VIII AVERTISSEMENT
On ne s’est pas astreint à exposer avec quelque détail la série des opérations mécaniques exécutées à Thèbes pour abattre et embarquer l’obélisque; c’est de l’iiablle ingénieur qui les a si beureusement dirigées, que le public doit en recevoir la confidence et la relation. M. I.ebas les lui promet sous les auspices et d’après les ordres |de M. le^Ministre de la marine (i).
J’ai fidèlement avoué dans cet écrit tous les renseignements dont je suis redevable à l’obligeance de M. Lebas, et à celle de M. le capitaine Verninac de Saint-Maur, commandant du Louxor, qui, il faut l’espérer, ne privera pas l’bistoire des navigations hardies et périlleuses entreprises par la marine royale, du récit de son voyage maritime de Tbèbes à Paris sur le même bâtiment, route inusitée jusqu’ici , et qui nous aura été frayée par le génie de l’antique Egypte , si propice à la gloire du nom français.
Les dispositions projetées pour l’emplacement de l’obélisque, satisferont sans doute à ce qu’exigent les convenances arcbitccturales et arcbæologiques. Sous ces deux rapports, il serait difficile*de ne pas bien faire; assez de matbeureuses expériences, tou-
(i) On annonce également l’histoire médicale de l’expédition du Louxor, par M. Angelin, médecin^ de ce bâtiment.
AVERÏISSüMKM. I.t
tes vivantes de contre-sens, subsistent encore pour qu’on se préserve de les renouveler.
Mais aura-t-on bien tout fait quand l’obélisque sera convenablement dressé sur une de nos places publiques? sufKiTa-t-il à la satisfactiou du gouver* nement de fy montrer comme une diHiculté vain* eue, comme un tour de force très-périlleux de notre mécanique moderne., qui aura l’immense mérite d’avoir élevé sur un piédestal une pierre du poids de quelques milliers de quintaux? et ne viendra-t-il à l’esprit ou au cœur d’aucune des personnes dont la voix a quelque autorité dansles conseils du prince ou dans ceux de la nation, que cette pierre peut être animée par d’illustres souvenirs, consacrée par un sentiment religieux et national à la mémoire des enfants de la France morts pour sa gloire dans ce même désért d’où l’obélisque vient d’être arraché? Tout le monde comprendrait très-clairement cette pieuse résolution de la France qui, au prix de son sang, ayant délivré d’une mortelle oppression et relevé à jamais l’antique renommée de l’Égypte , en consacrerait les reliques sur les bords de la Seine aux mânes de ses héros abandonnés sur les rives du Nil?
Je propose (mais ma faible voix ne sera pas entendue) que, par une loi, l’obélisque soit élevé en mémoire de l'expédition française en Egypte, la’ plus mémorable entreprise des’ temps modernes,