ACTE TROISIÈME
sible... C'est vous qui m'êtes chers : tes filles et toi, gros ingrat!... Vous m'avez donné un foyer, vous avez été la famille d'un vieux célibataire... Tiens... tu devrais te réconcilier tout à fait avec ta femme!
HUBERT
Pour compléter ton intérieur?
HECTOR
Fi!... Tu es incapable de comprendre un bon sentiment.
HUBERT
Pourquoi alors?
HECTOR
C'est le seul moyen de rendre une mère à tes filles.
HUBERT
Ah bien, oui!... Elle m'a carrément déclaré qu'elle ne veut pas s'en occuper.
HECTOR
Raison de plus pour l'y forcer en lui enlevant tout prétexte de s'en aller... Serais-tu donc si à plaindre?... C'est une femme idéale!
Merci!... J'ai pour Marguerite une affection toujours jeune, cela vaut mieux que rajeunir une ancienne affection.
HECTOR
Songe à tes filles!
HUBERT
Pardi, j'y songe!... Malgré la conviction que leur mère était coupable, je consentais à la leur rendre. N'est-ce rien, cela?
HECTOR
Si, mais...
HUBERT
C'est tout ce que je puis faire. Marguerite a trompé son mari pour moi !
HECTOR
Oui, mais ta femme a refusé de te tromper avec moi.
HUBERT
Le beau mérite qu'elle a eu!... Tandis que Marguerite m'a tout sacrifié, cela demande bien un peu de retour. Du
reste, mes filles l'adorent... (il s'approche du Titrage et montre un
objet dans le parc.) Regarde... justement Thérèse et Marguerite se promènent ensemble... Thérèse pourrait tenir compagnie à sa mère... Mais non, elle préfère Marguerite. Vois comme elles ont lair bonnes amies.
J'allais dire, au contraire, qu'elles échangent des propos désagréables... Et je le maintiens... Marguerite est furieuse... Heureusement, Thérèse a bec et ongles... Se démène-t-elle, la petite enragée!...
HUBERT
Tu rêves!... Ah! les voilà qui tournent derrière un massif. Thérèse riait, ma parole, elle riait quand je lai perdue de vue.
HECTOR
Grand bien vous fasse à tous!... Le plus clair de l'histoire, c'est que je repars aujourd'hui pour Vienne avec ta femme.
HUBERT
Dois-je le permettre après ta confidence?