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258 I/INTOLËRÂNGE DES CHRÉTIENS.

pression beaucoup plus terrible que tout ce qui s'était pratiqué en fait d'intolérance religieuse avant FÉvangile. Dans le Ciel antique il y avait un nombre si considérable de dieux et de déesses; ces habitants de rOlympe avaient été si complaisamment façonnés selon les faiblesses et les passions des hommes; les cultes qui leur étaient consacrés offraient, par suite, une telle variété, que la diversité des goûts et Famour du changement y trouvaient une source inépuisable de jouissances : speclacles pour les yeux, douces émotions pour les cœurs; sans parler des traditions grossières qui flattaient les plus bas instincts de la foule.

Quelques esprits sublimes, et très-rares par cela même, s'élevaient au-dessus de ces cultes vulgaires, et cherchaient dans le domaine de Tidéal le Dieu inconnu. Ils payaient de leur vie cette audace.

Mais la multitude, qu^auiait-elle envié de plus, quand tous ses désirs et même tous ses délires recevaient une justification pieuse et une consécration légale dans ses innombrables fêtes publiques et privées^? C'était donc sans effort qu'elle se conformait

* L'an 177, le juge, avant de condamner saint Epipode au martyre, lui tient ce langage : « Nous honorons les dieux par la joie, les festins, la musique, les jeux, les divertissements. Vous adorez un homme crucifié, à qui on ne peut plaire en jouissant de tous ces biens. Il rejette la joie; il aime les jeûnes et la chasteté stérile, et condamne le plaisir. Quel bien vous peut faire celui qui n'a pas su se garantir de la persécution des plus misérables? Je te le dis afin que tu quittes l'austérité pour jouir du bonheur de ce monde, avec la joie qui convitjit à ton âge. » (Fleury, Hist. eccléê., t. I, p. 550, 351.)

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