CH AP. 111. — UES LIVRES UE DIEU
5° Le Psautier à David, sur qui soit la paix.
6° Que les autres livres ont été envoyés à d’autres prophètes.
F.n Europe, on a imprimé plusieurs fois les Évangiles en turc. Dès 1 606, Seaman les donna à Oxford, et de nos jours la Société biblique de Russie et celle de Londres en ont publié deux différentes traductions. Le Nouveau-Testament turc de la Société biblique de Londres a été imprimé à Paris à l’Imprimerie royale, par les soins de feu le savant et modeste interprète du Roi, KiefTer. On ne saurait donner trop d’éloges à ces hommes dévorés du zèle de la maison de Dieu, qui veulent faire participer à la. connaissance de l'Évangile toutes les nations de la terre. La propagation de ce saint livre pourra peut-être un jour réunir tous les hommes & une même croyance, ou du moins les rapprocher par les liens de la plus douce et de la plus pure morale qui ait jamais été enseignée.
Puisque j’ai cité Toderini, je ne puis m’empêcher de dire combien la traduction française qu’en a donnée l’abbé de Cournand est infidèle. Sans parler des mots orientaux qui y sont totalement altérés, et de plusieurs noms d’auteurs européens connus et célèbres, également défigurés, la traduction contient hien des contresens, qui en rendent souvent la lecture inintelligible. L’auteur a toujours traduit assai par assez, sans s’embarrasser du sens : c’es 1 ainsi qu’on lit, entre autres exemples que je pourrais citer, t. 11, p. 91 : c La bibliothèque de la mosquée royale du sultan Rajazet 11 est assez postérieure au temps où ce prince a vécu, puisqu'elle fut établie plus de deux siècles et demi après la mort de cet empereur. » Il fallait traduire c est très-postérieure, etc. « Le traducteur a toujours rendu per par pour, comme on peut voir, entre autres, 1. 1, p. 235 où on lit : < Cette célèbre sonate... j’ai trouvé... qu’elle se conserve encore pour tradition. > Il faut : c par tradition. »
Voici quelques-unes des phrases inintelligibles qui défigurent cette traduction. T. H, p. 18 : « Une mosquée si somptueuse ne devait point manquer de son médressé. t 11 fallait dire : < manquer d’avoir, » ou mieux : « 11 était naturel qu'une mosquée si somptueuse eût un médressé. » Ibid., p. 177 : t Ces deux alcorans sont venus de mosquée. » II y a dans l’italien < de la Mecque. > Il serait facile de faire d’autres citations. D’ailleurs, je ne sais pourquoi le traducteur français a très-souvent omis les notes de l’auteur italien.