Op. cit., chap. m
LES ANTITHÈSES DU BERGSONISME
sion mouvante de nuances qui constitue la réelle durée de la vie consciente^ Et, puisqu'il dissout dans la multiplicité spatiale et résout dans la nécessité matérielle la durée qualitative et la spiritualité libre du moi-, une opposition nette se déclare, exprimant les précédentes, entre la pensée spirituelle et le langage spatial. Et si l'accentuation du réel est mise sur la pensée, l'autre terme, qui exprime les irréductibilités antérieures, demeure donc à son tour irréductible. Cette opposition entre la pensée et le langage, puisqu'elle oppose à la pensée conceptuelle et verbale une pensée qu'un élan vital inspire et lance, implique donc une neuvième antithèse entre cette pensée vivante qui est Vintuition et cette pensée matérialisée que l'on nomme intelligence \ Scientifiquement mise en œuvre comme démarche analytique, celle-ci, qui découpe les choses et demande aux solides la clarté de ses propres distinctions*, tourne autour de ses objets et, parla multiplication des concepts qu'elle fixe, multiplie sur les choses les points de vue et les croquis'. Mais, si elle peut ainsi, géométrisante par destination, connaître du dehors ce que l'extériorité spatiale est propre à définir, l'intériorité des êtres lui échappe*^; et elle