PREMIÈRE PARTIE, CHAP. III
lique et l'autre moitié protestante. La conséquence qui suit de là est facile à saisir. Comme il y a une portion du peuple avec laquelle les propriétaires sont en communauté de religion , cette partie de la population pauvre souffre moins dans ses rapports avec le riche, et subit de la part des gouvernants une moindre tyrannie. D'une part , les propriétaires ne tentent point d'imposer un joug aussi dur; et, s'ils l'essayaient, leurs inférieurs ne le supporteraient peut-être pas : car ceux-ci sont plus éclairés et plus forts. Les riches protestants du nord ont encore un motif pour être moins oppresseurs que ceux du sud : c'est leur division en deux sectes, l'une des anglicans , l'autre des presbytériens. Or , la même raison qui fait que deux sectes rivales font assaut de zèle et de prosélytisme , est cause que le riche appartenant à l'Église anglicane, et celui qui professe le culte presbytérien s'efforcent, chacun de son côté, de se montrer meilleur propriétaire pour ses fermiers , et magistrat plus intègre et plus impartial pour ceux qui recourent à sa justice ; et il est à remarquer que cette disposition bienveillante envers des frères protestants, rejaillit indirectement sur la portion des habitants qui sont catholiques ! car ceuxci ne sauraient être témoins d'un progrès dans la condition des protestants sans travailler aussitôt à l'obtenir pour eux-mêmes. Et il est plus difficile pour le protestant de se montrer rigide et impitoyable envers les pauvres catholiques dans l'instant même où il traite avec humanité les pauvres protestants. Ceci suffirait pour expliquer pourquoi l'Ulster est plus riche et plus prospère que toutes