CONCLUSIONS
L'invagination intestinale chronique de l'adulte est, sans doute, plus fréquente qu’on ne le pense.
Tout maiade présentant des crises douloureuses abdominales s’accompagnant d'alternatives de constipation et de débâcles diarrhéiques (sanglantes où non) où de diarrhée continue, crises se répétant à intervalles plus où moins éloignés et séparés par des périodes de bonne santé, doit être minutieusement palpé et soumis à un examen radiologique complet.
S1 la palpation abdominale révèle une de ces tumeurs fantômes et si, de plus, on note de l’amaigrissement et de l’asthénie, on sera en droit de penser à une invagination intestinale chronique.
Ce diagnostic sera confirmé par des examens radiologiques après ingestion de bouillie barytée ou administration de lavement contenant de la gélobaryne, et nous dirons avec Mulf que la possibilité de différencier le boudin de la gaine (aspect en cupule, en croissant, en fourche, en rosace, en cocarde, en elou, en ombrelle) représente un signe certain d’invagination, de même que les modifications morphologiques de la gaine au niveau du gros intestin, par exemple les tassements, le raccourcissement, la dilatation, les images d’amputation, les lacunes d’invagination.
L'intervention étant décidée, après laparotomie exploratrice, s'il existe une invagination, elle est reconnue aussitôt. À ce moment, il faut préciser son siège, son étendue, puis examiner minutieusement l’état de l'intestin : voir sa colo-
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ration, sa vascularisation; déceler la présence d’œdème, d'indurations, d’ulcérations, car de ces données dépend la conduite à tenir.
1° Désinvagination et colopexie postérieure si l’invagina-
tion est récente et ne s'accompagne d'aucune altération,
intestinale.
(Se souvenir que la désinvagination est une méthode de douceur et de patience.)
2° Résection si les lésions sont trop anciennes, s’il y a des adhérences et atteintes des vaisseaux du mésentère.
3° La présence d’une tumeur intestinale où bien l’impossi-
bilité de la désinvagination impliquent la résection en un ou deux temps, selon les circonstances, la résection étant la seule intervention qui supprime les causes de l’invagination et ses conséquences.