‹ L'Irlande sociale, politique et religieuseChapitre 291 sur 333 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

liions de l'Irlande qui menaçait l'Angleterre d'une insur- 2ction. Il n'a point librement exécuté une réforme, il a îit une concession nécessaire.

Or on ne cherche point en ce moment si le parti conseralif, étant chargé de gouverner l'Irlande, serait dans la lécessité de lui faire des concessions ; on examine s'il serait lans la nature de ses principes d'y pratiquer des réformes.

Alors même qu'il serait dans les dispositions du parti onservatif de vouloir, et quand même il lui serait donné le pouvoir exécuter en Irlande un certain nombre de réormes, il en est une qu'il lui est impossible d'entreprendre, t qui l'arrêterait tout d'abord : c!est la réforme de l'Église, lomme les questions religieuses sont celles qui, en Angleîrre, excitent les passions les plus vives, les conservatifs îs plus tempérés ne peuvent, dans tout ce qui concerne Éghse, appliquer leurs principes de modération. Ici l'abus st tout aussi sacré pour eux que le principe.

Cependant nous avons vu plus haut qu'aucune réforme e saurait être salutaire en Irlande, si d'abord on n'y renerse la suprématie anglicane. Ainsi, la première réforme à xécuter en Irlande, celle sans laquelle toute autre serait aine et stérile, est précisément celle que le parti conseratif serait dans l'impossibilité d'accomplir.

SECTION II Le parti radical.

Si le parti tory est de sa nature impropre aux réformes [ue veut l'Irlande, le parti le plus capable de ces réformes ['est-il pas celui dont les doctrines sont le plus opposées à elles des tories, et qui représente dans la nation anglaise 3s opinions les plus favorables au mouvement et au progrès, comme le parti conservatif y exprime les passions les )\us amies de l'immobilité?

Il est sans doute permis de penser que, maître du pou voir, le parti radical d'Angleterre exécuterait en Irlande de réformes considérables. Ce ne serait point cependant um tâche exempte de difficultés que de déterminer les acte que Ton pourrait attendre de ses principes,

On aperçoit bien sa tendance générale vers la démocratie, mais il serait malaisé de dire jusqu'où il va dans cett( voie. Sa marche est incertaine, ses théories sont vagues, ses plans ne sont point encore arrêtés. Soit qu'il ne sachf pas bien lui-même le but vers lequel il s'avance, soit qu'il craigne d'effrayer l'Angleterre en le lui fnonlrant, il esl certain que ce but ne s'aperçoit pas clairement. Dans ses professions de foi les plus larges et les plus explicites, k parti radical réclame des parlements annuels , le vote an scrutin secret (i ) , le suffrage universel; réformes importanteî sans doute, mais qui sont des moyens bien plutôt que des fins

On peut prévoir, il est vrai, que si, à l'aide de pareih moyens, les radicaux devenaient maîtres du parlement el du pouvoir, ils aboliraient, en Angleterre, les privilèges politiques et civils de l'aristocratie, et feraient ainsi disparaître un des grands obstacles qui s'opposent à la destruction de ces mômes privilèges en Irlande. Mais qui peut dire quand le parti radical aura la puissance d'exécuter de pareilles réformes? Ce parti est jusqu'à présent peu nombreux, il a peu de puissance dans la nation anglaise, parce qu'il est trop en avant d'elle; dans le parlement il ne compte que peu de membres, et le pouvoir est si loin de lui, qu'il semble presque superflu d'examiner quel usage il en pourrait faire. Et ce parti eût-il aujourd'hui la puissance d'enlever à l'aristorratie d'Angleterre et d'Irlande leurs privilèges civils et politiques, pourrait-il abolir de même leurs privilèges religieux, c'est-à-dire accomplir la réforme qui en Irlande doit précéder toutes les autres? Il est permis d'en douter. Et l'obstacle qui peut-être l'arrêterait se trouve en lui-même.

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