‹ L'Italie (volume 4)Chapitre 10 sur 25 · I — - — I II * '■ ■ W · texte numérisé non relu

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(i) Le roi , à là restauration , envoya d'abord le prince „ son fils pour voir comment allaient toutes choses. Le prince revint enchanté des beaux palais qu'iUretrouva à, la place de ceux qu'ils avaient laissés dégradés et mal meublés, et il s'écria en présence de plusieurs courtisans r Ah ! papa mio , si vous étiez seulement resté absent dix ans de plus!

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port, et oti les a laissés précisément comme ils étaient quand elle les occupait. Les boîtes sont encore sur sa toilette; une miniature de

! son neveu , le petit Napoléon , attachée par un

ruban , décore la cheminée (i) ; son déjeuner, rangé sur un plateau anglais, est au milieu de

* -la pièce , et quelques jolies étrennes que ses

dames avaient brodées pour elle peu de jours avant ses revers, étaient étalées sur le sopha. JSfientecangiato , disaitleCicerone , excepté ceci! (et il approchait du superbe lit, et montrait deux grands crucifix noirs et un vase d'eau bénite accrochés à la tète), non è quellauna moda francese (2). Le roi et sa femme ayant passé une seule nuit à Portici , ces images sa- • , crées ont été placées dans cette occasion (3).

. (1) Dans le cabinet de toilette, on voyait un superbe

l>uste de l'ex-roi de Borne par Canova. te boudoir était

orné de plusieurs tableaux de M.' de Forbin, que la

famille Bonaparte protégeait beaucoup : ces tableaux

* avaient été commandés au jeune artiste ( comme je l'ai

su par une personne de cette famille) pour encourager son talent. L'un des meilleurs représente .Gonsalve de Cordoue visitant l'Alhambra au clair de lune. M. de Forbin est maintenant directeur-général du Musée de Paris.

(a) <c Rien n'est changé , excepté ceci. Ce n'est pas une mode française. »

(3) Cette dame, mariée de la main gauche , n'a d'autre

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Dans le cabinet de toilette, on voit encore tous les vases et coffrets en cristal et argent; même quelques brosses d'argent sont restées où la femme de chambre de la dernière et jolie propriétaire les avait posées. On dit que madame Murât a poussé jusqu'à l'affectation sa détermination de ne toucher à rien de ce qui appartenait à son état royal, et de n'emporter que ce qui pouvait être regardé comme sa propriété personnelle et privée (i). Portici était sa rétitre que celui de la moglie del rè. Les princes ses fils firent quelques objections à ce mariage- entre autres choses , le prince héréditaire avança que la réputation de la dame n'avait pas toujours été hors des atteintes du scandale. Le roi répondit en riant et en chatouillant son auguste fils au défaut des côtes : E la mamma, caro figlio, e la mamma. On raconte plusieurs anecdotes sur la joie de S. M. d'avoir échappé au despotisme conjugal de la mamma) et quand il compare la moglie del rè et le ministre du roi SÇedici, avec Caroline d'Autriche et son ministre Acton , il Sv'écrie souvent dans son patois lazzaroni : Que je suis heureux ! j'ai une femme qui me laisse faire tout ce que je veux, et un ministre qui ne me laisse . rien à faire!

(i) On dit qu'elle a quitté Naples, emportant une grande fortune en diamans et en bijoux; cependant elle a laissé tous les palais nouvellement et superbement meublés, avec de la vaisselle, du linge, des tableaux, etc. deux cents chevaux dans les écuries, et cent huit voitures. Le roi a trouvé la dette publique acquittée , quoi-

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sidence favorite; et le grand nombre de nobles anglais et irlandais qu'elle y recevait, peuvent attester la courtoisie hospitalière avec laquelle elle faisait les honneurs de son palais.

Les appartemens de Murât étaient* près de ceux de sa femme; ils étaient également splendides et commodes; toutes les tapisseries en satin ou autres étoffes de soie, et tous les tapis anglais et turcs. La toilette était aussi magnifique et aussi recherchée que celte de là petite maîtresse la plus vaine ou d'une royale beauté. Près de la superbe chambre à coucher du roi est un petit cabinet très-simple, avec un lit de camp de bazin blanc , où son secrétaire couchait. C'est dans ce petit lit (jue repose Sa Majesté actuelle, quand elle visite Portici. On dit que ce prince parcourt le palais , ne se lassant point d'acdoftirer toute cette magnificence dont il est devenu possesseur ; tnais

qu'en 1789 elle montât à vingt-neuf millions , et qu'elle se fut considérablement accrue pendant Tinter valle du retour de LL. MM. de Sicile. Tout cela cependant n'a pu adoucir le souverain , dont la haine pour le nom de Murât est si invétérée , qu'à l'occasion d'un procès , le nom de madame Murât figurant dans les témoignages , l'avocat du roi, pour éviter dé le prononcer, l'appela la moglic delV oecupazionc militùre (la femme dé l'occupation militaire),

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