‹ L'objectif photographiqueChapitre 1 sur 24 · PLACE DE L'ÉCOLE-DE-MÉDECINE 4, RUE ANTOINE-DUBOIS · texte numérisé non relu

PLACE DE L'ÉCOLE-DE-MÉDECINE 4, RUE ANTOINE-DUBOIS

C'est pour l'amateur photographe seul et non pour le verrier ou Topticien qu'a été composé ce petit opuscule. Ce n'est pas un guide que nous avons voulu faire ; la tâche aurait d'ailleurs été lourde et difficile. Il y a en effet en France trois verreries fabricant le verre d'optique et une dizaine d'opticiens ; il y en a en outre un assez grand nombre à l'étranger. Gomme chacun a, dans cette industrie, ses procédés propres, il aurait fallu pour faire un guide complet passer plusieurs années à visiter toutes ces usines. Le travail du verre est d'ailleurs très délicat et il faut une pratique de tous les jours, pendant un temps assez long pour être au courant de sa fabrication.

Notre but est plus modeste. Nous avons seulement voulu faire suivre à l'amateur les diverses phases

que parcourt Tobjectif avant d'être livré entre ses mains et lui montrer comment il peut, après en avoir fait l'acquisition, s'assurer de ses qualités.

On s'étonne souvent du prix relativement élevé des objectifs ; la lecture de ce petit volume diminuera cet étonnement. Il y a bien des objectifs bon marché ; mais ils sont faits à la machine avec du verre ordinaire, du verre à vitre, sont rarement centrés et possèdent toujours un foyer chimique. Si parfois il s'en trouve parmi eux qui donnent des résultats passables, cela tient à ce qu'ils sont très diaphragmes ; on se rapproche alors de la photographie sans objectif et si la netteté est suffisante on a peu de clarté. Dans ce cas autant vaut-il se munir d'un « sténopé » dont le prix est encore plus faible.

Néanmoins ce n'est pas seulement par le prix qu'il faut juger un objectif. L'amateur, devra se défier des instruments portant la marque d'un fabricant qui n'a jamais existé ou qui n'en est pas un. Certains marchands achètent en effet à vil prix des objectifs mis au rebut ou fabriqués grossièrement et y gravent leur nom ou plus souvent encore une marque ronflante étrangère. C'est une fougue incompréhensible et inexplicable qu'ont aujourd'hui les amateurs

photographes de trop s'enthousiasmer pour les articles étrangers, alors qu'ils ont en France des opticiens capables de leur fournir des instruments d'égale valeur, sinon supérieurs. Et ce qu'il y a de plus regrettable c'est de voir que ces amateurs sont conseillés par des journaux français et par des sociétés françaises de photographie ; ces dernières sont rares heureusement.

Ne pouvant, comme nous l'avons déjà dit, donner les détails de fabrication employés dans chaque usine, nous nous sommes contentés de visiter les deux plus anciennes, celle de M. Mantois pour la fabrication de la matière et celle de M. Derogy pour la taille des lentilles et le montage des objectifs.

Qu'il nous soit permis de leur adresser des remerciements pour Tempressement qu'ils ont mis à nous faciliter la tâche ; ainsi qu'à notre ami M. Hippolyte Laedlein,le dévoué vice-président de la Société des Jeunes Amateurs photographes qui a bien voulu se charger de dessiner les quelques figures qui éclaircissent le texte.

Paris ^ i^' Février 1892.

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