ACTE III, SCÈNE V
Madame de Mirccoui t , la seule femme un peu coqueue à dix lieues tà la ronde ; eh bien ?
GUSTAV E
Eli bien! elle attirait tous les regards. N’a-l-on pas voulu me soutenir qu’elle cherchait surtSiU ceux de M. Ernest , et que notre jeune commis u’était pas insensible à scs agaceries?
FANCHETTE
Ah ! quel mensonge !
GUSTAVE
Moi , qui connais son amour délicat et discret pour mademoiselle Bonueval , vous sentez avec quelle chaleur j’ai démenti une pareille calomnie ? Eh bien ! elle avait circulé dans le bal. Ce jeune homme qui'dansait avec tant de prétentions , et qu’ou dit très-bien avec celte dame de Mireeoui t
BERTRA.ND.
M. de Florbel? c’est le fat du canton.
♦ GUSTAVE
Je ne sais quel officieux personnage est venu me dire qu’il cherchait Ernest pour lui faire une querelle.
FANCHETTE
Ah ! mon Dieu !
GUSTAVE
Il n’y a rien à craindre. Je l’ai calmé en causant tout doucement avec lui. ^vant que je lui parlasse , il se
plaignait, m’a-t-on dit, prétendant qu’Ernest était son obligé ; qu’il lui devait de l'argent apparemment. C’est faux , ai-je répondu , M. Ernest n’a pas de dettes.
FANCHETTE
Non cèrtainement , il n’en a pas.
GUSTAVE
Il ne faut pas du tout que cela vous alarme , mademoiselle Fanchette. Ce sont de ces propos auxquels on ne doit pas faire attention. Quant à moi, qui ne connais M. Ernest que depuis deux jours , et qui l’estime déjà beaucoup . je ne cesserai pas d’être son défenseur. Oui, je le déclare.... J’ai promis à mon cher cousin , qu’aujourd’hui même j’écrirais à Paris , et je cours m’acquitter de ma promesse. ( A part. ) Voilà les premiers mots jetés , lais.sons-les germer. (Haut.) Sans adieu, mes chers amis- , modèles des bons et fidèles domestiques.
( Il sort. )