‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 122 sur 184 · LE PODESTAT ET LA NODLE-SE · texte numérisé non relu

LE PODESTAT ET LA NODLE-SE

l'homme de la nécessité violente. Alors, chez lui, le rôle de juge est secondaire. Entre les deux partis, il tranche les questions plutôt qu'il ne les résout ; mais, représentant de la révolution, c'est surtout contre les châtelains (devenus citoyens) que tombent ses coups. Le dictateur efface le juge.

Ainsi, la dictature révolutionnaire du podestat domine quelque temps la lutte entre les citoyens et les concitoyens, entre la noblesse et la bourgeoisie.

Nous avons vu qu'à la fin du douzième siècle, la noblesse, après avoir été vaincue dans ses retraites féodales et contrainte de faire alliance avec la bourgeoisie, avait tâché de regagner dans la cité le terrain perdu dans la campagne. Trop heureuse d'abord d'être admise à la participation des droits civiques, elle reprit peu à peu une importance très-grande dans le gouvernement de la commune et finit par s'emparer du pouvoir.

La noblesse sut profiter, pour atteindre son but, de toutes les circonstances. Le premier et plus puissant concours lui vint du parti impérial qui avait tout intérêt à ne pas laisser les communes trop s'habituer à la liberté républicaine. Les empereurs, afin de détruire l'ancien royaume, avaient antérieurement favorisé la révolution bourgeoise contre les châtelains. Une fois cette œuvre de démolition accomplie, les empereurs ne demandaient pas mieux que de restituer à la classe aristocratique une influence qui fit conlre-poids à la puissance envahissante de la démocratie.

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