‹ L'intrigant maladroit, comedie en trois actes et en prose, representee sur le second TheatreFrancais le 27 decembre 1820;Chapitre 15 sur 81 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

BONWEVAL.

Eh ! mon cher cousin ! je n’ai pas de génie, et je n* veux pas de gloire.

Comment ! vous ne voulez pas de gloire ! Maïs vous avez fait un travail long , fatigant.

BONNEVAL

Il m’a fallu du courage pour y persister.

GUSTAVE

Et quel autre but que la gloire ?

BONNEVAL

L’avantage d’ètre utile : c’est quelque chose.

GUSTAVE

Noble réponse. Mais vous résistez en vain : tenez , faisons ensemble une petite association : livrez-vous à votre talent , à votre génie ; travaillez , imaginez , inventez , exécutez, et moi , je me charge de faire valoir vos inventions , de les vanter, de les prôner , de les faire prôner par toutes les trompettes de la renommée.

BONNEVAL

Je vous remercie. J’ai fait la seule démarche qui fût convenable. Mon ami Bourville a écrit pour moi à un membre de l’Académie des sciences , précisément , qui doit examiner ma découverte , et la faire connaître , si elle en vaut la peine.

GUSTAVE

Ah ! des académiciens , des savans , vos confrères...! C’est fort bien , sauf les petites jalousies , les grosses cabales , et le peu de pouvoir hors de leurs séances. Cela

ao

L’IiJTRIGANT MALADROIT, pcul-il valoir un ministre tout-puissant, protecteur obligé des sciences et des arts

BONKEVAL, à part.

Diable d’homme ! qui veut absolument me faire connailie en dépit que j’en aie. .

GUSTAVE, à part.

11 se fait prier ; fausse modestie ; il serait bien fâché que je le prisse an mot.

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