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gr. de Polyporus ovinus

Si l’on veut l'équivalent de 1 kg de viande de bœuf, il faut prendre :

98 300 de champignons de couche ;

10K8 600 d'Agaric couleuvré ;

15K8 200 de Morilles ;

24x8 200 de Lactaires :

41K8 600 de Chanterelles :

67 kg. de Polypores.

Enfin, pour absorber la ration d’'albumine (138 gr.) nécessaire à l’entretien de l'organisme, à supposer qu’on dût la chercher dans les champignons, il faudrait avaler :

9K8 700 de champignons de couche ; 6K8 900 d'A garic couleuvré ; 9k8 500 de Morilles ;

10 kg. de Bolet comestible ;

14%8 700 de Lactaires ;

26% 300 de Chanterelles ;

41K8 600 de Polypores.

L'usage de ces cryptogames constitue donc plutôt un condiment agréable qu'un véritable aliment.

En tout cas, nous sommes tout à fait de l'avis de Roumeguère, quand il dit : « Les champignons, même les plus estimés, sont un mets peu assimilable : les cellules dont ls se composent résistent beaucoup à l'action du suc gastrique, et, sans parler même des idiosyncrasies qui rendent certains estomacs absolument réfractaires à la digestion de ce plat, ils ne sont réellement innocents que pris en petite quantité (1). »

La plupart des accidents sont dus aux législateurs de cuisine. Ces « maîtres de la science de la gueule », comme

(1) Revue mycologique, VI, 1884, p. 99.

Athanase Kircher disait également : « Fungus qualiscumque sit, semper malignus est, semper eæitialium qualitatum apparatu instrucius. »

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les appelait Montaigne, croient être parvenus à distinguer sans méprise les bons champignons des mauvais; en s’en tenant à leur manière de pousser, à leur forme, leur odeur et leur couleur, etc. Nous verrons dans un chapitre spécial ce qu'il faut penser de tous ces préjugés. Pour ne pas s’intoxiquer, il est de toute nécessité d'examiner chacun des champignons un à un, et de bien vérifier les caractères qui leur sont propres. Ensuite, une grande prudence est de mise : il faut s'attacher à ne récolter qu'un petit nombre d'espèces bien observées et bien connues, comme les Morilles, les Clavaires (1), les Hydnes, les Chantereiles, les Cèpes, les Mousserons et les. Oronges.

Le nombre des champignons répandus dans la nature est très considérable. Mais il est bien entendu que par ce mot nous ne désignons que les cryptogames à pied et à chapeau du groupe des Basidiomycètes (2). Cet embranchement ne comprend pas moins de 1.900 espèces poussant en France. Mais parmi celles-ci, une seule famille est à étudier au point de vue de l’intoxication mortelle, c’est la famille des Agaricinées. Or, les seuls champignons véritablement vénéneux appartiennent à deux genres : les Amanites et les Volvaires.

Les espèces suivantes : l’Amanite phalloïde, l Amanite printanière, l’'Amanite eitrine, la Volvaire gluante et la Volvaire remarquable entraïnent presque fatalement la mort. Or elles ressemblent beaucoup à des espèces du même genre, qui sont non seulement comestibles, mais très recherchées des amateurs. D'où les funestes méprises. Ajoutons, que l’année dernière, nous avons eu à déplorer la mort d’un jeune enfant à la suite de l’ingestion de l’Entolome livide.

(1) Cependant, notre Maître, M. le professeur agrégé Thiéry, aime à raconter, avec son humour habituelle, l’intoxication, dont il fut l’objet, à, la suite d’un repas où il avait mangé des Clavaires achetées chez un fruitier des Quais.

(2) Le mot champignon dérive du latin campus qui signifie champ. Les Lime les appelaient fungi, les Grecs, myrètes.

Les Morilles appartiennent au groupe des Ascomycètes.

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Les accidents, en 1912, ont été particulièrement nombreux, du mois d'août au mois de novembre, nous avons relevé plus de 300 empoisonnements avec plus de 100 décès. Nous trouverons plus loin le tableau des cas d'intoxication que nous avons relevés dans les différentes revues et journaux, pendant une très courte période d'un mois ; le nombre des cas d'empoisonnement s'élève à 271 avec 96 cas de mort. C’est cette effroyable statistique qui nous a donné l’idée de notre travail, dans lequel nous nous proposons d'envisager : les causes, les effets et le traitement de l’intoxication fongique.

Mais avant d'aborder notre étude, nous tenons à remercier notre vénéré maître, M. le professeur Albert Robin, qui a bien voulu nous faire le très grand honneur de présider notre thèse ; tous nos maitres dans les hôpitaux qui, pendant huit années, nous ont prodigué leur noble enseignement ; nos col- .lègues de la salle de garde de la Pitié, qui nous ont toujours fait le plus chaleureux accueil ; tous nos amis et en particulier notre compatriote et collègue Stéphen Chauvet, qui nous guida dans ce travail, et ne nous épargna nt son temps, ni ses conseils.

L'INTOXICATION FONGIQUE EN 1912

17 août. Une femme et sa fille succombent à Épinal (Amanite phalloïde).

20 août. — Deux femmes et trois enfants meurent à Seurre (Côted'Or) (A. phalloïde). s

21 août. — Un cultivateur meurt empoisonné, son fils est gravement malade, à Ceffonds (Espèce non déterminée).

21 août. — Un marinier meurt à Montargis, son ami est très malade (Espèce non déterminée).

21 août. — Un terrassier meurt à Montargis (Espèce non connue).

21 août. — A Nevers trois personnes sont malades, l’une d’elles succombe.

21 août. — Quatre personnes sont empoisonnées à Lavergné, une fillette meurt.

24 août. — Une famille de Limoges est empoisonnée, un enfant

meurt (Amanite citrine).

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