‹ L'occlusion intestinale expérimentale chez le chienChapitre 4 sur 16 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Parmi les recherches expérimentales consacrées à l’étude de l’occlusion intestinale chez le chien, celles de H. Roger et M. Garnier occupent le premier rang. En 1906, dans une note présentée à la Société de Biologie, dans un article de la Presse Médicale, dans deux mémoires du Journal de Physiologie et de Pathologie générale et dans deux travaux publiés dans la Revue de Médecine, H. Roger, en collaboration avec Marcel Garnier, établit d’une facon définitive l’origine autotoxique des accidents engendrés par l’occlusion intestinale. Il montre le non-fondé des théories réflexe et infectieuse pour soutenir l’auto-intoxication d’origine duodénale à la base de l’occlusion intestinale, — théorie autotoxique qu’il ne cesse de développer ultérieurement dans la Revue Scientifique, dans son livre Alimentation et Digestion, dans ses Nouveaux Eléments de Pathologie générale, dans la Presse Médicale et dans ses Leçons de la Faculté.

Parallèlement, Draper, après de nombreuses expériences, G.-H. Whipple et ses collaborateurs dans dé nombreux travaux, développent une théorie semblable et s’efforcent de préciser la nature du poison né au niveau du duodénum ; il s’agit bien d’une intoxication par les protéoses, qu'avait supposée H. Roger en 1906.

Tous les auteurs sont aujourd’hui d’accord pour reconnaître que l’occlusion intestinale est bien une foxémie, mais tous n’admettent pas qu’elle soit l’œuvre d’une secrétion toxique de la région duodénale. L.-R. Dragstedt a

La

édifié, il y a quelques années, une théorie d’après laquelle l’intoxication serait le résultat, non pas de l’élaboration de substances toxiques par la muqueuse duodénale, mais d’une altération des produits duodénaux pat des bactéries à pouvoir protéolytique. 3

Quoi qu’il en soit, que l’agent toxique soit le résultat d’une sécrétion duodénale altérée ou qu’il soit la conséquence de putréfactions duodénales, l’occlusion intestinale reste une auto-intoxication et Pierre Duval, dans une étude très documentée publiée avec J.-Ch. Roux et H. Béclère, rapproche ce syndrome du choc autotoxique observé pendant la guerre chez les soldats présentant des plaies anfractueuses avec trituration des tissus.

Des recherches biochimiques nombreuses s’imposent encore pour élucider le mécanisme de l’occlusion intestinale ou pour améliorer son traitement. A la fin de son cours sur l’occlusion intestinale en 1924, le professeur H. Roger disait: « Les conclusions que je vous propose et que nous pouvons accepter actuellement ne sont pas définitives ; elles subiront dans l’avenir des modifications profondes. Nos théories ne sont jamais durables. Tout ce qu’on peut leur demander, c’est de nous abriter un moment pour nous permettre de mieux contempler le chemin parcouru et de jeter un coup d’œil sur la route, beaucoup plus longue, qui s’ouvre aux investigations nouvelles. »

Nous voudrions donner 1ei le résultat des recherches que nous avons entreprises sur cette question, après avoir exposé la technique suivie et avoir insisté sur la survie des animaux opérés et' sur les facteurs qui font varier cette survie.

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