‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 2)Chapitre 4 sur 219 · C L'IRLANDE · texte numérisé non relu

C L'IRLANDE

bre du barreau irlandais, le célèbre Gurran S se présente devant la cour du banc du roi, présidée par lord Killwarden, et demande que, vu l'incompétence du tribunal qui a prononcé la sentence capitale, la cour du banc du roi suspende Texécution du condamné, et le fasse amener devant elle, en vertu d*nn acte à!habeas corpus. « Tandis que je parle ici, dit Fillustre avocat, mon client est peut-être traîné au lieu du supplice ; je demande à la cour de me prêter l'appui de la loi, et de délivrer un ordre qui enjoigne au grand prévôt des casernes d'amener ici la personne de Wolf Toqe. »

Le président, lord Killwarden : « Qu'on prépare à l'instant même un acte dhabeas corpus, »

Gurran : « Hélas! tandis qu'on préparera cetacle, mon client va mourir peut-être^ »

Lord Killwarden : a Monsieur le shérif, rendez-vous bien vile aux casernes, et faites connaître au grand prévôt qu'un acte à'kabeas corpus se rédige en ce moment à l'effet de suspendre l'exécution de Tone, et veillez à ce que cette exécution n'ait pas lieu. »

Après ces paroles, la cour et le public, dans une agitation et une anxiété inexprimables, attendaient le retour du shérif; il reparaît bientôt, et dit : «( Hilord, je suis allé aux casernes, selon votre ordre; le grand prévôt m'a dit qu'il ne peut obéir qu'au major; le major me dit qu'il ne peut obéir qu'à lord Cornwallis. » Alors, élevant la voix et d'un ton de majesté vraiment sublime, « Monsieur le shérif, s'écrie lord Killwarden, saisissez^ vous du corps de Wolf Tone, arrêtez le grand prévôt, arrêtez le major, et montrez au général cet ordre de la cour (1). »

Peut-on dire que toute liberté est éteinte dans un pays où le juge tient un pareil langage aux agents du pouvoir exécutif?

^ Le beau-père de Robert Emmet.

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