SECTION PREMIERE
Ce qu'il faut faire pour abolir les privilèges politiques de l'ariâlocratie.
Nécessité de centraliser.
Pour détruire le pouvoir politique de Tarisf ocratie, il faudrait lui ôter Tapplication quotidienne des lois, comme on Ta privée précédemment du pouvoir de les faire. Il faudrait, par conséquent, modifier profondément le système administratif et judiciaire qui repose sur l'institution des juges de paix et sur Torganisation des grands jurys, tels qu'ils sont constitués aujourd'hui. Et d'abord,pour exécuter cette réforme, il faudrait centraliser le pouvoir.
S'il est, en général, diflTicile de concevoir toute fondation d*un gouvernement nouveau, sans le secours d'une autorité centrale qui commence par détruire le régime existant, l'assistance de ce pouvoir central semble surtout indispensable lorsque, avant d'édifier une société nouvelle* ' il y a une aristocratie à renverser. Quel moyen, en effet, d'atteindre cette multitude infinie de petites puissances éparses çà et là sur le sol, toutes ces existences locales, toutes ces influences individuelles propres à l'aristocratie, si ce n'est en concentrant toute la force publique sur un seul point, duquel on abatte toutes les sommités condamnées et toutes les, supériorités rebelles ?
Dans les pays où existe la meilleure aristocratie, le bras central qui s'étend sur elle pour la frapper est, en général, agréable au plus grand nombre. C'est assez dire combien serait puissante en Irlande une centralisation établie pour la ruine d'une aristocratie impopulaire, et contre laquelle la haine politique se" confond dans la haine religieuse.
Plus on considère l'état de l'Irlande, et plus il semble qu'à tout prendre un gouvernement central fortement constitué serait, du moins pour quelque temps, le meilleur que