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graphiques ont subsisté, quoique légèrement mo< difiées.
Mais des facteurs nouveaux sont intervenus : facilité croissante des communications, fréquence des déplacements, relations continues avec d’autres races, etc.
Aussi, tout en conservant les trois divisions fondamentales adoptées au début de cet ouvrage, les verrons-nous se compliquer et se mêler de telle façon qu’une analyse précise de chacune d’elles devient presque impossible. On ne saurait fixer la ^ vie, éternellement changeante.
Quand il s’agira cependant d’individualités ou de collectivités qui, par leur spécialisation, auront conservé un caractère accentué, plus facilement analysable, nous nous efforcerons de retrouver la trace des manifestations originelles et de les suivre dans leur évolution.
C’est avec cette méthode que nous allons pénétrer dans le domaine de l’Italie contemporaine constituée par une révolution qui avait poursuivi ces deux buts : unification de la patrie italienne, abolition des privilèges de la noblesse et du cierge dans une monarchie démocratique.
Tous les efforts accomplis jusqu’en 1870 avaient tendu à l’unification de la patrie. Il fallut ensuite s’occuper de l’organiser.
L’Italie dut avant tout se pourvoir d’un organe
directeur pour présider au vaête effort qu’elle avait à poursuivre. Elle s’adapta la Constitution piémontaisé, en la modifiant par quelques dispositions puisées dans la législation française.
Le parlementarisme se trouva ainsi avoir une part excessive que des empiétements continuels ne cessèrent d’accroître, fait d’autant plus déplorable qu’un pareil régime, tel qu’il est actuellement pratiqué, doit aboutir à la tyrannie du nombre.
Nous avons si formellement indiqué notre peu de confiance dans cette loi du nombre, que l’on ne sera pas étonné de nous voir manifester un enthousiasme très restreint pour la méthode de gouvernement qui la synthétise. Nous avouons, toutefois, ne pas connaître, pour le moment, de forme meilleure capable d’être substituée à ce régime. Cela nous oblige à quelque indulgence envers lui.
§ 2. — Les ouvriers et l’oeuvre.
Au point de vue des doctrines, l’unification représente le troisième âge, qui se réclame de la raison seule, avec la prétention de la voir résoudre tous les problèmes de la vie. Elle se relie donc, à travers les siècles, à la seconde Renaissance dont elle réalise les espérances, et reprend les tendances, destructives des dogmes; elle procède de
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Fesprit de Voltaire et des Encyclopédistes, et aussi de Tesprit de Galilée, puisqu’on y retrouve comme bases les méthodes scientifiques expérimentales.
Ce grand mouvement national a été, nous l’avons vu, l’œuvre de la bourgeoisie, des cadets de famille, des juifs, des francs-maçons, des Piémontais; en un mot, de tous ceux qui pouvaient y trouver quelque intérêt.
Pour lutter contre les deux ordres privilégiés qu’elle voulait renverser, la bourgeoisie dut s’allier au peuple. Elle lui fit des concessions, surtout verbales, en lui promettant le paradis sur la terre. C’est là, en effet, le grand, sinon le seul moyen d’entraîner les masses. Elles semblent parfois se laisser émouvoir par des idéalités ; mais ces idéalités se traduisent pour elles en réalités tangibles, représentées à notre époque par les théories socialistes et syndicalistes.
Dans le socialisme, les foules voient le moyen de vivre sans rien faire. Le syndicalisme représente la même aspiration, mais plus impérieuse et refusant de se payer de mots. Tels sont les alliés, dangereux pour elle-même, que la bourgeoisie s’est donnés, afin de triompher de ses adversaires : la noblesse et le clergé.
Dans cette lutte, la noblesse, ayant perdu le sens de la solidarité de classe et toute discipline, a été complètement battue. Elle ne représente plus l’an-
cien idéal qu’elle personnifia jadis. Le clergé, au contraire, reste toujours puissant. C’est qu’il représente un idéal constamment vivant dans la conscience des masses et garde lui-même une énergique discipline.
Le principe dont se réclament la bourgeoisie et ses alliés, c’est, nous l’avons dit, la loi du nombre assurant la prédominance de la quantité sur la qualité, prédominance qui ne perd actuellement aucune occasion de s’affirmer, par la tutelle de l’État, sur toutes les branches de l’activité. La masse hait instinctivement, et jusque dans son propre sein, toutes les élites, parce que l’élite représente un plus grand effort.
C’est en vertu de cet instinct que le régime démocratique réprouve le travail à la tâche ou à la pièce, ne veut d’avancement qu’à l’ancienneté, réclame l’épargne imposée, l’assurance obligatoire; en un mot, tout ce qui dispense l’homme d’un effort personnel.
A un tel régime ne peuvent donc être équitablement attribués les progrès immenses accomplis par l’Italie depuis un demi-siècle. L’élite seule crée le progrès.
Le système démocratique présente un unique avantage, c’est de procurer à toutes les énergies le moyen de se manifester. Encore n’est-ce là qu’un avantage théorique car, dans la réalité, les valeurs