LIBRAIRIE BLOUD ET BARRAL
4, RUE Madame et rue de Rennes, 59
l'occultisme en EGYPTE AU TEMPS DES PHARAONS
L’occultisme remonte au Paradis terrestre. Ce fut là, en effet, sous les ombrages de l’Eden, que Satan, le prince de Vair^ réussit à faire de l’homme un révolté.
« Consultons l’histoire, dit M. Gougenot des Mousseaux, et nous verrons que, dès Torigine des temps, la puissance du démon se pose au milieu de nous et progresse. Elle se répand, et la terre est conquise ; le monde accepte sa loi. La race des hommes s’unit, par les habitudes d’un ancien commerce, aux anges de la réprobation, aux inventeurs, aux fauteurs des œuvres magiques, et le déluge universel fait une première fois justice, par un baptême de mort, de cette universelle iniquité (1). »
Cependant, le culte du vrai Dieu n’avait pas entièrement fait naufrage. Un juste et sa famille échappèrent au châtiment et reçurent la mission de repeupler la terre.
Les descendants de Noé furent-ils longtemps
(1) Gougenot des Mousseaux, La Magie au XIX* siècle, p. 95 et 96.
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fidèles à leur foi ? La question est difficile à résoudre.
A en croire les écrivains les plus autorisés, Cham, le fils maudit du patriarche, fut le premier qui oublia le châtiment dont Dieu avait frappé l’humanité coupable.
(( Une des causes, nous dit saint Thomas, qui ont mis le sceau à l’idolâtrie, provient des démons. Ils se sont proposés eux- memes â l’adoration des hommes en leur donnant des réponses par l’intermédiaire des idoles et en opérant de faux miracles, ce qui fait dire au Psalmiste : Tous les dieux des nations sont des démons (1). »
En Egypte, le peuple était polythéiste, mais la caste sacerdotale ne se faisait aucune illusion sur la nature et la valeur des fausses divinités.
Lorsqu’un profane demandait â être initié aux mystères de l’Ordre, le roi le recommandait aux prêtres qui l’envoyaient â Memphis,et de Memphis â Thèbes.
S’il subissait d’une manière satisfaisante les épreuves auxquelles on le soumettais l’introducteur le présentait à l’hiérophante, aux pieds duquel il s’agenouillait, un bandeau sur les yeux, pendant qu’un des assistants lui mettait la pointe d’une épée sur la gorge.
Au serment de fidélité qu’on lui faisait prêter, il devait ajouter celui de discrétion, serment dont la violation aurait eu pour lui des conséquences redoutables.
(1) Saint Thomas, Somme théologique, 11, quest. 91, art. 4.
Puis, on le débarrassait de son bandeau, et on le conduisait entre deux pilastres, à côté d’une échelle à quatre échelons et d’un meuble allégorique composé de huit portes.
L’hiérophante, prenant alors la parole, lui adressait le discours suivant :
« Puisque vous avez obtenu le droit de m’entendre , écoutez attentivement ce que j’ai à vous dire. Les portes de cette enceinte sont interdites aux profanes ; mais vous, enfant des travaux et des recherches célestes, prêtez l’oreille à ma voix *, elle va vous enseigner de grandes vérités. Soyez en garde contre les préjugés et les passions qui pourraient vous éloigner du chemin de la fidélité ; fixez vos pensées sur l’Etre par excellence ; ayez-le toujours devant les yeux, afin de mieux gouverner vptre cœur et vos sens. Si vous voulez arriver au bonheur, n’oubliez pas que vous êtes sans cesse en présence de Celui qui gouverne l’univers. Cet être unique a produit toutes choses. Il existe par lui-même. Aucun mortel ne peut le voir, et rien ne saurait échapper au regard de sa providence (1).»
Tout, dans ces paroles, est marqué au coin de la plus rigoureuse orthodoxie.
Lorsque^ après avoir parcouru tous les degrés de l’initiation, le postulant était admis au nombre des prophètes^ on faisait disparaître du sanctuaire où devait avoir lieu la cérémonie de réception, les images des idoles dont il était orné, et les prêtres, se
(l)Eusèbe, Préparai. Ecang. 1-13 -- Clément d'Alexandrie, Ad ni. ad gentes.
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réunissant en demi-cercle autour de leur disciple, Tun d’entre eux, le plus élevé en dignité, lui rappelait ce qu’il savait déjà sur l’unité de Dieu, et poursuivait en ces termes :
« C’est cet être incompréhensible qui est le moteur et le conservateur de l’univers. Toutes choses retomberaient dans le chaos, s’il cessait un instant de veiller sur l’œuvre de ses mains. La matière est incapable de penser et d’agir.... Il faut au peuple des dieux qui frappent ses regards et dont il redoute la puissance mystérieuse. Les tyrans ont besoin, eux aussi, d’être maîtrisés par la crainte. L’idée d’un être supérieur qui peut non seulement les frapper de la foudre, mais encore leur infliger des châtiments après leur mort, les empêche souvent d’abuser de leur puissance et d’opprimer les peuples qu’ils ont mission de gouverner... (1) »
Hermès Trismégiste, que les occultistes regardent comme leur patriarche, ne tient pas un autre langage dans les fragments qui nous restent de ses nombreux écrits.
« Puisque nous traitons, dit-il à Esculape, de la société et de l’alliance qui existe entre l’homme et les dieux, sache donc quelle est la puissance, quelle est la force humaine. Comme le Seigneur est le père, c’est-à-dire comme Dieu est le créateur des dieux célestes, ainsi l’homme est l’artisan des dieux qui résident dans les temples, et qui se plaisent dans le
(1) Lucain, dan«ï sa Pharsale, fait allusion à cet enseignement des prêtres de Memphis, et d’IIéliopolis. — Pour de plus amples détails sur l’occultisme ancien, voir {'histoire authentique des so~ ciétés secrètes, par un ancien Rose-Croix, chez RlouJ et Barrai.
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voisinage des mortels. Fidèle aux souvenirs de sa nature et de son origine, l’humanité persévère dans cette imitation de la divinité : et, de même que le Père et le Seigneur a fait à sa ressemblance les dieux éternels, Thumanité a fait ses dieux à la ressemblance de l’homme. »
A ces mots, Esculape demande : « N’est-ce pas des statues que tu parles, ô Trismégiste î?
— A coup sûr, Esculape ; et quelle que soit ta défiance, ne vois-tu pas que ces statues sont douées de sens, qu’elles sont animées d’esprit, et qu’elles opèrent une foule de prodiges ! Comment donc méconnaître leur prescience de l’avenir, puisqu’elles le révèlent par la voie des sortilèges^ par la bouche des devins, et par les visions des songes ? Ne savent-elles point atteindre les hommes par des infirmités, et puis aussi, les guérir, et répandre dans leurs cœurs, selon leur mérite, la tristesse et la joie ? »
Après avoir parlé d’autre chose, Trismégiste poursuit :
« Revenons à notre race et à la raison, ce don tout divin qui assure à l’homme le nom d’animal raisonnable. Oh ! oui, quoi qu’on essaie de publier à sa gloire, c’est une merveille au-dessus de toute merveille et de toute admiration, qu’il ait pu inventer et créer une divinité... Il est vrai que l’incrédulité de nos ancêtres s’égara, qu’ils tombèrent dans de profondes erreurs au sujet de l’essence et de la condition des dieux, car ils délaissèrent le culte du Dieu véritable I Cependant, c’est en s’acheminant dans cette voie ténébreuse, qu’ils ont trouvé Vart de faire des
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dieux. Impuissants à créer des âmes, ils ont évoqué celles des démons et des anges pour les introduire dans des statues consacrées., et pour les rendre présentes aux mystères, afin de communiquer par elles aux idoles, la faculté de bien faire ou de nuire (1). »
Comme on peut le voir par ces quelques citations, la connaissance du vrai Dieu s’alliait chez la caste sacerdotale et dans l’esprit d’Hermès Trismégiste, son patriarche, au culte des idoles et aux pratiques de la magie.
En parlant à Esculape de leurs ancêtres, Hermès fait allusion aux générations qui avaient précédé le déluge, s’il est vrai qu’il fût, comme l’affirment la plupart des historiens, ou Cham ou Misraïm le fils de Cham (2). Héritier des traditions et des doctrines caïnites, il légua à sa descendance les pratiques démoniaques qui avaient, au temps de Noé, provoqué la colère de Dieu et amené le plus terrible châtiment dont l’humanité ait conservé le souvenir.
Ne dirait-on pas que Trismégiste fait l’histoire anticipée des spirites ? Eux aussi, en s’acheminant dans une voie ténébreuse, ont trouvé l’art de faire des dieux. Impuissants à créer des âmes, ils évoquent des esprits pour les introduire dans les tables qu’ils interrogent sur l’avenir et les mystères de l’audelà.
(1) Saint Augustin, Cité de Dieu, 1. vin, ch. xxiii. — Tertullien, ApologétiquCy ch. 22.
(2) Les anciens donnèrent le nom d’Hermès Trismégiste à plusieurs personnages. Celui dont nous parlons ^oua un grand rôle en Egypte comme philosophe. Il florissait, croit-on, 1900 ans avant Jésus-Christ.
Cela prouve, une fois de plus, qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
Comme à l’époque où écrivait Trismégiste, l’occultisme opère des prodiges par la voie des sortilèges, prodiges que les adeptes opposent aux miracles dont l’Eglise se glorifie.
Que la magie fût en honneur sur les bords du Nil et s’alliât, chez ceux qui la pratiquaient, à la connaissance du vrai Dieu, il suffit, pour s’en convaincre, de lire le chapitre de l’Exode où l’écrivain sacré raconte la lutte que soutint Moïse contre les magiciens de Pharaon.
Nous nous bornerons à en citer un passage :
« Alors, le Seigneur s’adressant à Moïse : dis à Aaron : étends ta verge et frappe la poussière de la terre ; et que l’Egypte soit remplie de moucherons.
« Ils firent ce que Dieu leur avait ordonné. — Et Aaron, tenant sa verge, étendit la main et frappa la poussière de la terre ; et les hommes et les bêtes furent couverts de moucherons, et la poussière de la terre se changea en moucherons dans toute l’étendue de l’Egypte .
« Les magiciens voulurent faire de même, par leurs enchantements, et produire des moucherons, mais ils ne le purent,
« Alors, convaincus de leur impuissance, ils dirent à Pharaon : Le doigt de Dieu agit ici (1).»
Contraints par la force des choses, ils avouaient que le Dieu de Moïse était le vrai Dieu, le Dieu au-
(1) Exode, chap. viii, § II, n. 16, 17, 18 et 19.
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c| uel la nature obéit, sans cesser pour cela de servir Ses dieux dont parle Trismégiste.
Les occultistes du xix^^ siècle croient à l’unité de Dieu, comme ceux du temps des Pharaons, et rendent comme eux un véritable culte aux esprits qu’ils évoquent et interrogent. Disons seulement què les tables tournantes ont remplacé le trépied des pythonisses et qu’au lieu des aruspices, nous avons^les médiums.
Des papyrus que l’on conserve au Musée britannique, et dont MM. Héath et Lenormant nous ont donné la traduction en 1857, confirment de tous points le récit de l’Exode, et nous apprennent que Moïse était considéré par le peuple et les prêtres euxmêmes comme un magicien d’une puissance extraordinaire.
« Ceci, lisons-nous dans ces vieux documents, a •été écrit en l’an VII, le deux du mois de payni, sous le règne du Soleil, directeur de justice, fils du Soleil, Ramsès, aîné d’Ammon, vivant à toujours comme «on père le Soleil.
« Au reçu de cet écrit, lève-toi, mets-toi à l’ouvrage, prends sur toi le ministère des champs. Viens, mets ta tête en travail à la nouvelle du désastre des paysans aussi terrible qu’une inondation détruisant une énorme quantité de grains . Le hefmon les a détruits en les mangeant et les dévorant ; les greniers sont percés, les rats sont en masse dans les champs, les puces sont en tourbillons ; les scorpions dévorent, les blessures des moucherons sont innombrables et désolent le peuple ; ils couvrent les ânes qui servent
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au commerce de cette terre misérable. Les ouvriers des ateliers de construction des barques volent leurs surveillants. Le cheval meurt à la charrue {sic). Le scribe, c’est-à-dire le mage, le savant (Moïse) est parvenu à son but, de détruire une masse énorme de grains. Les gardiens des portes brisent les serrures. Les maudits sont livrés aux visions (1). Les enchantements sont pour eux comme leur pain ; il n’y a pas d’avilissement comme le leur. Leur chef les enchaîne à sa suite et les entraîne vers sa loi impure, en les courbant sous le joug de l’erreur. Sa femme tremble devant son autorité ; ses enfants sont dans la condition la plus vile, mais ses compagnons sont pour lui le premier peuple du monde. Le scribe est le premier des hommes dans l’art d’exalter les femmes; dans l’art d’écrire, il n’a pas d’égal.»
M. Lenormant fait observer avec raison que le fragment que nous venons de citer est d’une date antérieure à celle des deux dernières plaies : les ténèbres et la mort des premiers-nés. L’auteur du papyrus garde également le silence sur l’eau changée en sang et sur l’invasion des grenouilles, probablement parce que ces deux prodiges, imités par les magiciens du roi, n’avaient pas produit une grande impression. Le pouvoir magique que les Egyptiens attribuaient à Moïse ne les frappa d’étonnement que lorsqu’ils virent que celui de leurs prêtres ne pouvait lui être comparé.
(1) Les Egyptiens étaient poursuivis par d'effroyables visions, ï/auteur du papyrus suppose que les Hébreux souffraient du même fléau.
l’occultisme
Nous trouvons dans le papyrus n® G, le récit du désastre dont fut victime l’armée- de Pharaon au passage de la mer Rouge. Le morceau vaut la peine d’être cité :
(( Le chef des gardiens des livres de la chambre blanche du palais, Aménamani, au scribe Penténhor: Quand cet écrit te sera parvenu (et quand on l’aura lu) de point en point, livre ton cœur à l’agitation la plus vive, semblables la feuille devant l’ouragan, en apprenant le désastre accompli, déplorable, et fait pour toucher ton cœur par les calamités de la submersion dans r abîme. Malheureuse fut la pensée du souverain, et fatale pour lui, de prendre les esclaves en commisération au jour du fléau ! L’esclave,le serviteur est devenu le chef d'un peuple qu'il tient en sa puissance. U ohstB.c\e à sa rébellion est détruit par derrière, de même qu’en avant l’obstacle à ses déportements. C’est à peine si l’on travaille à porter de l’eau ou à moudre pour le pain. Ses gardes (du roi) sont comme mutilés dans leur cœur ; leur voix est sans force. Le puissant triomphait dans son cœur en voyant s’arrêter l’esclave. Son œil le touchait, son visage était sur leur visage ; sa fierté était au comble. Tout à coup, le malheur, la dure nécessité s’empare de lui. U assoupissement dans les eaux fait du glorieux un objet de pitié : Dépeins la jeunesse moissonnée dans sa fleur, la mort des chefs, la destruction du maître des peuples, du Roi de l’Orient et du Couchant ! Quelle nouvelle peut être comparée à celle que je t’envoie ? »
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Nous lisons dans le papyrus connu sous la dénomination de papyrus d’Anastasi :
« Par la lumière de la face d’Horus ! cet homme est un magicien^ car toutes ses volontés sont irrésistibles. Qu’il est habile à enchaîner le misérable peuple de Sem ! Qu’il est habile à lui tracer sa loi ! Il met le puissant parmi les répudiés, l’opprimé parmi les puissants. C’est Tenfant qui n’a dù son existence qu’à ceux qui l’ont sauvé dès le sein de sa mère. Il s’élance pourtant pour faire des hommes ses instruments. »
L’Egypte lettrée connaît Dieu et pratique la magie. Son aveuglement sur ce point est tel, qu’elle ne voit dans Moïse qu’un magicien à la puissànce duquel rien ne résiste. Pour les savants comme pour le peuple, ce qualificatif n’a rien d’injurieux. La haine qu’ils portent au chef des Hébreux égale à peine leur admiration pour ce qu’ils croient être le pouvoir magique dont il dispose.
l’occultisme en chaldée, en perse, etc.
La magie était connue et pratiquée en Mésopotamie et au pays de Chanaan au temps des patriarches.
Après que Jacob eut passé quatorze ans au service de son beau-père, il éprouva le besoin de revoir les
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lieux de sa naissance. Mais Laban le retint. Un marché fut conclu entre eux, marché dont tous les avantages semblaient devoir être pour ce dernier. Or,, il arriva que la fortune favorisa Jacob, ce que Laban et ses fils virent de mauvais œil.
Afin d’éviter de nouveaux démêlés, Jacob partit secrètement avec ses femmes, ses enfants, ses domestiques et ses troupeaux.
Laban, irrité, se mit à sa poursuite et l’atteignit à la montagne de Galaad. Il se plaignit amèrement à son gendre de ce qu’il avait quitté la Mésopotamie sans lui donner le temps d’embrasser ses filles et ses petits-enfants, et surtout de lui avoir subtilisé ses Tèraphims^ ou dieux domestiques. Ce rapt était l’œuvre de Rachel qui n’avait fait part à personne de son larcin.
Jacob protesta de son innocence et déclara à Laban qu’il l’autorisait à punir de mort la personne de sa suite qui serait reconnue coupable. Laban opéra des fouilles dans les tentes de Jacob et ne découvrit rien ; car Rachel avait eu soin de cacher les idoles sous le bàt d’un chameau et de s’asseoir dessus. Lorsque son père vint dans la tente qu’elle occupait, elle le pria de l’excuser si elle ne se levait pas, disant que ce qui est ordinaire aux femmes lui était arrivé.
La connaissance du vrai Dieu s’alliait donc en Mésopotamie avec le culte des idoles. On peut, en outre, inférer du fait que nous venons de rapporter que Laban était irrité du vol dont il avait été victime, non pour la valeur matérielle des objets soustraits,
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mais en raison du pouvoir mystérieux qu’il leur attribuait et dont Jacob bénéficierait désormais.
La Bible nous apprend, en outre, qu’à Ur, la patrie d’ Abraham, les mêmes superstitions régnaient en maîtresses absolues.
Comme l’Egypte, la Chaldée avait sa caste sacer-^ dotale dont les membres se consacraient à l’étude des^ mathématiques et de l’astrologie.
Chaque province était gouvernée par une sorte de prélat, sous la direction d’un pontife suprême, ou Mubad-Mubadam. Les simples prêtres avaient le titre de mages.
Cette organisation remontait à la plus haute antiquité. C’est par erreur, croyons-nous, que quelques historiens l’ont attribuée à Zoroastre. Ce réformateur s’est borné, selon toute apparence, à y apporter certaines modifications qu’il est facile de reconnaître.
Zoroastre, d’après une opinion généralement adoptée, vint au monde sous le règne de Darius, fils^ d’Hystaspe. On assure qu’il fut, dans sa jeunesse,, l’esclave d’un prophète ; les uns disent de Daniel, les autres d’Elie. Le docteur Hyde opine pour Esdras^ et pense, non sans quelque raison, que la plupart des additions et modifications que Zoroastre fit subir au système religieux de la Chaldée et de la Perse sont dues à la connaissance qu’il avait des livres saints.
Les mages enseignaient qu’Ormus était le Dieu suprême qui avait créé la terre, le ciel et l’homme.
« La terre telle qu’elle est dans la pensée d’Ormus, dit M. A. Maury, telle qu’elle était au premier ins-
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tant, en sortant de ses mains, n’était pas moins parfaite en son espèce que le ciel. Elle formait un lieu pur de délices donné à riiomme. Le pays d’Ariane, avec ses belles eaux et ses opulentes verdures, représentait l’Eden. La source Ardonisour si célèbre dans les poésies Naçkas, n’est même, à ce qu’il semble, que le primitif de la fontaine qui, selon les Hébreux, jaillissait du milieu du jardin. Dans le Vendidad- Sadé, Ormus annonce lui-même qu’il a créé ce lieu pour le bonheur des êtres. Mais à peine a-t-il entendu sa voix, que le Mal, qui vient de faire son entrée dans le monde, élève à son tour la sienne pour le contredire. Le Mal ne paraît pas précisément coéternel à la divinité ; mais, de meme que dans la Bible, il se manifeste, dès que la création est sortie des mains du Créateur. Il est ici personnifié dans le personnage d’Ahriman qui offre la plus frappante analogie avec le Satan de la théologie chrétienne : comme celui-ci, il se montre originairement sous la forme d’un serpent (1). »
Ahriman est secondé, dans sa lutte contre le bien, par une foule d’esprits méchants.
Ormus invite les hommes et les intelligences célestes elles-mêmes à se joindre à lui pour combattre l’armée des mauvais génies.
Les mages attribuaieilt à tous les êtres une forme primitive qui constituait leur essence et survivait à leur destruction. C’est aux prêtres chaldéens que les occultistes modernes ont emprunté l’enveloppe flui-
(1) A. Maury, Encfjclopédie Moderne y art. Mazdéisme.
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dique dont ils nous gratifient et par le moyen de laquelle Tàme exerce une action sur la matière.
A quelle date remontent les initiations en l’honneur de Mithra ou du Soleil ?
Les auteurs païens se taisent sur ce point. Plutarque est le seul qui en ait parlé dans sa Yie de Pompée. Il raconte que les mystères Mithriaques furent apportés en Occident par des pirates Ciliciens, 6S ans avant notre ère. Selon toute probabilité, ils datent du temps des Patriarches. Seulement les prêtres Chaldéens et Syriens ne cherchèrent à les vulgariser qu’à l’avènement du Christianisme, afin de paralyser dans la mesure du possible la prédication de l’Evangile.
Après avoir dit que la doctrine qui servait de base à ces mystères était d’une grande sévérité, M. Lajard ajoute, dans l’article qu’il a publié sur cette question dans V Encyclopédie Noucelle :
« Le danger inséparable de certaines épreuves auxquelles étaient soumis les néophytes, le titre de soldat de Mithra qu’ils recevaient au premier grade, les simulacres de combat qui précédaient l’initiation à chacun des autres grades, les couronnes qu’on décernait aux initiés, étaient autant de particularités qui donnaient à la célébration de ces mystères un caractère militaire et belliqueux. Elles durent exercer une puissante influence sur l’esprit et l’imagination des légionnaires romains ; et si, comme les monuments s’accordent à nous le prouver, le mythriacisnie comptait de nombreux prosélytes dans leurs rangs, on peut attribuer ce succès non moins à la
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cause que je viens de signaler qu’au penchant pour ainsi dire irrésistible qui entraîne le commun des hommes dans ces associations secrètes, où chacun arrive avec la certitude, ou tout au moins avec l’espoir d’obtenir la révélation des mystères les plus profonds de la religion et de la nature. »
M. Lajard rattache avec raison les Mystères de Mithra à la religion astronomique des Chaldéens. Il croit, en outre, que le dogme fondamental de la doctrine mithriaque était la transmigration des âmes.
Les théories spirites sur la réincarnation des esprits ne sont donc pas une nouveauté, puisqu’elles sont renouvelées de l’occultisme professé par les mages il y a quatre mille ans.
Lorsque les aspirants avaient fait preuve de courage dans les épreuves, on les aspergeait d’eau lustrale et on les marquait d’un signe particulier.
Les initiés parcouraient successivement sept grades. Ces grades formaient l’échelle aux sept échelons. Le premier, nous dit Origène, était de plomb, le second d’étain, le troisième de fer, le quatrième de cuivre, le cinquième d’un alliage, le sixième d’argent et le septième d’or.
Ces sept échelons étaient consacrés aux sept divinités de la semaine, qui représentaient les sept planètes auxquelles les Egyptiens et les Chaldéens rapportaient les sept métaux. '
Le plomb correspondait à Saturne, l’étain à Jupiter, le fer à Mars, le cuivre à Vénus, l’argent à la lune, l’or au soleil, l’alliage, que quelques-uns remplacent par le vif-argent, à Mercure.
D’après la doctrine des Mages, les planètes exercent une influence bonne ou mauvaise sur les individus. Les occultistes de nos jours professent les mêmes idées, et font des signes du Zodiaque, des astres et de leurs propriétés une étude attentive.
La forme primitive que les prêtres Chaldéens attribuaient à tous les êtres n’était, dans leur esprit, qu’une émanation du fluide astral, ce fluide mystérieux dont la lumière et la chaleur fécondent la terre, font germer les plantes et les enrichissent de couleurs variées.
« L’àme universelle désignée sous le nom de spiîntiis, écrit Dupuis, et comparée à l’esprit de vie qui anime toute la nature, se distribuait principalement dans les sept sphères célestes, dont l’action combinée était sensée régler les destinées de l’homme et répandre les germes de vie dans tout ce qui naît icibas. Les anciens peignaient ce souffle unique, qui produit l’harmonie des sphères, par une flûte à sept tuyaux qu’ils mettaient entre les mains de Pan ou de l’image destinée à représenter la nature universelle (1). »
Les francs-maçons se sont bornés à plagier l’antiquité païenne. Incapables de rien inventer, ils représentent la lumière astrale sous la figure quelque peu démodée de ce qu’ils nomment V Etoile flamboyante, Le soleil, disent les érudits de l’Ordre, envoie ses rayons à la lune, ce que l’on peut savoir sans connaître l’acacia ; la lune les envoie^ à son
<l) Dupuis, Origine des Cultes, p. 340.
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tour, à l’étoile flamboyante, qui les renvoie au soleil, formant ainsi un triangle de lumière.
Comprenne qui pourra.
Pour les initiés de l’antiquité, l’âme de l’univers, la lumière astrale n’était autre que la nature, et la nature se confondait avec la force de Dieu.
Ils supposaient que le ciel et la terre s’aimaient d’un amour mutuel.
« Le ciel, dit Plutarque, parut aux hommes faire les fonctions de père et la terre celles de mère . Le ciel était le père, parce qu’il versait sa semence dans le sein de la terre par le moyen des pluies ; la terre qui, en les rendant, devenait féconde et enfantait, paraissait être la mère (1). »
Virgile exprime la même pensée : « La terre, ditil, s'entr’ouvre au printemps pour demander au ciel le germe de la fécondité. Alors l’Ether, ce Dieu puissant, descend au sein de son épouse, joyeuse de sa présence. Au moment où il fait couler sa semence dans les pluies qui l’arrosent, l’union de leurs deux immenses corps donne la vie et la nourriture aux êtres (2). »
De l’union que les Kabbalistes disaiènt exister entre le ciel et la terre, naquirent chez les Chaldéens et les autres peuples de l’Orient, deux cultes distincts en apparence, mais dont l’un était, dans l’esprit des adeptes, la conséquence logique de l’autre : le culte du soleil, qu’ils considéraient comme le siège
(1) V. Dupuis, Origine des Cultes.
(2) Ibid.
de la divinité, sinon comme la divinité elle-même, et le culte obscène du phallus et du lingham, qu’ils proposaient à l’adoration du peuple, comme symboles de la fécondité.
Le culte du soleil donna naissance à celui des planètes, et de l’étude des corps célestes naquit l’astrologie judiciaire.
« Rien n’est indifférent dans la nature, nous disent les initiés, après les Chaldéens ; un caillou de plus ou de moins peut briser ou modifier profondément les destinées des plus grands hommes, ou même des plus grands empires. A plus forte raison, la place de telle ou telle étoile dans le ciel ne saurait être indifférente pour les destinées de l’enfant qui naît et qui entre par sa naissance même dans l’harmonie du monde sidéral (1). »
Dans l’opinion des mages, la lumière astrale concourt à la conception et à la naissance des enfants . Ils prétendent, en outre, que les signes imprimés dans la lumière par l’attraction des sphères se reproduisent sur les corps.
Les hommes portent plus spécialement ces signes au front et sur les mains.
Les connaître et savoir ce qu’ils signifient, c’est posséder l’art de la divination. Les chiromanciens lisent dans les mains, et les physiognomonistes sur le front, les lignes que la lumière astrale y a imprimées et en pénètrent le sens caché.
Nous avons tous plus ou moins l’intuition des
(1) Dogme et Rituel de Haute Magie, p. 234.
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sciences occultes, ce qui nous permet souvent d’avoir une vague prévision des malheurs qui nous menacent. Les pressentiments sont une sorte de divination instinctive, privilège ordinaire des tempéraments nerveux.
(( M. Home, dit Desbarrolles, tire sa puissance de la lumière astrale, ou, si Ton veut, de l’électricité dont il est saturé, et puis, si l’on en croit les savants et les mages, du concours des esprits élémentaires qui nagent dans cette lumière et qui, grossiers et imparfaits, entrent volontiers en rapport avec les personnes maladives, que leur faiblesse, ou, si l’on veut, leur irritation organique met plus à leur portée. Ils sympathisent avec elles et vivent de leur vie, pour ainsi dire (1). »
Les Chaldéens et les Egyptiens admettaient l’existence de ces esprits, dont la suppression eût entraîné celle de la Magie elle-même. A notre époque, les invisibles forment, comme autrefois, le trait d’union qui rattache les spirites aux occultistes et fait de ces deux sectes une seule et meme famille.
Les esprits en question, disent les Kabbalistes, prêtent volontiers leur concours à ceux qu’ils affectionnent et qui exercent sur eux un empire sympathique. Ils s’incarnent en quelque sorte en eux, et comme la lumière astrale est la créatrice des formes, ils peuvent apparaître sous celles qui viennent à ridée de üétre au service duquel ils se sont mis.
Ainsi s’expliquent, d’après les initiés, les appari¬
ai) Desbarrolles, les Mtjstères de la main.
lions dont nous parle M. Gabriel Delanne dans le Phénomène spirite.
Les nombres ont joué, à toutes les époques, un grand rôle dans la Magie.
D’après Pythagore, qui avait puisé sa science à Técole des prêtres égyptiens et à celle des Mages, les nombres contiennent les éléments de toutes choses. Ajoutons que plusieurs Pères de TEglise ont admis, dans une certaine mesure, les théories du philosophe grec, théories qu’il serait trop long d’exposer ici.
Nous nous bornerons à faire observer que certains nombres ont, aux yeux des adeptes, une valeur exceptionnelle. Ainsi le nombre six est parfait de lui-même. Il figure l’image des rapports du ciel avec la terre. Le nombre sept est le nombre sacré. Il représente le pouvoir magique dans sa plus haute expression, ou, ce qui revient au même, l’esprit assisté de toutes les puissances élémentaires, non l’esprit de l’homme représenté par un, mais l’esprit de Dieu représenté par trois.
Les nombres iroisy sept et douze ont, dans tous les siècles et chez tous les peuples orientaux, joué un rôle mystérieux.
Vers l’an 977, après l’élévation des Fatémites au trône d’Egypte, une association qui avait pour but de travaillei’ à l’affermissement de la nouvelle dynastie s’organisa au Caire.
Ses membres professaient une doctrine publique et une doctrine secrète, et l’on n’était admis dans
l’occultisme
rOrdrc qu’après avoir subi de nombreuses épreuves. L’adepte devait parcourir neuf grades successifs.
Arrivé au deuxième grade, on lui apprenait que les Imans étaient d’institution divine, que leur nombre ne devait pas dépasser sept, ce nombre étant sacré. On lui faisait observer, à l’appui de cette vérité, que Dieu avait créé sept ciels, sept terres et sept métaux ; qu’il y avait eu sept législateurs depuis le commencement du monde, et que chacun d’eux avait eu sept disciples. Chaque disciple s’était entouré de douze apôtres, dont la mission consistait à répandre la vraie foi. Le nombre douze était encore plus parfait que le nombre sept. De là, faisait-on remarquer au récipiendaire, les douze signes du Zodiaque, les douze mois de l’année, les douze tribus d’Israël ; les douze phalanges des quatre doigts de la main, le pouce excepté.
La secte des assassins (1), car c’est d’elle qu’il s’agit, avait emprunté la plupart de ces détails aux traditions magiques des prêtres égyptiens et à celles des mages.
Le nombre nea/, trois fois trois, est celui des reflets divins.
Le nombre dix est composé de l’unité qui signifie l’être et du zéro qui représente le néant ou le nonêtre. Il renferme Dieu et la création.
Le nombre douze est le nombre de la pierre philo-
(1) Le mot assassins ne doit pas être pris dans le sens (]ue nous donnons à ce mot. Les sectaires dont nous parlons devraient plutôt porter le nom d’haschichin.s^ à cause du haschich ^ju'ils employaient dans leurs initiations. V. Histoire authentique des sociétés secrètes^ par un ancien Rose-Croix.
ancien et moderne
sophale, et le nombre treize^ celui des évocations magiques.
Nous nous bornons à ces quelques indications, l’espace dont nous disposons ne nous permettant pas d’entrer dans des développements qui dépasseraient de beaucoup, si nous voulions être complet, les limites assignées à cette étude.
Nous ne parlerons ni des Phéniciens, ni des Chananéens. Comme les autres peuples orientaux, ils se livraient aux pratiques de la magie.
Leur voisinage n’était pas sans danger pour les Juifs, naturellement enclins aux memes vices et aux mêmes superstitions.
Aussi, Moïse et les prophètes n’ont cessé de s’élever contre ce qu’ils traitaient avec raison de culte démoniaque.
Voici ce que nous lisons dans le Léoltique :
« Tu ne donneras point de tes enfants pour les faire passer par le feu en l’honneur de Moloch ; et tu ne profaneras point le nom de ton Dieu : Je suis r Eternel (ch. xviii, 21).
« Quiconque, parmi les enfants d’Israël... donnera de ses enfants à Moloch, sera puni de mort (xx, 2).
« Quand un homme ou une femme aura un esprit de Python, ou sera devin, on les fera mourir ; on les lapidera ; leur sang est sur eux (ibid., 27). »
L’auteur, du Deutéronome écrit au chapitre xviii :
(( Qu’il ne se trouve personne parmi vous qui prétende purifier son fils ou sa fille en les faisant passer par le feu, ou qui consulte les devins, ou qui observe les songes et les augures, ou qui use de maléfices,
l’occultisme
de sortilèges et d’enchantements, ou qui consulte ceux qui ont l’esprit de Python et qui se mêlent de deviner, ou qui interrogent les morts pour apprendre la vérité :
(( Car le Seigneur a en abomination toutes ces choses, et il exterminera tous ces peuples à votre entrée, à cause de’ces sortes de crimes. »
Nous n’avons pas besoin de faire observer que les spirites et les occultistes modernes tombent sous le coup de ces anathèmes.
l’occultisme chez les grecs
La Chaldée peut être considérée comme ayant été le berceau de l’astronomie et de l’astrologie judiciaire.
Les astrologues jouirent d’un crédit presque illimité chez la plupart des anciens peuples. Les empereurs romains eux-mêmes les accueillirent dans leurs palais et les consultèrent souvent. Disons, toutefois, que Rome ne connut jamais les grandes initiations.
Il n’en fut pas de meme de la Grèce.
Les uns attribuent à Danaùs l’importation dans ce pays du culte de Gérés, la grande déesse. Les autres opinent pour Orphée. Diodore de Sicile écarte tout à la fois Orphée et Danaüs et se prononce en faveur d’Erechtée.
<( La Grèce, dit-il, était en proie à la famine.
L’Egypte en ayant eu connaissance, envoya aux Grecs une quantité considérable de blé. Chargé dece tmiisport et devenu roi du peuple qu’il secourait, Erechtée dota Eleusis des Mystères de son pays^ d’origine. »
Enfin, la plupart des écrivains prétendent que- Triptolème fut l’initiateur de ces solennités.
Triptolème était fils de Céléus et de Mélanire. Poussé par le désir de s’instruire, il quitta la Grèce et visita successivement les divers peuples alors connus par leur civilisation. Pendant son séjour en Egj^pte, il fut admis, à titre d’étranger, à l’initiation des Mystères. L’épreuve du feu ébranla son courage.. Lorsque, parcourant les galeries qui aboutissaient au sanctuaire où l’attendaient les prêtres chargés de* l’initier, il se vit entouré de flammes, la frayeur le saisit, et, poussant un cri de détresse, il se retira précipitamment.
D’après les lois de l’initiation, Triptolème ne devait plus sortir du Temple et de ses dépendances. Mais^ les chefs de l’ordre, appréciant ses vertus et les rares qualités de son intelligence, firent une exception en sa faveur. Ils étaient, d’ailleurs, bien aises de donner à la Grèce un législateur éclairé.
De retour dans ses états, Triptolème apprit à sessujets l’art de cultiver la terre. Il voulut, en outre, faire participer l’élite de ses compatriotes aux connaissances philosophiques et religieuses dont lesprêtres de Memphis avaient orné son esprit.
On célébrait les mystères à Eleusis, dans le temple de Gérés.
l’occultisme
Détruit, puis rebâti, ce magnifique édifice fut saccagé une seconde fois par les troupes de Xercès. Périclôs le releva de ses ruines avec le concours des plus grands artistes de son temps, de Phidias, entre autres.
Il formait un rectangle de trois cent soixante-trois pieds de longueur sur trois cent sept pieds de largeur. Il était construit en marbre pantélique et tourné vers TOrient. Dix colonnes cannelées en décoraient la façade principale et formaient un vaste et beau péristyle.
Autour du temple, régnait une enceinte de hautes murailles. C’était là que stationnaient les initiés aux petits Mystères pendant que les prêtres préparaient toutes choses pour les dernières cérémonies.
Les petits Mystères avaient lieu non loin d’Athènes, sur les rives de l’Ilissus, et étaient consacrés à honorer Proserpine. On s’y préparait par des jeûnes rigoureux, ainsi que cela se pratiquait en Egypte.
Quand le néophyte était arrivé au terme des épreuves préliminaires, Vhydranos le plongeait dans les eaux du fleuve, et le faisait ensuite passer par les flammes. Venait enfin une série de cérémonies mystiques après lesquelles le récipiendaire, couronné de myrte, posait son pied nu sur la peau sanglante des victimes et jurait de ne révéler à personne les secrets qu’on lui avait confiés ou qu’on lui confierait dans la suite.
Les grands Mystères étaient précédés, comme les petits, de jeûnes, de purifications et de sacrifices.
Les Grecs avaient entouré leurs initiations de
beaucoup de solennité, tandis que les Egyptiens exigeaient surtout des initiés des épreuves longues et pénibles. Les premiers s’attachaient à frapper Timagination, les seconds à orner l’esprit de leurs adeptes de connaissances utiles.
C’est en Egypte et non point à Eleusis que les philosophes grecs, dont la réputationest arrivée jusqu’à nous, avaient puisé la science qui les a rendus célèbres.
Pythagore , le plus remarquable de tous, n’a jamais écrit. Nous ne connaissons, de sa doctrine, dont une partie était secrète, que ce que ses disciples nous en ont appris.
Il enseignait que la monade (unité) est le principe de tout. La dijade^ ou nombre deuæ^ désigne la matière qui est composée et peut.se décomposer, tandis que la monade demeure inaltérable et indécomposable. La dijade et la monade engendrent la trijade ou nombre trois. La tnjade forme la plus sainte des combinaisons de nombres.
Voici cQmment Pythagore définit Dieu :
« Un Esprit qui se répand et pénètre dans toute la (( nature, et dont nos âmes sont tirées. »
Les occultistes modernes ont emprunté son panthéisme au philosophe grec, ce qui ne les empêche pas de nous donner leur enseignement comme le dernier mot du progrès scientifique, philosophique et .... religieux.
Pendant son séjour en Chaldée, Pythagore étudia, sous la direction des mages, les mathématiques, l’astronomie et l’astrologie judiciaire.
l’occultisme
De graves abus s’introduisirent peu à peu dans les initiations d’Eleusis. La morale n’y fut pas toujours respectée. Les scandales dont le temple de Gérés fut le théâtre, contribuèrent à discréditer les mystères •établis en l’honneur de la déesse.
Le sixième jour des solennités éleusiennes était consacré tout entier à Bacchus. On portait solennellement la statue du dieu d’Athènes à Eleusis. Venaient ensuite le van mystique et l’image obscène <lu phallus. Ces représentations brutalement allé- ^•oriques de la fécondité s’avançaient escortées de jeunes filles. I.a foule des initiés et des prêtres déguisés en femmes accompagnaient le cortège en •chantant des hymnes.
Ce culte honteux, que le pontife expliquait aux ânitiés de manière à en dissimuler le côté immoral, était commun à presque tous les peuples de l’anti- •cjuité païenne.
« Il semble, d’ailleurs, dit M. Gougenotdes Mousseaux, que l’impudicité de ce culte phallique se soit glissée jusque dans le sanctuaire delphien d’Apollon - Bacchus, jusque dans la manière de mettre la prêtresse en communication avec son dieu, et de les unir l’un à l’autre pour faire parler la divinité du lieu par une bouche mortelle.
Ouvrez les yeux ! Dans le temple, la prophétesse -qui sollicite l’inspiration du dieu s’asseoit sur le trépied. Aussitôt ses cheveux se hérissent, ses yeux roulent du sang et des flammes, ses muscles se convulsent, le souffle du dieu l’anime et l’esprit du temple la pénètre. Mais comment s’accomplit ce
mystère de l'iiispiration ? Nous ne le tairons pas^ puisque non seulement des profanes, mais des Pères de l’Eglise eux-mêmes nous l’ont appris. Des vapeurs dégagées par la bouche d’un antre sacré aboutissent au trépied, où des conduits les recueillent et les introduisent dans le sein de la prophétesse. Toutes les puissances physiques excitées à ce centre des sensations, ne tardent pas à s’exalter, et leur exaltation s’élève jusqu’à la fureur. Alors la prêtresse bondit, écume, éclate en accents entrecoupés, et si le dieu s’en môle un peu sérieusement, les paroles qui lui échappent emportent avec elles et livrent au monde les secrets de l’avenir.
« Les saints prophètes de Dieu, poursuit l’écrivain que nous citons, parlaient du sein d’un calme profond ; mais la pythonisse est tout en éclats désordonnés, et souvent le dernier de ses mouvements prophétiques est la mort. Prédire est, pour elle, une terreur ! Aussi, lorsque les puissants de la terre réclament de l’oracle ses paroles fatales, n’est-il point rare de voir que la violence seule oblige la prêtresse à s’acquitter de ses redoutables fonctions. Le dieu se livre par le trépied, mais il tue celle qu’il épouse (1). »
(1) Gougenot des Mousseaux, Dieu et les dieux. — Lire Origène contre Celse, livre viii. Saint Jean Chrysostome, homélie 20.
l’occultisme
l’occultisme chez les chinois et les thibétains
Nous ne connaissons que vaguement les traditions de la Chine et du Thibet ; mais nous pouvons nous faire une idée de ce que fut l’occultisme dans ces vastes régions, si longtemps restées fermées aux peuples de l’Occident, par ce que les Chinois et Thibétains en ont conservé.
Deux religions se partagent l’empire Chinois, la religion de Confucius et celle de Lao-Tzé.
Les sectateurs de ce dernier considèrent leur culte comme étant le premier que la Chine ait professé. Lao-Tzé n’aurait été qu’un réformateur. Les prêtres et les prêtresses chargées de perpétuer son enseignement sont voués au célibat et se livrent aux pratiques de la magie, de l’astrologie et de la nécromancie. « On les nomme Tao-sse, ou docteurs de la raison, parce que leur dogme fondamental est. .. celui de l’existence de la raison primordiale qui a créé le monde (1). »
Le merveilleux diabolique est chose commune, de nos jours encore, dans les lamaseries de la Tar tarie et du Thibet.
M. Hue nous raconte que lors de son voyage chez les Tartares, il faillit assister au spectacle d’une lama qui devait s’ouvrir le ventre, prendre ses entrailles
(1) M. Hue, VEmpire Chinois.
et les placer devant lui, puis rentrer dans son premier état en présence d’une foule immense de pèlerins.
« Le Bokte qui doit faire éclater sa puissance, disent les Mongols, se prépare à cet acte formidable par de longs jours de jeûne et de prière. Pendant ce temps, il doit s’interdire toute communication avec les hommes, et s’imposer le silence le plus absolu. Quand le jour fixé est arrivé, toute la multitude des pèlerins se rend dans la grande cour de la lamaserie et un grand autel est élevé sur le devant de la porte du temple. Enfin le Bokte paraît. Il s’avance gravement au milieu des acclamations de la foule, va s’asseoir sur l’autel, et détache de sa ceinture un grand coutelas qu’il place sur ses genoux. A ses pieds, de nombreux lamas, rangés en cercle, commencent les terribles invocations de cette affreuse cérémonie. A mesure que la récitation des prières avance, on voit le Bokte trembler de tous ses membres, et entrer graduellement dans des convulsions frénétiques. Les lamas ne gardent bientôt plus de mesure ; leurs voix s’animent, leur chant se précipite en désordre, et la récitation des prières est enfin remplacée par des cris et des hurlements. Alors le Bokte rejette brusquement l’écharpe dont il est enveloppé, détache sa ceinture, et, saisissant le coutelas sacré,. s’entr’ouvre le ventre dans toute sa longueur. Pendant que le sang coule de toute part, la multitude se prosterne devant cet horrible spectacle, et on interroge ce frénétique sur les choses cachées, sur les événements à venir, sur la destinée de cer-
l’occultisme
tains personnages. Le Solde donne, à toutes ces questions, des réponses qui sont regardées comme des oracles par tout le monde.
« Quand la dévote curiosité des nombreux pèlerins se trouve satisfaite, les lamas reprennent, avec calme et gravité, la récitation de leurs prières. Le Bokte recueille, dans sa main droite, du sang de sa blessure, souffle trois fois dessus, et le jette en Pair en poussant une grande clameur. Il passe rapidement la main sur la blessure de son ventre, et tout rentre dans son état primitif, sans qu’il lui reste la moindre trace de cette opération diabolique, si ce n’est un extrême abattement. Le Solde roule de nouveau son écharpe autour de son corps,, récite à voix basse une courte prière, puis tout est fini, et chacun se disperse, à l’exception des plus dévots , qui vont contempler et adorer l’autel ensanglantéy que vient d’abandonner le saint par excellence (1). »
Ces sortes de cérémonies se renouvellent souvent dans les lamaseries de la Tartarie et du Tliibet. Les bouddhistes les plus instruits et les plus recommandables par la régularité de leur vie sont persuadés que ces pratiques abominables sont dues à l’intervention des démons. Elles sont, d’ailleurs, le fait des lamas les moins estimés.
S’ouvrir le ventre n’est pas le seul prodige qu’opèrent les moines tartares et thibétains. Il en est d’autres auxquels le public n’est pas invité et qui ont lieu à domicile :
(1) M. fluc, Voyages clans la Tartarie et le Tlnbet, p- 309 et suiv.
(( Ainsi, on fait rougir au feu des morceaux de fer, puis on les lèche impunément ; on se fait des incisions sur le corps sans qu’il en reste un instant après la moindre trace, etc. Toutes ces opérations doivent être précédées de quelque prière. ,
« Nous avons connu un lama,poursuit M.Hvic, qui, au dire de tout le monde, remplissait à volonté, unvase d’eau, au moyen d’une formule de prière. Nous ne pûmes jamais lé résoudre à tenter l’épreuye en notre présence. Il nous disait que, n’ayant pas les memes croyances que lui, ses tentatives seraient non seulement infructueuses, mais encore l’exposeraient peut-être à de graves dangers. Un jour, il nous récita la prière de son Lié-fa, comme il l’appelait. La formule n’était pas longue, mais il nous fut facile d’y reconnaître une invocation directe à l’assistance du démon : « Je te connais, tu me connais, disait-il. « Allons, vieil ami, fais ce que je. te demande. Ap- « porte de l’eau et remplis ce vase que je te présente. « Remplir un vase d’eau, qu’est-ce que c’est que cela « pour ta grande puissance? Je sais que tu fais « payer bien cher un vase d’eau ; mais n’importe ; « fais ce que je te demande, et remplis ce vase que « je te présente. Plus tard, nous compterons en- « semble. Au jour fixé tu prendras ce qui te re-- « vient (1). »
(l) M. Hue,' ibid.
l’occultisme
l’occultisme dans les gaules
Nous ne dirons qu’un mot de l’occultisme dans les Gaules. On sait que les druides ne nous ont laissé aucun monument écrit pouvant nous renseigner sur cé point.
^ Comme leur enseignement était oral, la plupart des auteurs en ont conclu, à tort selon nous, qu’ils n’écrivaient pas. Les druides avaient une écriture sacrée qui portait le nom à'ogham. Tout fait donc supposer qu’ils possédaient des livres écrits avec ces caractères, livres qu’ils évitaient de mettre sous les yeux du peuple et qui ne sont pas arrivés jusqu’à nous.
Le mot druide, draoi en gaëlic, signifie devin, augure, magicien.
Autant que nous pouvons nous en rendre compte par divers fragments répandus dans les ouvrages des auteurs anciens, tels que J. César, Cicéron, Ammien-Marcellin, Diodore de Sicile, Maxime Valère, etc., les druides s’occupaient d’astronomie, d’astrologie, de géographie, de physiologie, de divination et de magie.
Leurs élèves, qu’ils choisissaient avec un soin méticuleux, n’étaient initiés aux mystères de l’Ordre qu’après vingt ans d’études.
Les druides croyaient à l’immortalité de l’âme et au dogme des peines et des récompenses, et s’efforçaient de faire pénétrer dans les masses populaires
la foi à ces deux grandes vérités. Ainsi s’explique le courage intrépide des soldats gaulois. Pour eux, la mort n’était que le passage d’une vie de souffrances à une vie meilleure.
Il y avait aussi des druidesses. Etaient-elles femmes ou filles des druides ? L’histoire se tait à l’endroit de cette question. Nous savons seulement qu’elles se livraient aux pratiques de la magie et de la divination, tout comme les druides, sous la direction desquels elles étaient placées.
Les vestales ou prêtresses de l’île de Sain {Sénà)y sur les côtes du Finistère, sont restées célèbres.
Les druidesses prédirent à Aurélius et à Dioclétien qu’ils arriveraient à l’Empire, et à Alexandre Sévère qu’il mourrait d’une mort tragique. On sait, en effet, que Maximien, un de ses lieutenants, le fit assassiner par ses soldats, aux environs de Mayence.
l’occultisme chez les juifs et les judaïsants, DEPUIS MOÏSE jusqu’à NOS JOURS
Nous avons parlé de la Kabbale, à propos des Mages . Le sujet est trop important pour que nous n’y revenions pas.
On a dit avec raison que si le Talmud est l’âme du Juif, la Kabbale est l’àme du Talmud dont le code principal est le Zohar. Ajoutons qu’Eliphas Lévi, un des plus grands admirateurs de ce code religieux.
l’occultisme
nous déclare que la doctrine cabalistique est le dogme de la haute magie (1).
Il existe deux kabbales, la kabbale ancienne et la kabbale pharisaïque.
Les docteurs de la Synagogue font remonter la kabbale ancienne jusqu’à Moïse. Le sens caché de l’Ecriture fut révélé sur le Sinaï au conducteur des tribus d’Israël, qui le transmit à Josué et à ses autres disciples intimes. Les docteurs de la loi reçurent la mission de le conserver intact. Voilà pourquoi le Christ disait aux foules qui couraient l’entendre : « Les Scribes et les Pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse ; en conséquence, observez et faites ce qu’ils vous disent d’observer et de faire, mais ne faites pas ce qu’ils font (2) . »
Cette tradition, ou kabbale ancienne, se divise en deux branches. L’une forme le Talmud ancien. Elle traitait des prescriptions mosaïques, fixait le sens précis de la loi écrite et faisait connaître ce qui était permis, obligatoire ou défendu.
La seconde branche traitait de Dieu, de sa nature, de ses attributs et de tout ce qui avait trait au monde invisible. Elle se basait sur le sens mystique et symbolique des Livres Saints, qui était, nous dit M. Drach, également traditionnel : « Ce qu’il y a d’essentiel, poursuit l’illustre écrivain, touchant les mystères de la sainte Trinité et de l’Incarnation n’y
(1) Eliphas Lévi, Histoire de la Magie* — V. Gougenot des Mousseaux, Le Juif.
(2) Matth. chap. XXIII* v. 2 et 3.
ancien et moderne
était pas omis ; et plusieurs rabbins se convertirent à la lecture de la cabale (1). »
Cette kabbale est irréprochable. Or, pendant la captivité de Babylone, elle fut gravement altérée. Aussi, lorsqu’une partie des douze tribus revint à Jérusalem, Esdras reçut de Dieu l’ordre de la consigner par écrit dans sa pureté primitive. Mais les soixante-dix volumes ou rouleaux dont elle se composait, ne furent point livrés au public. Le prophète dut se borner à les confier aux chefs de la Synagogue qui évitèrent soigneusement de faire connaître au peuple les passages qui concernaient le Messie, de peur qu’il ne le reconnût dans la personne du Christ.
La kabbale ancienne était tombée dans l’oubli, par le fait des rabbins, qui lui substituèrent la kabbale pharisaïque ou moderne, lorsque Pic de la Mirandole et le savant Juif Paul Ricci en révélèrent l’existence au monde chrétien, vers la fin du quinzième siècle. L’étude qu’on en fit eut pour résultat la conversion au christianisme d’un grand nombre de Juifs. M. Drach fait observer que le dogme chrétien est aussi nettement professé dans les morceaux qui nous restent que dans les œuvres des Pères de l’Eglise.
Dans les derniers temps de Jérusalem, les rabbins délaissèrent la théologie mystique pour la théologie talmudique, qui existait à l’état d’enseignement oral, enseignement sur lequel ils trouvèrent moyen de
(1) Drach, Harmonie,
l’occultisme
greffer des contes absurdes et des théories d’une immoralité révoltante. Puis, ils revinrent à la kabbale mystique, qu’ils achevèrent de dénaturer en y mêlant des systèmes philosophiques empruntés à la Grèce et aux théories de l’Orient. Le panthéisme' et le matérialisme y coudoient le sabéisme des peuples de la Perse et de la Chaldée, agrémenté des doctrines idolâtriques des descendants de Cham.
La kabbale pharisaïque^ renouvelée des anciens Chaldéens par les rabbins du deuxième et du troisième siècle, a donné naissance à la magie et aux sociétés secrètes, dont l’influence néfaste se fait sentir, de nos jours encore. Ragon, dont l’autorité fait loi dans les loges maçonniques, n’hésite pas à l’avouer : « La cabbale, dit-il, est la mère des sociétés occultes ; et les Gnosticiens sont nés des cabalistes (1).»
Eliphas Lévi la salue en fléchissant le genou devant elle, après avoir constaté qu’elle menaça le monde d’une immense révolution, sous Tégide des Templiers, ajoutant qu’après la destruction de cet ordre puissant, elle se réfugia dans les doctrines et les rites, si peu connus encore^ de la maçonnerie ancienne et moderne (2) .
Nous passerons sous silence les spéculations que les kabbalistes font reposer sur la science des nombres et la connaissance approfondie de l’alphabet hébraïque. Bornons-nous à signaler ce qui leur est
(1) Ragon, Maçonnerie occulte. V. Drach, Harmonie, e.X Oongenot des Mousseaux, Le Juif".
(2) Eliphas Lévi, Histoire de la Magie.
commun avec les spirites et les occultistes de nos jours.
D’après eux, notre monde est peuplé d’une multitude d’esprits. Ces esprits sont des deux sexes et ont été créés pour être les amis et les serviteurs de rhomme. La kabbale nous donne le moyen de les évoquer et de converser avec eux. Il paraît obligation pour nous de nous unir à eux. condition, il nous sera permis de pénétrer td^sle^' arcanes de la science et d’opérer des prodiges^ !
Mais pour atteindre ce but, il est néces^^^^ prier.
Encore un détail que les occultistes modernes ont emprunté aux kabbalistes juifs.
« La prière, dit Papus (docteur Encausse), est une cérémonie magique au premier chef, et c’est par là que l’étudiant doit commencer toute pratique.
« Mais la prière est un acte volontaire et cérébral et ne consiste pas uniquement dans le mouvement des lèvres d’après des paroles déterminées et toujours semblables, ce qui, de par l’habitude, devient un simple acte répété.
« On invoquera d’abord, dit ensuite Papus, les maîtres de l’invisible qui constituent la chaîne magique, puis les êtres psychiques qui président à l’évolution de l’humanité, et l’on s’élèvera progressivement jusqu’au centre supérieur de toute existence et de toute hiérarchie. La prière faite debout et les yeux fixés sur le miroir magique de l’autel est celle qui doit être généralement pratiquée; mais ni le
l’occultisme
lieu, ni les instruments ne sont indispensables à cet acte essentiellement spirituel (1). »
Nous pourrions, en poursuivant ces citations, démontrer par A plus B que l’occultisme moderne est calqué, dans ses moindres détails, sur l’occultisme ancien. Les magistes du dix-neuvième siècle ne diffèrent pas ou diffèrent peu des représentants du Sabéisme chaldéen, bien que quatre mille ans nous séparent de ce dernier. La kabbale pharisaïque, que les rabbins empruntèrent aux descendants de Chain, est, avec le Talmud, l’Evangile des sectes maçonniques de n’importe quel rite, comme il fut celui de Simon le magicien et de ses disciples, des Gnosticiens, des Adamites, des Manichéens, des Albigeois, etc.
Michelet, qui n’est pas suspect, parle de cette dernière secte comme ne faisant qu’une avec les Juifs.
« Cette Judée de la France^ comme on a appelé le Languedoc, écrit-il, ne rappelait pas l’autre seulement par ses bitumes et ses oliviers : elle avait aussi Sodome et Gomorrhe. Or, il était à craindre que la vengeance de l’Eglise ne lui donnât la mer Morte . »
Plus loin, il ajoute :
« Leurs docteurs, (des Albigeois du Nord) enseignaient tout haut Aristote, tout bas les Arabes et les Juifs, avec le panthéisme d’ Averroès et les subtilités de la Cabale (2). »
Les protestants sont inféodés, à l’insu de la plu-
(1) Traité élémentaire de magie pratique.
<2) Michelet, Histoire de France.
ancien et moderne
part d’entre eux, à la franc-maçonnerie, tout comme les sectes qui les ont précédées, Eliphas Lévi, qui, mieux que personne, savait à quoi s’en tenir à l’endroit de cette question, a écrit, dans son Histoire de la Magie : « La grande association kabbalistique, connue en Europe sous le nom de Maçonnerie, apparaît tout à coup dans le monde, au moment où la protestation contre l’Eglise vient de démembrer l’unité chrétienne. »
Le meme auteur écrivait encore en 1868 :
« Toutes les religions vraiment dogmatiques sont sorties de la Cabale et y retournent. Tout ce qu’il y a de scientifique et de grandiose dans les rêves religieux de tous les illuminés, Jacob Bœhne, Swendenborg. Saint- Martin est emprunté à la cabale :
TOUTES LES ASSOCIATIONS MAÇONNIQUES lui doiveut .
leurs secrets et leurs symboles (1). »
« La doctrine cabalistique, dit encore Eliphas Lévi, est le dogme de la haute magie et, voilée sous le nom de cabale, est indiquée par tous les hiéroglyphes sacrés des anciens sanctuaires et des rites encore si peu connus de /a Maçonnerie ancienne et moderne.»
Il serait difficile, après les témoignages que nous venons de citer, de mettre en doute les liens de parenté qui existent entre la Franc-Maçonnerie de n’importe quel rite et le Judaïsme issu de la kabbale pharisaïque. Mais à ceux qui ne trouveraient pas ces preuves suffisantes, nous pourrions en donner de plus péremptoires encore.
(1) Eliphas Lévi, Dogme et Rituel de la Haute Magie, t. 2*.
l’occultisme
A quoi surtout reconnaU-on les peuples de race différente ?
A leur idiome .
Eh bien, la Maçonnerie n’a jamais cessé de parler la langue du Talmud.
Le mot de passe du rite français est Tuhalcaïn^ et le mot sacré Jakin^ nom d’une des colonnes du temple de Salomon.
Booz est le mot sacré du rite écossais. On prononce Bogaz en hébreu. C’était le nom de la deuxième colonne du temple et celui de l’époux de Ruth.
Pour le grade de maître du rite français, on a adopté Giblim comme mot de passe. Ce mot rappelle les Ghibliens, que Salomon employa, racontent les initiés, à la taille des pierres qui servirent à la construction du temple.
Le mot sacré du rite écossais pour le grade de maître est Moabon^ dont le radical hébreu Moab signifie à pâtre, Mohab était le fils incestueux de Loth et de sa fille aînée.
Passons aux Loges d’adoption, ou Maçonnerie des femmes.
Pour la réception d’une Maîtresse, le tableau représente : V Echelle de Maîtresse; 2® La tour de Babel ; 3® Joseph dans la citerne ; 4^ Le sommeil de Jacob ; 5*^ La femme de Loth en statue de sel ; 6*^ L'embrasement de Sodome ; Le sacrifice d^Abraham ; 8^^ Deux terrines en flammées ; 9*^ U arche de Noé sur le mont Ararat, etc.
Babel est le mot de passe ; Hacot-Jair le mot
sacré. En hébreu, Havot-Jaîr signifie oppida üluminationis .
Dans le grade de Maîtresse parfaite, le grand Maître représente Moïse et la Grande Maîtresse sa femme Séphora. Le frère dépositaire est nommé Aaron.
Le mot de passe est Beth-Abara^ de l’hébreu Beth-Hébei ; le mot sacré Achitob^ d' Ahhiioub.
Pour le grade d^Eluey sublime écossaise^ le Maître porte le nom du grand-prêtre Eliacim^ gouverneur de Béthulie; le premier surveillant celui dHOzias^ prince de Juda ; la sœur récipiendaire reçoit le nom de Judith,
Lors de la réception du Maître secret des Grades chapitraux écossais, la Loge figure le Saint des Saints,
Le vénérable représente le roi Salomon^ et le surveillant prend le titre d’inspecteur sous le nom d'Adhoniram, — Ziza est le mot de passe. C’était le nom du fils de Jonathan, On a choisi pour mot sacré la lettre iod, qui, prise dans le sens kabbalistique, signifie Dieu, principe, unité.
A la réception de Maître parfait,, \c vénérable personnifie Adhoniram,, fils d'Abda, Le surveillant se nomme Sto fkin^ l'introducteur Zerbal, — Premier mot de passe : Johaben (en hébreu Jhœben),, second mot de passe : Zerbal (nom du capitaine des gardes d’Hiram, roi de Tyr). — Mot sacré : Jtah,, pour Jéhovah,
La Maçonnerie adhoniramite affecte les mêmes caractères. Exemples :
l’occultisme
Grade de Maître parfait. Mot de passe : Mont- Liban ; mot sacré : Jéhovah,
Le rite de Misraïm, qui se compose de 90 grades^ n’a pas un seul mot de passe, ni un seul mot sacré qui ne soit emprunté à la langue du Talmud. — Même observation pour le rite de Memphis.
La Maçonnerie des Moabites,^ ou chevaliers prussiens, ne fait pas exception à la règle.
Voici ce que nous lisons dans le Tuileur de Tordre : « Attouchement : Prendre l’index de la main droite du Tuileur et le presser avec le pouce en disant: Sem. L’examinateur fait le même attouchement en disant : Cham. Répéter l’attouchement en prononçant : Japhet, Mot de passe : Phalegh,^ prononcé trois fois d’un ton lugubre et lent. »
Pour les Francs-Maçons comme pour les Juifs,. Tère nouvelle ne compte pas.
Les uns et les autres font partir le commencement de Tannée du mois de Mars. Ils ne disent pas : mars,, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre,, novembre, décembre, janvier, février ; mais bien : Nisan^Jiar,, Sioan^ Thamous, A6, Aloul, ThiscKriy Marhhesehvan, Chislev,^ Tebeih, Skebai, Adar.
Jusqu’en 1826, le rite français donnait aux mois du calendrier grégorien les noms des mois hébraïques ; mais comme ils ne commencent pas en même temps, il en résultait, lisons-nous dans le Rameau d'Eleusis J que cette nomenclature induisait en erreur les maçons peu instruits. On a donc, pour plus de clarté, établi une seconde colonne indiquant la con-
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cordance des mois hébraïques avec les mois grégoriens.
Le rite écossais a accepté le calendrier hébreu sans modifications.
Les rites indien, chaldéen, de Memphis, persan, etc., suivent le calendrier égyptien, qui ne diffère pas d’une manière sensible du précédent.
Conclusion logique irréfutable : la Franc-Maçonnerie est une secte juive.
Jusque vers la fin du xviiF siècle, les Juifs dissimulèrent l’action qu’ils exerçaient sur les loges maçonniques, à cause de l’aversion que le peuple avait pour eux. Mais à partir de 1782, époque où se réunit le fameux couvent de Wilhemsbad, ils ne s’imposèrent plus la moindre gêne.
Disons cependant que les Martinistes n’avaient pas attendu ce moment-là pour s’implanter sur divers points de notre pays. Martinès Pasqualis, le fondateur de leur ordre, établit des loges à Bordeaux, à Toulouse et à Marseille en 1760, et à Paris en 1768. Van-Loo, Saint-Martin et Bacon de la Chevalerie furent ses disciples.
Le rite de Martinès-Pasqualis, un juif portugais, est par excellence celui des Maçons Kabbalistes.
Les auteurs maçonniques ont l’air d’insinuer que les Martinistes n’ont rien de commun avec les loges symboliques. Comment se fait-il alors que Bacon de la Chevalerie, grand orateur de l’Orient de Paris, ait exercé pendant plusieurs années un rôle prépondérant dans la direction du rite français ?
Les dupes foisonnent dans la Maçonnerie.
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Au couvent de Wilhemsbad, les grands initiés prirent deux résolutions qui font loi de nos jours encore. On statua : que les grades d’apprenti, de compagnon et de maître formeraient la base de l’Ordre ; 2® que dans la Maçonnerie symbolique, formée des trois grades en question, on ne parlerait jamais des chefs inconnus, et que toute correspondance directe avec eux serait interdite aux loges.
La tourbe maçonnique ignore les secrets de l’ordre et obéit au doigt et à l^œil.
Le vénérable dit à l’apprenti, le jour de sa réception : « Monsieur, tout profane qui se fait recevoir maçon, cesse de s'appartenir, il n'est plus à lui^ mais il appartient à un Ordre qui est répandu sur toute la surface du globe. »
A qui doit obéir le franc-maçon? — A des chefs inconnus^ répond à son tour M. Louis Blanc (1).
Ces chefs sont-ils français, anglais, italiens, allemands? — Ils sont Juifs en majorité, nous apprend Piccolo-Tigre, un des grands initiés, qui joua sous la Restauration un rôle désastreux pour l’ordre social. Le conseil suprême se compose de neuf membres dont cinq doivent réglementairement appartenir à la Synagogue,
En 1862, un franc-maçon de Berlin, mis au courant de cet état de choses, publia ses doléances dans une feuille de Munich :
« Il existe en Allemagne, disait-il, une société secrète à formes maçonniques qui est soumise à des
(1) Louis Blanc, Hiitoire de dix ans.
chefs inconnus. Les membres de cette association sont pour la plupart israélites... A Londres, où se trouve, comme on le sait, le foyer de la Révolution, sous le Grand Maître Palmestron, il existe deux Loges juives qui ne virent jamais de chrétiens passer leur seuil. C’est là que se réunissent tous les fils de tous les éléments révolutionnaires qui couvent dans les Loges chrétiennes.
« A Rome, une autre Loge ^ entièrement composée de Juifs^ où se réunissent tous les fils des trames ourdies dans les Loges chrétiennes, est le suprême tribunal de la Révolution.
« De là sont dirigées les autres Loges comme par des chefs secrets^ de sorte que la plupart des révolutionnaires chrétiens ne sont que des marionnettes aveugles mises en mouvement par des Juifs au moyen du Mystère.
« A Leipsig, à l’occasion de la foire qui fait arriver en cette ville une partie des hauts négociants Juifs et chrétiens de l’Europe entière, la Loge juive secrète est chaque fois permanente et jamais maçon chrétien n’y est reçu ; voilà ce qui fait ouvrir les yeux de plus d’un d’entre nous... Il n’y a que des émissaires qui aient accès dans les Loges juives de Hambourg et de Francfort. »
Le correspondant des Feuilles Historiques et Politiques finissait en disant :
« Daigne le Tout-Puissant adoucir les épreuves qui fondent sur les grands par suite de leur insouciance, et leur faire comprendre que la Maçonneriè
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veut révolutionner et républicaniser les peuples dans Vintérêt du Judaïsme ! »
Citons, pour rédification de nos lecteurs, les instructions que Piccolo-Tigre ou plutôt le Juif qui se cachait derrière ce pseudonyme, adressait én 1822 aux agents supérieurs des Loges piémontaises. Elles sont caractéristiques :
(( L’essentiel, leur disait-il, c’est d’isoler l’homme dè sa famille, et dé lui en faire perdre les mœurs,.. Il aime les longues causeries du café, l’oisiveté des spectacles. Entraînez-le, soutirez-le^ donnez-lui une importance quelconque^ apprenez-lui discrètement à s’ennuyer de ses travaux journaliers, et, par ce manège..., après lui avoir montré combien sont pénibles tous ses devoirs.^ vous lui inculquerez le désir d’une autre existence. L’homme est né rebelle. Attisez ce désir de rébellion jusqu’à l’incendie, mais, que l’incendie n’éclate pas ! C’est une préparation à la grande œuvre que vous devez commencer. Quand vous aurez insinué dans quelques âmes le dégoût de la famille et de la religion.^ laissez tomber certains mots qui provoquent le désir d’être affilié à la Loge voisine. »
Piccolo-Tigre ajoutait :
(( Cette vanité du citadin et du bourgeois de s’identifier à la Franc-Maçonnerie a quelque chose de si banal et de si universel que je suis toujours en admiration devant la STUPIDITÉ HUMAINE. »
Piccolo-Tigre ne se bornait pas à injurier le citadin et le bourgeois assez stupides pour aliéner leur
indépendance au profit des Loges gouvernées par les Juifs, il joignait le persiflage à l’injure :
« Je m’étonne, disait-il, de ne pas voir le monde entier frapper à la porte de tous les Vénérables, et demander à ces messieurs Vhonneur d’etre un des ouvriers choisis pour la reconstruction du Temple de Salomon ! »
Reconstruire le Temple de Salomon ! Qu’est-ce que cela signifie? Les vrais initiés, qui tous ou presque tous appartiennent à la Synagogue, entendent par ces mots la reconstitution de la puissance judaïque sur les ruines du christianisme et des sociétés européennes^
Les sociétés secrètes, quel que soit le nom qu’elles portent, à quelque rite qu’elles appartiennent, sortent de la kabbale pharisaïque et du Talmud comme le fruit sort de la fleur.
Les sectes qui ont suivi de près la fondation du christianisme, tels que les Gnostiques, les Manichéens, les Adamites, les Marcionites, les Ebionites, etc., etc., portent presque toutes une double empreinte, en dehors des erreurs théologiques pour lesquelles l’Eglise les a condamnées,* l’empreinte judaïque et celle de la magie. Les Adamites, en particulier, se vantaient de posséder les livres secrets de Zoroastre, et les Manichéens admettaient deux principes créateurs du monde, l’un bon et l’autre mauvais.
A l’époque où parurent les premiers hérétiques, la magie était commune, surtout parmi les païens. 11 est aisé de s’en convaincre par ce que nous lisons
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dans les Pères de l’Eglise et par ce que nous disent Celse, Julien, les historiens romains et les apologistes.
Plus tard, les hérésiarques qui tentèrent, pendant le Moyen Age, de substituer leurs doctrines aux enseignements de la foi, se livrèrent presque tous aux pratiques de Toccultisme afin de frapper l’imagination du peuple.
(c A travers le voile de toutes les allégories hiérarchiques et mystiques des anciens dogmes^ écrit Eliphas Lévi, à travers les ténèbres et les épreuves bizarres de toutes les initiations ; sous le sceau de toutes les écritures sacrées, dans les ruines de Ninive et de Thèbes.., ; sur la face noircie des Sphinx de l’Assyrie et de l’Egypte, etc., etc. ; dans les emblèmes étrangers de nos vieux livres d' alchimie \ dans les cérémonies de réception pratiquées par toutes les sociétés mystérieuses^ on retrouve les traces d’une doctrine partout la même et soigneusement cachée (1). »
Cette doctrine, avons-nous besoin de le dire, n’est autre que la théurgie. Les rabbins eux-mêmes en font l’aveu.
La goétie, ou évocation des morts, la magie et les prestiges démoniaques sont inséparables de la kabbale, dont l’origine remonte à la plus haute antiquité, quoique le rabbi Akiba et son disciple Siméon ben Jochaï ne l’aient rédigée que dans les premiers siècles du christianisme.
(1) Eliphas Lévi, Dogme et rituel de la Haute Magie.
« 11 est certain, dit encore Eliphas Lévi, que les Juifs, dépositaires les plus fidèles des secrets de la Cabale, ont été presque toujours, en magie, les grands maîtres du moyen âge (1). »
Les traditions kabbalistiques se sont mêlées à presque toutes les branches des connaissances humaines. Elles ont défiguré non seulement Thistoire et la morale, mais encore la physique, Tastronomie, la chimie et la science médicale. L’Eglise a dû intervenir plus d’une fois et frapper de ses anathèmes les malades chrétiens qui recouraient aux médecins talmudisants.
« En effet, écrit M. Gougenot des Mousseaux, une des branches de la Cabale se prêtait à Fart de guérir. On la soupçonnait, on l’accusait d’être greffée sur la magie, et les Juifs ne s’en détournaient qu’avec peine ; souvent même, lorsqu’ils étaient devenus chrétiens, on les voyait persévérer à combattre les maladies et à conjurer les maux imminents, en attachant une vertu miraculeuse aux nombres dont les lettres représentaient les chiffres, tantôt en récitant d’étranges formules, tantôt en se livrant à quelques pratiques bizarres ; et, chez ce peuple, l’art curatif semble marcher de front avec l’art de faire parler les astres (2). »
La plupart de ceux qui nous liront savent comme nous que les neuf dixièmes des alchimistes, des astrologues et des vendeurs de philtres étaient Juifs ; et nous ne leur apprendrons rien de nouveau en leur
(1) Ibid.
(2) Gougenot des Mousseaux, Le Juif, appendice.
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disant que les occultistes de nos jours ont une tendance à remettre en honneur ces pratiques d’un autre âge ; ce qui ne les empêche pas d’accuser l’Eglise d’obscurantisme et de superstition.
En ce qui concerne l’astrologie judiciaire, citons quelques lignes de Papus : « La lune, dit-il, domine particulièrement ce que nous appelons le monde physique sur terre, ce qu’on appelle en hermétisme le monde sublunaire. Ce satellite qui n’est qu’une quantité presque négligeable, si Ton considère seulement notre système solaire, acquiert cependant une importance exceptionnelle pour l’habitant de la terre, importance telle qu’en magie pratique la lune marche toujours de pair avec le soleil et qu’à la rL gueur il suffit de se guider uniquement sur eçs deux astres pour réussir, presqu'à coup sûr, toutes les opérations entreprises .
« La lune est la matrice astrale- de toutes les productions terrestres dont le soleil est le père vivant . Nous avons parlé déjà, du reste, de l’action des satellites considérés comme les ganglions nerveux de la planète à laquelle ils sont attachés. Tout ce qui vient sur la terre, les fluides et les âmes, passe par la lune, et tout ce qui part de la terre y passe également (1). »
La lune serait donc, d’après Papus et ses confrères en occultisme, une sorte d’hôtellerie où nous devrons loger, en quittant le monde sublunaire. Si les renseignements que nous donnent les astronomes sur l’état de ce vieux soleil criblé de volcans éteints,
(1) Papus, Traité élémentaire de Magie pratique.
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faute de combustible, sont exacts, les boule vardiers regretteront les restaurants à la mode et les amateurs de villégiature les bains de mer et la Côte d’azur.
Ceux qui naissent sous l’influence de Mars ont en apanage l’énergie, le courage et souvent aussi les emportements. Jupiter donne les honneurs et la gloire, Saturne une vie longue, mais d’où la gaieté est exclue. Mercure et Vénus le succès dans les affaires et le goût de certains plaisirs qui n’ont rien de commun avec la vertu.
La lune, c’est encore Papus qui nous le dit, exerce une influence merveilleuse sur le sexe des enfants. Lisez plutôt :
« 1® Pour le premier enfant , la mère se reportera à la position de la lune lors de sa propre naissance (ce qu’on verra facilement sur un almanach de l’année de cette naissance). Si la lune s’est renouvelée dans les neuf jours qui ont suivi cette date, le futur enfant sera une fille. Dans le cas contraire, s’il n’y a pas N. L. dans les neuf jours en question, ce sera un garçon.
« 2® l^our les autres enfants^ on consulte le jour de la naissance du dernier-né. Si la lune se renouvelle dans les neuf jours suivants, il y a changement dans le sexe de l’enfant qui viendra. En cas contraire, il n’y aura pas changement de sexe (1). »
Voulez- vous savoir si votre femme n’a pas jeté in petto son bonnet par-dessus les moulins ? Mettez-lui,
* (1) Papus, Ti'aité élémentaire de Mçigie pratique, ^
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à son insu, une pierre à'aimant sous la tête. Si elle vous embrasse, c’est que sa vertu n’a pas fait naufrage. Dans le cas contraire, elle tournera le talon.
Voulez-vous vivre en paix, être pieux et vous mettre à l’abri des passions ? Portez un saphir dans votre poche ou ailleurs.
Tenez-vous à triompher de vos ennemis et à conserver la force et la vigueur de votre jeunesse? Prenez la pierre appelée calcédoine, serrez-la par le milieu et pendez-la à votre cou avec une autre pierre connue sous le nom de sérénihus (?) ; et il sera fait selon vos désirs.
Etes-vous atteints de mélancolie et de fièvre quarte ? Armez-vous d’un morceau de lapis-lazuU,
Avez-vous l’amour des richesses et désirez-vous en posséder ? Seriez-vous bien aises d’être favorisés du don de prophétie ? Portez sur vous une émeraude pour le premier cas, et, pour le second, mettez-la sous votre langue. Vous voyez que l’on peut être riche sans trop de peine et prophétiser à peu de frais.
Papus croit-il sérieusement à ces balivernes astrologiques ?
Les lignes suivantes, que nous empruntons à son Traité élémentaire de Magie pratique, nous autorisent à le supposer :
c( Arrière les profanes et les profanateurs ! s’écriet-il. Qui que tu sois, toi qui veux pousser tes recherches jusqu’à la pratique, réfléchis bien, et si tu crains les préjugés, le sarcasme ou la folie, jette au feu ces pages noircies.
« Souviens-toi que, maître de tes impulsions et
savant des mystères des astres, tu ne dois jamais permettre au tourbillon féminin d’avoir l’empire sur ton être. Si tu viens à la magie dans l’espoir d’écraser tes rivaux, tu es un esclave et les maîtres seuls ont le droit de pénétrer dans le temple mystique. Si tu viens à la magie dans l’espoir de satisfaire tes appétits et tes instincts par la possession des richesses, tu es un valet du destin, que dominent les illusions de la matière, et tu n’atteindras jamais la paix qui procède du mépris de ce qui est bas.
« Esclave ou valet, retourne à tes amours ou à tes chaînes dorées ; mais n’ouvre pas davantage le résumé de la science d’un autre âge, elle restera éternellement occulte à tes basses cupidités. Hausse les épaules ou ris bien fort, appelle les disciples d’Hermès des charlatans ou des hallucinés ; mais ne cherche plus à pratiquer ces rites bizarres : ils sont mortels pour les esprits des faibles et, tels que des poisons subtils, ne guérissent que ceux qui savent les comprendre et les manier, »
Papus nous parle ensuite du miroir magique, des talismans, de la manière de les fabriquer, de leur consécration, de la semaine magiste, des oraisons à réciter pour chaque jour de cette semaine, des songes prophétiques, des exorcismes en usage parmi les magistes, etc., etc.
Comme nos lecteurs peuvent le voir, l’occultiste moderne est l’héritier du magiste du moyen âge, qui l’était lui-même des Gnostiques et de leur patriarche Simon le magicien, dont la science, ou ce qu’on ap-
pelle de ce nom, descendait en ligne directe, des mages de la Chaldée.
Spirites et magiciens se donnent pour ancêtres les sectes du moyen âge, les Chevaliers du Temple, qui furent les alliés du Vieux de la Montagne, et les chefs de la Réforme, si nous en croyons Eliphas Lévi, dont personne ne conteste Tautorité dans ces sortes de questions. Servant de base à ce méli-mélo de sectes infernales, que voyons-nous? Le Talmud, la kabbale, les talmudistes et les kabbalistes, et, couronnant ce monstrueux édifice, toute une armée de sociétés secrètes, dirigées par des chefs inconnus, nombre de neuf, dont cinq appartiennent àla Synagogue.
D’où il résulte que magiciens, spirites et francsmaçons obéissent sans protester à la Juiverie, représentée par ce conseil aux pouvoirs absolus et sans contrôle possible de Juifs et de judaïsants.
Là est le secret des événements lamentables dont nous sommes actuellement les témoins, événements qui aboutiraient fatalement à la ruine de l’Eglise, si elle n’avait pas pour elle les promesses divines, et au triomphe des talmudisants sur les disciples de .Tésus-Christ.
Nous n’avons pas parlé, à propos des sectes occultistes des premiers siècles de notre ère, des néo-platoniciens, parce qu’ils ont droit à une mention à part.
« La nouvelle école de Platon, dit M. Alfred Maury , imagina une hiérarchie complète de démons où ils firent entrer un partie des divinités de l’ancienne religion hellénique, conçue d’une manière nouvelle et plus philosophique. »
ANXIKN ET MODERNE
« Ces philosophes, poursuit le même auteur, distinguèrent de bons et de méchants démons, selon le caractère plus ou moins moral des fables débitées sur le compte des divinités, abaissées par eux au rang des génies secondaires ; et ils adaptèrent à cettethéogonie la liturgie hellénique, mêlée de rites or^ phiques et orientaux,
« De cette façon, la religion de la Grèce, celle de TEgypte, de la Phénicie et de l’Asie Mineure, celle de l’Assyrie et de la Perse qui tendaient à se confondre et à se mêler avec elles, devinrent de simples démonologies (1). »
Grâce aux lumières du Christianisme, les philosophes sentirent le besoin de découronner la plupart des divinités païennes et d’en faire des génies subalternes que leur passé rendait indignes d’un culte public. On se borna, à leur égard, à de simples hommages, et la théurgie finit par remplacer la religion idolàtrique.
Les néo-platoniciens ne tardèrent pas à distinguer la magie divine, ou théurgie, de celle qui procède desgénies inférieurs.
« La magie, telle que la concevait l’école néo-platonicienne, dit encore M. A. Maury, était fondée sur ce qu’on prenait pour les lois de la nature. Mais cette physique, où des êtres spirituels étaient sans cesse substitués aux forces mécaniques et physiologiques, aboutissait en fin de compte à d’étroites superstitions ; de là l’impuissance de la réforme qu’ils tentèrent. '
(1) Alfred Maury, Magie et astrologie. • O
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« Aussi lorsque la rigueur des lois poursuivait les magiciens, ceux-ci alléguaient-ils, comme Apulée, que ce qu’on appelait la magie n’était autre chose que le culte grec lui-même, et que les enchantements qu’on redoutait se réduisaient au commerce saint et légitime établi par les rites sacrés entre l’homme et les dieux (1). »
Un renouveau de l’Ecole néo- platonicienne fît son apparition en Europe au commencement du xvi° siècle. On se prit alors d’une admiration qui frisait l’idolâtrie pour les chefs-d’œuvre littéraires de l’antiquité païenne. Les Médicis, le pape Léon X en particulier, encouragèrent ce mouvement, légitime sans contredit, s’il avait été maintenu dans de sages limites. Les arts et les lettres de l’ancienne Grèce et de la vieille Rome furent placés au - dessus de tout ce que le christianisme avait produit de grand et de beau. De là à adopter les mœurs voluptueuses du paganisme, dont on exaltait les beautés artistiques, il n’y avait qu’un pas,
A la faveur de ce mouvement, la magie prit une extension nouvelle et n’hésita plus à se montrer en plein jour.
c( On se plut, poursuit M. Maury, à retrouver chez ces auteurs (païens) les opinions que le christianisme avait consacrées ; et, sous le prestige de l’admiration, on se laissa aller sur la pente du paganisme. Aussi vit-on plusieurs érudits de ce temps revenir aux théories philosophiques condamnées par l’Eglise ; et, à Vahri du commentaire^ reprendre et (1) Ibid.
développer les doctrines de la philosophie polythéiste ! (1) »
Nous n’avons pas besoin de faire observer que le mouvement littéraire et philosophique de la Renaissance contribua d’une manière désastreuse aux progrès de la Réforme.
Cornélius Agrippa, l’un des hommes dont les occultistes modernes invoquent sans cesse l’autorité, naquit vers la fin du xv® siècle. Il s’occupa de omni re scibili et quibusdam aliis. Théologie, philosophie, mathématiques,astrologie, médecine, etc., etc., furent tour à tour l’objet de ses études ; ce qui ne l’empêcha pas de refuser à Louise de Savoie, qui l’avait nommé son médecin, les soins qu’elle en attendait, sous le singulier prétexte qu’un homme de son mérite et de sa naissance ne devait pas être réduit à pratiquer la science médicale. La princesse ayant fait appel à ses connaissances astrologiques, pour savoir ce que l’avenir lui réservait à elle et à son fils François I®**, il déclara, appréciant l’occultisme à sa juste valeur, que ces sortes d’occupations étaient indignes d’un homme sensé, ce qui ne l’empêcha pas de publier un ouvrage, sa Philosophie occulte^ qui lui valut de faire connaissance avec la prison. Partisans et adversaires prétendirent qu’ Agrippa avait des relations avec le diable, comme Luther son contemporain, et il ne sut pas profiter de ces sataniques relations pour faire fortune et se procurer un peu de bonheur. Il mourut dans un hôpital, les uns disent à Lyon, les autres à Grenoble.
Un autre personnage, plus étrange peut-être que . (1) Ibid.
l'OCCULTISxME
Cornélius Agrippa, est l’objet d’un culte assez peu compréhensible de la part des occultistes. Nous voulons parler de Paracelse (Philippe - Auréole - Théophraste Bombast de Hohenheim).
Paracelse naquit àEinsiedeln (Suisse), d’après les uns, à Gaiss, canton d’Appenzel, selon les autres. Son père était médecin.
11 suivit naturellement la carrière paternelle. Il étudia non seulement la médecine, mais encore la chimie, l’astrologie, l’alchimie et la chirurgie. Pris d’une humeur nomade, il parcourut l’Egypte, la Tartarie, la Transylvanie, la Bohême, la Pologne, la Prusse, l’Espagne, le Portugal, la Turquie d’Europe, cherchant la pierre philosophale, distribuant des talismans, opérant quelques cures heureuses, qu’il dut moins à sa science qu’au hasard, et qu’il sjit exploiter, en habile charlatan, au profit de sa réputation. Appelé par les magistrats de Bâle à occuper une chaire de médecine, il se livra, dans ses cours, à de telles extravagances de langage, mêlées à une forfanterie si insupportable, que les élèves firent le vide autour de lui. Le professeur une fois discrédité, le médecin ne tarda pas à l’être. La mort étrange, inexplicable de quelques-uns de ses clients éveilla l’attention des magistrats de Bâle. Pour éviter des démêlés avec dame justice, Paracelse prit la fuite et recommença sa vie errante. Après diverses pérégrinations, il mourut à l’hôpital Saint-Etienne de Salzbourg, le 24 septembre 1541, à l’âge de quarante-huit ans, lui qui prétendait avoir trouvé le secret de vivre centenaire. Il n’avait bu que de l’eaujusqu’à vingt-cinq ans. Mais il rattrapa ensuite le temps perdu en se livrant
aux excès d’une ivrognerie crapuleuse qui ne fut pas étrangère à sa fin prématurée. Ajoutons qu’au terme de sa carrière, il fut en butte à la misère, lui qui prétendait posséder le secret de transformer les métaux et de faire de l’^or. Ses œuvres, que ses admirateurs ont publiées, se font remarquer par l’incohérence, Tobscurité des idées et la vulgarité du langage.
Les deux idoles de l’occultisme ne peuvent être -comparées, comme magiciens, soit à Mesmer', soit à Cagliostro. Si ces deux derniers sont tombés dans une sorte d’oubli, c’est qu’ils ont vécu à une époque trop rapprochée de la nôtre et qu’ils n’ont rien écrit. Les légendes sont l’œuvre du temps, et encore fautil que les lueurs de l’histoire n’en fassent pas avorter la formation.
Nous n’avions ni la possibilité ni la prétention'de faire en 64 pages l’histoire de l’occultisme. Nous nous sommes donc borné à donner à nos lecteurs -quelques indications sommaires dans le but de leur faciliter les recherches sur une question qui a son importance, s’ils ont le goût de ces sortes d’études. Nous avons voulu, en outre, leur faire comprendre que spiritisme, occultisme, talmudisme, protestantisme plus ou moins lettré, et sociétés secrètes, de •quelque nom- qu’elles s’affublent, ne font qu’un seul tout, ouvertement ou sourdement hostile à l’Eglise -catholique.
Enrôlés sous la bannière talmudique, les coalisés -ont tous une tendance à renier l’idée de patrie, au profit d’un cosmopolitisme aussi dangereux pour la •civilisation que pour la liberté de conscience, le progrès scientifique et le bien-être des peuples.