‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 1 sur 283 · PRÉFACE DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE L'ÉDITEUR

AvÂiiT de parler du livre dont nous publions la traduction , nous devons signaler à Testime et à la reconnoissanoe du public les littérateurs distingués dont cette traduction même est l'ouvrage : MM. Joly et Faurîel. Nous ne doutons ,pas que ceux de nos lecteurs à qui l'intelligence de la langue italienne est fiimilière, et qui connoissent le style de M. Micali, ne retrouvent ici Theureuse abondance de Tune , et la diction , souvent expressive et rapide , forte et con^ cise, de Tautre. Le travail de MM. Io\y et Fauriel, défà si recommandable en Icii-méme; a d'ailleurs été x revu, conjointement avec nous, par M. Gence, dont on connoit l'exactitude , le goût et le savoir , et dont l'utile secours ne nous a guère laissé 4,'autre tâche à remplir, que celle de publier les obligations qu» nous lui avons.

L'ouvrage de M. Micali fîit d'abord apprécié trèsdiversement, même en Italie, où il fut couronné ; et la passion qu'on mit à le défendre, aussi*bien qu'à lecritiquer ^ suffiroit pour prouver qu'il n*y eut pas, dans ces premien jugements, l'impartialité qui seule a le droit de prononcer, sur les ouvrages comme sur les hommes, ime opinion saine et durable. Objet d une faveur fort éclatante et fort enviée, le livre de M. Micali

VJ PRÉFACE DE l'ÉDITEUH.

déplut, par ce seul motif, à tous ceux qui avoient cru pouvoir :aspiter (.la ni|iiie distinction; et un prix, obtenu à plus ou moins de titres , ne servit^ après avoir excité des prétentions plus ou moins fondées, qu a produire des inimitiés plus ou moins vives. Tel est l'ordinaire effet de ces concours littéraires, où une seule paitne donnéQ blessé une mulûtude damouri* plroprea, en£vit6 und fi)ule de malibi&| et cesi liien pis esioore , knque. k palme |>romi8e est jMeaue, et que Fauteur couronné reate<0eul^ fot priTé de sa r&« oûBipense, en présenc&deeni ju^s, confus souvent de k lui afoir dëcemée, et'fd^ ^es lûvauiB, toujeiuvs ardents à la lut reproclittr. AL Micalî eut du moim cette DOoselation.daDffiaviotoivcîyiqbe le pris hii fut

bieo réellement aocordé* i

, On a' beaucoup, écrit sUr Ibistoire de lltelie nii* cienne^ Sur les monuweiifts^ les le^fues, les in^titur lions et les arts des divers peuples de cette .eoiutrée délabre. H'^ufiSt de rs(>peler les n^m^Me Guamacci , de Gériiv de Bàrd^fti;^: de Ducaodi^. d« Maffeî, de MazKOOcbi.^ de.Abhim,' â^.hm^i.f d^ acftdémicîi^ns de Cortone, de Turin et de Naples, powr donner Itdée-iiesdrttvâtie.dciDt.dette histi^ire a éi^é lobiet. Cependant^ OAs'eJttgéikéraleieenit y et Biêni^e» IlnUei beao(U>isp:plns Decupé de Aeme e£ de: tesi citojmBêf que de J'Italie et^de' ses hebttaotSb- La grandeur de Rome a etivSur l*hiatoive de ces petits peuples presque )a même influence quelle exerça jadis sur Jeitrs desti* nées politiques. ENe les a pour aio^ dke absorbés dans sa propre hisl»ii^ 9. «comme eUe 0e les étoit assu»

PBÉFAGE PB h^ÉDmttis yÎJ

j'ettis à titre 4'^lîéSi ou 4e sujpts, ou de colons^ ou de municipes. Bûm^ avoit fini por embraiuer ritelîe en* tii^a df Qç leDic^inte d upe a^ide yili^) ep étendant ^des bords d^ la iqer de Sicile insquratt pied des Afpe^, le titre et les droits de citojens romains. Une foule d^ peuplades, différentes de nom^ d-origine et de ^g^^9 sélpient peu à peu fondues en un seul peuple; et Ton «accoutuma, ainsi à les.oomprefidre tput^ soiis uine -dénomination commune, ou du moina, à ne plus voir, dans toute Titalie, que des BoinaiQ^, et à tout rapporter, dans f Italie ,;à la^rtui* deur dç Rome,

Cependant', avant que Borne eût acquia cette domination exorbilante et cette étendue! démesurée y des peuples puissante ,. des villes;céIèlNres^ des républiqiieB florissantes, avoieiitcouTert la péninsule ita)Viqua..Les Pmlmi^fift^ les .Étrusques, Veat&abinsy les Osques^ les Samnites, le^firii^tiens et les Grecs, y a voient eu ion^ temps uqe existence prospère et une. histoire indépen* dante. Plusieurs de ces peuples avoient lutté avec pliis de courage «que de suQcès, et avec une persévérance di^ne d*.une meilleure issue, contre la domination romaine ; d'autre ayoient été, dans les lettres., les arts, la philç^pphie et la religion même, les précur* seurs, le^ iiisli^l^urs et :l€^ modèles de cette Aonie ^i fière et long«temps si ignorante. Tousy ils avoiehï mérité qu4I restait d eux un longet honorableaouv^sir, et surtout que la mémoire de leto-s actions. ksplça célèbres et 4e leurs institutions les plus chères, fikt aépajrée de l'histoire de Rom^, dont le-jettg^^oit

yuj PHÉFACE DE l'ÉBITETJR.

été si peMnt pour eux , et dans le sein de laquelle ik étoient Tenus se confondre et s'anéantir.

Tel est l'objet que s'est proposé M. Micali ; et, ayant d'examiner de quelle laânière il l'a rempli"', je dois dire et Ton conviendra sans peine qu'un pareil sujet étoit susceptible d un grand intérêt, et digne d'exciter le zèle de tout Italien jaloux de la gloire de son an« cienne patrie et de- son histoire nationale.

C'est aussi le sentiment qui a produit le livre de M. Micali f c'est celui qui Taniine, qui l'iâspire d'un bout. à Tautre» Mais ce sentiment, si louable à bien des égards , ce patriotisme , source d'émotions si généreuses , a peut-être entraîné l'auteur au-delà des bornes d'une critique éclairée. So^ obstinatiovi à ne voir, dans toute cette Italie qu'il idolâtre , rien que de national ! et d'indigène, à en bantiir toute infliience étrangère , presque comme une usurpation ennemie , pourroit bien avoir suggéré à M. Mieali un système au fond plus ingénieux que solide. Tout en applaudissant au zèle vraiment patriotique qui lui fait rechercher avec le soin le plus minutieux les traces les plus foibles des moindres inventions dues au génie des anciens habitants de l'Italie, nous craignons qu'il n'ait trop dissimulé les preuves bien autrement décisives , les témoignages bien autrement imposants de l'influence que les Grecs exercèrent sur la civilisation des Latins , des Étrusques , des Samnites et de quelques autres peuples de l'Italie inférieiu'e. Nous ne voyons pas -d'ailleurs en quoi l'honneur de l'Italie ancieqne<Qtt moderne pourroit être sérieusement com*

PRÉFACE DE L'iOITEUtl* ix

promis , s'il ëtoit une fois bien dëmqntré que des colonies grecques , fondues pafrmi sa population indigène 9 y auroient apporté ou développé le germe des arts et des institutions sodales. Les Grecs eux*ménies ne croyoient pas s'avilir en avouant qu'ils dévoient aux Phéniciens quelques connoissances utiles, ou qu'ils avoient été puiser en Egypte quelques dogmes religieux et les premiers principes de leur philosophie. Il est dans la nature de l'homme de se perfectionner par Je commeree.de ses semblables ; il est de' même dans l'intérêt des sociétés de s'assister et de s'éclairer mutuellement; et quand cela seroit arrivé dans l'ancienne Italie, nous ne voyons pas, encore une fois, en quoi sa renommée pourroit en souffrir, en quoi l'intérêt de son histoire en seroit altéré ou affoibli.

Nous avons d^ îndîqiier ici le principal point de Tue sur lequel nous différons d'opinion avec M. Micali, puisque c'est sur ce point que roulent les obser- Tations et les éclaircissements que nous nous sommes permis d'ajouter à son ouvrage. Nous aurions pu grossir infiniment le nombre de ces observations; mais c'eût été sans profit réel pour le lecteur , qui a'a besoin que d'une indication.courte et précise pour être mis sur la voie des renseignements authentiques et des sources originales. La question des origines italiques est immense, et tient à l'antiquité tout entière , par les Grecs , par les Etrusques , et par les Romains. Si chaque point susceptible d'être controversé ou approfondi, eût reçu , sous ce double

X PREFACE DE l'ÉDTTEUR.

rapport, tous les déveioppeinents. nécessaires, nous eussions produit , par notre commentaire ,* un livre dix £ois plus considérable que le livre luî-méme. Nous n*j étions pas autorisés par M. Mirali ; et il est douteux que le public nous en eût eu plus d obligation que Fauteur.

Après avoir indiqué, avec la franchise que nous devons au public et à lautenr Ini-mème , les di9sen«> timents auxquels peut donner lieo sa manière d'en«> visager certains points des origines italiques, nous dironS) avec la même franchise, ce qui nous paroît, dans son ouvrage , digne de toute estime et de toute confiance. Le récit des longs efforts par lesquels se

signala ^indépendance des peuples italiques, ce rédc, neuf à beaucoup d égards y et Ton des plus intéres^ sants que Thistoire des vieux âges put offrir à Tëtude et à la méditation du nôtre ,'e»t traité, dans les deux derniers volumes de Touvrage de M. Micali, avec une exactitude sévère , quant au choix des témoigoages et des sources originales; on y trouve de plus toat te talent de l'auteur^ joint à ce zèle patriotique, qui y ajoute encore un nouveau prix, et qui ne la nulle part plus heureusement inspiré. Le tableau de la politique romaine s acheminant par degrés à lasservissement de ritalie et à la conquête du monde ^ est peint k grands •traits ;et la mémoire des peuples, auxquels Rome envia jusqu'à la seule consolation qui pût leur rester dans lei^rs revers, ceHe de léguer à 1 équitable avenir leurs noms , leui<s hauts faits et leur honorable résistance, est noblement vengée de la longue injustice

PBÉFAGE DE l'ÉDITEUR. XJ

OU de l'oubli non moins injurieux de Iliîstoire. Dans toute cette partie de son ouTrage , nous ne craignons pas de dire que M. Mica)i , toujours appuyé sur les meilleures preuTes historiques^ s'est toujours soutenu à la hauteur de «on sujet: Sa narration est pleine et abondante, sans cesser d'être énergique et concise. Il nous eût sans doute été difficile de rien ajouter i ces deux derniers -volumes^ et peut-être cet aveu que nous faisons ici , sera^^il, aux yenx du public et à ceux de l'antevir lui-même, un motif de confiance on un titre d'excuse^ pour la liberté que nous arons prise h regard des deux premiers.

Noos devons observer encore, au sujet de ces deux premiers Tolumes , qtte quelques-unes des questions btstoriques qui s'y trouvent discutées par M. Micaii, l'ont été plus récemment dans notre Histoire critique de Fétabiissement des Colonies grecyttes (i). Nous devons même avertir que , dans la seconde édition de aon livre 9 M. Micaii a quelquefois cité nos recherches d'une manière qui eût pu autoriser de notre part des reikiarques plus sévères. II n'eût tenu qu'à nous, en effet, de repousser, sur notre propre terrain, les attaques plus ou moins directes que M. Micaii nous a livrées sur le sien. Nous nous sommes abstenus de ces représailles^ qui auroientiait dégénérer des questions d'un ordre historiqu/e en des querelles d'intérêt privé. Nous avons laissé passer la mention de notre \nom et

(i) 4 volumes in-8. Paris, i8i5, chea Treuttel et Wùrtz.

Xij PEÉFàCE DE l'ÉDII^UK.

de DOS travatix y sans y joindre aucune explication , aucune apologie. Nous croyons que le public nous saura gré de cette modération , et surtout que M. Micali y verra la preuve que, dans nos observations, nous n*avons eu d'autre intérêt que celui de la vérité.

Depuis lapparition de Touvrage de M. Micali , plusieurs questions relatives aux origines italiques ont aussi été discutées par M»^ Niebubr, dans le premier volume de son Histoire romaine (i) , et sous un point de vue qui se rapproche plus du nôtre que de celui de M. Micali. Nous n abuserons pas contre c^lni-ci de cet avantage que nous procure Tillustre écrivain allemand. Nous conviendrons même que le jugeaient que porte M. Niebuhr du livre de M. Micali est d'une sévérité qui touche à Tinjustice. M. Niebuhr a eu trop à souffrir de ces jugements si tranchants , de ces opinions si exclusives , pour trouver mauvais que nous ne partagions pas tout-à-fait son avis; mais nous y déférons complètement <lans Téloge qu*il fait de l'atlas joint à l'ouvrage de M. Mioali : c^est une réunion précieuse de monuments de diverse sorte , dont quelques-uns étoient inédirs , dont la plupart avoient été incorrectement ou inexactement publiés, et qui seuls suffiroient pour recommander le livre de M* Micali.

Dans les explications de ces monuments, données par M. Micali , nous avons compris des explications différentes proposées par M. Inghirami , dans le douzième volume d'une Collezione dopuscoli scientifici e

(i) Rômische Geschichte , Berlin, 1811.

PBÉFACE DE LéDITBT7R. xîîj

idterariij qui se publie à Florence. M. Ingbirami nous a aussi adressé de nouvelles observations manuscrites^ dont nous n'avons pas profité autant que nous Taurions désiré^ dans la crainte de donner trop d*exten* sion à cette partie de notre travail , et de fiitiguer nos lecteurs, en cherchant trop à les prémunir. Mais nous saisissons cette occasion de déclarer les obligations que nous avons à M. Ingbirami , et Vestime toute particulière que nous ont inspirée ses travaux. Le recueil de monuments étrusques inédits que cet antiquaire publie à Fiorence , et dont il a déjà paru , à ce que nous croyons j trente - deux livraisons sur cinquante qui doivent le composer , est un supplément indispen* sable aux coUectioDS de Gori , ée Passeri , de Bellori et de DempUbr, très-supérieur pour T^xécution , et Tun des livres les plus propres, selon nous, à servir de guide pour l'investigation des arts et des antiquités étrusques. Sous ce rapport, la mention que nous accordons ici au livre de ML Ingbirami ne pouvoit être nulle part plus convenablement placée, puisque le sujet de oe livre se rapporte directement à celui du présent ouvrage; et nous croyons devoir aussi, par la même raison, recommander à nos lecteurs le docte ouvrage du P. Lanzi , Saggio di lingua etrusca, où nous pensons, d'après l'autorité du premier antiquaire de notre âge, de feit M* Visconti, qu'ont été posés les vrais principes de la critique , en ce qui conoerne la recherche des origines étrusques.

Puisque nous venons de nommer M. Visconti , sur l'invitation duquel notis nous sommes chargés, il y a

Xiv PBÉFACE DE l'ÉDITEUR.

près de «it années , du travail que nous publions au* jourd'hui , nous ne pouvons nous dispenser de payer à la mémoire de cet homme illustre le tribut de regret ot d^admiration ^ auquel elle a ifa*oit. auprès de tout homme ami ^es arts et de 1 antiquité , et celui de la re* connoissancë que nous lui devions personnellement Le Fraùce qui se Téioit attaché, comme une de ses plus précieuses conquêtes, a trop peu Joui de ees lumières. IMUis elle lui.f^ dû des travaux qui Xhononiront toujours; ^t c'eut été peut-être une raison de se lappropcie^ toutenti^r^ ei? recueillant, dans sa propre langue, tOMS les fruits de ce savoir si exacte si étendu et si pro^ fon4. C'est un nu>ntt«enl^ que ritalie éHèiye maincenaÉC à ]Vf. Visçonti^ et doDt laïVanca ne devoit peut-teie pas lui céder ThoAneur^ . . A

, . .... Raouïi-JRochkttb.

^Biblîolhèque Aiboi^ 22 juip 182A.

TABLE MS CflAÏ>ITRES

coasBiitr»

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