A LÉOPOLD II
« Seigneur, en retirant son aiguillon sévère, la muse te parle aujourd’hui haute et sûre, la muse qui t’a blessé d’àcres piqûres, pour le triomphe de la vérité.
ï Qu’un exemple nouveau soit donné maintenant! Tourné avec son peuple des vieux chemins au but glorieux, que le libre prince écoute le poète libre !
« Silence aux accusations et h l’ombre du passé, fatale réciprocité d’orgueils et d’amertumes! Une dure léthargie nous a tous accablés , nous nous sommes trompés tous
« Et maintenant il convient h tous, avec une émulation plus digne, de renoncer aux misérables doutes et aux paroles amères. Pour les nobles devoirs de la vie nouvelle , soyons nouveaux aussi ! etc. »
On s’en souvient, l’Italie marcha vite. Elle courut en quelques mois des réformes aux constitutions, des constitutions aux utopies. Giusti fut de ceux qui s’arrêtèrent à mi-chemin. Nommé député au parlement de Florence, il s ’assit à gauche , mais ne fit pas de discours et votait avec les ministres. Il fut modéré, tranquille, croyant à l’Italie, à la liberté ; cessant, comme il le disait, de sonner le glas des morts pour agiter la cloche des baptêmes. D’autre part, il retenait les exaltés et combattait, même en vers, la République. Contre la petite presse enragée de Florence, il laissa fonder, sous son inspiration, une feuille satirique et sage, h laquelle il donna le nom d’un curé légendaire, un peu rabelaisien, très-bon homme et humant volontiers le piot : Pievano Arlollo. En même temps, il faisait la guerre aux gazetiers, d’une * voix haute et ferme, dans une satire que je veux encore
GIUSEPPE GIUSTI
citer, parce qu’elle nous montre ce que Giusti devint, & la fin de sa vie. La pièce est de 1848.
« Je dédaigne, en prolongeant mes attaques, de rendre plus misérables encore les splendides misères de ceux qui vacillent en haut. Je dédaigne les lâchetés astucieuses de ceux qui insultent le cadavre de l’orgueil tombé.
« Ni bassesse insultante qui montre au doigt l’homme en face, ni flatterie éhontée ne saliront ma plume — ma plume qu’élève à un vol plus libre le frémissement de libres audaces.
« Oh! si parfois, dans la fougue aveugle des premières idées, la rime dévie dans le sarcasme personnel — oh ! alors aide-moi, plein de honte, à déchirer mes pages, ô chaste amour de l’art !
« Que le rire triste ne ricane pas, empoisonné de haine ou d’envie ! Que l’ambition déçue ne déflore point l’ingénuité de la muse vierge !
« Dans l’utile silence des jours d’assoupissement , j’osai, d’un aiguillon périlleux, tenter la foule. J’osai me retirer quand tomba Séjan et que surgirent les Brutus bavards.
« Avec eux, des Lycurgues et des Socrates, des Gâtons, des Cincinnatus et des Gracques ont pullulé, nés dans l’oisiveté de l’oisiveté même, comme aux plaines molles poussent les champignons, excroissances corrompues du sol qui bout.
« Hélas! transportée dans le mobile éblouissement de l’espérance, elle ne vit pas alors la vanité d’une arrogance facile, ma pauvre âme pleine d’illusions, qui s’abandonne à croire le bien qu’elle désire le plus !
« Et ce lui fut joie d’ouïr les cris de fête soudains, universels, et de voir disparaître dans la nuit la
GIUSEPPE GIUSTI
tourbe sans honneur, et moi, satisfait et sûr, poser l’aiguillon qu’il m’est dur de reprendre.
« O liberté, frein magnanime et sévère, désir de tous ceux qui honorent avec toi l'honnête et le vrai, si de ton vieil ami, solide toujours dans l’âme, vit l’ancien amour;
« Dirige au terme accoutumé ma main et ma parole quand sur des pages satiriques ma chaude pensée a pris l’essor, — et quand, dans les lices civiles, je m’arme pour défendre mon pays combattu....»
Il dédaigne , ajoute-t-il , les flatteries du peuple, comme il a repoussé jadis la coupe de Circé dans les salles des rois ; puis, se tournant vers l’Italie , il s’agenouille devant elle avec respect, lui demandant pardon pour ses enfants égarés et pardon pour luimême.
J’ai cité bien des vers de Giusti, mais je n’ai pas donné le quart des meilleurs. Si j’avais un volumeàlui consacrer, je trouverais encore vingt pièces à traduire tout entières : entre autres les Instructions à un Émissaire (1847), satire pleine de finesse où le poète trouve moyen de fustiger à la fois les gouvernements italiens, les gouvernements étrangers, les démagogues, les utopistes, les intrigants , les espions de tous les partis et le tripotage universel. Je citerais la République (1848) contre les républicains; la Résignation contre les résignés; la Delenda Carthago, où il dit son rêve en deux mots : L’Italie et pas d’Autrichiens ; la Guerre, contre l’utopie de la paix; les Humanitaires , contre l’utopie/ de la fraternité; Gl'Immobili c 1 Semovenli (les Immo / biles les animaux qui remuent par eux-mêmes) caricature excellente du positivisme mécanique qui voudrait régenter l’univers :
« Le pacifique époux, y est-il dit, proposant pour
GIUSEPPE GIUSTI
problème la paix domestique , avec sa tiède compagne, supputera sur l’ardoise les devoirs conjugaux et l’architecte Hymen leur donnera des enfants d’ordre composite.... Certains verbes comme aimer , tolérer, éclairer sont des formules d’algèbre, voilà tout.... Allons donc ! Donnez-moi de bonnes -grosses têtes arrondies au compas , et vive la mécanique ! »
Giusti finit tristement. Traité de réactionnaire et de renégat par ses amis d’autrefois , il disait d’eux avec amertume : Ils ont donc oublié que du temps que je parlais, ils se taisaient tous.
Il eut la douleur de voir ses nouveauxe nnemis, les violents, s’emparer du pouvoir en Toscane. Il eut la douleur plus amère encore de voir son pays occupé par les Autrichiens. Il était malade et se sentait mourir.
Ses derniers vers imprimés sont de 1849. Il les composa pendant un de ces instants de répit que lui laissait son infirmité mortelle. Il souffrait un peu moins, et il en bénit Dieu. Vaut-il mieux s’en aller ou rester ? dit-il au Seigneur : je n’en sais rien, mais vous le savez; que votre volonté soit faite! J’accepte, je vous remercie et je suis content. Il m’est défendu de sortir, je m’y résigne, je ne suis ni hôtelier ni ministre d’État. Il ne me déplaît donc point de ne pas voir de Tudesques '.
J’ai un autre sonnet de lui, plus récent et encore inédit; j’en fais hommage à l’Italie. C’est une improvisation sur deux rimes obligées, exercice qui a souvent tenté les poètes d’outre-mont. L’ami de Giusti qui m’a communiqué ce sonnet m’assure qu’il l’a composé
1. Jechoisis ce mot deTudesques, parceque c’est celui qui consonne le mieux avec l'italien Tedeschi.
GIUSEPPE GIUST1.
quelques heures seulement avant sa mort. Les rimes sont G rail Duca et Tedcschi; voici le texte italien:
Una volta il vocabolo gran duca Sono diverso a quello di tedeschi,
E un buon Toscano che dicea gran duca,
Non si credette mai di dir tedeschi.
Ma l’uso in oggi alla voce gran duca Somiglia tanto quella di tedeschi,
Che tedeschi significa gran duca,
E gran duca significa tedeschi.
Ed in vero, la gente del gran duca Tien sidi conto quella de’ Tedeschi,
Corne se proprio fossero gran duca.
E il gran duca sta su per i Tedeschi.
E i Tedeschi son qui per il gran duca ;
E noi paghiamo gran duca e Tedeschi.
Voici une traduction littérale de ce sonnet; elle fait à peu près des vers français : ce n’est pas ma faute.
Chacun trouvait jadis au mot grand-duc,
Un autre son qu'à celui de tudesque :
Jamais alors, quand il disait grand-duc,
Un bon Toscan ne crut dire tudesque.
Mais maintenant le terme de grand-duc Ressemble tant à celui de tudesque,
Que pour tudesque, on peut dire grand-duc,
Et pour grand-duc, on peut dire tudesque.
Et, vrai, l’on a chez les gens du grand-duc Tant de respect pour les gens du Tudesque,
Que le Tudesque a l’air d'être grand-duc.
Le grand-duc est debout par le Tudesque ,
Le Tudesque est ici pour le grand-duc Et nous payons, nous, grand-duc etTudesque.
Giusti fit ces vers dans le palais de son fidèle et
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généreux ami, le marquis Gino Capponi, qui l’avait accueilli pendant le rude hiver de 1849 à 1850. La phthisie faisait des progrès effrayants. Le malade paraissait tranquille et gai, mais il savait que son heure était proche. Enfin, le 31 mai, dans une crise violente, il mourut en crachant des flots de sang. Il avait quarante
ans et neuf mois.
\Le maréchal Radetzky est mort presque centenaire.
les lombards. — Les deux écoles littéraires. — Catholiques et protestants. — Le catholicisme romantique. — La conversion de Manzoni. — Berchet : Il Rimorso. — Tommaso Grossi : La Fuggitiva, la Rondinella . — Silvio Pellico. — Le journal bleu.
— L’opinion littéraire de l’Autriche. — Manzoni, artiste catholique, réformateur sans le vouloir. — Le Cinque ilaggio.
— Ceux qui se résignent.
Mais tous les poètes italiens ne sont pas morts jeunes. Si Giustinous a quittés avant le temps, ses amis lui survivent, même ses aînés, même ses maîtres; et, en particulier, les deux plus illustres, Alessandro Manzoni et Giovan-Battista Niccolini.
Arrêtons-nous un instant entre ces deux vieillards, qui sont les patriarches de la poésie en Italie et même en Europe, maintenant que leurs contemporains et leurs émules, Schiller, Byron, Goethe, Chateaubriand, Béranger sont descendus un à un, devant eux, dans la mort.
Montons d’emblée sur les hauteurs où sont les chefs pour dominer les mouvements des armées. Vues de là haut, les évolutions poétiques de l’Italie moderne se simplifient à merveille et s’embrassent d’un regard.
Et d’abord constatons un fait admirable. En Italie tous les hommes supérieurs de notre temps, qu’ils soient agenouillés devant l’autel ou debout sous le ciel ouvert, enfermés dans la solitude ou lancés dans le monde, hommes de pensée ou d’action, poètes, historiens, po-
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litiques, soldats, prêtres même, appartiennent au parti de l’indépendance et de la liberté. Tous.
Seulement, dans ce parti, les dissentiments sont nombreux : il ne peut en être autrement, aujourd’hui du moins, sous un drapeau libre. L’unité ne peut s’obtenir à cette heure que par l’asservissement; un jour viendra peut-être où elle s’obtiendra par l’amour.
Les sectes, les écoles surabondent, mais j’en vois deux qui dominent les autres, les séparent et les groupent en deux camps marqués ; je pourrais leur trouver des noms ingénieux qui seraient fort goûtés quoique peu compris; j’aime mieux prendre les plus nets et les plus francs : protestants et catholiques.
Il va sans dire que j’enlève à ces mots leur rigueur dogmatique et leur sens exclusivement religieux; je les étends et les applique à la philosophie, à la politique et à la morale. J’appelle catholiques les libéraux néoguelfes qui, voyant l’ennemi de lTtalie h Vienne seulement, voulurent armer contre lui la Rome moderne. J’appelle protestants les libéraux néo-gibelins , si l’on veut, qui voyant l’ennemi de lTtalie non pas à Vienne seulement, mais à Rome, voulurent armer contre lui l’intelligence affranchie de la nation.
En poésie, les premiers furent romantiques. Ils restauraient le moyen âge et son catholicisme gothique et résigné. Vivant à Milan, sous l’oppression étrangère, et ne songeant qu’à s’en délivrer à tout prix, en désespoir de cause et pareils à ces malades aux abois qui se jettent dans les bras des homœopathes, ils espéraient se guérir des Autrichiens par la cour de Rome, similia sirnilibus.
Les autres restèrent sous l’inspiration virile de l’antiquité. Ils furent classiques. Ils vivaient à Florence, sous un despotisme assoupi qui les laissait faire ; ils avaient
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la liberté de tout espérer, même celle de tout craindre et de fuir, en un mot, Charybda sans tomber en Scylla.
Ainsi deux écoles, l’une catholique et romantique, l’autre classique et protestante ; deux mouvements littéraires bien marqués, celui de Milan avant 1820, celui de Florence avant et après 1830; deux chefs enfin qui survivent et sont de très-grands poètes , Alessandro Manzoni et Giovan-Battista Niccolini.
Des premiers, j’ai peu de chose à dire : on les connaît assez. Manzoni n’a pas besoin de moi pour être célèbre. Tous ont lu ses Fiancés , ses tragédies, ses odes. Sa vie et ses œuvres ont été très-nettement résumées par M. Charles Didier dans la Revue des Deux Mondes (I er septembre 1834). On sait qu’il est né en 1784 et que sa mère était la fille du marquis Beccaria, l’auteur des Délits et Peines. De son grand-père maternel, il hérita quelques antipathies étranges, contre Parini, par exemple, ce railleur élégant du siècle passé. L’enfance de Manzoni n’est pas moins connue. Il aima la poésie dès ses plus jeunes années. On raconte qu’un jour, aux examens de l’école où il faisait ses premières études, et devant une assistance nombreuse et illustre, il alla de lui-même tout droit k Monti qui régnait alors en poésie et lui baisa la main. Les deux poètes furent liés plus tard : le maître corrigeait les vers du disciple et les gâtait.
Dès ses débuts, Manzoni attira l’attention des hommes supérieurs de son temps. Il écrivit une épitre à sa mère sur la mort de leur ami , le comte Carlo Imbonati. C’était en 1806, il avait alors vingV-deux ans. Ugo Foscolo saisit au vol un passage de cette épitre : six vers sur Homère, et les cita dans une note en ajoutant ce mot qui était une prédiction : « Poésie d’un jeune talent né pour les lettres et chaud de patriotisme. »
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Les opinions littéraires de Manzoni sont nettement exprimées dans ses livres. Il aima d’emblée Virgile et Tibulle; Horace et Ovide lui déplaisaient, Dante et Alfieri étaient ses dieux. Une seule chose lui semblait difficile à digérer dans ce dernier poète, que le père dût assommer ses enfants pour les soustraire à la tyrannie. « Cependant, écrit-il, j’avalai encore celle-là. »
Mais quand le romantisme, importé d’Angleterre en Allemagne par Lessing, et d’Allemagne en France par Mme de Staël, passa les Alpes après nos armées et tenta sa pacifique invasion, le jeune poète, qui n'aimait pourtant pas Byron , se prosterna dévotement devant Shakspeare et Goethe. Il était d’ailleurs admirablement prédisposé à cette influence nouvelle qui venait- s’imposer à lui.
On s’en souvient, le romantisme est né catholique ou, du moins, il l’est devenu dans notre siècle, quand il s’est levé, comme école, contre les traditions du siècle dernier. En Allemagne, les Schlegel et Novalis s’étaient convertis au moyen âge ; en France, la campagne commença contre Voltaire et la Révolution. Chateaubriand, Lamartine, Victor Hugo, Balzac, tous nos maîtres étaient pour le trône et l’autel. Les libéraux, l’Académie, Delavigne, Béranger, restaient voltairiens et classiques.
Plus tard, jp4e sais, nos poètes ont marché avec leur temps. Le romantisme est devenu républicain avec les romantiques, et il a reconnu récemment qu’il avait travaillé, par l’affranchissement de la forme, à l’affranchissement de la pensée. Pour ma part, j’en suis bien aise, mais je rappelle seulement qu’à son origine il voulut faire tout autre chose , et qu’il repoussait la renaissance dans le moyen âge et l’antiquité dans l’Orient.
Or, Manzoni, d’abord athée, à ce qu’on dit (le mot
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est peut-être dur), avait épousé vers 1810 la fille d’un banquier genevois qui essaya de le rendre chrétien. Elle finit par séduire à la foi la conscience du poète, mais elle l’apprivoisa si bien qu’elle lui coupa les ailes et se les laissa couper à son tour, tant que gênés tous deux dans la liberté du christianisme, ils s’enfermèrent bientôt, l’un poussant l’autre, dans la servitude plus commode des dogmes romains.
Ce n’est pas que Manzoni fût jamais un parfait orthodoxe. Il lui resta quelque chose de l’influence protestante qu’il avait subie : un souffle allemand ou plutôt écossais l’emporta plus d’une fois au delà de la volière, et, dans la religion que sa ferveur avait embrassée, on le surprenait moins souvent abattu sous l’autorité qu'exalté par l’amour. Mais il n’en fut pas moins le poète catholique de l’Italie', et je sais plus d’une âme retenue dans le giron de l’Église par le sacerdoce idéal qu’il a rêvé dans ses Fiancés.
Manzoni se mit donc, et de tout cœur, sous le drapeau romantique. Mais ce n’était pas lui qui l’avait levé. Le poète Berchet avait le premier jeté le gant aux traditions de l’école en traduisant la fameuse ballade de Bürger. Vous vous rappelez cette Lénore emportée au galop, à travers monts et bois, sur un cheval furieux : « En avant! en avant!... les morts vont vite. »
Nous ne connaissons pas Berchet ; ce fut pourtant un patriote et un poète. Il était de cette formidable éruption de 1820 dont le sol italien tremble encore. Nous l’avons entrevu en France, fugitif, irrité, la bouche pleine de malédictions contre le carbonaro couronné qui avait failli à sa tâche. Et nous l’avons oublié, comme nous oublions tout. Et pourtant ne fût-ce que par son nom qui appartient à notre langue (il était Français d’origine) il méritait un souvenir. J’ai là son volume sous
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les yeux, c’est un petit livre qui brûle. Il chanta la bataille de Legnano, la déroute de l’empereur Barberousse, c’est le plus glorieux souvenir des Italiens. Toutes les fois qu’il put élever sa voix contre l’oppression étrangère, il le lit avec des cris de rage que nous ne savons plus jeter aujourd’hui. Ecoutez cette pièce, il Rimorso,