‹ L'Italie (volume 3)Chapitre 30 sur 41 · I. A STEZIA · texte numérisé non relu

I. A STEZIA

Nous avons quitté Carrare et ses inépuisables carrières de marbre. Nous nous engageons dans un pays sauvage , accidenté, dans lequel la nature et les hommes ont jeté çà et là l’un des vallons, des montagnes , des rochers :

les autres des chaumières et des châteaux. Tenez, arrêtons-nous ici: nulle part vous ne trouverez de site plus pittoresque. Voici à gauche et à droite des hauteurs formidables ; celles de droite sont couronnées d’édifices modernes ; dans la vallée qui s’étend à vos pieds coule un joli fleuve aux mille replis sinueux , tandis qu’au fond du tableau, au milieu des jours que laissent entre eux les mamelons d’une infinité de collines , vous apercevez un immense horizon brumeux, où vous voyez luire, de temps en temps , de larges écailles lumineuses. C’est la mer éclairée çà et là par le soleil (PI. 2 53 ) .

Cette belle avenue d’acacias que vous apercevez là-bas, va nous conduire à la Spezia.

Le golfe qu’on appelle ainsi était autrefois, dit -on, le port célèbre de l’ancienne ville de Luni , une des plus florissantes colonies étruriennes qui fut engloutie par les eaux de la mer. C’est là que vinrent jeter l’ancre les flottes nombreuses des Orientaux, qui imposèrent leur gouvernement, leur religion et leurs mœurs aux Aborigènes , habitans de cette portion de 1 Italie.

La Spezia était appelée, sous l’administration française, à de hautes destinées. Mais ce vaste établissement militaire et maritime,, cet Anvers de la Méditerranée, projeté par Napoléon, ne pouvait être créé à la Spezia même, car la profondeur des eaux qui baignent son rivage a été fort diminuée par desalluvions successives. Une position superbe serait le plateau qui domine les anses de Castagno , de Porto- Venere , de Varignano et des Grazie.

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