De Florence à Sienne et à Chiusi, par Empoli
183 kil. Chemin de fer. Jusqu'à Sienne: 95 kil., en 2 h. '/4 par le rapide (en été seulem.), les mardi, jeudi et sam., pri.x 12 fr. 15 et 8 îr. 50; en 2 h. '/< à 3 h. '/,> pai" les trains omnibus (wagons directs dans quelques trains), prix 11 fr. 05, 7 fr. 75 et 5 fr. — De Sienne à Chiusi: 88 kil., en 2 h. V« à 4 h. •/«. prix H fr- 25 et 7 fr. 90 ou 10 fr. 25, 7 fr. 15 et 4 fr. GO.
De Florence à Empoli, v. p. 155. On change généralement de voit, à Empoli. — La ligne de Sienne remonte la fertile vallée de VElsa en suivant la rive droite de cette rivière. Sur la hauteur à dr., S. Miniato (p. 155) avec une tour du moyen âge. — 36 kil. Ponte a Eisa. — 42 kil. Granaiolo. — 48 kil. Castelfiorentiiio ; la ville est à g. sur la hauteur. — 56 kil. Certaldo, ville située sur le versant d'une colline à g. On voit à dr., sur la hauteur, S. Gimignano, petite ville qui a de nombreuses tours.
69 kil. Pofjgibonsi ; la ville est située à dr. et dominée par une hauteur, où s'élèvent une ancienne forteres.se et un couvent. Embranch. sur Colle di Val d'Eisa.
Montée considérable. A dr., Staggia et son château du moyen âge. — 80 kil. Ca.'itellina in Chianti. Près de là, à dr., le vieux château de Mojderiggiorn. Long tunnel. — 95 kil. Sienne.
Sienne.
Hôtels (v. p.xvni): *Gr.-H. Continental (pi. b, C4), via Cavour, 15, en face de la poste (ch. 3 à 6 fr. , rep. 1.50, 3 et 5, v. n. c, omn. 1); * Grand Hôtel <fc Royal (pi. a, C 3), via Cavour, 39, donnant par derrière sur la Lizza (p. 208; eh. dep. 4 fr., rep. 1.50, 3.50 et 5, v. n. c., omn. 1). — A rit.ilienne : Aqtiila Nera (pi. c, C5), via Cavour. 3, avec restaurant, bon (ch. dep. 2 fr. 75, 1" déj. 1. omn. 75 c.). — Maisons de 2" ordre, avec trattoria: La Scala (pi. d, C5), piazza S. Giovanni, 3 (ch. 2 fr.); La Toscnna, via del Re, 4, recoram. (ch. 2fr.); Tre DonzeUe. via dello Donzelle, 3 (ch. 2 fr.); La Patria, via dei Termini, 4 (ch. 1 fr. 50); Tre Mort, piazza Cairoli, 1 (pi. C3), convenable (ch. 1 à 2 fr.); Il Sasao, via Cavour, prés de la poste.
Café: Greco, via di Città, en face de la Loggia di Mercanzia (p. 203). — Bière: chez Bader, sur la promenade de la Lizza (p. 208).
VoiTi'KES DE PLACE (à 1 chcv.). Dans l'intérieur de la ville: la course, de jour 80 c., de nuit 1 fr.; l" •/« h. 1 fr. 20, de nuit 1 fr. 30, chaque
202 II- R- 2î- SIENNE. De Flor. à Cliiusi.
V4 d'h. en pins 40 et 50 c. — De la gare et des faubonrgs (suburbio) en ville ou vice versa 1 fr., de nuit 1 fr. 30. — Dans les environs (campagna), 1" heure 2 fr. 50, chaque '/s h- en plu.8 1 fr. — Malle 30 c, valise 20 c.
Omnibus a tkolley (fllovia elettrica), de la. piazza delV Indipendenza (pi. C5): au N., à la Porta Camollia (pi. Bl) et à Fontebecci; au S., à la Poi-ta S. Marco (pi. A 8) ou à la Porta Romana (pi. E8) et à Valli. Prix: 10, 15, 25 et 30 c.
Poste et télégraphe: via Cavour, 16 (pal. Spannocchi; v. ci-dessous).
Photographies et accessoires de photographie chez Lombardi, via di Città, 8. — Ouvrages es bois: Canibi, via di Città, 9; Corsini, via del Capitano, 3, etc.
Principales curiosités (1 j. 1/2). 1" j.: le matin, rue Cavour (v. cidessous), jnazsa del Campo, 2)cdnis public (p. 203), église St-Jean (p. 204), vmsée de lu cathédrale (p. 206); le soir, cathédrale (p. 20i), pal. Buonsignori (p. 206). — 2« j.: pal. Piccolomini (p. 206), oratoire de St-Bernardin (p. 207), Académie des Beaux-Arts (p. 207), St-Dominique (p. 208).
Sienne (319 m.), en ital. Siena, chef-lieu de la province du même nom, est une ville de 25 567 hab., le siège d'un archevêché et d'une université célèbre dès le xiv« s., mais qui ne possède plus que les facultés de droit et de médecine. Elle est .située dans une contrée charmante et sur trois collines composées d'argile dite «terre de Sienne». La Ssena ou Colonia Julia Ssena des anciens n'eut pas grande importance. Après la mort de la comtesse Mathilde de Tuscie (1115), les habitants de Sienne, comme ceux de Pise, de Lucques et de Florence obtinrent l'indépendance de leur ville. Le pouvoir resta entre les mains de la noblesse qui avait pris parti pour les Gibelins. Aussi Sienne fut-elle en lutte continuelle contre Florence, qui défendait les intérêts des Guelfes (bataille de Monte Aperto, p. 209) ; elle rivalisa aussi avec Florence par sa richesse. La meilleure époque artistique à Sienne comprend les xiii« et xiv« s. L'architecture gothique y fleurit alors et y a laissé de magnifiques monuments, tels que la cathédrale et de nombreiLx palais. Dans la peinture, l'école siennoise surpassa d'abord celle de Florence (v. p. 207). Jacopo délia Quercia (1374-1438) fut un des promoteurs de la sculpture de la Eenaissance. Au cours des luttes intestines entre Siennois, surgirent des despotes ; tel est, par exemple, Pandolfe Petrucci, surnommé le Magnifique (vers 1487), dont le gouvernement fut très rigoureux mais aussi très prospère, ainsi que le dit Machiavel. En 1555, Cosme I*^"", grand-duc de Toscane, soumit la ville.
De la gare (pi. D2), la via Garibaldi (pi. DC2-3) monte en zigzag et débouche non loin de la Lizza (p. 208) dans la via Cavour (pi. C3-5), la plus belle et la plus animée de la ville.
A dr. vers le milieu de cette rue, la petite église S. Maria délie Nevi (pi. C 4) qui a une charmante façade de la première Renaissance : plus loin, à g., en face de la rue des Beaux-Arts (p. 207), sur la piazza Salimbeni, on remarque le palais Salinibeni, édifice gothique couronné de créneaux. Le pal. Spannocchi (pi. C 4) qui l'avoisine au S. est un bel édifice de la première Renaissance, commencé en 1473 par le Florentin Giuliano da Maiano ; il est occupé actuellement
De Flor. à Chinsi. SIENNE. II ■ R- 23. 203
par l'adiuiiiistration des postes et télégraphes. — Un peu plus loiu, sur la petite place Tohimei, est le prd. ToJornei (pi. C5) construit en 1205 dans le style ogival primaire.
Entre la via di Città, qui est la continuation de la rue Cavour, et là piazza dfl Canipo, se trouve la Lnfjgia di Mercanzia (pi. C 5; maintenant Circolo de(jli Uniti), construite de 1417 à 1438 pour servir de siège an tribunal de coninierce.
La *PIAZZA DKL Cami'o OU piazza Vittorio Eraanuele (pi. C 5) occupe le centre de la ville, au point de rencontre des trois collines (p. 202); elle est de forme semi-circulaire et s'abaisse vers le milieu, de sorte qu'elle ressemble à un théâtre antique. C'est ici qu'où célèbre, les 2 juillet et 16 août, les fêtes du «Palio» aux cortèges pittoresques, et qu'ont lieu les courses de chevaux qui s'y rattachent. AuN. de la place, le pal. Saiisedoni, couronné de créneaux, des xiii" et xiv« s. Au S.-E. s'élève
le *palais public (pi. CD 6), énorme construction goth. en travertin et en briques, bâtie de 1289 à 1305. Il a quatre étages au centre et des ailes plus basses, dont l'étage supérieur a été ajouté au xvn<" 8. Sur le côté, la svelte tour dite Torre del Mangia, haute de 1(12 m. et qui doit son nom à un homme en pierre qui y sonnait autrefois les heures. Dans le bas, contre la tour, se voit la Cappella di Piazza, qui est en forme de loggia et a été commencée après la grande peste de 1348; la fresque endommagée qui s'y trouve est du Sodoma. La louve, blason de Sienne, à la colonne devant l'aile droite du palais, date de 1429.
L'*intérieur, visible de 10 h. à 4 h. ou 5 h. moyennant 50 c. et grat. le dernier dim. de chaque mois de 10 b. à 2 h., est décoré des plus importantes fresques de l'école de Sienne du xiv« s. On remarquera surtout au 1" étage: dans la salle de la Mappemonde, la Vierge et l'enfant Jésus BOUS un baldaquin, de Simone Martini (1315); en face, le portrait équestre du général siennois Guidoriccio, par le même peintre (1328); St Ansauus, St Victor et St Bernard Tolomei, par le Sodoma (1529-1534). — Une giille gothique en fer, de 1445, sépare le vestibule de cette salle de la CHAPELLE DU Cosf.il, qui a des stalles richement sculptées, de 1415 à 142y, ainsi qu'un tableau d'autel, Ste Famille du Sodoma. — De toutes les autres salles, la plus remarquable est la salle de la Paix, à dr. de la salle de la Mappemonde ; elle a trois fresques ]iar Ambr. Lorenzetti (1337-1343): l'une représente l'idéal d'un Etat sous la protection de la sagesse, de la justice, etc., les deux autres nous montrent les suites d'une bonne et d'une mauvaise administration, avec six allégories (la plus belle est celle de la Paix) et des portraits des magistrats do la ville. — La salle Victor-Emmanuel a été décorée en 1886 et 1887 par AUli, C'assioli et Maccari de fresques dont les sujets sont tirés de l'histoire de l'Italie contemporaine. — Au 3» étage, une loggia, dans laquelle on a réuni, dep. 1904, les sculptures originales de la fontaine Gaia (v. ci-dessous).
Du haut de la tour (412 marches; 50 c. de pourb.), on a une vue étendue.
Au milieu de l'hémicycle de la piazza del Carapo, en face du palais, est la Fonte Gaia (pi. C 5), fontaine en marbre, dont l'original fut exécuté de 1409 à 1419 par Jacopo délia Quercia; la fontaine actuelle, refaite en 1868, est ornée de statues et de hautsreliefs à sujets allégoriques on chrétiens (originaux, v. ci-dessus).
204 II- R- 23- SIENNE. -De Florence
De la via <li Città (v. p. 203), on monte à dr., immédiatement au delà de la via Fontebranda (p. 207), la via dei Pellegbini, qui
débouche sur la petite place St-Jean. Là se trouve, au coin de g., le Palazzo del Magnifico (pi. C 5) construit en 1508, dans le style des premiers temps de la Renaissance, pour Pandolfe Petrucci (p. 202); il est décoré d'excellents ornements eu bronze.
En face, on a une belle vue sur le chœur de la cathédrale située sur la hauteur. Juste au-dessous se trouve St-Jean iS. Giovanni; pi. B C 5), qui lui a été en quelque sorte annexé comme crypte ; cet ane. baptistère, qui est anj. église paroissiale, a une belle façade goth. inachevée datant de 1382.
Ses *fonts liaptismaux en marbre ont été exécutés de 1425 à 1432 par Jac. délia Quercia. Ou lui doit aussi la statuette en bronze de St Jean-Baptiste (dans le haut), puis les bas-reliefs en bronze, le roi David et quatre Prophètes de la partie centivale et, au bassin des fonts, six bas-reliefs en bronze dont les sujets sont tirés de l'histoire de St Jean- Baptiste (entre autres, Zacharie dans le temple, de 1417, fondu en 1430). Les autres bas-reliefs relatifs à St Jean, ainsi que les statues allégoriques, aux coins, sont dus à des Siennois contemporains de J. délia Quercia (Turino di Sano, Giov. di Turino); le Baptême de J.-C. et St Jean devant Hérode sont de Lor. Ghiherti (1427) ; la Tête de St Jean apportée à Hérode et à ses hôtes, pendant le repas, de Donatello (1425). Ce dernier a fait aussi les figures de la Foi et de l'Espérance (1427).
De la place St-Jean , on peut suivre plus loin la rue à dr. qui passe à Yarchtvêché (pi. B5), ou bien monter un escalier à g.; on va d'un côté comme de l'autre à la place de la Cathédrale.
La **cathédrale (Duomo; pi. B 5-6), à l'endroit le plus élevé de la ville, est bâtie, dit-on, sur l'emplacement d'un temple de Minerve. L'édifice actuel, commencé en 1229, a été terminé ju.squ'au chœur en 1259; le dôme fut achevé en 1264. Vers 1317, le chœur, se terminant en ligne droite, fut prolongé à l'E. au-dessus de l'église St-Jean (v. ci -dessus); mais l'édifice ne donna pas satisfaction aux rêves ambitieux des citoyens. Ils décidèrent donc, en 1339, im agrandissement considérable, d'après les plans duquel la cathédrale actuelle devait seulement servir de transept à la nef qu'ils projetaient de construire. A peine 10 ans plus tard, on dut abandonner ce projet tant en raison des fautes commises dans la construction , qu'en raison des ravages de la peste de 1348. Les ruines qui en restent témoignent que celte cathédrale colossale eut été non seulement le plus grand, mais aussi le plus bel édifice gothique de l'Italie. La longueur de la cathédrale actuelle est de 89 m. 29, la largeur de 24 m. 51 à la nef et de 51 m. 36 au transept. La *façade à trois pignons, construite de marbres rouge, noir et blanc, n'a été achevée qu'en 1380; elle est ornée d'une profusion de sculptures renouvelées eu majeure partie lors de la restauration de 1869. Ce n'est qu'en 1878 qu'on l'a décorée de mosaïques. A dr. et à g. de l'escalier, deux colonnes avec les armes de Sienne, la louve (p. 203). Le campanile à six étages est de la fin du xrv« s.
L'^^iNTKKiGUK, revêtu de bandes liorizoutalea de marbre tantôt noires,
à Chiutn. SIENNE. ^ -R- 2a. 205
tuntût blauuhcs, la coiniche avec des bustes di'H panes au-desaua dus arcades et les piliers à eolonues eugagées fout d'abord nue impressiou étrange, mais elle est bientôt effacée par celle que produisent les brillants ornements de marbre. — Au-dessus do la porte d'entrée, une jolie tribune de 1483. Les béuiticrs sont de 1402 et 14l>:i.
Le *PAVE.MKST en marbre est orué de «gi-affiti» uniques en leur genre, d'après de grands artistes. Ordinairement, il est en grande partie recouvert d'un plancher, excejité durant quelques semaines à partir du 15 août (jour de l'Assomption). La plupart sont maintenant remplacés par des copies (originaux, à l'Œuvre de la cathédrale, v. p. 206).
Bas cûté de h. Autel des Piceolomini (le 4», fondé par le eard. Franc. Piceolomini nommé ci-dessous), avec les statues des SS. Pierre, Pie, Gre-
foire, Jacques et François, par Michel-Ange (vers 1501-1505). — Le mur 'entrée de la bibliothèque de la cathédrale (v. ci-dessous) est dû à Lor. di Mariaiio, Iv principal sculpteur du milieu de la Renaissance à Sienne; c'est un chef-d'œuvre de plastique décorative. La fresque au-dessus de la porte est du Pintid-icdiio et représente le Couronnement du pape Pie 111. — La *chaire eu marbre blanc, de forme octogone, a d'excellents bas-reliefs tirés du Nouveau Testament, par Nice. IHsano, son fils Giovanni et ses élèves (12Gt)-12(!8), et un bel escalier de 1543.
Bras o. du transkpt. Chapelle St-Jean (billet d'entrée, v. Œuvre, p. 20B), avec un beau portail de Lor. di Mariuno ; à l'intérieur, une statue de St Joan-Uaptiste par Dtniatello (1457), etc., et cinq petites fresques du Pinturicchio (1504). — Devant la chapelle à g. du cliieur, dans le pavé, un bas-relief en bronze de Donatello (1420). — Chœuk: maître-autel d'après liidd. Ptriizzi (1532) ; derrière, stalles et pupitre, de 1567, avec belles sculptures et vieilles marqueteries d'origine véronaise. Le beau tabernacle en bronze est du Vecchietta (1172); angos tenant des candélabres, de 1489. Les
Premières stalles et le jubé sont de 1520. A g. du maître-autel, au-dessus e l'entrée de la sacristie, une tribune d'orgue de 1511. — Biîas dk. du TRANSKi'T. Cappella dcl Voto, magnifique chap. fondée en 1G61, avec la statue de St Jérôme et une Ste Madeleine par le Bernin. Dans les deux bras du transept, six statues de papes dont plusieurs sont nés à .Sienne: Alexandre III, Pie II, Pie III, Marcel II, Paul V et Alexandre VII.
Dans le bas côté de g. est l'entrée (v. ci-dessus) de la célèbre ** bibliothèque de la cathédrale {Libreria; visite, v. Œuvre, p. 20(i; meilleure lumière l'après-midi), bâtie en 1495 sur les ordres du cardinal Franc. Piceolomini, plus tard pape sous le nom de Pie III, en l'honneur de son parent Enée-Sylvius Piceolomini qui fut pape sous le nom de Pie II. Par ordre du cardinal, mais seulement après sa mort, Pinturicchio et ses élèves ornèrent, de 1505 à 1507, les murs de fresques représentant des scènes de la vie d'Euéc-Sylvius et les voûtes de peintures décoratives. La gaie magnificence des représentations et leur excellent état de conservation en font l'uu des plus admirables tableaux de la Renaissance. Ces fresques représentent: 1, le départ d'Enée-Sylvius pour le concile de Bàle; 2, sa présentation au roi Jacques d'Ecosse ; 3, son couronnement comme poète par l'empereur Frédéric III, à Francfort-sur-le-Mein, en 1445; 4, hommages rendus par lui au pa^'c Eugène IV, au nom de l'empereur; 5, fiançailles de Frédéric III et d'Eléonore de Portugal en sa présence, à Sienne; 0, son élévation à la dignité de cardinal par le pajie Calixtu III ; 7, son élévation sur le trône pontifical; 8, sa présence à la diète de Mantoue; "J, la canonisation de Ste Catherine de Sienne ; 10, le pape à Ancône, où il cherche à organiser une croisade contre les Turcs et où il meurt. — Ou remarquera aussi les antiphonaires ornés de magnifiques miniatures et les T)-oit Grâces, groupe sur lequel Raphaël a fait, dit-on, ses premières études d'après l'antique.
L'anc. Œuvre de la cathédrale (Opéra (ItlDunmo; pi. C 6), en face du côté S.-K. de la cathédrale, là où l'escalier de la place St-Jean débouche sous le.s arcades de la nef inachevée (p. 204), ren-
206 II- ^- 25. SIENNE. I>e Florence
terme maintenant le musée de la cathédrale. — Sonnette du gardien dans le vestibule. Visite de 10 h. à 4 h. ; billet d'entrée, valable aussi pour la chap. St-Jean et la bibliotb., 1 fr.
Rez-de-chaussée: sculptures de la façade et originaux des grafiSti du pavé de la cathédrale (v. p. 205). — II": étage: plans de la cathédrale, maguiflques broderies, crosses et vieux tableaux sicDUois, surtout le grand tableau de Duccio di Biioninsegna, la Vierge triomphante et des saints, ou la Majesté, autrefois très célèbre, et qui fut exposée en 1311 sur le maître-autel de la cathédrale; ensuite, la Vie de J.-C., tableau à vingt-six compartiments, primitivement le revers de la Majesté; puis quatre saints (VAmbr. Lorenzetti et une Nativité de la Vierge par Pietvo Lorenzetti (1342), etc.
A côté de l'Œuvre de la cathédrale est l'anc. palais royal (pi. BC 6), du xvi« s., maintenant la préfecture. — • En face de la cathédrale se trouvent aussi l'église et l'hôpital S. Maria délia Scala (pi. B 6), du xiii'= s.
La VIA DEL Capitano, il côté du palais royal, passe au Palazzo del Capitano (pi. B6), du style gothique, et à la petite place Postierla où est une colonne avec la louve siennoise (1487). A peu de distance, dans la rue à g., la via di Città (p. 204), se voient plusieurs palais gothiques et auti-es, notamment le Palazzo Piccolomini délie Papesse, construit en 1463 d'après les dessins de Bern. Eossellino pour Catherine Piccolomini, sœur de Pie II; c'est actuellement le siège de la Banque d'Italie (pi. C 6).
Dans la via S. Pietro, prolongement de la via del Capitano , à g., le ^palais Buonsignori (pi. C6), bel édifice goth. en briques, du xrv'' s. Au bout de la rue, en passant sous une arcade, on arrive à
la PLACE GiOEDANO Bruno (pi. C 7) où s'élève St- Augustin (S. Agostino), église où il y a quelques tableaux du Pérugin, du Sodoma, etc. On entre par le lycée, h gauche.
En suivant, à l'O. de St-Angustin, la via délie Cerchia et ensuite la via Baldassarre Peruzzi, on rencontre, à g., l'église S. Maria del Carminé (pi. A 7), bel édifice en briques avec campanile et cloître, et à dr., le palais Pollini, attribués tous deux à Bald. Peruzzi. — Tout droit, plus loin, par la via del Fosso di S. Ansano , on arrive à St-Sébastien (pi. B 6) , église de la première Kenaissance dont l'extérieur est resté inachevé, mais dont l'intérieur se présente sous les formes d'une construction centrale très gracieuse. De là, on retourne par l'escalier à dr. sur la place de la Cathédrale ; ou bien on va d'abord droit devant soi et prend ensuite à g. pour arriver à la fontaine Branda (p. 208).
En partant de l'angle E. de la piazza del Campo (p. 203) et en passant par la petite via Rinaldini, on parvient au palais Piccolomini (pi. D 5), un des plus beaux palais du commencement de la Renaissance à Sienne, construit après 1469 pour Nanui Piccolomini, père de Pie III (p. 205); il est auj. le siège de l'administration des finances et renferme les archives nationales. Sa façade princi-
à Chiu*i. SIENNE. II «• 2«- 207
pale, du côté de la via Ricasoli, a des ornements en fer forgé. — Non loin de là, sur la place Piccolomini, la jolie Loggia du Pape (pi. D 5), construite en 14(52 par Pic II (p. 2U5).
En face du pal. IMccoloinini, l'Université (pi. Dû), nouvellement transformée. Dans la cour, un monument aux étudiants tués en 1848. Dans le corridor à dr., le monument du jurisconsulte Nice. Arringhieri(1374), avec un bas-relief qui le représente entouré d'auditeurs. — Des rues étroites mènent au N., puis à l'E. à S. Franceaco (pi. E4), église restaurée de 1885 à 1894, et à laquelle on a fait une façade neuve en 1907. A côté,
l'oratoire de St-Bernardin (pi. £4), qui a deux salles superposées. Dans celle du haut, de belles *fresques du Sodoma: Présentation au temple, Visitation, Assomption et Couronnement de la Vierge, St Antoine, St Bernardin, St Louis et St François (1518- 1532). Au plafond, belle décoration de la première Renaissance. Ces salles sont le mieux éclairées dans l'après-midi (30 à 50 c. au gardien, qui demeure à côté, n" 6).
En retournant par la via dei Rossi, on arrive à la rue Cavour et de celle-ci passe à l'O. dans la via dklle Belle Arti (pi. C B 4), qui conduit à St -Dominique (p. 208). Dans cette rue, à g.,
r*Acadéinie des Beaux- Arts [Accademia di Belle Arti ; pi. C 4) «jui a une galerie de peinture comptant env. 700 n"", surtout des œuvres de l'école de Sienne. La collection comprend 11 salles et est classée par ordre chi'onologique. Elle est ouverte dans la sem. de 9 h. à 3 h.; entrée, 1 fr. Sonner dans le bas, à dr.
Les vieux peintres tels que Duccio di Buoninsegna (vers 1260-1319; sou chef-d'œuvre est dans TCEuvre de la cathédrale, p. 206), Simone Martini (1283-1344), Lippo Memmi, Pietro et Ambrogio Lorenzetti rivalisent de tendre beauté et de sentiment avec les Florentins, mais au xv« s. les Siennois restent bien loiu en arrière. Parmi les maîtres des périodes suivantes, l'un d'eux, Giov. Ant Bazsi, dit le Sodoma (1477-1549), se distingue par son remarquable sentiment de la beauté; ses fresques sont particulièrement importantes.
Au delà de la bibliothèque communale (pi. C 4), à g., est la rue Costa S. Antonio, que l'on descend pour prendre la première ruelle latérale de dr., qui conduit à l'entrée supérieure de
la maison de Ste Catherine (pi. B 4) : « sponsœ Christi Katherine domus». Sonner à la porte de g. (entrée, 50 c). — Ste Catherine de Sienne (1347-1380), fille d'un teinturier du nom de Bcnincasa, devint célèbre par ses révélations. C'est elle qui décida le pape Grégoire XI à retransférer le siège pontifical d'Avignon à Rome (1377). La plus connue de ses visions est celle de ses fiançailles avec l'enfant Jésus, qui a fourni le sujet de tant de tableaux. Les différentes pièces de la maison ont été transformées en oratoires et renferment des toiles de maîtres siennois des xv« et xvi« s. — A peu de distance, dans la via Fontebranda, au pied de la colline de St-Dominiqne, accessible par an chemin escarpé qui passe derrière
Bœdeker. Italie. 3* édit. 14
208 II- R- 23. SIENNE. -D« ^^»"- à Chiusi.
la fontaine, se trouve dans un site pittoresque la fontaine Branda (Fontebranda; pi. B 5), mentionnée dès l'an 1081 et recouverte en 1242 d'un portique gnthique à trois arcades.
L'église St-Dominique {S. Domenico; pi. B 4-5), en bordure sur la place Mazzini, où débouche la via délie Belle Arti (p. 207), est un édifice gothique en forme de castel, construit en briquetage, de 1293 à 1391, avec un campanile crénelé. Les puissants soubassements, qui s'adossent au versant de la colline, servent maintenant de caserne de cavalerie.
En entrant, à dr., au delà du Z" autel, la chapelle Ste-Catherise, où la tête de la sainte est conservée dans un tabernacle de 1466. Cette chap. a été décorée en 1525 d'excellentes *fre.sque8 du Sodoma, qui sont le mieux éclairées vers midi (20 à 30 c. de pourb.): au mur de l'autel, à g., Ste Catherine tombant en extase dans les bras de deux sœurs (le «svenimento») ; à dr., recevant la communion d'un ange; au mtir de g., l'Ame d'un criminel qui vient de subir la peine de mort, montant au ciel par suite de l'intercession de la sainte. C'est également du Sodoma que sont les grotesques de la voûte d'entrée et des pilastres , avec leurs jolis enfants. Les autres fresques sont de Franc. Vanni (1593). Le pavement eu marbre de la même chapelle est orné de graflSti. — Chœue. Le beau ciborium de marbre du maître-autel est du Florentin Ben. (la Maiano. De la fenêtre, derrière l'autel, coup d'oeil sur la cathédrale qui domine toute la ville. La 2e chap. à dr. du maître-autel contient nombre de vieilles pierres tombales, avec des armoiries des xvi» et xvu« s.
De la place Mazzini, le joli viale Curtatone (pî. B 4-3) conduit au X. à la promenade de la Lizza (pi. B 3j, décorée d'un monument de Garihaldi et offrant un beau coup d'œil sur St-Dominique et la cathédrale. Cette promenade s'étend jusqu'à l'ancien fort Ste- Barbe (pi. A 3) construit en 1560 par le duc Cosme I*""" et dont les remparts présentent une vue charmante.
Du coin N.-E. de la Lizza, la petite via dei Gazzani mène à la VIA Di Camollia (pi. CB 2-1), qu'on prend à g. On passe ensuite à g., sous une porte, presque en face d'une place, pour descendre la via Fontegiusta et arriver à la petite église Fontegiusta (pi. B2; entrée, 50 c; sonner à dr. dans le coin), qui a été bâtie en 1489 dans le style du commenc. de la Renaissance. Son *maître-autel, une des plus belles œuvres de sculpture du temps, est de Loi', di Manano (1519). Au l'''" autel de g., une fi-esque de Bald. Peruzzi, la Vision de l'empereur Auguste (vers 1528).
On peut faire une promenade intéressante hors de la ville du côté de la poiie Camollia (pi. B 1), à dr., le long des murs jusqu'à la barrière St-Laiirent (pi. D3) ou à la porte Ovxle (pi. D3). Au delà de la barrière St-Laureut, la gare au-dessus de laquelle se voit le couvent de l'Osservansa sur la hauteur. A 5 min. à l'E. de la porte Ovilo, au bas de la vallée dans un site pittoresque, la fontaine Ovue (pi. E 3).
Sienne est tête de ligne. Dans la suite du trajet, on reprend d'abord la direction d'Empoli, puis on tourne brusquement an S.-E. Le chemin de fer traverse les collines qui séparent les bagsins de VOmhrone et de la Chiana. — 104 kil. Arhia; c'est près de là,
AREZZO. //• ^- '■i-i- 209
au N. -E. , dans lu vallée de la petite rivière dite Arbia, que les Siennois, unis aux Gibelins de Florence, remportèrent, en 1260, la sanglante victoire de Monte Aptrto sur les Florentins, qui avaient pris parti pour les Guelfes. — -111 kil. Castelnuovo Berardetiga. — 126 kil. AsciiUio, d'où l'ou fait aisément l'excursion à l'anc. couvent de bénédictins de Moule Oliveto Maggiore, situé à 10 kil. an S. sur la hauteur. Embranch. sur Grosseto (p. 200).
132 kil. Rapolano. — 145 kil. Lucignano. La vallée de la Chiana est très bien cultivée (p. 210). A g., dans le lointain, la chaîne des Apennins. — 151 kil. Sinahinga. — 157 kil. 7'orrita. Puis, à dr.,
165 kil. Montepulciano, station à 10 kil. de la ville, qui est renommée pour ses vins et occupe un site pittoresque sur une montagne. Belles constructions goth. et de la Renaissance.
Ensuite on voit à dr. le inunt Cetona (1147 m.). A g. s'étend le long lac de Montepulciano et plus loin, le lac de Chiusi réuni au précédent par un canal. — 174 kil. Chianciano.
183 kil. Chiusi et de là à Rome, v. p. 218-221.
24. De Florence à Orte (R<>mr), par Terontola, Pérouse et Foligno.
2»y kil. En été, traiu rapide en 8 h., les lundi, luercr. et vendr., prix 27 fr. 35 et Itf fr. 15; express (il n'y eu a pas entre Terontola et Foliguo) eu 8 h., 34 fr. 35, 24 fr. 05 et 15 fr. 50 e. : trains oran. en 11 h. à 12 h., 32 fr. 60, 22 fr. 70 et 14 fr. >\b. — Jusqu'à Pérouse (ou seulement Terontola, v. p. 210): rapide en 3 h. 21 min., prix 20 fr. 65 et 14 fr. 45; express en 3 h. >/4 à 4 h. V«, 20 fr. 60, 14 fr. 40 et 9 fr. 35; trains omn. en 6 h. 1/4 à î h., 19 f r. 15, 13 fr. 40 et 8 fr. 65.
Florence, v. p. 155. La voie contourne la ville jusqu'à (5 kil.) Campo di Marte (p. 155) et suit plus loin la rive dr. de l'Amo. A g., dans le haut, Fiesole. La vallée .se rétrécit peu à peu. — 13 kil. Cumpiohhi. — 21 kiL Pontassieve, à l'embouchure de la Sieve dans l'Amo. — 26 kil. S. Ellero, d'où part un ch. de fer à crémaillère :pour Saltino (8 kil.; 4fr., aller et ret. 6fr.). Saltino est un séjour d'été très fréquenté, à 954 m. d'altitude et pourvu de deux grands hôtels; à '/j h. de là, l'anc. couvent de Vallombreuse, transformé auj. en école forestière. — On traverse un tunnel et passe sur la rive g. de l'Amo. — 29 kil. Rignano. Encore un tunnel. — 36 kil. Incisa, avec un château qu'on aperçoit de très loin, 41 kil. Figline, 48 kil. S. Giovanni, trois localités dans le Valdarno (nom ital. de la vallée de l'Amo). — 54 kiL Montevarchi. — La voie monte; trois tunnels. — 61 kil. Bucine. Puis encore quatre tunnels. — i^Q kil. Laierina. — 72 kil. Ponticino, d'où l'on monte doucement au plateau d'Arezzo qu'on aperçoit déjà de loin, à gauche.
88 kiL Arezzo (hôt. : Inghilterra, Vittoria), l'Arretium des
210 II- -R- ^^- CORTONE. De Florence à, Orte.
anciens, chef -lieu de province, est une ville de 16 500 hab. On y remarque entre autres églises: S. Francesco, ornée de fresques de Piero délia Fraucesca (vers 1452); S. Maria délia Pieve, du xi* s., mais dont la tour et la façade sont du xiii" s.; la cathédrale, édifice goth. commencé en 1277. Au musée, des tableaux et des antiquités. Embranch. d'Arezzo à Fossato di Vico (p. 222), par Città di C'ustello et Gubbio.
Dans la suite du trajet, à g., les collines qui séparent les vallées de l'Arno et de laChiana de la vallée supérieure du Tibre. Puis, un tuniel. — 100 kil. Frassineto. — 106 kil. Castiglion Fiorentino, à g. Plus loin à g., le fort en ruine de MonteccJiio. Ensuite, du même côté, dans le lointain, Cortone majestueusement assise sur une colline. — La vallée de la Chiana qui, dans les temps préhistoriques, était la continuation naturelle de la vallée supérieure de l'Arno dont les eaux se déversaient dans le Tibre, se transforma plus tard en un marécage pestilentiel jusqu'au milieu du xviii* siècle, époque à laquelle on procéda à son dessèchement. Elle est depuis une des plus fertiles contrées de l'Italie. La plus grande partie des eaux de la Chiana (en lat. Clanis) s'écoule maintenant dans l'Arno par le canal Maestro; elle ne communique plus avec le Tibre que par un bras, la Chiana Romana, qui se réunit à la Paglia près d'Orvieto (p. 218).
llGkil. Cortone, en ital. Cortona. La gare est au pied de la colline (650 m.) que couronne la ville (Alb. Nationale) éloignée de 5 kil. (autobus eu 1/4 d'h., 60 c, de nuit 1 fr.). Cortone, qui ne compte plus auj. que 3G00 hab., était dans l'antiquité une des douze villes de la confédération étrusque. Ses grandes murailles étrusques et son musée d'antiquités étrusques sont dignes de remai-que. La cathédrale et l'église St-Nicolas possèdent quelques tableaux de Luca Signorelli, né à Cortone (apr. 1450) où il monrut en 1523; le baptistère en renferme également de l'Angelico.
122 kil. Terontoia, point de raccordement des lignes de Chiusi et Orte (que suit l'express de Rome ; p. 218) et de Pérouse et Foligno; pour cette dernière, on change ordinairement de voiture.
La ligne de Pérouse traverse le défilé qui s'étend entre le lac Trasimène et les hauteurs du N. C'est là qu'Annibal remporta, l'an 217 av. J.-C, une victoire sanglante sur le consul C. Flamiuius, qui se laissa surprendre. — Jusqu'à Pérouse, quatre tunnels. — 130 kil. Tuoro. — 134 kil. Passignano. — 144 kil. Magione. — 155 kil. Ellera. — 165 kil. Pérouse.
Pérouse. — Arrivée. Tramway électr. de la gare en ville, 30 c.; petits bagages 10 c., malle 30 c. Autobus des deux !•" hôtels (1 fr. 50). Il y a rarement des fiacres (à 1 chev. 2 fr. 60 à 2 chev. 4fr.). — Les piétons trouvent un raccourci (20 min.), à dr. au premier lacet de la roate.
"OTuoiax oTi^'^T''^^^ n. <
De Florence à Ovle. PÉROUSE. " ^- -^- 211
KéntTslement recommandé (ch. 2 à 2 fr. 50).
CxFÉs. au corso Vanucoi. - Buasskr.e : vuv Baghoni, 39 a (pi. 0 6). Poste et télégraphe (pi. C 5), au Palace Hôtel. Pérouse (493 m.), en ital. Perngia, ville de 200()0bab., ohef- Ueudfh province d'Ombrie, siège d'un archevêché et d'une pet,e un versité fondée en 1320, est située sur une hauteur a eny. 300 m. au dessus de la vallée du Tibre. Ses nombreuses constructions des xn-c et xve s époqne de sa prospérité, ses tableaux de l'école on,brUne, les v^es ma.niiiqnes et étendues qu'elle offre sur les environs on font un endroit bien propre à attirer 1 étranger.
Permia, une des douze villes de la confédération ^'t^'^'lj^ - ^ soundse aux Romains en 310 av. J.-C. Dans la guerre entre Octave eî \ntoine (40 av. J.-C), elle fut réduite en cendres et devint eulit co^uie romaine sous le nom A^Augusta Périma Elle a couev^une grande partie de ses murailles d'enceinte étrusques enourant Ta vieille ville sur une longueur de ■2800ni Aux xiye et xv«= s iSse devint la plus puissante cité de l'Ombne. Elle vainquit a S «rsr pries les Sieuuois. Mais des dissensions intes mes 1 ob L rënt d?se rendre au pape eu 1370; elle se releva neaumoin encore et soutint, durant tout le xve s., de nouve les guerres contre a planté, surtout sous Bracclo Fortebraccioie ^ontone qui s y ériH en maître en 141tt, et plus tard sous Giovanm PaoloBa- S. - Dans l'histoire de l'art, Pérouse a été le centre célèbre de l'école de peinture d'Ombrie, dont les principaux représentants, Pietrl Vanucci, dit h Pé,-»rjin (1446-1.^24) et Bernard^no Beth, cuTpL/»ncc/a-o(1454-lôl3), vécurent dans cette ville. Le jeiin. Bavhaël travailla jusqu'en 1504 dans l'atelier du Perugm II tau t fomm^r encore pami les élèves du Pérugin Gwvanm ch Pietro, surnommé h Spagiia, d'après sa patrie.
A l'entrée de la viUe haute, là où était la citadelle papale, démolie en isi) sélnd la p..ck Vxcxok-Emm.k.k. (pl- ^j^) -- J,^'fedureet une statue équestre de ^»f '"-^';""««"^'^^/^^^^^^*^^. ^' errasse disposée en jardin devant la P?-*^f«f 'i^/^^^ . 7^ Xr7vl splendide sur la vallée, où se voient As.sise, Spello, Foligno, irevi eîb altoup d'autres lo'calités qu'encadre la chaîne prmeipa e de Apennins; puis sur le Tibre et une partie de lY'^^^^17;,/^ ^ ' musique sur cette place deux fois par semaine dans la soirée.
De là se dirigent vers le N.: à g., le corso Vanucci qui mené à la cathédrale; à dr., la via Baglioni qui conduit ^ ^^ Plf;;^/"?^ Garibaldi (p. 213) et à l'entrée de laquelle se trouve, a g., le palais
212 il- ^- 24. PÉROUSE. De Florence
Cesaroni, occapé maintenant par le Palace Hôtel et le bureau des postes et télégraphes.
La première de ces deux rues, le corso Vanucci, est la principale artère de la Tille; on y voit, à g.,
le *Collegio del Cambio (pi. C 4), l'anc. Bourse des changeurs qui renferme, dans IVUdienza del Cambio», des fresques caractéristiques, dans l'esprit du temps, dues au Pérugin (1499-1500). Visite: en hiver de 10 h. à 2 h., en été de 7 h. à midi et de 3 à 5; cartes d'entrée à la pharmacie Severini, à côté (50 c.). Elles sont le mieux éclairées de 11 h. à midi.
Mur à g. de l'entrée, les quatre vertus cardinales, la Prudence, la Justice, la Valeur, la Tempérance et, au-dessous, leurs champions les plus distingués dans l'antiquité. En face de l'entrée et au mui- de dr., des allusions aux vertus chrétiennes (la Foi, la Charité et l'Espérance): la Transfiguration de J.-C, l'Adoration de l'Enfant, Pvopliétes et Sibylles. La 2" arcade du mur de dr. est occupée par le siège du juge et le banc des changeurs, tons deux ornés de magnifiques sculptures et mai-queteries (1490-1501). Au plafond, les sept planètes, au milieu de riches ornements. Sur le pilier, au milieu du mur à g. de l'entrée, le Pérugin a fait son propre portrait.
L'hôtel de ville (Municipio; pi. C3-4), à côté, est un grand édifice datant de 1281 et de 1333; sa façade principale est tournée du côté du Corso et une seconde donne sur la place de la Cathédrale. Au-dessus du portail de cette dernière, un griffon et un lion en bronze, du xiv« s., ainsi que des chaînes qui rappellent la victoire des habitants de Pérouse sur ceux de Sienne en 1358. Le portail principal, sur le Corso, est richement orné; il donne accès au 1<"" étage, où est à g. r«Economato» qui délivre les cartes d'entrée (1 fr.) pour la visite de la *galerie de peinture (Phacoteca Vanucci), installée au 3*= étage. Elle est ouverte de 9 h. à 3 b.; de juin à août, de 10 h. à 4 h. ; le dim., de 9 h. à 1 h.
Cette collection est importante pour l'étude des artistes de l'école ombrienne; cependant les voyageurs pressés ne feront que traverser rapidement les salles réservées aux xiii» et xiv» s. (A mentionner: dans la salle II, anc. chapelle, des fresques de Bened. Bonflgli ; dans la salle VI, le noie, une Vierge de Gentile da Fabriano ; salle VII. quelques toiles de l'Angdico; les salles VIII à XI renferment des œuvres de Bonflgli, Bart. Caporale, Bern. di Mariotto, Fiorenzo diLorenzo et d'autres Pérugius.) Il faudra réserver toiite son attention aux tableaux du Pér>igin et du Pintiiricchio . dans les dernières salles. Salle du Pkkcgis (XIV), avec un buste en marbre de l'artiste: 1, St Jacques; 5-21, Nativité de J.-C, Baptême, prédelles. saints, le tout faisant partie d'un grand retable; 22, la Vierge et la Madeleine. St François et St Jean. — Cabisbt du Pébuoin (XV): 1, St Jérôme et Ste Marie -Madeleine; 2, la Vierge bénissant des religieux , 3, St Jean-Baptiste et quatre autres saints ; ô, St Jérôme comme pénitent. — *Salle du PisTunicciiio, qui contient les tableaux les plus importants: 1, le Pintiiricchio, grand tableau d'autel dans son cadre primitif. Vierge et saints, l'Annonciation, Pietà, scènes do la vie de St Augustin et de St Jérôme; 5, U Pénigiii ou Gianiiicola Mamii, Transfiguration du Christ ; 7, le Pérugin, Vierge et quatre saints; 8, 11, école de Raphaël, bandes d'ornements et Dieu le Père, parties de la Mise au tombeau (p^ 339) ; 9, le Pérugin, Vierge et saints ; 12, Eiisebio di S. Giorgio, Adoration des Mages. — On peut se passer de visiter les salles do l'école du Pérugin, etc., contiguës à la salle du Pérugin.
à Orte. PEROUSE. H- ^- 24. 213
Sur la PLACE DU Municipe (pi. C'a), la * G-rande Fontaine (Fonte Maggiore), érigée de 1277 à 1280 et ornée de bas-reliefs par Nice, et Giov. Pisano (p. 150) et par Arnolfo di Cambio; c'est une des plus belles de ce temps. — Le côté 0. de la place est occupé par Vévêché, derrière lequel s'élevait jadis le palais du Podestat détruit par un incendie en lô34, et dont l'on voit un reste dans la Maestà délie Volte.
La cathédrale, St- Laurent (pLC3), est une église du style goth. du XV s., à nefs d'égale hauteur, inachevée à l'extérieur. A côté du portail, sur lu place du Municipe, à g., une statue en bronze du pape Jules III par Vinc. Danti (1555). Dans le bras g. du transept, un sarcophage renfermant les restes des papes Urbain IV (m. 1264) et Martin IV (m. 1285). A côté du bras dr. est le chœur d'hiver, où l'on remarque une Vierge et des saints par L. Signorelli (1484).
De la PLACE Danti (pL C 3), à l'E. et au X. de la cathédrale, en descendant la via Vecchia, on parvient au prétendu *arc d'Auguste (pi. C2), porte étrusque, avec une inscription ajoutée plus tard, sons l'empire romain: «Colonia Vibia Augusta Perusia» (p. 211).
La petite place au delà de l'arc d'Auguste s'appelle place Forte- KRAccio (pi. C2); à g., le j^ol. Galleuga, du xvin« s. — A côté dn palais passe la via Ariodante Fabretti menant en quelques min. à
l'Université ( pi. B 1-2), qui est installée dans nn anc. couvent d'olivétains et renferme au 1" étage nn musée d' antiquités.
Ce musée ee visite (1 fr.) tous les jours excepté le lundi, de 10 h. k 2 h.; eu été, de 10 h. à midi et de 3 à 5 h. Il comprend: dix salles renfermant des antiqnités étrusques et romaines, vases, bronzes, parures, pierres eravées; quatre salles contenant des objets du moyen âge et de la Renaissance; dans le corridor, des urnes funéraires antiques et des inscriptions. — Dans I'église, des œu\'re8 d'art du moyen âge.
En montant la via Pinturicchio au S. -E. de la place Fortebraccio, ou bien en prenant à l'E. de la place Danti par la place Piccinino et la via Bontempi, puis par la première rue à g. (via Raffaello), on arrive à St-Sévère {S.Severo; pL D3), ancien couvent dont la chapelle renferme une fresque de Raphaël, la première qu'il ait peinte seul, en 1505, après son premier séjour à Florence. Elle représente la Trinité et a été fortement restaurée en 1872. L'entrée est à côté de la chapelle même; 50 c. au gardien.
Un passage voûté de l'hôtel de ville (p. 212), sous l'horloge, conduit du corso Vanucci à la via de' Priori. Dans cette rue, une tour dn moyen âge dite Torre degli Scirri (pL B 3), puis la Madonna délia Luce (pi. B 3), petite église Renaissance de 1519; on prend ensuite à dr. pour arriver à une place, où l'on voit en face
l'*oratotre de St-Bemardin (Oratorio di S. Bernardino ; pL A3), construit de 1457 à 14tjl par Ag. di Duccio et dont la façade est un chef-d'œuvre de décoration polychrome.
A l'K dn corso Vanucci s'étend la piazza Giuseppe Gabibaldi
214 II- ^- 24. PEROUSE. De Florence à Oite.
(pi. CD 4), qui est établie sur d'énormes soubassements dont une partie est formée par l'anc. mur d'enceinte étrusque. Au milieu, une statue en bronze de Garibaldi; à l'E., le palais du Capitaine du Peuple, plus idivA palais du Podestat, de 1472; à côté, l'ancienne université, de 1483, l'un et l'autre bâtiment aujourd'hui occupés par les tribunaux (pi. D 4).
De là, par la via Baglioni, on retourne à la place Victor-Emmanuel (p. 211), d'où l'on descend à g. la via Marzia (pi. C 5), en passant devant les soubassements de l'anc. citadelle (p. 211) et à la Porta Marzia, reste d'une porte étrusque, avec les inscriptions: Colonia Vibia et Augusta Perusia. Cette poi'te a été transportée ici lors de la construction de la citadelle. — On prend alors, à g., le viale Carlo Alberto, au bout du(|uel se trouve la petite église goth. St-Hermilane (S. Ercolano ; pi. D 5) et plus loin le corso Cavour (pi. DE 5-6) pour aller à St-Dominique {S. Domenico; pi. DE 6), église gothique à l'origine, mais entièrement reconstruite en 1614, On y voit, dans le bras g. du transept, le monument du pape Benoît XI (m. 1304), et dans le chœur un magnifique vitrail du xv« s.
Quelques minutes plus loin, on traverse la porte St- Pierre (pi. E7) très bien décorée en 1473, et l'on est bientôt à l'église S. Pietro de' Cassinensi (pi. F 8 ; entrée par la première cour, dans le coin opposé à g. ; immense portail de la Renaissance). Cet édifice a dix-huit colonnes antiques de granit et de marbre, beaucoup de tableaux de l'anc. école d'Ombrie et du xvii«= s. (dans la sacristie, cinq petits tableaux de saints en demi-ligure par le Pérugin)., ainsi que de belles stalles par Stefano da Bergamo (1535). — De l'autre côté de la rue est la promenade dite Giardino del Frontone qui s'étend jusqu'à la porte S. Costanzo (pi. F 8); elle offre une belle vue sur la vallée de Foligno et les Apennins.
Si l'on veut visiter Assise, il vaut mieux faire ce trajet en voit., les gares étaut éloignées. Il faut euv. 2 h. eu voit, à 1 chev. (10 fr.). On passe à 5kil. de la porte S. Costanzo, au tombeau des Voliim)iii (Sepolcro de'Volunni; entrée, 1 fr., de 9 h. à 5 h., le dira, seulem. jusqu'à midi; v. la petite carte au bas du plan p. 211). C'est un des tombeaux étrusques les mieux conservés (me s. avant J.-C). A Assise, on se fait conduire à Ste-Marie-des-Anges; on laisse son bagage à la gare, si l'on veut repartir le même jour, et l'on monte enfin en voiture jusqu'à la ville.
Au delà de Pérouse, la ligne s'abaisse en traversant plusieurs tunnels. On aperçoit bientôt à g. le tombeau des Volumnii (v. cidessus). — 176 kil. Ponte S. Giovanni. On franchit le Tibre qui formait dans l'antiquité la frontière entre l'Etrurie et l'Onibrie, puis le Chiaggio. — 186 kil. Bastia.
189 kil. Assise (218 m.), stat. pour la ville du même nom, qui est sur une hauteur à gauche. Voit, à 1 chev., l fr. ; omnibus des hôt., V. p. 215. — Avant d'y monter, on visitera, de l'autre côté de la voie ferrée, à quelques min. de la gare, l'église *Ste-Marie-des-
De Florence à Orte. ASSISE. U^- H- 2-'- 215
Anges (S. Maria degli Angeli), lieu de pèlerinage autour duquel se sont groupées les maisons d'une petite localité (Alb. l'orziuncola, petit mais propre). Cette église, imposante construetiou surmontée d'une hante coupole, a été construite de lôG9 à 1C30, sur les plans de Oal. Alessi, au-dessus de l'oratoire de St François d'Assise et de la cellule où mourut ce saint; elle a été reconstruite en partie depuis le tremblement de terre de 1832.
L'oratoiri', noniino Portitincttla, est situé sous la coupole de l'église; sur la façade, uni- fresque |)ar Orcrheck (1829). Derrière l'oratoirt', la cellule où mourut St François; cil'.' a dos fresques par lo Spagna et une bonne statue du saint, en terre euite, par Luca délia Ilobbia. — Dans lo bras g. du transept est la chap. St-Joseph, où so voient trois bas-reliefs par Andréa delhi Uobbia. — A l'E. de la sacristie, le petit jardin, où fleurissent les roses qui ont perdu leurs épines par suite d'nnc pénitence du saint; à côté, la chap. des Roses et la grotte du saint, au-nessns de laquelle St Bonaventiire fit construire un petit oratoire.
On monte à pied à Assise en ^4 'l''-
Assise.— HôTKi.s: Siibasio (pi. a, B ï), prés du couvent do St- François, avec vue et bains, bon {M ch. dep. 2 f r. 50, rep. 1, 2.f>0 et 3..50, omn. 1); Modem Hôtel Giotto & Belleviie (pi. e, C 3), via Venti Sotteiubre, 23, avec vue, chauff. central, bains et jardin, bon (40 lits de 2 à 3 fr., l" déj. I, omn. 1); Leone (pi. b, D 3), piazza Vescovado, 5, bon (40 ch. do 1 fr. 50 à 2.50, rep. 75 c, 2.50 et 3, omn. 1); Minerva, prés de la porte St-François (pi. BC 2), modeste.
Assise (364-50.5 m.), VAsisium de l'anc. Ombrie, ville de 5300 hab., doit sa célébrité à St François, qui y naquit en 1182 Fils d'un riche négociant, il pa.ssa sa jeunesse dans les plaisirs, après quoi ilso voua entièrement à secourir les pauvres et les malades, fonda en 1208 l'ordre des franciscains et mourut le 4 octobre 1226, ayant strictement observé les règles de pauvreté et d'abnégation de son ordre.
En entrant en ville, on se dirige à gauche vers l'ancien *couvkn r DES FRANCISCAINS {S. Francesco ; pi. B2) qui a été construit peu après la mort du saint et se dresse, semblable à un château fort, sur d'énormes soul)assements au bord de la colline. La grande cour du couvent et les soubassements ont été renouvelés vers 1475-1485. Depuis 1866, le couvent sert de maison d'éducation pour des enfants d'instituteurs; cependant quelques religieux ont été autorisés à y finir leurs jour.s. On entre (de 8 h. à 11 h. et de 2 à 5 h.) par la grille à g. de la porte de l'église basse (50 c).
Les deux ''églises superposées sont très intéressantes; elles s'élèvent au-dessus du tombeau de St François. L'églisk basse, construite de 1228 à 1232, est accessible par le portail S., qui fut bâti vers 1300 et auquel on ajouta un porche, en 1488; elle est basse et sombre (y aller de préférence vers midi). — L'église HAUTE, achevée en 1253, est de style goth.; on y entre soit par le grand portail, soit de la sacristie de l'église basse, en s'adressant au sacristain. Les fresques de Giotto sont la partie la plus intéressante de l'ornementation des deux églises.
Eguss basse. Giotto y peignit de 1302 à 1305: au-dessus du maîtreautel, dans les pendentifs de la voûte, allégories des vœux de l'ordre de
216 II- R- 24. ASSISE. D^ Florence
St François, la pauvreté, la chasteté et l'obéissance et enfiu l'Apothéose du saint; — daus le bras dr. (N.) du transept, scènes de la vie de J.-U. et de St François. — L'Histoire de St Nicolas (vers 129i;), dans la chap du St-Sacrement , est peut-être également de Giotto. — Il y a eu outre, daus le bras dr. du transept, une Vierge de Cimabué; daus le bras g. (S.), des tableaux de la x^assiou de J.-C. et une Vierge, par uu peintre de Sienne. Dans la chap. St-Jean, à g., une belle Vierge avec des saints par lo Spagna (1516). A mentionner aussi quelques tombeaux des xiii«xiv"= s. et des vitraux du xiv" s. — Sacristie: dans la 2« salle, au-dessus de la porte, le portrait du saint, de la tin du xiiie s.
Un double escalier mène à la ckypte (on allume les bougies lorsqu'un visiteur y descend), qui fut construite après qu'on eut trouvé, en 1818, les restes do St François dans un sarcophage de pierre. Il y a derrière le tombeau des statues colossales des papes Pie VII et Pie IX.
L'ÉGLISE HADTE a, dans le chœur et dans le transept, des fresques de Cimabué, lo Crucifîment, la Mort et l'Assomption de la Vierge, l'Histoire de St Pierre, etc. Dans la nef: en haut, des compositions d'élèves de Cimabué (sujets tirés de l'Ancien et.du Nouveau Testament); les fresques du bas, de Giotto (1290-1295), comprennent vingt-huit scèues de la vie de St François, depuis ses visions en rêve, ses prédications et ses miracles jusqu'à sa mort et aux apparitions qui eurent lieu après.
De la place qui est devant l'église haute, on descend, en sortant de cette dernière, l'escalier à dr. et l'ou remonte par la via Principe di Napoli à la place Vicïok-E.mmanuel, qui correspond au forum antique et dont lu sol s'est surélevé au cours des siècles. A g. se voit le *portique d'un temple de Minerve (pi. 9, D 3), du temps d'Auguste, dont l'intérieur sert auj. d'église (S. Maria délia Mlnerva). Ce portique a six colonnes en travertin.
La Chiesa Nuova (pi. D 3), petite construction centrale de 1615, occupe la place de la maison où est né St François.
Dans la ville haute, sur la place St-Eufin (pi. E3), qui est ornée d'une reproduction en bronze de la statue de St François, par Giov. Dupré, s'élève la cathédrale (il Duomo), St-JRufiii, construite du xi'î au xin« s., mais modernisée à l'intérieur en 1571 ; elle possède la statue originale en marbre de St François par Giov. Dupré, de belles stalles, etc. — De la cathédrale, on descend à g. par une rue non pavée à S. Ckiara (pi. E4), église gothique construite en 1257. Sous le maître-autel, dans une crypte datant de 1850 et richement décorée, le tombeau de Ste Claire, admiratrice enthousiaste de St François et fondatrice de l'ordre des clari.sses.
Le jardin piihlic (pi. F 4), entre la porte Neuve et la porte des Capucins, offre une belle vue sur la ville et ses environs.
200 kil. jSjjeWo, l'antique iîïspeZZitm. Cette petite ville de 5000hab., pittoresquement étagée sur le flanc de la montagne, a une cathédrale du xvi<= s.
205 kil. Foligno (arrêt ; buffet), point de jonction avec la ligne d'Ancône à Rome (p. 222). Foligno, non loin (à l'O.) de l'antique Fulginium, est une ville de 9500 hab. qui possède des églises du moyen âge et des palais de la Kenaissance.
à Orte. TERNI. ^^- ^- 34. 217
J^a ligne traverse la fertile vallée du Clitumiie.
214 kil. Trev!, la Trebi.e des anciens, située à g. sur une hauteur.
— Un pou avant {'220 kil.) Campello, on aper<,'oit à g. le prétendu temple du ClUuinne, chapelle construite au iv'' s. avec des fragments antiques.
230 kil. Spolète (30ô-4ô3 m.), en itui. Sj^oleto, ville de %50hab. et siège d'un urchovêché, est située à g. de la ligne au pied du mont Luco qui est boisé, et sur une colline que couronne un château fort reconstruit au xiv« s. L'église à tour pointue, que de la gare on voit tout à g., est la catliédraîe; elle a été fondée par les ducs lombards qui régnèrent à Spolète de 570 jusqu'à la fin du ix<" s.
La ligne franchit la chaîne calcaire des Apennins d'Onibrie dans nn tunnel de 1700 m. — 247 kil. Giuncano. La vallée rocheuse qu'on traverse est des plus pittDresqucs.
259 kil. Terni (130 m.), point de jonction avec la ligne des Abrnzzes se dirigeant sur Sulmona. Un tramway électrique mène de la gare à la ville (H. Eumpa, ch. 2 fr. 25 à 4, bon). Terni, Vlnteramna des anciens, compte auj. 25 900 hab.; elle est située sur la Xera, qui sort des montagnes à 2 kil. :ï l'E., et a une fabrique royale d'armes, une fabrique de plaques de blindage et de canons , ainsi que d'autres établissements industriels.
La belle excursion aux *cascades de Terni {Oaacate délie Marmore), formées par le Veliiio qui se jette dans la Nera, à 7 kil. à l'E. de Terni, .se fait le plus coniniodément en iftilisaut à l'aller et au retour le tramway ÉLECTRiQUK qul part de la gare, passe devant les fabriques et atteint, après un trajet de 20 min., la station (ferraata) de Cuscute Marmore (35 c.).
— Ou aura soin de se munir de petite monnaie pour les pourboires réclamés un peu partout. — C'est de la route qu'on a la plus beUe vue d'ensemble. Pour voir de plus près , on suivra le chemin vicinal qui quitte la route du tramway, à ouv. 250 m. en deçà de la station, et qui franchit la Nera sur un pout naturel; à l'endroit où ce chemin se bifurque, on appuiera à g. en montant d'abord doucement puis de pins en plus; au bout de 25 min., on atteint un pavillon de pierre, qui offi-e une belle vue de la chute principale et de la vallée de la Nera. On revient ensuite à la grande route. — On peut aussi monter l'escalier, continuer par le chemin du haut à g., puis se diriger à dr. vers une petite maison qu'on laisse à dr., traverser le jardin, passer devant quelques maisons et atteindre en '/j d'h. la route supérieure et la gare de Marmore, sur la ligne des Abruzzcs. où il y a un buffet convenable (les meilleurs trains partent après 11 h. du matin et vers 3 h. de l'après-midi; Itî kil. en 35 min., prix 1 fr. 90, 1 fr. 30 et 85 c.). Pour revenir à pied à Terni par la route supérieure \i kil.), il faut 1 heure. — Il faut 2 à 3 heures pour faire toute l'excursiou; on peut aussi la faire en voiture (aller et retour, env. 12 fr. ; on aura soin de convenir à l'avance le retour par Papiguo).
La ligne d'Orte court à travers la fertile vallée de la Nera. Sur la hauteur à dr., Cesi, où il y a des murailles antiques.
272 kil. Narni (240 m.), la Nartiia des Romains, pittoresqueraent située à g., sur un rocher au bord de la rive g. de la Nera, qui se fraye un passage vers le Tibre à travers une gorge étroite.
Le chemin de fer laisse à g. les ruines du prétendu pont d'Auguste, où passait la voie Flaminienne établie en 220 av. J.-C. —
218 //. R. 25. ORVIETO. De Florence à Rome.
Forêts de chênes toujours verts. — 279 kil. Nera Montoro. Puis deux tunnels. On franchit le Tibre sur un pont à treillis. La Nera a son emhouchure près de là.
289 kil. Orte (bon buffet), point de jonction avec la ligne principale qui passe par Chiusi (p. 220).
25. De Florence à Rome, par Terontola, Chiusi, Orvieto et Orte.
.Slii kil. C'fst le plus court chemin entre Florence et Rome: traiu rapide (wagon-restaurant) et express en 5 h. 1/2 à 7 h. 1/4; train omnibus en 0 h. 1/4, prix 35 fr. 30, 24 fr. 50 et 15 fr. 85. On ne change pas de voiture. — Supplém. pour wagon-lit, 7 fr. 20.
De Florence à Terontola, 122 kil., v. p. 209 et 210. La ligne de Rome, la principale, laisse à g. celle de Pérouse, Assise et Foligno; elle longe d'abord la rive 0. du lac Trasimène (p. 210). — 132 kil. Castiglione del Lago, petite ville à g., sur une hauteur s'avauçant dans le lac. — 139 kil. Panicale. — La voie tourne à l'O. et rejoint, dans la vallée de la Cliiana (p. 210), celle qui vient de Sienne.
151 kil. Chiusi (398 m.; buffet), point de jonction de la ligne d'Erapoli-Sienne-Chiusi (R. 23). La ville est à 72 ^- <i*^ 1^ stat., à dr. sur la hauteur; c'est l'antique Clïismm, une des douze cités principales de la confédération étrusque; l'histoire en fait mention dans" les guerres contre Rome, surtout comme résidence de Porsenna. Il y a beaucoup de tombeaux étrusques aux environs.
Le chemin de fer descend ensuite dans la vallée de la Chiana. — 159 kil. Città délia Pieve. — 168 kil. Ficidle. — 180 kil. Allerona. La Chiana se jette près d'Orvieto dans la Paglia, cours d'eau torrentiel qui est un affluent du Tibre. A partir de Chiusi, le sol se compose de grès tertiaire, tandis qu'à Orvieto commence le terrain volcanique.
190 kil. Orvieto. La station (12.1m.; buffet) est au pied do la liauteur où s'élève la ville. On y monte en 5 min. (30 c.) par un chemin do fer FUNICULAIRE (funicolare), de 560 m. de long, dont la rampe atteint 27 "/q et qui passe à la fin sous l'auc. forteresse (pi. E2) par un tunnel de 120 m. de long. — La route monte en faisant un grand détour (v. p. 220).
Hôtels (v. p. xvin): *Gr.-H. délie Belle Arti (pi. a, C 3), corso Cavour (ch. 2 f r. 50 à 5, rep. 1.50, 3 et 5, v. c.) ; *ralace Hôtel (pi. b, B 3), via Garibaldi (ch. dep. 3 fr., rep. 1.25, 3.50 et 5, v. c., oran. 1); — Italia (pi. c, B 3), via del Popolo (ch. 1 f r. 50 à 2); Cornelio (pi. d, 0 3), piazza Ippolito Scalzo (mêmes prix); Alb.-Rist. del Duomo (pi. e, 0 3), via del Duomo, recomni. (ch. 1 fr. 50). — Café: sur la place Vict. -Emmanuel. — Le vin d'Orvieto est célèbre.
Orvieto (325 m.) est une ville de 8200 hab., située sur un rocher de tuf isolé. ï^lle occupe probablement l'emplacement de Volsinii, une des douze villes principales de la confédération étrusque, détruite par les Romains l'an 280 av. J.-C. Remplacée plus tard par Urbibentum, qui à la fin de l'Empire prit le nom d' Urbs Vêtus
De Florence A Rome. ORVIETO. ^^- «• 25. 219
(de là son nom actuel), elle devint au moyen âge une des principales forteresses des Guelfes et servit souvent de refuge aux papes. 3 à 4 h. peuvent sufiBre pour la visiter.
De la place au S.-O. de l'anc. forteresse (pi. E2; p. 220), point terminus du funiculaire, le corso Cavouk mène au centre de la ville. On le suivra jusqu'à la Torre del Moro (pi. C 3), tour du moyen âge, en face de laquelle on prendra à g. la via del Duomo.
La **cathédrale (pi. C3; fermée de 1 h. à 3 h., de mai à sept.) un des plus beaux échantillons d'architecture gothique en Italie a été fondée avant 1285, à la suite du miracle de Boïsena (p. 220), et consacrée dès 1300. Elle est construite en assises alternatives de basalte noir et de calcaire gris-jaunâtre et a été, comme bien d'autres, le centre de l'activité artistique de la cité. On appela pour la décorer les artistes les plus célèbres. La façade à trois frontons a été commencée en 1310, sur les plans de Lor. Maitani de Sienne, mais achevée seulement, dans le haut, au xvi«s. ; elle est excessivement riche en bas -reliefs, dont les sujets sont tirés de l'histoire sainte, en statues de la Vierge, des prophètes et des apôtres, ainsi qu'en mosaïques, et elle passe pour le plus grand monument polychrome du monde.
L'isTÉRiECR (meilleure lumière le matin), comme l'extérieur, a des bandes horizontales alternativement de couleur claire et sombre; il a trois nefs séparées par des piliers et des colonnes. Dans les bas côté.s. des fresques des xiv« et x\-»s. ; prés de l'entrée, à g., dos fonts de 1402- 1407 ; devant, dans la nef centrale, un bénitier de 1451-1450. — La partie la plus intéressante de l'intérieur est, dans le bras dr. du transept, la Ca.ppf.lla Ndova , ornée de **fi-esques qui représentent la fin du monde d'après l'Apocalypse et sont comme le summum de la peinture du xv s. Elles ont été commencées en 1447 par Fra Angdico da Fiesole, qui n'exécuta que deux panneaux du plafond (au-dessus de l'autel. Jésus comuie juge du monde , et des prophètes). Le reste du plafond et les grandes peintures murales sont de Luca Signorelli. qui s'y montre comme le précurseur immédiat de Michel -Aiige par la richesse de l'invention, la maîtrise des formes, la hardiesse des mouvements et des raccourcis. La première composition, à g. de l'entrée, montre la chute de l'Antéchrist qu'on voit prêchant an premier plan. Au mur de l'entrée, les places ont été liabilement utilisées pour représenter le soleil, la luue et la mort des deux témoins (à dr.) et la destruction du monde par le feu (à g.). Viennent ensuite la résurrection générale et le châtiment des méchants; puis au mur de l'autel, à g., les élus montant au ciel; à dr., les damnés descendant aux enfers et, à côté, la réunion des bienheureux. — Dans le bas se voient des médaillons figurant les poètes qui ont parlé de l'autre monde et des représentations tirées de leurs œuvres. An plafond, à côté des fresques de l'Angelico, la Vierge, des Apôtres et des Anges avec les instruments de la passion; dans les premiers panneaux, des Martyrs, des Patriarches, des Docteurs et des Vierges. — Dans nue niche du mur de dr., une belle Mise au tombeau, aussi par Signorelli. — Devant, une Pietà. groupe en marbre.
Dans le bras g. du transept, la chapelle du Corporal, où se trouve, dans un tabernacle derrière l'autel , la châsse d'argent qui renferme le corporal teint de sang du miracle de Bolsena (v. p. 220). Cette châsse, de 1337, n'est exposée qu'aux jours de grandes fêtes.
A dr. de la cathédrale, dans l'anc. palais des papes (Palazzo del
220 IJ^- H- 25. ORVIETO. -De Florence à Rome.
Papi), du xiii<' s., se trouve le musée (pi. CD 4), qui renferme des tableaux (entre autres, un portrait double et une Ste Madeleine, par Siguorelli) et des sculptures de la cathédrale, ainsi que des antiquités étrusques. Cartes d'entrée (1 fr.), au magasin de photographies d'Armoni, place de la Cathédrale.
Le corso Cavour débouche à l'O. sur la place Victor-Emmanuel (pi. B 3), où sont l'église St- André et le palais communal , qui date du xn" s., mais dont la façade a été restaurée au xvi^ s.
La forteresse (Fortezza; pi. E2; p. 219), à l'entrée de la ville au N.-E., a été transformée en jaixlin, avec un amphithéâtre pour représentations publiques. Belle vue. — Le gardien du jardin a la clef d'un puits voisin, le Puzzo di S. Patrizio (pi. E2), établi de 1527 à 1540. Il a 61 m. de profondeur et deux escaliers en spirale, indépendants l'un de l'autre et faits pour les ânes porteurs d'eau, qui descendaient d'un côté et montaient de l'autre. Entrée, 60 c. Il y a 248 marches.
Si l'on n'est pas pressé, on pourra retourner à la gare par la route en lacets (4kil.), qui part de la place devant la forteresse, et visiter en chemin la nécropole étrusque (pi. B 2), à env. 200 pas à g. de la route. La plupart des tombeaux datent du y'= s. av. J.-C.
A 19 kil. au S.-O. d'Orvieto , un peu au-dessous de remi)lacement de Volsinii Novi , qui remplaça la ville antique de Volsinii, se trouve la petite ville de Bolsena, counue par le «miracle de Bolsena» ou l'apparition de gouttes de sang sur l'hostie en 12G3. Le pape Urbaiu IV fouda eu mémoire de ce miracle la fête du Corpus Domiui ou Fête-Dieu. Le lac de Bolsena est d'origine volcanique.
La VOIE FERRÉE atteint au delà d'Orvieto la vallée boisée du Tibre, dont le large lit pierreux témoigne de nombreuses inondations. Deux tunnels. — 202 kil. Castiglione in Teverina. Pont sur le fleuve. — 210 kil. Alviano. — 219 kil. Attigliano.
Embrascu. d'Attigliano a ViTERBE par Monteftascone, petite ville renommée pour ses vins: 40 kil. , eu 1 h. 1/4 à 1 h- '/j. Viterbe (en ital. Viterbo; gare de la porte Florentine; hôt.: Gr.-Hôt. ^'lterbo ; Angdo; Schenardi) est une ville très ancienne de 17 500 liab., avec des murailles et des tours, un hôtel de ville du xv» s., plusieurs belles églises et de jolies fontaines. — De Viterbe (gare de la porte Romaine) a Rome: ligue secondaire, 87 kil., en 2 h. i/a. Cette ligne traverse la partie la plus désolée de la Campagne de Rome. Principales stations : 2-1 kil. Capraiiica (embranoh. sur Ronciglioue); iZVW. Bvacciano, loculité moderne de 1750 liab., sur le lac du même nom; beau château des princes Odcscalchi, de 1-lGO. — A la fin, plusieurs tunnels et des viaducs. — 82 kil. Borna S. Pietro, petite stat. au S. du Vatican, à la porte Cavalleggieri. Encore uu tuuuel. — 87 kil. lioma Trastevere (p. 224): v. la carte, p. 338.
224 kil. Bassano iri Teverina. — Deux tunnels.
232 kil. Orte (v. p. 218), point de jonction de la ligne de Pérouse, Ancône et Foliguo (R. 24).
On descend la vallée du Tibre sur la rive dr. Bientôt se montre à g., puis à dr., la crête dentelée du Soracte (691 m.). A g., au delà du fleuve, Otricoli. — 241 kil. Gallese. Plus loin à g., Magliano Sabino, situé à une grande hauteur sur la rive gauche.
De Bologne à XapUs. FAENZA. ^I- H- 2ff- 221
21Ô kil. Cività Custéllana, stat. pour la ville de ce nom située à il kil. au S.-O. et qu'on aperçoit à dr., en haut. — La voie ferrée passe sur la rive g. — 258 kil. Stimù/liano. — 2tj7 kil. Foggio Mirtdo. — 27s kil. Fara Sabina. — 290 kil. Monte Rutondo.
De Monte Rotondo à Rome, on suit la direction de l'anc. vole Salaria. On upi'.r(;oit bientôt pour la première fois, à dr., le dôme de St- Pierre qu'on pi-rd de vue en s'approchant de VAiiio. A g., les montagnes de la Sabine et les monts Albains. Puis on revoit, à dr., le dôme do St-Pierre, et Rome commence à se montrer. On fait un grand circuit autour de la ville et passe, à g., près de la porte Majeure, au prétendu temple de ^linerve Medica.
316 kil. Rome (Stazione Termini, p. 224).