‹ L'Italie de 1847-1865;Chapitre 25 sur 102 · XXXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXII PRÉFACE

cible pour les hypocrisies de patriotisme, les bravades, le faux héroïsme dont un parti, qui n'a égalé son impuissance que par ses prétentions, s'est montré si prodigue; puis, une reconnaissance profonde et ouvertement déclarée envers la France et l'Empereur.

L'illustre patriote voudrait « se servir du fouet » contre le parti « qui triomphe tant que « personne ne se bat, vide les caisses, désorga- « nise tout, et, comme une bande* de loups, se « rue sur le budget. » Quant au chef nominal de ce parti, instrument naïf du mazzinisme, quand à Garibaldi, M. d'Azeglio ramène à sa véritable mesure ce héros de parade et sa réputation de commande : « Garibaldi est sans con- « tredit uîi homme hors ligne comme aven- « turier, guérillero, partisan;... déplus, c'est « un honnête homme; mais il faudrait qu'on « sût, une bonne fois, que c'est une nullité abso- « lue comme intelligence : cœur d'or, tête de « buffle. Sa renommée, sa participation au suc- « ces de l'unitarisme sont pour les huit dixièmes « le fait d'un mot d'ordre , d'une manœuvre de « secte. » Arrière donc les braillards, les insulteurs et les ingrats ! car, ce que le cœur haut placé

PRÉFACE. XXXlll

de M. d'Azeglio pardonne moins encore que les

fanfaronnades, c'est l'oubli des services reçus.

Même au moment où les susceptibilités italiennes

sont le plus vivement excitées, et où il les partage

dans une certaine mesure, après la paix de Villa-

franca, « je m'abstiens de tout jugement, dit-il,

« sur la conduite de l'Empereur : il a été au feu

« pour nous ; et pour ce qui est de vos admi-

« râbles soldats, j'embrasserais leurs genoux. »

« Ma reconnaissance pour la France, pour

« l'Empereur et pour l'armée, dit-il plus tard,

« je ne saurais l'exprimer par des paroles, tant

« elle est vraie et profonde; et cette chienne de

« mauvaise presse qui n'a pas honte, chez nous,

« de vous injurier M »

Ce n'est pas seulement par ses lettres, c'est dans les appels qu'il adresse à l'opinion par la plume et par la parole, qu'il prend ses compatriotes à témoin de ses sentiments. « Il ne me « plaît pas, s'écrie-t-il à la tribune du sénat, « d'appliquer le mot straniero' 1 , ce mot sinis- « tre dans notre histoire, au corps français « d'occupation à Rome, à une fraction de cette

t. Lettre du 15 septembre 18C5.

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