ACTE I, SCÈNE VII
BONWEVAL.
Eh ! mon cher cousin ! je n’ai pas de génie, et je n* veux pas de gloire.
Comment ! vous ne voulez pas de gloire ! Maïs vous avez fait un travail long , fatigant.
BONNEVAL
Il m’a fallu du courage pour y persister.
GUSTAVE
Et quel autre but que la gloire ?
BONNEVAL
L’avantage d’ètre utile : c’est quelque chose.
GUSTAVE
Noble réponse. Mais vous résistez en vain : tenez , faisons ensemble une petite association : livrez-vous à votre talent , à votre génie ; travaillez , imaginez , inventez , exécutez, et moi , je me charge de faire valoir vos inventions , de les vanter, de les prôner , de les faire prôner par toutes les trompettes de la renommée.
BONNEVAL
Je vous remercie. J’ai fait la seule démarche qui fût convenable. Mon ami Bourville a écrit pour moi à un membre de l’Académie des sciences , précisément , qui doit examiner ma découverte , et la faire connaître , si elle en vaut la peine.
GUSTAVE
Ah ! des académiciens , des savans , vos confrères...! C’est fort bien , sauf les petites jalousies , les grosses cabales , et le peu de pouvoir hors de leurs séances. Cela
ao
L’IiJTRIGANT MALADROIT, pcul-il valoir un ministre tout-puissant, protecteur obligé des sciences et des arts
BONKEVAL, à part.
Diable d’homme ! qui veut absolument me faire connailie en dépit que j’en aie. .
GUSTAVE, à part.
11 se fait prier ; fausse modestie ; il serait bien fâché que je le prisse an mot.