‹ L'introit "In Medio"Chapitre 8 sur 9 · GRAND MEMBRE III · texte numérisé non relu

GRAND MEMBRE III

sto- lam gld- ri- ae indu-it e- um.

34. — La mélodie devient alors plus accidentée. Au menibre F, elle s'étend entre les intervalles de quinte et même de sixte. On dirait que le compositeur a voulu renouveler, dans l'ordre inverse, l'effet qu'il a produit plus haut. Il a commencé par faire planer largement sa mélodie pendant tout le premier grand membre, pour la lancer ensuite avec plus d'animation dans les hauteurs; cette fois, il la mouvementé d'abord — groupes 36 à 44 — pour nous faire ensuite trouver plus uni, au membre G, le vol plané qui, d'ailleurs, termine sa cantilène comme elle avait commencé. Et pour que nous reconnaissions bien la même idée rythmique et musicale, il finit le troisième membre comme le premier, par un^ torailus suivi d'un -punctum (A ■' ). Cette rime musicale souligne mieux encore l'unité de composition de toute la pièce.

7° La chironomie ou gestes manuels rythmiques.

Nous compléterons toutes ces indications rythmiques par la figuration de la chironomie.

35. — Il y a plusieurs manières de figurer le rythme grégorien au moyen de la main; 'c'est au maître de chœur à choisir celle qui convient le mieux à l'avancement de ses chanteurs. (Cf. Le N. M. G., p. 104.)

La meilleure, en général, est la chironomie rythmique par incises et membres de phrase; car elle reproduit avec plus de fidélité les élans et les abaissements mélodiques et rythmiques de chaque membre. C'est celle qui est dessinée dans le Tableau III.

Nous allons analyser en détail le premier grand membre.

36. — Incise a. Elle comprend quatre temps composés binaires. Deux de ces temps, le deuxième et le quatrième, ne peuvent être figurés que d'une seule manière. Les deux autres, le premier et le troisième, donnent lieu à plus de liberté.

37. — Temps 2 — syllabe mé. Un élan chironomique seul peut lui convenir. Sur ce temps repose, en effet, l'accent particulier de cette incise, accent formé par les élans de tous les éléments qui entrent dans sa composition :

Elan ou accent verbal, à la fois mélodique et dynamique, aigu et fort ;

Elan musical, qui résulte de l'intervalle ascendant ré fa ;

Elan dynamique, qui se fait sentir par un léger crescendo de rc kfa;

Élan rythmique, résumé et combinaison vivante de tous les élans précédents;

Élan chironomique, qui est la figuration plastique de ces mêmes élans.

LINTROiT " IN MEDIO

38. — Le te?nps 4 — syllabe o de médio. Une thésis seule lui convient; car ce temps et cette syllabe ne sont évidemment que la deposifio, la thésis, la fin de cette première incise.

39. — Le temps I — syllabe In — peut à volonté se figurer par une thésis (ligne pointillée), ou par une arsis (ligne pleine) qui. bien entendu, sera subordonnée à l'arsis 2 suivante.

En principe, on peut atteindre une arsis principale soit par une arsis préliminaire de moindre importance, soit par une thésis.

Dans l'espèce, je préfère larsis, parce que la mélodie est montante: je préférerais la thésis si la mélodie du temps i suivait d'abord une courbe descendante, pour remonter ensuite vers la syllabe d'accent

40. — Le temps 3 est dans le même cas que le temps i : il peut être arsique ou thétique. Si on le considère comme le développement musical de l'accent particulier de l'incise, il sera plus convenable de le traiter en arsis secondaire.

41. — Incise b. La liaison des incises a et <^ se fait sur le temps binaire 4 — syllabes 0 Ec — à la faveur de la thésis 4 dont la première note sur la syllabe v appartient à l'incise a, et la seconde à l'incise b. (Voir le Tableau III.)

Cette incise se compose donc de cette seconde note — syllabe Ec — et des temps rythmiques 5, 6 et 7.

42. — Le temps 3 — syllabe clé — est l'accent principal de tout le membre A; encore ici une arsis chironomique est de toute nécessité, toujours pour les mêmes raisons.

43. — Le temps 6, développement musical du temps 5, sera également une arsis, mais secondaire. Une thésis pourrait être employée sur ce temps; elle nous semble moins à propos qu'une arsis.

Ce qui vient d'être dit du membre A sufïït à expliquer les gestes figurés dans la suite de l'introït. On relèvera seulement quelques particularités plus intéressantes.

44- — Membre B, premier groupe 8 — syllabe a. Si on considère ce temps indépendamment de ce qui précède, il devra être traité en arsis, comme le temps I In du membre A, auquel il correspond (ligne pointillée). Si on l'envisage dans l'en semble du grand membre I, ce groupe 8 sera une suite thétique du groupe 7, ce qui sera fort bien indiqué par le mouvement de la main prolongeant la thésis d'un membre à l'autre. La liaison entre les membres A et B n'en sera que plus intime.

45. — Membre E, groupe 34. Lorsque le dernier temps simple d'un temps composé ternaire est accentué, il sera bon de signaler cet accent, verbal et musical à la fois, par un élan ascendant, bref et rapide, de la main, afin de forcer, pour ainsi dire, les chanteurs à bien faire ressortir cet accent. C'est ainsi, par exemple, que je figurerais par une suite de rythmes simples, la phrase suivante si connue {^Communion du XX' Dim. après la Pentecôte. Grad. rom , page 355).

Memén- to vér- bi tii- i sér- vo tu-

l6 MONOGRAPHIES GRÉGORIENNES.

Le reste de l'introït ne présente aucune difficulté.

46. — Nous n'avons plus qu'à attirer l'attention sur quelques particularités de notre transcription musicale (Tableau III), par lesquelles nous avons essayé de rendre certains détails de la notation neumatique. Ainsi :

. -, , répercussion légère;

0 0 0 = ^^^ = tristropna J

J J = ♦♦ = distropha | - — - \ rét

0 0 0 = ^^^ = tristropna j

J^J^ = «« =11 = bivirga sitnple : répercussion un peu plus accentuée

que pour les strophicus ;

0 é = Si = // = bivirga épisématiçue : répercussion encore plus accen- *■ * tuée, les deux notes légère-

ment allongées.

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