HOME RULE
Depuis l’Union l'Irlande est gouvernée par la coercition, par la tyrannie, par le fer, le feu, l'exil et l’échafaud. Ces mesures iniques, indignes du monde civilisé, donnèrent lieu, en 1873, au grand mouvement national actuel du “ Home Rule”. Le Protestant Isaac Butt en fut le premier chef. Par ce Home Rule, l'un demande simple-
ET
ment ce que l’Angleterre a accordé au Canada et à toutes ses calonies, un gouvernement national indépendant en matières de législation locale. Butt fut remplacé comme chef de parti par un autre | + chef protestant, l'honorable et énergique Charles Stewart Parnell, A Ms qui, espérons-le, conduira son parti à la victoire. Ses lieutenants nn ! sont Michael Davit, Justin McCarthy, Dillon, Sexton, Harrington, O'Brien, Arthur O’Conner, John O’Conner Healy, Sir Thomas H. D. Esmond, E. D. Gray, T. D. Sullivan, etc. Le gouvernement les emprisonne, les persécute ; n'importe, la souffrance et le sang sont les deux avocats les plus puissants auprès du ciel. La victoire arrive.
Le sang de l'Irlande a été une semence de catholicisme par tout l’univers. Si le sang répandu injustement attise l'enfer, il embellit également le ciel. Que les bourrenux continuent leur œuvre; les martyrs recevront bientôt leur récompense, en rendant à la patrie ses antiques libertés et en donnant au ciel des millions de saints Car c’est en vain que l'Angleterre, par ses tyrannies odieuses et sanglantes, croit effacer à jamais l'Irlande, son histoire, sa foi, ses œuvres. Toujours les enfants de ; -int Patrice montreront à l’univers leurs glorieuses blessures ; toujours la foi illuminera leur front de ses purs rayons. Moore l’a dit avec vérité :
«6 The pem may be brcke By many a stroke, But nothing can cloud its native ray ; Each fragment will cast A light to the last, And thus, Erin my country, though broken thow ari, Theres a lustre within thee that neer will decay.”
S’il nous était permis de donner un conseil aux Irlandais d’Amérique, nous leur dirions : “ Frères ! pourquoi ne vous unissez-vous pas d. avec vos amis, les Canadiens-Français ? Pourquoi supportez-vous toujours les adversaires de ces derniers en toutes circonstances ? Ne sommes-nous pas unis par des liens de fraternité et de foi ? Nos intérêts ne sont-ils pas les mêmes ? Vos luttes n’ont-elles pas été les nôtres ? Nos cœurs ne battent-ils pas à l'unisson des vôtres ? Une bonne fois, épaules contre épaules, cœurs contre cœurs, la main dans la main, marchons unis et forts vers nos grandes destinées ! Portons haut notre étendard, celui de saint Jean-Baptiste et de saint-Patrice, et l’avenir est à nous.”
Courage, Ô noble Irlande! S'il fallut le sang d’un Dieu pour
racheter le péché de la première femme, il a fallu sept siècles de ton
sang pour racheter celui de la malheureuse Devorgilla. Les gémisse-
ments de tes enfants, jetés par l'oppression systématique qui les
ls écrase sur tous les rivages du monde, retentissent sans cesse chez tous les peuples, et demandent au ciel et à la terre une vengeance Qui arrivera tôt ou tard.
Car, Ô Irlande catholique ! tu ne t'es courbée ni devant l'apostasie de l’Angleterre, ni devant la persécution d’Elisabeth, ni devant le feu de Cromwell, ni devant le fer de Guillaume d'Orange, ni devant la famine, qui si souvent te décime, ni devant l’ava.'ice des lords qui
t'ont dépouillée injustement de ton sol. Et pour te récompenser de ton inaltérable fidélité à Dieu et à saint Patrice, le ciel te conservera toujours et ta religion et ta foi et tes larmes et tes espérances et ton territoire et ton nom alliés à celui de tes oppresseurs. Aussi dit-on encore en parlant des îles britanniques : le royaume-uni d'Angleterre et d'Irlande. Car le Seigneur a toujours ses vues providentielles sur ton peuple de martyrs.
tes CANADIANA
“2 Ottavi ensis