ACTE DEUXIÈME
le Veut t.. (Passant soudain à une aulre idée, elle se dirige rapidement vers le vitrage du fond et regarde dans le parc, se retournant pour envoyer ses
réflexions à Hector.) Est-ce qu'il pèche toujours au même endroit?... Non, il a disparu... Quand mes filles m'ont dit, à peine entrée : « 11 est là, vous n'avez qu'à regarder pour le voir... » Ça m'a presque bouleversée... Était-ce visible?
Pas trop, à moins de savoir.
ANNA, toujours en train de scruler le parc.
J'ai beau chercher, plus de mari... Peut-être est-il on chemin pour rentrer.
HECTOR
Rien d'impossible.
ANNA, quittant son poste d'observation.
Eh bien ! qu'il vienne. Tant que je ne l'aurai pas vu, je serai mal à l'aise pour observer, et ma curiosité a tant de pâture dans cette maison ! En somme, je suis assez contente ! Vous allez voir ; j'aurai une belle attitude. La faible créature d'autrefois ne montrera pas le bout de l'oreille... Au moins, j'espère que mon mari s'abstiendra de faire allusion à ma prétendue faute... Voilà qui gâterait tout... Je me suis laissé calomnier pour en finir rapidement avec une existence qui me pesait, mais, à présent, il me serait intolérable d'écouter la légende de mon enlèvement. Le mieux serait un oubli discret.
HECTOR
Il sait vivre.
ANNA
Et doit être porté à la modération puisque Marguerite est ici. L'avez-vous vue?
Elle ?... Pas encore.
Alice m'en a parlé très simplement et avec amitié. Pourtant j'ai cru la voir rougir. Hubert est impardonnable d'obliger ses filles à un pareil mensonge... De loin, je ne l'avais pas senti aussi vivement... Oui, c'est odieux.
HECTOR
Les pauvres petites sont à plaindre.
0 les lambines!... Je voudrais les l'aire causer encore avant qu'Hubert rentre. Tout à l'heure il faudra m'escrimer contre lui, et si l'entretien tourne à l'aigre, partir sans connaître un peu mieux mes filles. Je le regretterais.