‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 4)Chapitre 104 sur 126 · CARACTÈRE IRLANDAIS · texte numérisé non relu

CARACTÈRE IRLANDAIS

sance prophétique ; car ils croient avoir décrété pour les peuples, les arrêts solennels d'une inflexible destinée.

C'est surtout en Angleterre que j'ai entendu professer ces théories, et je ne m'en étonne point; car les Anglais, qui sont un grand peuple, ont le plus singulier orgueil de race qui ait jamais existé, et ils croient volontiers qu'il appartient à leur nature plutôt qu'à leurs institutions de les rendre une nation puissante, comme ces héros qui ont plus de foi dans leur destin que dans leur valeur.

Il ne m'est guère arrivé de parler à des Anglais de l'Irlande et de ses malheurs , sans entendre presque aussitôt cette objection : « L'Irlande se «plaint d'être pauvre, mais que voulez-vous? Le « travail donne seul la richesse, et il y a dans Tinte dolence et la paresse naturelle de l'Irlandais un « obstacle invincible au travail, et par conséquent à « la fin de ses maux. Jamais on ne verra l'industrie « prospère en Irlande. — On accuse l'Angleterre de « tenir l'Irlande sous le joug : plainte insensée ! Le « caractère mobile de l'Irlandais s'oppose à ce qu'il c< ait jamais des institutions libres. Impropre à la M liberté, pouvait-il rencontrer un sort plus heureux «( que de tomber sous l'empire d'une nation plus M civilisée que lui, qui le fait participer à sa gloire et «à sa grandeur? L'Irlandais, soumis à l'Anglais, u subit la loi de sa nature : il est d'une race infécc rieure. »

Ce langage m'a toujours paru contenir soit lui préjugé , soit une injustice. J'admets bien qu il existe entre les peuples des différences notables de

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