L'invincible race
Tu vas disparaître, dil-on, Porteur fmtueux des ultimes reflets que nous avaieyit ïéfjués les somptueuses el rayonnantes passions de l'aurore héroïque des Races : toi, que l'aristocratie du sang et le courage soulevaient jusqu'à l'Orgueil, cette vertu des surhumains... oubliée par les ' hommes.
Seul, d'entre les créatures sentantes, mille siècles de tortures et de labeurs monstrueux; ne réussireyit point à l'arracher un cri, une plainte, un sanglot. Ton mutisme sanglant, replié dans une douceur patiente et puîssanfe, nssumn la suprématie de ne point proférer une lamentation: supérieur en cela à la lâche humanité geignante et pleurnicharde, éternellement prostrée en la veule inulilitédes récriminations; supérieur même à ce monstre odieux nu tonnant verbiage, hostile d tout concept de la divinité, que les hommes s'imaginèrent et façonnèrent à leur image et qu'ils osh-ent dénommer Dieu !
Ton silence immémorial répond dédaigneusement à l'universel concert des gémissements de la Création blessée, frappée et sacrifiée, aux sanglots ininterrompus des mers, aux soupirs des forêts, des êtres et des choses d demi co)wcientes ; il n'eut d'égal, en intemité et profondeur d'absolu, que l'indifférente insensibililé des deux, témoins
ENVOT a
méprisanlH cl inuefit de la longue ayonie imposée à la nature.
Tu vas disparailre, cher symbole des vertus sincèrement exaUécu : dernier clairon de l'Idéal; évocaleur de beautés viriles et de splendeurs d'un ordre moral défaillant avec toi, sous les morsures des médiocrités vulgaires et envieuses. £n toi l'envolée ducorps matériel se réalisait, à tel point incoercible, qu'elle égalait un vol d'ailes ou de nuées.
Tu dispai-ais,.... mais sur ta croupe de salin, frémissant sur les fibres de fer, tu emporteras au grand galop de tes sabots fougueux, avec le hennissement sonore des belles visions e'purses et évanouies, les âmes congénères à la Henné : hommes au cœur stofque et doux, femmes d l'dme fendre et patiente et passionnée; tu les emporteras au gouffre incommensurable empli de brumes chaotiques... gouffre de ce qui fut... de ce qui ne sera jamais plus..
La Terre, cicatrisée par l'entrecroisement sinistre d'innombrables raih, empuantéc
par les mêpkitiqiieH exhalaisonn d'élémenta asservi!^, abiilardis, forcés à d'Ulégitimei^ U7iwns.... la Tetre, aveuglée par l'électricilé et les faux soïeilit, emprisonnée entre des murs, écrasée sous les pavés, ligotée, morcelée, souillée des détritus qu'amoncellent les villes et les usines, la Terre sans espace, sans air, sans horizons, n'a plus de place pour toi.
Elle n'est plus giiutie matrice dévastée par le fer et, génératrice attristée de produits artificiels.... elle n'est plus une Patne. C'est un lieu d'exil d'où s'échappent, quittes à s'anéantir, les êtres faits, comme toi, pour la liberté, l'amovr et l'action.
Ceux qui l'ont connu ont conmi la beauté ; et la science de la beauté, nous enseignent les anciens, est le commencement de la vertu.
C'est toi qui portais en loi-mème ta grandeur et ta royauté.
A ceux qui t'aimèrent d'un amour cons- ' tant et compréhensif, fait des affinités
PiGooi^lc
inliiiies de leur être moral avec ton élre imlinclif, lu fus Iff. source d'xm éternel rajeunmetnent, de joies saines et fortes, d'ardeurs magnétiques et de communions larges avec la bienveillance féconde des forces naturelles. A cetix qui abusèrent de ton instinct sacré te poussant d la victoire, même au travers de la mort, à ceux qui uiirent l'enjeu de leurs basses cupidités Kur la noble exaltation de ton âme vaillante, tu imprimas le cachet hideux de la yonjuterie et du mufflisme et, siir leur masque humain, tu mis le sceau de la plus ignoble bestialité.
La ridicule et utilitaire bicyclette, l'horrible et puante automobile, le fer et le pétrole doivent te supplanter; dans leur noirceur et leur pesanteur, ils occuperont les sentiers et passeront dans les champs où tu étais une joie, un rayon, un éclair de superbe fierté.
La laideur sied aux époques sa)is beauté d'dme. Ias splendeurs choquent les masses