sont nombreuses et fétides. Pendant 12 journée du vendredi, suffocation, crampes douloureuses.
Le vendredi soir, le malade semble éprouver quelque soulagement ; mais les étouffements continuent. Dans la nuit du vendredi au samedi, vers 2h 30 à 3 heures, sueurs froides, refroidissement des extrémités. On envoie chercher le médecin; mais le malade a une syncope et meurt en quelques instants (par paralysie du cœur, d’après le médecin).
Dans l’entourage de M. D..., on désirait savoir à quelle espèce de champignon il fallait rapporter l’empoisonnement. M. Bourquelot, à qui un exemplaire fut présenté, reconnut en lui l'Amanita phalloides, dont la région centrale du chapeau avait subi une sorte de gelée qui en avait changé la teinte verte en une teinte jaune brunâtre, la volve, collée sur le stype, semblait ne pas exister.
OBSERVATION IT (D' Brerrix, in Revue Médicale de la Franche-Comté, 10 sept. 1909.)
Dans les premiers jours de septembre 1908, je fus appelé, vers 6 heures du matin, chez les époux B..., demeurant au Cras.
La personne qui vint me chercher m’annonça de suite ce dont il s'agissait :
B..., trente-cinq ans, était allé la veille au bois de Chailluz, à la cueillette des champignons, dont il avait fait une abondante récolte, et en avait fait préparer un grand plat par sa femme pour le repas du soir. Il en absorba par deux fois, les trouva excellents et alla se coucher. |
Dans la nuit, vers 3 heures du matin, il fut pris subitement de vomissements très violents et de diarrhée fétide et sanguinolente.
Sa femme, qui n’avait fait que goûter ces champignons en les préparant, n’eut qu’un vomissement.
À mon arrivée, B.. me parla très lucidement, maïs d’une voix éteinte. Il avait des éblouissements, des tintements d'oreilles, se plai-
gnait d’une soif très vive, de striction de la gorge et de brûlures qui lui arrachaïent des plaintes.
Le teint était subictérique, la face tirée, inondée d’une sueur froide, les extrémités gelées. La température était de 3508. La langue était rôtie, le foie très dur, douloureux et volumineux.
Pas d’urine depuis la veille.
Le pouls était très petit, incomptable. Devant la gravité d’un tel état, dont la cause ne faisait aucun doute, je fis immédiatement absorber au malade 40 grammes d’huile de ricin, qu’il conserva, et donner un grand lavement huileux; je conseillai également d’appliquer sur le ventre des cataplasmes laudanisés.
A l’intérieur, je fis prendre du lait, du café très fort et ordonnai de extrait de belladone (5 centigrammes pour vingt-quatre heures). Je quittai le malade après lui avoir fait deux piqûres de 25 centigrammes chacune de caféine.
Je revins voir le malade vers 11 heures du matin. Il avait eu deux selles très abondantes, infectes, sanglantes, et émis 150 centimètres cubes environ d’une urine noire et visqueuse.
Il se sentait soulagé et avait dormi environ une heure et demie. Je fis alors une injection physiologique de 500 centimètres cubes.
Le pouls était toujours filiforme. Le soir, quand je revois ce malade, l'était dans le coma et, malgré une nouvelle injection de 500 centimères cubes de sérum, il succombait la nuit suivante, vers 3 heures du matin, c’est-à-dire vingt-quatre heures environ après l’apparition des premiers symptômes d’empoisonnement.