ALICE, THÉRÈSE
THÉRÈSE, veaaat du parc.
J'en arrive... 0 ma chère !
ALICE
L'entrevue a été chaude... On m'a dit ça.
THÉRÈSE
Marguerite ?. . .
ALICE
Non. Papa qui venait d'entendre ses doléances... Remercie le ciel qu'il m'ait rencontrée d'abord.
THÉRÈSE
Il était furieux?
ALICE
Je t'en réponds! Pourtant il s'est montré bon homme. Honteux et peiné de notre clairvoyance. Il te fait dire qu'il ne t'en veut pas.
THÉRÈSE
Victoire alors!... Il admet que Marguerite ne peut plus vivre ici?
Sous ce rapport, rien à espérer... Papa dit qu'à son âge les affections paraissent plus précieuses qu'au nôtre... Enfin, pas question de renoncer à Marguerite... Il le déplore, mais il y tient.
THÉRÈSE
Que fait-on de nous?
ALICE
Récompense honnête à qui nous adoptera... Si tu étais entrée deux secondes plus tôt, tu me trouvais pleurant comme une Madeleine. Il faut, un cœur solide pour entendre ces choses-là sans broncher.
THÉRÈSE
Bah ! On ne peut pas nous perdre dans les bois comme le Petit Poucet!
ALICE
Soit ; mais on nous loge avec une belle-mère qui nous rendra malheureuses comme Cendrillon. Du reste, on nous laisse libres de ne pas accepter cette infortune.
THÉRÈSE
En quoi faisant?
ALICE
En nous imposant à maman... Si elle se dérobe, comme c'est à craindre, papa nous conseille de la suivre à Vienne pour nous jeter à ses pieds... Peut-être, à la vue de ses enfants fugitives et suppliantes, se laissera-t-elle fléchir.
THÉRÈSE, riant.
Ce n'est pas déjà si mal imaginé!... Sois sûre que Marguerite a dû souffler l'idée à papa.
ALICE
Cela te fait rire, toi, qu'on nous envoie mendier un asile.
THÉRÈSE
Je ris de l'invention... Quant à la chose elle-même, je la