VI PRÉFACE
sait avec tant d'aménité cordiale les honneurs de son beau lac, et dans le cabinet de premier ministre, où il sauvait à la fois la liberté constitutionnelle et rindépendance nationale de son pays. Jamais homme d'État n'accomplit plus modestement de grandes choses et n'en parla avec moins de prétention: « Eh ! oui, écrit-il au mo- « ment où il dépose le pouvoir, me voilà libre ; « et je pousse le cri d'un homme qui s'est dé- « barrasse du poids dont sa poitrine était char- « gée : ouf !
« J'avais accepté le gouvernail quand il m'était « démontré que j'y pouvais manœuvrer avec plus (1 de profit qu'un autre pour le pays. J'ai eu le « bonheur de le tirer d'un mauvais pas, et de « nous sortir des écueils sans trop d'avaries. Main- « tenant, le navire est radoubé, et j'ose dire que t( les voiles peuvent flotter au vent; je quitte mon «banc de quart : à un autre! » (L. xxxi, novembre 1852.)
Ce qui, indépendamment de ses talents de premier ordre, avait assuré à M. d'Azeglio le rang qu'il occupait dans la confiance de l'Italie et dans l'estime de l'Europe, c'est que l'élévation de sa pensée jointe au sentiment le plus dé-