‹ L'Italie est-elle la terre des morts? (volume 2)Chapitre 57 sur 64 · LE SONGE · texte numérisé non relu

LE SONGE

J'ai rêvé que j'allais en enfer

Et il était si plein, que je n'y trouvais place,

Et je voulais déjà revenir sur mes pas.

Mais j'y vis celle que j'avais aimée

Qui bouillait dans une chaudière,

Et je m'approche d'elle pour la consoler.

Elle se retourne et dit : c Le temps est passe; J'y suis tombée pour ne point t'avoir entendu, Et je souffre maintenant parmi les ingrates. »

Mais revenons sur la terre, et tâchons de surprendre le peuple dans sa vie familière. Voici une Ninette qui file à sa fenêtre ; écoutons-la chanter*

L AMANT BOIfTEUK.

Passe et repasse sous mon balcon

Un jeune homme gracieux, et avec son cœur

Il me regarde tout passionné ;

Mais sou amour s'en tient là.

Je veux voir maintenant ce petit honteux,

Si je ne lui fais pas au moins ôter son chapeau.

Puisqu'il se fait ainsi des scrupules,

Je veux avoir la tête dure, moi ;

En me mettant à filer sur mon balcon,

Je lui ferai tomber mon fuseau sur la têtel...

Et, tandis qu'il rattachera le fil, ce mameluck,

Certes, il doit me parler, s'il n'est de stuc.

« Ohl Ninette, me dira-t- il, votre cœur

Ne pourrait-il s'attacher ainsi?

— Pourquoi pas, répondrai-je, vous auriez tort d'en douter,

S'il y a le nœud de sympathie I »

Mais voici qu'il vient, l'imberbe mignon :

Mettons-nous à filer et prenons garde !

Quittons maintenant la rue^ je vous prie^ et entrons dans une maison napolitaine. N'y entre pas qui vent , la faveur est rare ; aussi les scènes d'intérieur ont-elles toujours besoin d'être justifiées, même dans les chansons.

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