‹ L'intrigant maladroit, comedie en trois actes et en prose, representee sur le second TheatreFrancais le 27 decembre 1820;Chapitre 18 sur 81 · COSTA VE · texte numérisé non relu

COSTA VE

C est une place bien pénible , bien laborieuse que celle de juge de paix ?

BOÜRVILLE.

Mais , oui ; quand on veut la bien faire.

GDSTAVE.

Bien peu lucrative ?

BOÜRVILLE.

Je m’en contente.

GUSTAVE

Laissez-moi faire ; j’ai en vue pour vous, à Paris , une autre place excellente , où il y a de gros appointemens, peu d ouvrage , et beaucoup de considération.

BOÜRVILLE.

Une petite sinécure , n’est-ce pas ?

GUSTAVE

Précisément....; c est- à-dire, cela ne se donne qu’à des hommes d’un mérite éprouvé.

aa L’INTRIGANT MALADROIT,

BOURVILLE

Monsieur, écrivez pour Bonne val, cela ne peut pai nuire. Quant à la place que vous m’offrez , permettezmoi de vous dire que je n'en veux pas. J’ai tout juste le mérite nécessaire à mes fonctions 5 mon état m’occupe et me plaît. Pour un homme qui , pendant trente ans, a fait la guerre comme procureur, il est doux d’exercer un ministère de paix et de conciliation ; et quand le soir je viens faire ma partie de piquet avec mon ami Bdnneval , en pouvant me rendre témoignage que dans la journée j’ai prévenu un procès, réconcilié un ménage , ou délivré le pays d’un mauvais sujet , j’éprouve le plus parfait contentement qui soit accordé à notre pauvre humanité , et je ne changerais mon sort contre celui de personne.

GUST4VE

Avec de si beaux sentimens , il est impossible que

vous vous refusiez Voici l’aimable madame Bon-

neval et sa charmante fîlle. {A part.) Ils ont beau dire, je les ai frappés par l’endroit sensible.

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