‹ L'Italie est-elle la terre des morts?Chapitre 17 sur 37 · CHANSON DE SOMMA · texte numérisé non relu

CHANSON DE SOMMA

Je levai les yeux au ciel et je vis une étoile;

En les baissant, j'en vis deux.

Dis donc, ta mère n'y est pas,

Descends, ma Ninette *, j’ai à te parler.

Au milieu de cette rue, il y a deux sœurs ;

Avec toutes deux je voudrais faire l’amour. Dis-donc, ta mère n'y est pas,

Descends, ma Ninette, j’ai à te parler.

1. Somma , petite ville des environs de Naples; beaucoup de chansons ont des titres analogues : Chanson (T A mal fi, de Sorrente, etc., ou bien la Procidane, la Palermitaine , comme chez nous la Marseillaise .

2. Nennella, petit nom d’amour : je traduis par une assonnance.

LA POÉSIE POPULAIRE

Ahî si le ciel m’avait destiné une des deux Pour femme, ou au moins pour belle-sœur!

Dis donc, ta mère n’y est pas,

Descends, ma Ninette, j’ai à te parler.

Voilà qui est assez élégamment marivaudé; mais la grâce n’est pas la seule qualité des poètes populaires. Ils ont encore une sorte de fantaisie bizarre qu’ils doivent peutêtre aux anciennes incursions des Sarrasins. Ils aiment , d’ailleurs, follement les contes arabes.

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