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L'Italie moderne

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INTRODUCTION

^ Cet ouvrage a pour but d’étudier l’évolùtion da l’Italie moderne.

Nombreux sont les écrivains ayant tenté avanie nous, de déterminer les causes et de caractériser les phases de cette évolution.

Mais lorsqu’il s’agit d’événements historiques^, soumis à tant d’erreurs et de déformations à travers les siècles et les passions des hommes, le plus constant souci d’équité n’empêche point l’analyste d’empreindre, malgré lui, de sa personnalité, l’appréciation des faits.

Tous les peut-être de l’écrivain, disait Renau, laissent encore place à tous les peut-être du lecteur. C’est cette série non épuisée de peut-être, concernant la question italienne, qui nous permet d’y revenir.

Les innombrables manifestations de la vie humaine se classent, nous le savons, en trois catégories ; aspirations à la vie matérielle, àc la- vie

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morale, à la vie rationnelle. Tous nos actes, toutes nos croyances, toutes nos études tendent à satisfaire Tune ou l’autre de ces aspirations.

A la base des préoccupations matérielles, nous trouvons en sa plus large extension l’instinct de conservation de l’individu et de l’espèce.

Aux besoins moraux, correspond le sentiment : il préside aux religions et aux arts.

Les exigences de la raison conduisent aux recherches et aux observations d’où naît la science.

C’est à ce triple point de vue que nous voulons envisager l’évolution de l’Italie moderne, l’étudiant successivement dans son merveilleux accroissement matériel, dans son essor mystique et sentimental, enfin dans son développement scientifique.

Cependant, cette triple division que la synthèse historique impose, ne doit pas être entendue comme si. d’une période à l’autre, surgissaient des facteurs d’évolution absolument nouveaux, annihilant ceux du passé, étrangers à ceux de l’avenir.

Tout au contraire, le présent découle du passé et engendre l’avenir. L’évolution créatrice, dit Bergson, ne connaît point d’arrêt. Chaque époque fournit son appoint, mêlé au tribut des époques qui l’ont précédée et qui la suivront, comme la vague se mêle à la vague.

C’est pourquoi, au cours de l’évolution italienne, les trois aspirations fondamentales agiteront les

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hommes, alors même qu’ils sembleront exclusivement absorbés par l’une d’elles.

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Nous ne saurions aborder l’étude de l’Italie moderne sans rechercher les causes, matérielles et morales, de sa formation séculaire.

Il nous faut dégager de sa lointaine histoire les lois dont elle dépend nécessairement, puisque dire évolution c’est affirmer, au moins dans une certaine mesure, une conviction de déterminisme.

« Ce sont les morts qui vivent en nous »^.

Les gestes des vivants, leurs sentiments, leurs conceptions intellectuelles, nous ne pouvons les bien interpréter qu’en étudiant la lente accumulation des hérédités qui les ont préparés et les conditions dans lesquelles ils se développèrent.

Le passé demeure toujours présent dans la race italienne.

Au physique, la persistance du type est telle qu’une ressemblance saisissante s’observe entre les fresques de Pompéi et les habitants actuels du golfe de Naples. Cette analogie s’explique d’ailleurs par les influences du climat et par l’identité des usages qui n’ont presque pas changé depuis les descriptions d’Horace et de Virgile.

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