COSTA VE
C est une place bien pénible , bien laborieuse que celle de juge de paix ?
BOÜRVILLE.
Mais , oui ; quand on veut la bien faire.
GDSTAVE.
Bien peu lucrative ?
BOÜRVILLE.
Je m’en contente.
GUSTAVE
Laissez-moi faire ; j’ai en vue pour vous, à Paris , une autre place excellente , où il y a de gros appointemens, peu d ouvrage , et beaucoup de considération.
BOÜRVILLE.
Une petite sinécure , n’est-ce pas ?
GUSTAVE
Précisément....; c est- à-dire, cela ne se donne qu’à des hommes d’un mérite éprouvé.
aa L’INTRIGANT MALADROIT,
BOURVILLE
Monsieur, écrivez pour Bonne val, cela ne peut pai nuire. Quant à la place que vous m’offrez , permettezmoi de vous dire que je n'en veux pas. J’ai tout juste le mérite nécessaire à mes fonctions 5 mon état m’occupe et me plaît. Pour un homme qui , pendant trente ans, a fait la guerre comme procureur, il est doux d’exercer un ministère de paix et de conciliation ; et quand le soir je viens faire ma partie de piquet avec mon ami Bdnneval , en pouvant me rendre témoignage que dans la journée j’ai prévenu un procès, réconcilié un ménage , ou délivré le pays d’un mauvais sujet , j’éprouve le plus parfait contentement qui soit accordé à notre pauvre humanité , et je ne changerais mon sort contre celui de personne.
GUST4VE
Avec de si beaux sentimens , il est impossible que
vous vous refusiez Voici l’aimable madame Bon-
neval et sa charmante fîlle. {A part.) Ils ont beau dire, je les ai frappés par l’endroit sensible.