‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 4)Chapitre 34 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. II. ilQ · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. II. ilQ

dans sa richesse , vivant de la vie d'autrui , a pour litière une population immobile aussi dans sa misère ; en Irlande la pauvreté est une caste. Enfin cette aristocratie, qu'aucun sentiment national n'attache au peuple , a le malheur d'être éloignée de lui par la différence du culte.

La sympathie religieuse est sans contredit le nœud le plus puissant qui unisse les hommes entre eux ; elle n'a pas seulement le pouvoir de rapprocher les peuples; elle peut, ce qui est plus difficile encore, confondre les classes et les rangs, relever le plus humble au niveau du plus superbe , mêler le riche et le pauvre ; c'est elle qui change l'aumône en charité, et qui, dépouillant le bienfait de son orgueil, la reconnaissance de sa honte, fait deux égaux du bienfaiteur et de l'obligé.

Mais, à défaut de la religion , qui unira le riche et le pauvre , l'Anglais et l'Irlandais , la race conquérante et la race des vaincus? quelle puissance les rapprochera, si la religion elle-même les sépare? et dans un pays où toutes les lois sont faites contre le pauvre au profit du riche, que sera-ce si la religion, au lieu de modérer le puissant, le fortifie, et au lieu de soutenir le faible , aide à l'écraser ?

L'aristocratie d'Irlande a deux vices qui résument tous les autres '.anglaise d'origine, elle n'a jamais cessé de l'être; devenue protestante^ elle a eu à gouverner un peuple demeuré catholique.

Ces deux vices contiennent le princiJDe c''e tous les maux de l'Irlande ; là se trouve la clef de toutes ses misères, de tous ses embarras; si l'on veut examiner attentivement ce point de départ, on va voir

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