Religion et langue des étrusques
La mythologie étrusque s'est formée d^éléments divers et successifs. — Le fonds en est tout animiste et liturgique : Signes, augures, expiations, vie d'outre- tombé. — Traces abondantes, mais tardives, de Cabirisme. — Dieux sans nom, involuti, pélasgiques peut-être. — Dieux contenus^ généralement atmosphériques et fulgurants. — Noms et fonctions des principales divinités étrusques; loin d*envahir le panthéon italiote. elles se sont adjoint la plupart des dieux latins. — Adoption du nombre douze dans les institutions civiles et théolog^iques. — Les douze mille ans de .la cosmogonie. — Divinités locales et nationales. — Voltumna. — Le clou de Nortia. — La triade, de Tarquiniôs : Tinia, Cupra, Menifa, transférée au Capitole, donne naissance aux trois nefs des basiliques et des églises. — Le monde funéraire et les aventures des morts. —.Le nain Tagès et la littérature liturgique. — Les inscriptions, nombreuses, lisibles, rédigées de droite à gauche en caractères grecs archaïques, gardent encore le secret de la langue, vainement cherché depuis le XV' siècle. — MM. Bréal et V. Henry rejettent absolument toute affinité indo-européenne. — Découverte, reconstitution et lecture du papyrus d'Agram (1.200 mots) : texte probablement liturgique, mais dont le sens échappe encore aux linguistes les plus ingénieux. — Conclusion générale de la présente étude.
Tel qu'ont pu nous le faire connaître les écrivains latins, le panthéon étrusque nous apparaît comme un vaste et grandiose édifice dont le sommet se perd au delà des nuages, dont les pieds s'enracinent au plus profond des enfers, et dont les abords sont occupés par tous les accessoires liturgiques et théologiques: pompes sacrées, processions, clergés, corps enseignants, riche et savante littérature. D'étage en étage s'échelonnent les hiérarchies divines, dieux des régions inconnues, dieux du ciel visible, de l'atmosphère orageuse, dieux et génies terrestres, divinités de la mort. De loin, tout se tient dans cet ensemble. Quand on s'approche, tout vacille et se désagrège. Les disparates se font jour. Telle partie est orientale et semble apportée
de la Chaldée ou de la Perse ; telle autre est hellénique; d'autres, sabines, ombriennes, latines. 11 y en a d'étrusques, assurément, et la physionomie générale n'est ni asiatique, ni grecque, ni même italiote. Mais dans l'amalgame on entrevoit de grandes diversités de provenances et d*ûges. L'assemblage de ces pièces et morceaux a été Tœuvre du temps; la construction ne s'est achevée que dans la période gréco-romaine, alors que, de tous les points du monde connu, surtout de l'Orient, affluaient à Rome les systèmes, les doctrines, les théurgies déjà mêlées et confondues. Ce n'est pas à dire que beaucoup de ces conceptions, à l'état fruste et fragmentaire, n'existaient pas dans l'esprit des Tyrsônes. Mais lesquelles, et dans quelle mesure > On le saura peut-être quand la connaissance de la langue nous aura livré le secret de ce peuple mystérieux. Un seul exemple nous montrera de quelles incertitudes sont entourées les croyances originelles des Etrusques ; on pense tià^ néralement, et rien n'est plus vraisemblable qu'ils ont connu les dieux de Samoihrace, de Thasos, de Lemnos, les Cabires. Eh bien, les monuments figurés qui se rapportent au culte cabirique sont des miroirs en métal gravés et sculptés de l'époque dite campanienne, postérieurs au IV*" siècle avant notre ère, — 600 ans après l'arrivée des Tyrsèncs en Italie. 11 ne faut pas non plus oublier que l'écriture et les arts du dessin étaient ignorés des lùrusques primitifs, et que leurs plus anciennes manifestations esthétiques (Vllh et Vll*^ siècle) portent la marque d'influences étrangères, qui avaient pu modifier déjà leurs sentiments et leurs idées. I^nîin la plupart des documents à consulter, bas-reliefs, peintures, viennent des tombeaux ; ils avaient une destination spéciale, funéraire Et, quels qu'en soit le nombre et la variété, ils ne peuvent nous renseigner complètement sur les dieux de l'air cl <lc la vie.
Ayant admis l*élroite parenté des Pélasges et des Etrusques, nous pouvons appliquer à ceux-ci les rares indications fournies sur les premiers par les historiens grecs. Au dire des anciens, les dieux des Pélasges n'avaient pas de nom, du moins avant l'arrivée, soit des Phéniciens, soit des Hellènes. Il est donc naturel de retrouver chez les Etrusques une classe de dieux sans nom, dit involuii, dieux voilés, que leur mythologie, lorsqu'elle ne sut plus qu'en faire, plaça au-dessus de tous les autres, régulateurs suprêmes, impassibles, des destinées. Le rôle qui leur est attribué décèle, ce semble, leur primitive nature ; c'étaient les chances favorables ou contraires, les mille hasards qui étonnent le sauvage et l'enfant et dont ils cherchent la cause, dans certaines coïncidences réelles ou imaginaires, le bruit du vent dans les arbres, les rumeurs de la source ou du fleuve, le vol et le cri des oiseaux, la lueur de l'éclair ou le fracas de la foudre, tous phénomènes auxquels l'anthropisme prête des volontés et l'animisme des âmes, des formes vagues et fuyantes. C'est à cet antique régime mental que se réfèrent les présages, les augures, l'interprétation des signes, enfin les oracles, et toutes ces pratiques divinatoires qui formaient, au dire des anciens, le trait le plus saillant de la religion étrusque ; non pas que ces superstitions aient été ou soient encore étrangères à aucun peuple ; mais les Tyrsônes en étaient certainement imbus au plus haut degré.
Les dieux voilés et les rites auguraux ne pouvaient longtemps satisfaire l'imagination. L'adoration des nombreux objets qui annonçaient les événements heureux ou redoutables, suffisait ellemême à créer des dieux visibles, qu'il était plus aisé de fléchir en les appelant par leur nom. Il est donc peu probable que les Pélasges, autant dire les Tursènes, n'eussent pas déjà nommé les dieux qu*ils invoquaient dans les bois, au bord des
sources et sur le haut des montagnes, ou du moins retenu quelques-uns des noms apportés par les Orientaux, ou par les conquérants thraces et achéens. De toute façon, les Tursènes, ayant vécu, avant leur exode, de longs siècles parmi les peuples pourvus de mythologies abondantes, devaient posséder, au X* siècle, des dieux soit nationaux, soit empruntés . Partis de Dodone, comme rapporte Denys d'Halicarnasse, ils ne pouvaient ignorer le Zeus dodonéen. Venus de Lydie et des îles, si l'on en croit Hérodote, ils connaissaient au moins quelques-unes des divinités de l'Asie-Mineure, une Artémis, une Aphrodite quelconques. Et cependant, parmi les dieux authentiques des Etrusques, on n'en trouve guère qui rappellent directement C2S nom^. Mais on en rencontre les équivalents, et 1 avenir nous réserve sans doute bien des découvertes. 11 faut, pour le moment, nous contenter de ceux que les Etrusques ont, d'eux mêmes, à raison où à tort, assimilés à des dieux ombro-latins : Tinia, Thalna, Cupra, Thana, Tuian, Fufluns, Sethlans, Turms, Usil, Thesan (aurore), Aisar, Eiser.
Tinia, c est le dieu de l'air, du ciel et de la foudre, un Jupiter. Son nom a été lu sur une pierre conique d'Orvieto, qui, évidemment, le représentait, dans les temps où ses adorateurs ne savaient le figurer sous des traits humains. Mommsen a rapproché Tinia ou Tùia déformes indo-européennes, comme le sanscrit Dina, jour, le grec Zéw, . Zé;ios (d'où Zenon, etc.), le latin Dianus (Janus), le rattachant ainsi à Zeus et à Dyaus. On ne serait pas étonné de la présence d'un T initial ; les lettres douces manquent à l'alphabet étrusque : Diana est transcrit Thana ; OdusseuSy Uthuze ; Poliideukès, Pitltuke. Le malheur est que pour assimiler Turan, par exemple, à Urania et Turms à Hermès, on est obligé d'expliquer autrement l'addition tout à fait injustifiée du T. Autant vaudrait, sinon mieux.
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traduire Turan par turannè, la maîtresse, la dame. Le plus prudent est de constater le nom et Toffice de ces divinités qu*on peut regarder comme essentiellement étrusques.
Nous venons de nommer Turms, — qui est bien, quant à la fonction, plus tard quant aux attributs ngurés, un Hermès conducteur des âmes, un Mercure ; et Turan, qui a pris les caractères d*une Vé^ nus Uranie, mais qui a gardé un rôle énigmatique dans les scènes qui décorent certains miroirs : elle assiste ou elle préside au meurtre sacré du jeune Cabire égorgé par ses frères. Je ne sais s'il ne faut pas lui rapporter Timage mitrée et ailée d*une déesse qui rappelle assez l'Anahid des Perses et des Arméniens,
Avant Turms et Turan, nous aurions dû signaler Cupra^ qui a donné son nom à Tune des villes les plus anciennes du littoral occupé par les Etrusques dans le Picénum. 11 est bien dilFicile d*écarter ici le souvenir de Cypre, de Kuprts. Cependant ce n*est pas à Vénus c*est à la Junonitaliote quecetteCupra fut identifiée ; mais cela importerait peu ; Junon, par certains attributs, est si voisine de Vénus. Une autre remarque, c'est la ressemblance de Kupra avec le cuivre, cuprum ; était-ce primitivement la déesse du bronze >
Thalna, comme Cupra, est assimilée à Junon. Son nom ne prête, jusqu'à présent, à aucune conjecture, même aventurée. De même Sethlans, un Vulcain, grossièrement figuré, un marteau de forgeron à la main ; je note pourtant la terminaison, ans ou lans qui doit être un suffixe latin /anos, anos; et, comme dérivé possible, le nom propre Silanus.
Une appellation fort singulière, c'est Fufluns, le Bacthus étruisque, dont le décalque ombrien Vufin, Vofion, se lit sur les tables Eugubines". Il fournit, je crois, le spécimen, assez rare, d'un dieu emprunté aux Etrusques par les Italiotes ; il n'a pas, d'ailleurs, dépassé l'Ombrie. Il faudrait être
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plus \ersé que nous le sommes dans la connaissance de la prononciaiion étrusque pour distinguer entre lesdcui y'du mot : le premier a été entendu V par les Ombriens, comme dans Fchihri : Vohterra^ Velitrje. Ce n*c;ait certes pas une aspirée (gutturale ou dentale) comme en laiin. mais une labiale incertaine entre le \' et le P. Je ne serais pas étonné pour ma part qu'on découvrit quelque relation entre la ville de Pupluna et le dieu Futluns ; et, d'autre part, entre la forme ombrienne Vofio et le latin Vossius,
En abordant sur la côte orientale de Tltalie, les Tyrsénes ont pu rencontrer chez les \'énètes une déesse Tiana, — c'est ainsi que lit sur les inscriptions d'Esté M. Cordenons, un savant de la région, — la Diana des Ausoniens, qui avaient, nécessairement, traversé ces contrées avant eux. Tiana serait devenue leur Thana, — sur laquelle nous savons fort peu de chose. Un personnage plus célèbre et bien probablement italiote, quoique les Etrusques s'en soient tout d'abord emparés, c'est Minerve^ Mnerfa ou Menrja, dont le nom ne renferme aucun élément qui ne soit indo-européen et latin. On peut croire que les immigrants étrusques possédaient une divinité correspondante, et qu'ils lui ont adapté le nom populaire dans le pays. Ou bien, — mais l'opinion semble prévaloir que l'étrusque n'est pas un idiome aryen, — ou bien les Tyrsénes auraient possédé, comme les Latins et les Ombriens, la racine d'où procèdent mens et re-min-i-scor ,
La déesse fédérale Voltiimna^ dont le temple, près de Volsinies, réunissait le conseil des douze lucumons, soulève les mêmes doutes. Tout en elle, nous l'avons déjà montré, est latin, lesufiixe mnusy mna^ et la racine vol-vcre^ ver-tere^ même le thème Voltii, Vultur, Vultu-rnus ; et cepenchmt rien de plus national chez les Etrusques que Voltuwnii, v.\ sa forme masculine VcrlumniiSy le dieu de ranlitjue
Viens tusciis^ ce faubourg toscan situé, avant la fondation de Rome, entre l'Aventin et le Palatin. Lorsqu'ils prirent Capoue, ils donnèrent à cette ville le nom de Vullurnum.
La question ne se pose pas pour Nethans, allération évidente de Neptunus, ni pour Apulii, ApitliinSf qu'ils reçurent de Cumes, tout comme les Romains. Au reste, la plupart des dieux italiotes entrèrent, sans changer de nom, dans le panthéon étrusque : d'abord yw»o, et Halesus, qu'ils trouvèrent fortement établis à Paieries, puis Féronia au pied du mont Soracte, puis la Juno sabine, Quiritis^ ou Curttïs, enfin Vediovis, Summanus, Janus^ Diana, Volcanus^ Vesta, à mesure que les conquérants Tyrsènes pénétraient dans les districts qui avaient ces dieux pour patrons.
Parmi les dieux que nous venons de citer, lesquels étaient le plus intimement associés à Tinia, et formaient avec lui le conseil des dieux Consentes, soit coexistants (de sens, sentis), soit assis ensemble, soit unis dans le même sentiment, et qui tenaient la seconde place dans la hiérarchie, audessous des Involitti} On ne paraît pas fixé sur ce point. Ces Consentes étaient certainement des dieux atmosphériques. Neuf d'entre eux avaient le droit de lancer le tonnerre, une ou plusieurs des onze variétés de l'éclair. Habitués au nombre douze, qui fut sans doute celui de leurs tribus primitives, et qui est resté d'ailleurs consacré chez les Grecs (il y avait douze Amphictyons), les Etrusques ne l'avaient pas seulement adopté pour leurs fédérations, ils Fimposèrent à leurs divinités. De même que les Lucumons, les /;ivo/z//i furent douze, mais mâles et femelles, six couples seulement, établis au-dessus, au delà des mondes ; de même les Consentes atteignirent ce nombre de douze, que les Latins adoptèrent, mais sans rigueur, — car la composition de ces douzains, de ces conseils célestes, paraît avoir varié souvent. Il est intéressant
de retrouver chez les Grecs le même chiffre sacramentel, réminiscence des mêmes traditions sacs doute pélasgiques. Les Etrusques ne comptaient pas seulement leurs dieux par douze ; ils avaient aussi des triades, une dans chaque ville. Les Tarquins importèrent à Rome celle de Tarquinies, sans doute : Tinia, Cupra et Mnerfa, Jupiter, junon et Minerve, qui se trouvèrent désormais associés pour toujours dans le temple du Capitole, construit par des architectes étrusques. Ce temple avait trois nefs, une pour chaque dieu. Les basiliques civiles des Romains reproduisirent cette disposition et Tout transmise à Tarchitecture chrétienne. Ainsi les formes survivent aux idées : les trois nefs de nos églises sont un legs indirect des Tyrsénés.
Les dieux portaient le nom générique d'Aisar, Esar (i), Aïsos (Hésychius), peut-être Ausar, Auser (nom antique du petit fleuve Serchio). On a beaucoup disserté sur ces formes obscures. /l«.siir rappelle Aiistl, Ausones^ ausosa (aurora). Ce serait alors une dénomination italique du dieu lumineux, du soleil, -^sar peut aussi faire songer au gaulois Esus. Enfin Duruy et ceux qui penchent plus ou moins pour une origine septentrionale, ont rapproché Esar des Ases Scandinaves. Dans l'étal cic la science, on ne peut qu'indiquer ces hypothèses, sans y insister. C'est Suétone qui nous a révélé le sens du mot ^sar. La foudre ayant enlevé d'une inscription le C de Caesar, les haruspices déclarèrent qu'il n'avait que loojoursà vivre, mais qu'il serait dieu.
A côté, plus souvent au-dessous, des grands dieux, une foule de divinités locales protégeaient les villes et veillaient sur toutes les actions et tous les incidents de la vie. On cite Angcrona (Aiicharia) et celte Nortia, une Fortuna étrusque, dans le
(i) C. f. l'ombrien Esunu,
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temple de laquelle on fichait solennellement un clou. Nous avons signalé cet usage chez les Latins, et les fouilles du clos Baratella, prôs d'Esté, ont mis au jour un grand nombre de ces clous votifs en bronze, qui portent des inscriptions encore indéchiffrées, en langue euganéenne ou vénéte. Un savant de Venise, M. Cordenons vient précisément de publier un très estimable essai de lecture. On ne saurait affirmer que les clous sacrés soient d'importation étrusque, encore moins tous ces menus dieux, analogues aux indigètes latins, qui appartiennent au plus ancien fpnds animique de ritalie, et qu'on retrouve, d'ailleurs, chez tous leô peuples anciens et modernes. On voit dans les peintures et les bas-reliefs beaucoup de ces génies mâles et femelles, munis de grandes ailes, et qui se tiennent, invisibles sans doute, auprès des vivants et des mourants. Le nom générique de Lasae n'est autre que celui des Laseson Lares, sur lesquels nous ne reviendrons pas. Il en est de même pour les Pénates étrusques. Il faut ranger dans cette classe sans doute les têtes à la langue tirée, sortes de Gorgones, qui avaient probablement représenté les têtes coupées des vaincus, des prisonniers, des victimes divinisées par le sacrifice; et aussi les nains ou poussahs grotesques dont le Louvre possède de nombreux exemplaires. Au monde funéraire, qui nous est familier déjà, appartiennent Manliis, éponyme de Mantoue, qui rappelle le Mundus et TOrcus latin, assimilé durant la période étrusco-grecque à Aidés, Eiia ; et Hintia, plus tard Persiphnai, Perséphone ou Proserpine. Hintia était, à l'origine, l'image, l'âme du mort. On lit sur un vase : Hintial Patruklès^ ombre, spectre de Patrocle. Peut-être le radical Hinl a-t-il fourni Tombrien hondus, épithète constante des dieux infernaux mentionnés dans les Tables Eugubmes. Sous la conduite d'un vigpureux archer, un Héraclès infernal, emportées par le dieu Turms
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îr;:s tecocds ea livres. — r!uf ::u*e:^ :.i;r;?< >d:^> do'd:^, — avaient cr-niriz. les va-;ue> .^:\\-a.'ï>:e> vi^' la race avec les rêveries plus am::ees ce l'Oiiei".: chaldëen et perse: eî une cjsm.'^jr.^r.ie telle v;;:elle é:ait venue se poser comme ua c.^uroni^.cL^.^en: s.*.-: le factice panthéon : le nombre àou>'e ny est pas oublié : le monde doit durer, comme vlans la coa ception mazdéenne, douze mille ans ciwiioiucar retendue des siècles ctras^iiies est irrèi^uliOio ou indéterminée. La création a pri^ la iwoiiiO kW co temps, six mille années, les si\ jvuus dt' la liouiVse hébraïque ; les choses hmwaines rcuiplirvM\l le reste. Avec tout le respect qui vsl ih^i i\ cr ficnrc d'élucubrations, il me sera piTinis île. truiiMT la proportion bien mal conibinée, bien peu .1 l'Iii'n neur du démiurf?c, tjui aura pt-im'', sui' 'ii\ niilU*. ans pour accomplir une (inivit- -li <^|»liruM'n' ; .jinni cet artisan divin, Tinia peut ^:hc, pcniliUil que li", dieux voilés Sommcilluicht 'l"ii< '-uiml il.iu:i li m indifférence, cet ouviicr auiii um di^ m • I' ^ «i fabriquer le ciel et la lonc, di ". ' m- mm 1 mai i' N 1 l.i lourde coupole (lu finjj;jiii';ijl., dix .1 pi'rhmr l'/uh:
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l'eau que peuvent conlcnir les mers et les fleuves^ dix à maaipuler, à suspeûdre et a remonter ces automates, le soleil et la lune, dix à régler le souf- ■ fie des animaux et à piêcipitcr, dans ou ne baïI ' quelle cornue, ce gaz dont est faite Tâme des vivants. Enfin Thomme, cette machine si imparfaite, si fragile, vouée à tant de maux ridicules ou odieux, lui aura coûté mille ans d'efforts ! Et tout cela périra demain 1 Ah ! pauvre démiurge. Ces cbosea, : et bien d'autres aussi puériles, ont longtemps passé j pour sublimes ; et je ne doute pas que le bon j TiteLive ne parlât sérieusement lorsqu'il décla- i rait les Etrusques les plus religieux des hommes. C'est un jugement que nous confirmons volonticrsr. La théologie étrusque formait une bibliothèque considérable, qui aurait tenu dignement sa place dans le sous-sol de notre Bibliothèque Nationale, dernier asile de ces sortes de documents. Mais de tous ces livres, Jatales, Acheruntict, Tagetici^ ritiiales, fulgurales, hariispicum, manuels donnant les prescriptions relatives à la vie privée et publique, à la fondation des villes, à la consécration des édifices, à la paix, à la guerre, à la naissance, au mariage, à la mort, à la chronologie sacrée, la théorie des foudres et les méthodes d'observation et d'interprétation ; traités profonds sur les rites expiatoires, sur les formules et les offrandes qui assurent l'immortalité, qui peuvent même retarder les destins, enfin sur l'apothéose et les aventures des âmes ; de tout cet amas de sagesse, le temps ne nous a rien laissé que des bribes éparses dans les mythographes et les grammairiens, Cicéron rapporte (De Divinatione) que jadis un nain à cheveux blancs, Tagès (nom grécisé), sortit de terre entre deux sillons, pour enseigner aux hommes la signification des éclairs et, généralement, tout Tart augurai. Un disciple de Tagès, Bacchès, rédigea ces révélations en quinze volumes [Achérontietis] \ et une nymphe Bégoé, Bygoïs, les étendit à Tinter-
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prétalion de Ijds les phénrmènes ce la naiure.
Si l'on considère le t' \c]?uà dans îa vie publi^^uc et privée des Romains par Tharuspicine et la science des présages, il faudra convenir que Tagès, cet avorton obscur, est Tun des dieux qui ont exercé le plus puissant empire sur les choses humaines. Caton disait que deux augures ne pouvaient se regarder sans rire : et cependant ces rieurs pontifiaient encore ; et pendant les six siècles qui ont fondé le pouvoir de Rome, il ne s*est fait dans le Latium, dans toute l'Italie, aucun acte solennel, décisif, sans la permission des augures.
Les Latins, nous l'avons dit, n'avaient eu nul besoin d'apprendre des Etrusques la foi aux signes et aux auspices ; mais ils leur emprunlérenl certainement les formes, les rites de Tart augurai. Us ne pouvaient rencontrer de plus habiles maîtres ; aucun Calchas, aucun Tirésias, aucun Chaman de Sibérie, aucun Angakout esquimau, ne disputera au devin étrusque, hariispex ou fuloittjtor^ la palme de la crédulité, de la solennité dans la minutie, du sérieux dans l'absurde. Superstition et formalisme, voilà le fond du Tyrsône, les vices qu*il a légués aux Romains.
Mais l'influence étrusque, j'y reviens encore, a été formelle, extérieure ; aucun dieu étrusque n'a pénétré dans le panthéon latin, même romain, même ombrien (si Fii/Iuns et Ilintla étaient par hasard d'origine italique, pré-tyrséne). Au contraire, tous les dieux de l'Italie et de la Oiùcc ont fait invasion dans le douzain sacré des flanst'nti's. Ce que nous disons de la religion, il faut le dire de la langue; le parler ausonien ne lui a jicn emprunté, et il semble qu'il lui ait imposé une foule de termes, de noms, surtout de suflixcH visihl':nient italiques.
Dès le XV* siècle, quelques inscriptions /;Imj'vju''/. étaient connues des érudits. IJn doniini' ain, An/jio
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de Viterbe, avait tenté de les expliquer. Partageant l'opinion courante qui voyait dans l'hébreu la langue mère par excellence, il essaya d'y rapporter des textes dont le latin ni le grec ne pouvaient tirer aucun sens. Habile faussaire, il fabriqua des inscriptions à Taide de mots hébraïques tracés en caractères étrusques et sut les cacher et les faire trouver à Tendroit même où Ton avait découvert les vraies. Elles furent tenues pour authentiques et, durant deux siècles, égarèrent la philologie. Au XVlll' siècle seulement, la théorie sémitique perdit du terrain. Le seul Scipîon Maffei, de Vérone, lui resta fidèle. Avec Buonaroti, avec Dempster, et surtout Lanzi, dont TEssai (Saggio iii lingiia eirtisca) est encore consulté par tous ceux qui s'occupent d'épigraphie, les tendances dites classiques prirent faveur ; ce fut vers une origine italique ou latine que penchèrent les Conestabile, les Vermiglioli, les Fabretti. Ce dernier a réuni dans son Corpus Inscriptionum toutes les inscriptions de l'Italie antique, étrusques, ombriennes et autres, en les éclairant de notes très précieuses et d'un excellent glossaire.
L'étrusque s'écritde droite à gauche ; son alphabet, d'origine grecque, adopté par l'ombrien, peut-être par le latin (Bréal), se compose de vingt caractères : voyelles, A, E", /, U ; explosives fortes, C [— K), P, *, r, 0. X\ liquides, L, R ; nasales M, N ; sifflantes S//, S, Z (= ts] \ spirantes //, V, F. La langue paraît rude, et certains mots semblent ne pouvoir se prononcer (nacnvaùisi, Ctmsta, Mnrfa^ Vvp, IciQi) ; mais il est évident que beaucoup de voyelles muettes ou faibles étaient omises dans l'écriture.
Si quelques sufBxes, si quelques mots se rapprochent plus ou moins de l'indo-européen : — Ou (lat. diio)^ huB (lat. quatuor), lixa (lat. decem, c. f. lithuanien lïka =: deca^ comme en latin lacru-ma z=§«y,py), atr (latin atrium), Aruns (ssc. arvant, ra-
pide, fort, cavalier), acazr {cjsj^ cjsiruw). mu 71 sic (mœniculum)^ ne fis (nepos^ nepiis) ; — où Irouvcr les congénères de m j.r (un), de zal (trois), de cLm^ shex, puia (fils, fille, épouse), cfcrj (hcrcs)^ Liuini (fcimiliaris)^ etc. r L'illustre Corssen parut un moment avoir vaincu le sphinx ; mais ses efforis ont été vains ; son échec (Ubcr die Sprachc dcr iùmsker^ Leipzig, 1874) fut le signal d'une m^ilï^o où nous ne nous engagerons pas. Déjà, dans ce siècle, Janelli, Tarquini, Slickel, Leoni avaient remis en honneur la théorie sémitique ; Benlham cl von Maack songèrent au celtique et proposèrent des interprétations celtes et irlandaises ; en mcMnc temps, Donaldson, Crawford, Lindsay, combattaient pour le Scandinave et le vieu.x haut allemand ; Collas pour les langues slaves, Mcrtani pour le sanscrit, Tallor pour le finnois, ICI lis, Bogge, pour l'arménien et Talbanais.
Deecke, d'abord fort opposé aux élymoloyics latines de Corssen, y revient, et, de concert avec Pauli, de Stutigard, essaye de trouver dans quelques textes des formules rituelles analo^^ues aux prescriptions des Tables Eugubines.
C'est lui qui cherche dans munslc le latin ;////;/• ïre, dans nacnvaisi nec-arc% et encore dans Ojiju'c la racine i/am (( bâtir» ; les trois mots sif^nificraicnt : Opus saxeum sepnlcro exstriixil . I-'indication suivante : IsminOii. Pitinie. S. u. 0/0/, T. KA7O/. /. clOi pourrait se rendre par: Sminihin Pah'fiin in sepulcrum Titus L'htius lihena JcJiLil,
A Philadelphie, Daniel Brinton ( iH^^^-y;) hc pi'i nonce pour une origine berbère. Il i;ipp';llc Vuu^i que alliance des Tourshas avec le-. Lilysr.' , I'; ' 1 ractére africain des plus ancien.. c- p';,'.ijlîiti'//) . méditerranéennes : mais il oublie, o'; hcj/iM':, i'.'î les Tyrsénes. venus de la mer Fvj<';c ^ . 'î'; ]*I;1>m' . n'ont aborde en lt<i!ie qu'au X -JC,!';. l. a la*. .' ut blé d'a^^cz norr.hreuT ercmples ''!'; r.',:;. .'h/if..*' ^ pers'^c cages. '.^yy^rrAb. -^ui ;.r'j .'; /cr.* '>; 'îJ/*'. .
concordances. Sans doute, quelques vestiges d*uae langue atlantique, italo-berbère, pourraient se rencontrer dans le vocabulaire étrusque. Mais je doute qu*on puisse jamais rattacher au berbôre Apulu^ Mnerfa, Marmar, Tinia^ Thana^ ou établir un rapport quelconque entre Tacfarinas et Tarchnaf^ Tarchotty Tarquinius, entre le Berber des Arvales et le nom des Berbers ou Barabhras.
Chez nous, M. Victor Henry, M. Michel Bréal rejettent résolument toute affinité indo-européenne. Dans plusieurs articles de la Revue critique^ ce dernier, combat les rapprochements tentés jusqu'ici entre Tétrusque et les langues italiques ; il ne conteste pas que nombre de termes et de formés aient pu être empruntés à Tombrien, à Tosque, au latin ; mais il ne reconnaît dans les désixiences aucune trace de déclinaison, de conjugaison, rien qu'on puisse rapporter à Torganisme flexionnel.
D'où viennent toutes ces contradictions, jusqu'ici irréductibles > Comment une langue écrite en lettres parfaitement connues, en caractères grecs archaïques, une langue dont les inscriptions se comptent par milliers, qui a été parlée et comprise jusqu'aux premiers siècles de notre ère, défie-t-elle encore la sagacité des Aufrecht, des Kirchoff, des Bréal, qui sont arrivés à reconstituer la langue ombrienne ? Rien de plus facile à comprendre. On ne sait pas avec certitude le point de départ des Tyrsènes, et, quelque berceau qu*on leur suppose, il est douteux qu'il existe encore une seule des langues qui ont pu être apparentées à la leur : pélasge, phrygien, lydien, lycien, care, illyrien même, ont disparu ; les inscriptions abondent, il est vrai, mais elles sont généralement courtes et de plus rédigées en style lapidaire, abréviatil : les mots en sont certainement tronqués ; beaucoup, faute de voyelles, sont imprononçables (Cltmsta, Cly temnestra) ; enfin, aucune n'est bilingue et n'offre ces points de comparaison qui ont permis à
ChampollioQ de traduire l'inscription égyptienne de Ganope.
Une heureuse chance a paru se présenter il y a deux ans environ, lorsque l'importante inscription d'Agram a été reconstituée dans toute son ampleur. Mais la minutieuse analyse de M. Bréal n'a pas abouti, ou plutôt elle a confirmé ce savant maître dans sa prudente expectative ; mais l'histoire de ce document est si extraordinaire qu'elle vaut d'être contée.
(( Au catalogue de la collection égyptienne du musée d'Agram, publié en 1880, par le conservateur, M. de Bojnicitch, on pouvait lire la mention suivante : (( Dans une vitrine, la momie d'une jeune femme ; dans une autre vitrine sont conservées les bandelettes de cette momie ; elles sont entièrement couvertes de caractères inconnus jusqu'à présent. Ces bandelettes, spécimen unique d'une écriture égyptienne non encore déchiffrée, sont un des principaux trésors de notre musée national. )) (Bvéal, Journal des savatits.) Un jeune égyptologue, M. Krall, professeur à l'Université de Vienne, sentant sa curiosité éveillée, se fit, en 91, expédier les bandelettes. Malgré le délabrement de la toile, il parvint à copier deux lignes sur son carnet. Rentré chez lui, il les compara à différents spécimens d'alphabets, et reconnut des caractères de forme grecque archaïque ; il fut tout étonné de rencontrer dans l'ouvrage de Pauli, sur les noms de nombre, les mots eslaji zathrumis qu'il se rappelait avoir copiés la veille. (( Bref, il vint un moment où le doute n'était plus possible : les bandelettes étaient couvertes d'écriture étrusque. » Le premier soin de M. Krall fut de s'enquérir des aventures de la momie. Il apprit qu'elle avait été rapportée d'Egypte, en 1849, P2^^' u^ ancien fonctionnaire autrichien, grand amateur de curiosités, Michel de Baric, et donnée en 1859, au musée d'Agram. C'était une momie de l'époque gréco-romaine. Depuis
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1865, elle était démaillotée ; Tadministraieur, M. oabljar, avait remarqué les caractères, mais les avait pris pour des hiéroglyphes. En 1868, M. Henri Brugsch avait reconnu que récriture n'était pas égyptienne ; mais le musée ne fut pas en état de fournir les fac-similé demandés par deux orientalistes, Krehl et Reinisch En 1877, un calque partiel envoyé à Burton, le voyageur anglais, passa pour nabatéen. Enfin, en 1889, M. Lj^^ic, directeur du musée, avait photographié quelques fragments. L'authenticité ne pouvait être révoquée en doute. Le faux eût daté de vingt ans au moins ; or, nombre de mots déchiffrés sur les bandelettes n'ont été lus que sur des inscriptions découvertes depuis. Quel homme d'ailleurs eût été capable d'écrire vingt pages d'étrusque > M. Krall se mit à l'œuvre, et il lui fallut dix-huit mois pour mettre en ordre les fragments et les publier.
Les bandes sont au nombre de onze, et formeraient une longueur totale de treize mètres cinquante-sept, sur six centimètres. Plusieurs des morceaux peuvent se mettre bout à bout ; mais les embaumeurs ont coupé l'étoffe sans aucun souci de l'écriture. C'était donc un de ces innombrables linges que la famille ou le commerce procurait aux ouvriers funéraires ; songez que, sur un seul corps (1873), on a déroulé trois cent quatre vingts mètres de bandelettes. On s'approvisionnait dans le monde entier. On en a trouvé de toutes langues, grec, arabe, copte, persan, hébreu, syriaque, latin. Au reste, la présence de familles étrusques en Egypte n'a rien d'invraisemblable. Quoi qu'il en soit, les deux tiers environ du texte ont été reconstitués, deux cents lignes, 1.200 mots. Or, il n'y a que 125 mots dans la plus longue inscription connue, celle de Pérouse. C'est un manuscrit très soigné, divisé en colonnes de trente lignes qu'un filet rouge encadre à droite et à gauche. Tous les caractères sont détachés, sans ligature ; des points séparent
1 ES ÉTRL-5C:V£^ ^99
les mois.- Les chi3"res sc-ii: en encî^e iv-u^irc. L'usage que les enilr^urûeu:^ ùb: fai: c^une pièce pour nous si précieuse i:r-r.e à renser qu'c^.^e n'était pas unique, bien au c:r.:ra:re. e: c.u'.'n y attacfaait assez peu à'inipo::^nce. Y: cevâii, s.i: en Elnirie, soit en Eg^^-pte, exister ce -vèriuMe fabriques de copies, exécutées presque machina le ni ont d'après un modèle incisé sur pierre. C'étaient des formules de prières, des textes-amuleues c.^nime les Livres Jcs Moris et Riiucls égyptiens. Les ian':^ cheuies en avaient toujours sous la main pour en munir chaque momie, et quand le chilTon plus commun leur manquait, ils n'hésitaient pas à do chirer, pour Temmaillolage du mort, ces feuilles ou voluminj qui pouvaient se remplacer aisèmc: î. Et puis, les saintes litanies, pour cire découpées on lanières, en étaient-elles moins efficaces r
Ces considérations, ou d'autres analogues, prédisposaient les érudits à chercher dans le manuscrit d'Agram un caractère funéraire ou tout au moins rituel ; il semble bien que leur espoir ne sera pas trompé ; au premier examen, le mot hinthu^ hinthin^ un des rares vocables étrusques dont nous connaissions le sens, des répétitions inlînics d'un même terme (ce qui est le propre de ces radotages), des noms de divinités, Xcthuns^ (^\\f7,77/i\s\î;i, surtout Eisety Aisci\ Tapparonco rythmique, mémo rimée, de certains passages, loul cniin nous promet quelque antienne comme en présentent nos missels. On remarque beaucoup de mnns de nombre avec des terminaisons qui en marquent la valeur, dizaine, centaine, pour ainsi dire ci^nlrAléc par quelques chiffres en lettres latines. 11 y a déji\, semble t-il, quelques résultais acquis, u Mn attendant, dit M. Bréal, que le sens du manuscrit d'Agram soit éclairci, il nous fournit déjA de précieux renseignements, venant coniirnicr et compléter ce que nous savions du plan général de hi langue étrusque ». Mais il ajoute, et, quelle que soit l'uu-
V • î'iTAl.IE ANTIQUE
;.» :j .;•.:. - a: .-.l-e à se> avis, j'avoue qu'il ne me . • \a. V p.:>, :'. .••.^u:c ceci: «Ceux qui s'obstii:.i.jii". .■- en îaiic un idiome indo-européen n*ont du :x î i: juvc: cr. ces deux cents lignes qui vint ju-^iirici leur o;.^:n:o:: : pas un mot. pas un suffixe, pas up.e desi-^cnjc qui. de pr^s ou de loin, ressemb.e à ce que nous tr».^uvons dans les langues aryennes. Un a, au co'.Uîaiie. devant soi une grammaire 5!:: ;,i".'.7.'s, J.e nature assez fuyante, en quelque >. : ij a:n. rphe, où :es mots s'unissent entre eux, se dc-a4îéi;e:u et se ressoudent de la manière la plus c:ia:i^e. On dirait que \'oltaire a voulu en donner un aperçu quanâ. dans son Zadig^ il a inventé ' celte plai-iante ^enealo^rie : Nabussan, fils de Nus- .>anab. ti'.s de Nabassun, tils de Sanbusna ».
\\b. bien, — et notez que la science ne peut avoir LÎJ pietc:ep.:e. que le caractère agglutinant, par ;:porant. de l'étrusque, serait tout : .'.le l'oriirine aryenne ou sémiti- :'w puis pas ne pas constater dans /. M. Kra.l. dans les listes de lerj^s par M. Bièal lui-même, de r.'ir.breux sutlixes à physionomie : N.'t'.N, comparez c.impe-strcs ; en, : : . i ; .1 ! . .? /.< , cf. /♦ 1/ / c- .1 /. / lor- j lis ; •::.!, c'nw 'diquits: thttm\ thutia^ y.'f'iii'm^, F'^fîiit:.! : sl.ini. cl.ini, po^oluni, oraculum^ ei:. : i! y en a bien dauties. Faut-il considérer
V »:-nn-«e c-.ruso,ue, comme la'.ine.la désinence si gérériile : .^larci/^7. Felsi/:.ï. Mutiw.i, Puplu«.7, Fet- \un.i. Masiar;K7, Puis^/.î, \'ipi/M r On ne saurait décider ; mai< elle est, sans aucun ooute possible, in:! ■ euiopOenne. Assurément, l'ombrien des Tab j^ ICUç^ubine^, par son aspect, ses suffixes, sa ph--»néliqi:e, n'est pas moins éloigné que l'étrusque du ianijage de (liccron et de X'irgile : avant AuiVecht et KirchoiT, avant .M. Bréal lui-même, nul
ait réussi à rattacher l'ombrien au latin. Qui :e qui arrivera de rétru = que, lorsqu'on aura
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de même suppléé ses voyelles, rétabli ses terminaisons que l'écriture abrège, corrigé Temploi vicieux de ses aspirées, qui peut-être répondaient à une prononciation amollie ; (les consonnes douces manquent à Talphabet étrusque })
Pour moi, j'opinerais pour une langue mixte, comme est l'anglais, constituée par un fonds jusqu'ici inconnu, mais plus que doublée dans son vocabulaire et surtout modifiée dans ses désinences parles dialectes italiques, ce qui est d'ailleurs si vraisemblable. Quant au grec, il paraît certain qu'il était étranger à l'antique parler des Tursènes ; d'autant que, malgré des relations longues et intimes avec le monde hellénique, avec la Sicile et la Campanie, les Etrusques ne sont jamais arrivés à prononcer et à écrire correctement les noms des dieux et des héros d'Homère ; s'ils nous ont consei*vé la forme antique des noms Aïvas, Aias, Ajax, Vilatas, Oïlétés, fils d'Oïlée ; Thelapha, Téléphe ; s'il est permis de voir de simples abréviations dans Tlamiinus (Telamonios)^ dans Cliarn (Charon), Aciile (Achillès), Meule (Metielaos), même dans Utliuze (Odusseus) et Piiltuke (Poludeukès) : on ne peut méconnaître la barbarie des transcriptions Elchfentru, pour Alexandros, ^c/z;ne;/n/« pour Agamemnon. L'oreille était inexperle, le gosier rebelle aux doux sons helléniques. L'idiome était rude et contracte ; mais ne sont-ce pas là, surtout la contraction, des caractères qui se retrouvent dans les formes les plus antiques des dialectes latins ?
Laissant de côté maintenant la question de la langue, qui, à notre sens, reste entière, essayons de résumer les conclusions qui se dégagent de notre laborieuse enquête sur les origines et sur l'histoire des Etrusques, sur leurs arts, leurs mœurs et leurs croyances, enfin, sur ce qu'ils ont reçu des Ombro-Lalins et sur ce qu'ils leur ont enseigné.
Les Toursha, Tursènes, Tyrrhènes, Rasena ou Etrusques, populations orientales apparentées aux
y^I L ITAUE ASCTIQCe
Pélasges et à diverses races de rAsie-Mîneare. refoulés par i iovasion et le développement des Hellènes, réduits dés le XiV^* siècle aux lies de la mer Eg^ée et â diverses stations sar les rivages d'Asie et d'Europe, expulsés en masse vers le XI* siècle, sont venus* par terre et surtout par mer. s'établir, au^ X* siècle environ, en Italie sur les côtes des Picen-' tins» des Ombriens et des Vénètes ; puis» contournant et traversant TApennin, se sont répandus dans les vallées du Serchio, de TAmo, du Clanis et de rOmbrone. Maîtres de la Toscane devenue leur centre d'expansion» ils ont franchi le bas Tibre â la fin du IX* siècle, assisté ou contribué au VIII* h la fondation de Rome, annexé Rome au VII% conquis au VI* la ^!ampanie, au V* la Lombardie, le Mante uan et le Tyroi. Leurs progrès maritimes, plus considérables encore, les ont mis en relations amicales ou hostiles, commerciales avant tout, avec les Pli(inicicns cl les Carlhaginoisde la Corse et de la Sardîii^ne, par eux avec l'Egypte et l'Orient, finalement avec les Grecs de la Grande-Grèce, de la Sicile et de l'Ilellade. Arrivés en Italie dans un étal de culture à peine supérieur à celui des Euganéo-Vénélcs qui succédaient aux peuples des terramarcs, et certainement inférieur à celui des Ombro- Latins, ils imitèrent d'abord les frustes poteries et les sépultures des uns, adoptèrent en partie les usages et les dieux des autres. Ils avaient cependant des habitudes et des croyances, une religion d*un animisme très prononcé, consistant en pratiques divinatoires fort compliquées, la foi aux présaf^cs, le culte des éclairs ; ils avaient aussi les dieux de la nation et de la tribu, dont les inscriptions nous ont révélé les noms ; une organisation sociale théocralique, peut-être matriarcale. Surtout ils possédaient au plus haut degré l'instinct et le goût du trafic, et la faculté imitatrice. Le commerce leur donna la richesse et, avec tous les besoins et tous les vices du luxe, les modèles de tous les arts.
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avons vus fw^rg^roris, cu^ni l'^.i' iT Se iiui i'*;: livre le fer, cérimistes >.*:\rn:eu\, c se\u:^, .^: :> vrcs, archiiectes , i er 1 c-y e r r^ = ■ : .^ u : ;: r, ^ e ^. : c i /. /.i: >•iricux îouî à f.î:: ctr^n^i^r a\an: eu\ ,;;:\ î:,i!:.^:i^>. Ils rivalisdien: avec 1 E^^ypie v:ùn> a v*.;\\^î,î::.^n des tombeaux souîerrjiins, ces hyp.vocs, Ka n chesse qui les avait é!evcs ]e> pe:\^l,î ; Rome A\an secoué leur jou^ en nio ; 'es S.îmnr*es lenr ,n aient pris la Campanie en ^2n environ. Au Jebui Ju IV* siècle, l'invasion gauloise, apu^s a\vMr Jcnmi leurs établissements de la Cisalpine et do TOmbiie adriatique, les traqua jusqu au ca^;n de 1,» Toscane. Rome les acheva au lac Widimon. en .S^. Apv<>s la seconde guerre Punique, ils nexisiaieni plus comme nation. Leurs grandes faufiles ooniinu<>rent de végéter dans le luxe et la n\ollessc. au milieu des campagnes désertes et malsaines, dans les villes saccagées par les guerres civiles, lîniin, i\ partir du I" siècle de notre ère, ils ne se disiinguent plus des autres sujets italiens de l'iùnpire romain.
Bien que, même au temps de leur plus grande puissance, ils n*aicnt pu imposer ni Icui- langue ni leurs dieux à des peuples établis depuis mille ans sur le sol italien, leur pari n'en a pas nmins eié considérable dans la civilisati(>n I.ilinc. Leur in • fluence a été moindre sui' les hommes que* sur les choses, sur l'esprit que sur les forme -^ (î\h''iieures, cérémonielles cl rituelles, ipii, à leur tour, allée tent les institutions cl les uuiiuis. Ils «int appri*^ aux Romains à bâtir des ujaisons et dci teiiiph-, ;'i ordonner les festins, les pioi^hi'^ir., 1«". poume'i triomphales et les jeux ^aiif^lani-. du «Mqu»-. i.'î* meubles, les sièges, les statue-), Nt*» li't'ui;-., !«• « o^ tumc, la bulle d'or des eufantv pafii' l'u-, -ont uub-i d'origine étruscjuc. Ivufin, il?-, out aj'/ut*' un y >.n perstitions déjà si nombreu •.';t^ d':- Litnj^ «i '\''>f Sabins la science, *îi '.c n'';- i p'/in* |/»'/f.i»)ei un t' I