‹ L'intrigant maladroit, comedie en trois actes et en prose, representee sur le second TheatreFrancais le 27 decembre 1820;Chapitre 49 sur 81 · ACTE II, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XI

BOURVILLE

Il est à craindre qu’en cédant , on ne manque un parti plus avantageux. • •

I GUSTAVE

Ah! voilà ce qu’il y a le plus à redouter.

BON NEV AL

Ainsi tu croirais ^

BOURVILLE

Je croîs. . . . que vous ne devez pas vous soumettre à ces opinions vulgaires ; que vous devez avant tout consulter l’inclination de votre fille ; que vous devez chercher dans votre gendre de la probité , de l’honneur et un bou caractère ; que vous avez assez de fortune pour votre fille et pour vous ; que d’ailleurs Ernest possède une véritable fortune dans ses talens , sa conduite et son amour du travail ; que vous le connaissez incapable de se laisser guider par un vil calcul, comme monsieur le disait si bien tout-à-l’heure \ que, comme monsieur le disait encore à l’instant , c’est une inclination formée par suite d’une longue et douce habitude ; et qu’enfin , il n’y a pas de millionnaire qui pût valoir pour vous ce jeune homme , puisque personne ne peut vous offrir ^ autant de gai^ntie pour la sécurité de vos vieux jours, et le bonheur de votre fille. ^ (

GUSTAVE, à part.

Allons , c’est encore pis. •

M"*. BONNEVAU

C’est précisément ce que je pense , et je n’aurais pas . mieux dit.

Go L’INTRIGANT MALADROIT,

* BONNEVAL

II y a plaisir à te cousulier 5 tu conseilles les gens selon leurs désirs. . • ,

M"». BONNEVAL

Quand une fois ces sortes d’afl'aires sont arrêtées, il ne faut pas perdre <Je temps pour les terminer.

GUSTAVE, à part.

C’est ecla •, dépêchez-vous , dépêchez-vous de faire une sottise.

• BONNEVAL. '

Un mom(!nt , un moment , madame Bouneval , toujours vive , toujours cédant à votre première idée 5 il faut voir. Ils Sont bien jeunes encore tous les deux , nous pouvons attendre. ■■

BOURVILLE

C’est cela 5 ne leur dites rien, voyez -les venir ; et pour quelque temps aji moins , ménagez-vous le plaisir de ne leur donner que des paroles d’encouragement.

BONNEVAI.. *

Oui , de simples paroles d’encouragement.

M““. BONNEVAL. v .

Allons, puisque vous le voulez Rkiîs ce cher

Ernest ! je brûle de le nommer mon gendre.

Voici ma fille.

Silence.

BONNEVAL

boürVillk.

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