AVANT-PROPOS
L’agglutination. — De nombreux microbes possèdent la faculté de s’agglutiner sous l’action de sérums-anti-. Cette séro-agglutination est utilisée en bactériologie comme méthode de diagnostic. Par exemple, on mélange une émulsion de bacilles de l’avortement épizootique dans des proportions convenables avec du sérum d’un animal réputé atteint par l'affection, le liquide auparavant opalescent s’éclaircit et contient en suspension des amas microbiens qui rapidement s’amassent dans le fond du tube qui a servi à l'étude du phénomène.
L’agglutination microbienne se retrouve in vivo, c’est le premier stade de la phagocytose : les microbes se groupent en masses plus ou moins régulières pour réagir à l’action des diastases des globules blancs.
Certains sérums normaux possèdent la propriété d’agglutiner les globules rouges d’un autre individu. Lorsqu'on mélange de tels sérums avec une solution de globules rouges dans du sérum physiologique, on assiste au groupement des éléments sanguins. Cette agglutination qui se déroule dans les mêmes formes que l’agglutination microbienne se produit également in vivo, si on injecte cette même solution hématique dans les veines du sujet qui a fourni le sérum.
À la lumière de ces faits, nous pouvons dire que l’agglutination est un phénomène assez général puisqu'il s’observe sur les microbes et les globules rouges, c’est-à-dire sur des cellules isolées. Sa production est expliquée par l’action toxique ou agressive du sérum sur la vitalité des microbes ou des cellules sanguines.
On relève deux sortes d’agglutinations des globules rouges :
1° L’hétéro-agglutination, lorsque les globules et le sérum
appartiennent à deux animaux d'espèce différente ; par exemple : sérum de chien et globules, rouges de cheval.
20 L'iso-agglutination, lorsque les deux éléments du sang sont recueillis sur deux individus de même espèce.
L'Hétérogénéité du sang. — La toxicité est admise comme la véritable cause de l’agglutination microbienne puisqu'il s'agit de sérums d'individus malades ; mais dans le cas de l'agglutination globulaire, il est question de sérums normaux.
Comment interpréter le rôle toxique de ces sérums ?
Tout simplement par leur hétérogénéité. Le sérum du chien n’est pas comparable au sérum du cheval, il n’a pas la même composition; bref le sérum de chien et les globules rouges du cheval sont étrangers et leur contact aboutit à l’agglutination des globules rouges.
L'hétérogénéité du sang doit être admise au sein de l’espèce, sinon la cause de l’iso-agglutination resterait encore inconnue. Il existe des différences entre le sérum du cheval et celui du chien, mais aussi à l’intérieur de l’espèce cheval ou de l'espèce chien. Il en est de même pour les globules rouges.
On définit l’hétéro- et l’iso-agglutination comme la désintégration globulaire et le fait de la différenciation du sang.
Origine des groupes sanguins. — On pourrait croire que l'iso-agglutination se révèle d’une façon capricieuse et qu’il existe autant d’agglutinations que de sérums et de globules rouges différents ; il n’en est rien, l’iso-agglutination revêt quatre formes dans l’espèce humaine, le sang humain possède, par conséquent, quatre sortes de sérums et de globules rouges. De là la notion des quatre groupes sanguins humains.