CHANSON DE SOMMA
Je levai les yeux au ciel et je vis une étoile ; En les baissant , j'en vis deux.
Dis donc, ta mère n'y est pas, Descends, ma Ninette', j'ai à te parler.
Au milieu de cette rue, il y a deux sœurs ; Avec toutes deux je voudrais faire l'amour. Dis-donc, ta mère n'y est pas, Descends, maNinette, j'ai à te parler.
1. Somma y petite ville des enviroDs de Naples; beaucoup de chansons ont des titres analogues : Chanson d^Amalfi, de Sorrentej etc., ou bien la Prôcidcme^ la Palermitaine , comme chez nous la Marmllaise.
2. Nennellaj petit nom d'amour : je traduis par une assonnance.
Ahl si le ciel m'avait destiné une des deux Pour femme , ou au moins pour belle-sœur I Dis donc, ta mère n'y est pas, Descends, ma Ninette, j'ai à te parler.
Voilà qui est assez élégamment marivaudé; mais la grftce n'est pas la seule qualité des poètes populaires. Ils ont encore une sorte de fantaisie bizarre qu'ils doivent peutêtre aux anciennes incursions des Sarrasins. Ils aiment , d'ailleurs, follement les contes arabes.