‹ L'ItalieChapitre 15 sur 56 · E A NAPLES. S · texte numérisé non relu

E A NAPLES. S

Porto d'Anzio, qui a remplacé Antium, ca]iilale des Volsques, à l'eitrémité de ces marais Pontins pestilentiels qui tirent leur nom de Pometia, cité antérieure à Rome, et qui n'existe plus.

Surcetleirrèveoù s'élève aujourd'hui la tourd'Astura, élailautrcfois unpetit port où Cicéron s'embarqua pour se rendre à sa villa de Formianum, le jour où il fut assassiné. Dans ce même lieu , Conradin fut surpris et arrêté victime de la trahison de Frangipani, seigneur d'Astura , chez qui il était venu cbercber un asile.

Enfin voici' Terracina , dernière Tille sur la plage, et lisière maritime des états pontificaux. C'est ici que commence vraiment le midi. |

Fondée par les Volsques, sous le nom d'AQXur,et plus tard,recevBnt des Grecs celui de Trachina , elle enclaTait dans son contour une portion de la colline qui la borde au sud, et qui maintenant est couverte d orangers, de citronniers et de cactus. Les Romains en avaient fait un lieu de délices.

Horace, dans son voyage de Brîndisi , n'a garde d'oublier Anxur,

lilHU Aaxur.

Hoi.,

■nxurs-

élovcc le

! roclier.

TruJ

. de Dan

Qu'est devenue tant de splendeur ?

Terracine est aujourd'hui un relai de poste.

Ne vous livrez pas, me dit Edouard , à d'inutiles regrets sur les révolutions que le temps peut amener. Vous n'en êtes qu'à la première page de votre voyage, et d'autres émotions vous attendent. Vous parcourrez des plages désertes où furent autrefois des peuples vaillaDslDes villes entières ont

disparu de la surface, de la terre, et c'est la pioche à la main qu'on parvient à en retrouver les vestiges. D'autres , dont il ne reste, et de leur puissance et de leur fortune , que quelques pans de murailles recouverts de lierre etde plantes parasites , Gumes, Herculanutn^ Pompeï sont là pour émouvoir votre âme, et donner carrière à votre imagination. Hélas! un sort pareil est réservé peut-être aux nations qui foulent aujourd'hui le sol de l'Europe !

Nous touchons à Monte-Gircello , promontoire élevé, à l'extrémité des marais Pontins. Les lagunes dont il est environné peuvent aisément le faire prendre pour une tle : c'est ce qui aura donné lieu à la fiction de Virgile ; et , d'après lui , à l'erreur d'autres auteurs qui pnt voulu y recounattre la fameuse lie de Circé.

Ici finissent les plages romaines, bas-fonds redoutés des navigateurs , et où la lame trop courte dans les gros temps doune aux navires des ressacs qui les fatiguent. Cette raison est une de celles qui ont fait abandonner tout ce littoral. Les bateaux plats des anciens y manœuvraient à l'aise ; mais nos bâtimens modernes, avec leurs quilles tranchantes, y seraient exposés à de trop grands dangers.

Ce raisonnement termina une conversation assez longue entre Edouard et moi , et dans laquelle nous avions , après bien des points débattus , cherché à examiner si , à l'aide de bonnes lois , et profitant de la position de Cività-Vecchia, on ne pourrait pas y faire prospérer le commerce, en faisant de cette ville un entrepôt général; mais ce plan offrirait des difficultés insurmontables. Cività-Vecchia, Porto Ercole et autres ne peuvent] être que des ports de sauvetage, un refuge

contre la tempête pour les bAtin marchands.

Nous parlions encore quand un i dent ramena mon attention sur le vire.

L'on avait amené le pkvillonen i de salut. Capitaine et matelots^ s'agenouillaient sur le pont , en s gnant, le regard fixé sur le son d'une colline qui se dessine en fesl Le moment était peu favorable questions; comme étranger, Édo ne pouvait m'étre d'aucun sea ma curiosité était trop excitée m'arréter à de vaines considérât] et je pris le parti de m'adresser gros moine, véritable type ducoui qui s'était déjà montré obligeai joyeux compagnon. De la meiU grâce du monde il voulut biei donner tous les détails que je dési

— « C'est l'église de la Trinité l'équipage vient de saluer avec taj vénération , vous l'apercevez sur < cher. Elle est hors de la ville de G bâtie à l'est, sur le versant de montagne. Le jour de la mort de f ce rocher se fendit en trois partie l'honneur de la Sainte -Trinité gros bloc tombé dans sa princ fente, s'y arrêta et servit de base ï chapelle du Crucifix, fort petite vérité, mais fort élevée, sous laq vient se briser la mer. Cette chap des plus anciennes , fut rebâtie en i par Pierre Lusiano de Gaëte. EU le seul exemple, même dans ce de merveilles, d'une construction hardie , et dans une situation étonnante. Pour la préserver d'êti gloutie dans l'abtme sur lequel el suspendue , on l'a assujettie p:

fortes chatnes en fer qui la retieni mais ce l'empêchent pas d'être b cée par la vague.

» Elle est en grande vénération

DE LIVOURN royaume , el les fidèles j âccoii-

e toutes parts, chargés de riches

les.

on vous montre sur une des pa-

sla Etroite lempreinte d'uncmiiiQ ;

L'un Tufcqui avait blasphémé en

ppant. Sa main y resta attacliée,

l'à ce qu'il eut abjuré; converti à chrétienne, elle lui fut rendue, l'empreinte en est restée pour

îfer le miracle.

ht j Ut. DU distique latin qui le

Ile et l'expUque. »

M •■■* *trtim nmait çaod/aima /alttur tt,atioc,Jigùit, taxa HqualaprohaHl.

tm ine impie nie la rérité d'nn fait qae (■SMC coDfnse, maù le rocher lamoUi I pcr me empreinle mÏTacnletiM. •

■S commencions à distinguer . I>e spectacle majestueux du fimmit au moine matière à dér son érudition.

Toyez àcôté de pauvres maisons lies, ces ruines imposantes de mctions romaines. Là est cette ôannm, lieu de retraite de Cicéoîi Tenaient se délasser quelf|ue- Scipton et Lélius : \ un mille et dans les terres, l'on vous monun s.ircopbage, qui marquerait ce où fut assassiné Cicéron , lorsnltaît chercher à Rome un refucie eles fureurs il'Antoinc. Ces temps t aussi leurs jours de proserip-

.e fort de GaL-te, dont les fondafurent jetées par Antonio le : , est en demi -cercle, ouvert ment du côté de l'est, et revêtu aux quais garnis d'artillerie, avec ues ouvrages av.incésdans la mer.

rt, au-dessus de la ville, fut consous Frédéric 11 et Alphonse agon , et augmenté par Ferdiet Charles- Quint, leurs succcs-

EANAPLES. 5

seurs. Ce dernier, en Jentourant Gaëte de fortes murailles, la rendit une des clés du royaume. Il la forli (la tellement, que jusqu'en 1807 elle fut regardée comme inespucnable du côté de la terre. A celte époque elle fut prise par les Français, commandés par Masséna.

X Un autre siéjre, soutenu en i8i5 contre les AniçlaiB et les Autrichiens réunis, en a fait un monceau de ruines.

■ L'on a conaerré dans une deschan^ bres du cbiteau les restes du connétable de Bourbon, tuéausi^edeRome en 1 538. Jusqu'à ce que, en 1767, Ferdinand I". tes ait fait ensevelir avec toute la pompe due à un prince de sa maison.

■ Leclocherdela cathédrale, dédiée à Saint-Erasme, continua le moine, est remarquable par sa hauteur et par son élégante construction. La ville le doit à Frédéric Barberousse. On conserve d:ms cette église l'étendard donné par le pape PieV, à D. Juan d'Autriche, et un superbe tableau de Paul Véronèae; elle renferme en outre une des colonnes du temple de Salomon , et autrefoison y voyait un baptistère en marbre de Paros, surlcquctest sculpté Baccbus que Mercure remet, au moment de sa naissance, entre les bras d'Ino. Ce bas-rdief de Salpion l'athénien a été depuis peu transporté dans le musée de Waples, où il est sous le nom de Tazza <ïi

■ A côté d'une des petites portes est un groupe antique fort bien composé.

La fici

; pnncip

lie est un vieillard

qui pose le pied sur un chien couché en partie sur une tête de mort. Un serpent se tortille autour delà jambe et du corps du vieillard, étala léte posée sur lu sienne qui est surmontée d'un aigle. Ce groupe emblématique représente la vieillesse, qui, malgré la

lutrefois indépendante h aiion dcsesducs, famille

I et puissante, qui .1 fourni à

fameux cardinal Cajélan , vlH. Elle fut réunie au rc uc de Nazies , et ses princes reçurenc en échange des terres dans I'îd-

■ Remarquez qu'elle est encore plus oncienne que Rome, puisqu'Énéc en tait le tombeau {le sa nourrice , et lui donne son nom qui l'a illustrée à jnluais.

Tu i/unqat lillarlim neiMs, Miuia nutrix, /fiicmam morleaifamam , Cojda, dtdUlii

Uaperld in nugad, il qiià tit co glofia, lignât.

■néiraiion de» mèdc- coindeterrequin'ailinspirédesctanti culerle terme de la aux poêles. Les vers latinsqu'ilmWaif récites avec sa prouoncialion italienne, produisirent sur moi un efTet sing^ulier. Cette prosodie naturelle et forlcmoil accentuée, cette vibration de sj'Ilnba pleines et sonores, ces u changés eo ou, tout leur donnait une harmonie qui m'était inconnue. Je crus enteDiJre du latin pour la première foîs,piwnonce par Virgile lui-même.

La plage se déroule en demi-cercle et DOUE permet de distin^er Molï di Gacle, gros bourg bùti sur la ruines de l'antique Formie, ville da Lestrigons dont parle Ovide, et qui poi> sédnit un porl dont les ruines subsistent. Elle fut détruite en 856, parla Sarrasins, et ce sont maintenant du pécheurs qui habitent Mola.

Horace estimait les vins de Formie à l'égal de ceux de Faleme.

Au delà , dans les terres , à enviroii trois milles, sont les marais de Minturnes. L'imagination s'élançant dani les siècles reculés , évoque Marius.

£(le voit cet homme audacieux, obscur plébéien, devenir l'arbitre des destinées de cette ville , qai dicta ses lois aux nations. Elle le Toit fuyant à soa tour les proscriptions de Sylla; et à' Minturnes terrifiant de son regard et de sa parole le Cimbre envoyé pour l'égorger; elle le suit encore aux ruines de Cartbage, et prononce ce vers :

El ces deux grands dëbrb se consolent entre eu 1

La manœuvre du bâtiment nom porte au large, et nous fait rabattre sur un arcliipel dont les SIes, de formes variées , découpent admirablementl'horison, Ponza, Palmarola, Zancone, Ventotenaet S". Stefano. Pline nomme ces îles CEnotrides . Elles ont été successivement habitées par les Tyrrhéniens et les Grecs.

• Et toi , At mon héros noarrice bien aimée , t De 1101 Uords, eu mourant , ta tU la renommée, > U Caille 1 et ton nom prot^e ton cercueil, t tjuo l'aatitiae Uespécic lionore avec orgueil. ( Tnd. Je DtliUe. )

• Sur le sommet delà colline est le mausolée deLuciusMunaLiusPlancus, fondateur de Lyon. Il date de seize ans avant l'ère chrétienne. Une fausse interprétation de l'inscription avait fait croire que c'était un temple à Saturne ; mais sa forme, semblable au monument de la famille Metella à Rome , a prouvé que ce n'était qu'un tombeau, Le vulgaire l'appelle la tour de Roland. .

Je remerciai le moine de sa complaisance. Commandi il suo servo, ■ Commandez à votre serviteur ■ , me répondit-il. Ge{te formule est très-usitée à Cfâples, m'a-t-on dit.

J'avais écouté avec la plus vive attention ce récit, qui m'avait fort intéressé. Les Italiens aiment à parler de leur pays, dont l'ancienne gloire semble rejaillir sur «as , et dont il n'est pas un

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