INTRODUCTION. XVII
religion une force dissolvante, celle même qui a servi le plus puissamment à la constituer d'abord à la place d'une autre : l'indépendance du jugement individuel. C'est sur cette force qu'on peut compter pour amener, avec la décomposition graduelle de tout système de croyances dogmatiques, l'absence finale de religion *.
Outre la confusion de la métaphysique éternelle et de la morale éternelle avec la perpétuité de la religion positive, il y a une autre tendance de nos contemporains contre laquelle nous avons voulu réagir. C'est la croyance que beaucoup professent à l'unification finale des religions actuelles dans leur (•religion de l'avenir », soit judaïsme perfectionné, soit christianisme perfectionné, soit bouddhisme perfectionné. A cette «unité religieuse » de l'avenir nous opposerons plutôt la pluralité future des croyances, Vanomie religieuse'*. La prétention à l'universalité est sans doute le caractère de toutes les grandes religions; mais l'élément dogmatique et mythique qui les constitue religions positives est précisément inconciliable, même sous la forme élastique du symbole, avec cette universalité à laquelle elles aspirent. Une telle universalité ne peut même pas se réali-cr dans le domaine métaphysique et moral, car Télément insoluble et inconnaissable qui n'en peut être éliminé entraînera toujours des divergences d'opinion. L'idée d'un dogme actuellement catholique ^