SCÈNE XVII
GUSTAVE, GRIFFARD.
GRIFFAED. •
J’attendais que vous fussiez seul. Eli bien , monsieur, j’ai tout appris 5 tout est perdu ; ils .sont plus que jamais enthousiasmés de leur jeune liomme/ Ce qu’il y a de singulier , c’est qu’on m’a soutenu que c’était vous qui aviez tout arrangé. Quel malheur !
GUIS T AVE
Ne te désole pas , tout est réparé , tout marche à merveille.
Vous avez fait votre déclaration ?
GUSTAVE
Non,; mais il ne tient qu’à moi de faire partir le jeune homme.
' ^ GRIFFARD.
Ah ! mon Keu !
GUSTAVE
Par délicatesse , par honneur. Peux-tu m’avoir des chevaux?
GRIFFARD.
Avec de l’argent
GUSTAVE, lui jetant sa bourbe.
En voici. A tout hasard, qu’ils soient prêts demain matin avant six heures.
GRIFFARD.
Mais s’il part, ils courront après lui.
70 L’IMRIGANT MALADROIT,
GUSTAVE
Oui , s’ils savent où il va ; oui , si je n’ai pas l’esprit de les indisposer contre leur cher protégé. J’ai pu me trornper en les croyant accessibles à l’intérêt ; je ne me trompe pas en croyant à chaque homme un amourpropre susceptible , irritable , et surtout à des bienfaiteurs nécessairement offensés qu’on rejette leurs bienfaits. En prêtant un motif un peu suspect à son départ , non pour lui faire tort , ab ! fi donc ! mais pour me faire dii bien , c’est tout naturel , rien n’est perdu , tout est gagné. On ne court pas après lui , on l’oublie , on m’écoute fv j’épouse. Le succès est infaillible , quand on a comme moi l’usage du monde , la connaissance des hommes , et l’art de tirer parti de leurs faiblesses.
CRIFFARD.
Il me rend toujours courage.